Intelligence économique — Afrique du Nord · Méditerranée · Mer Rouge

🇪🇬Égypte

Civilisation cinq fois millénaire et carrefour de trois continents, l'Égypte est l'une des trois premières économies d'Afrique : gardienne du canal de Suez, chantier permanent de méga-projets — nouvelle capitale, Grand Musée Égyptien, nucléaire d'El-Dabaa — et laboratoire d'une stabilisation macroéconomique saluée par le FMI depuis le tournant de mars 2024.

≈ 107 Mhabitants — 3ᵉ pays d'Afrique, 1ᵉʳ du monde arabe
+4,7 %croissance du PIB projetée pour 2025/26 (FMI)
~10 %du commerce maritime mondial transite par le canal de Suez (année normale)
1,002 M km²superficie — trait d'union Afrique-Asie par le Sinaï
EGX 1883l'une des plus anciennes bourses du monde (Alexandrie)
Sources : FMI (revues EFF, février 2026), Banque centrale d'Égypte, Autorité du canal de Suez, Banque mondiale. Données vérifiées au 12 juillet 2026.

L'Égypte est redevenue l'un des grands dossiers d'investissement de la Méditerranée et de l'Afrique. Après la crise de change de 2022-2023, le pays a opéré en mars 2024 un tournant historique : flottement de la livre, programme FMI porté à 8 milliards de dollars, méga-accord de Ras El-Hekma avec les Émirats (35 milliards de dollars — le plus grand investissement étranger de son histoire) et paquet européen de 7,4 milliards d'euros. Résultat : une inflation ramenée d'un pic de 40 % à environ 12 %, des réserves reconstituées au-delà de 50 milliards de dollars, une croissance qui réaccélère vers 5 % et un programme de privatisations qui rouvre aux investisseurs des pans entiers de l'économie. Marché intérieur de 107 millions de consommateurs, hub logistique et énergétique entre trois continents, écosystème fintech parmi les premiers du continent : cette page rassemble tout ce qu'un investisseur, un entrepreneur ou un partenaire institutionnel doit savoir — y compris les points de vigilance (dette, eau, tensions régionales) — onglet par onglet.

Rubrique 01

🗺️ Présentation de l'Égypte

Cinq millénaires d'État, un fleuve nourricier, un canal planétaire et 107 millions d'habitants : les fondamentaux — histoire, géographie, démographie, économie, infrastructures — du géant du nord-est africain.

Histoire : le plus ancien État-nation du monde

Peu de pays incarnent la continuité étatique comme l'Égypte. Vers 3150 avant notre ère, l'unification de la Haute et de la Basse-Égypte par Narmer fonde le premier État territorial de l'histoire ; suivront trente et une dynasties pharaoniques, les pyramides de Guizeh (seule des Sept Merveilles antiques encore debout), les temples de Karnak et d'Abou Simbel, et une administration — cadastre, impôt, greniers, scribes — qui inventa littéralement la gestion publique. L'Alexandrie des Ptolémées (fondée en 331 av. J.-C.) fut la capitale intellectuelle du monde méditerranéen avec sa Bibliothèque et son Phare, avant que l'Égypte ne devienne le grenier à blé de Rome puis un foyer majeur du christianisme oriental — l'Église copte revendique la fondation par saint Marc lui-même.

La conquête arabe de 641 arrime durablement le pays au monde arabo-musulman : les Fatimides fondent Le Caire (969) et la mosquée-université al-Azhar, toujours l'une des plus hautes autorités de l'islam sunnite ; Saladin, les Mamelouks puis les Ottomans (1517) en font tour à tour le cœur de leurs empires. La modernisation s'accélère avec Méhémet Ali (1805-1848), fondateur de l'Égypte moderne — armée, industrie, coton —, et culmine avec l'inauguration du canal de Suez en 1869 par Ferdinand de Lesseps, qui place le pays au centre du commerce mondial… et des convoitises : occupation britannique (1882), protectorat, puis indépendance formelle en 1922 sous la monarchie de Fouad Ier et Farouk.

La révolution des Officiers libres de 1952 abolit la monarchie ; Gamal Abdel Nasser nationalise le canal (1956), lance le haut barrage d'Assouan, incarne le panarabisme et le non-alignement — Le Caire accueille dès lors la Ligue arabe. Anouar el-Sadate lance la guerre d'octobre 1973, opère le tournant de l'infitah (ouverture économique) et signe les accords de Camp David (1979) — première paix arabe avec Israël, qui lui coûtera la vie en 1981. Hosni Moubarak gouverne trente ans, jusqu'à la révolution du 25 janvier 2011 ; après l'intermède de Mohamed Morsi (2012-2013), le maréchal Abdel Fattah al-Sissi accède à la présidence en 2014 et engage l'ère des méga-projets — nouveau canal (2015), nouvelle capitale administrative, réformes économiques successives avec le FMI (2016, 2022-2026) — tandis que le pays rejoint les BRICS au 1er janvier 2024 et s'impose comme médiateur incontournable des crises régionales, de Gaza à la Libye.

Géographie : le don du Nil, la rente de Suez

Avec 1 002 450 km², l'Égypte s'étend de la Méditerranée (995 km de côtes) à la mer Rouge et au Soudan — et c'est le seul pays transcontinental d'Afrique, la péninsule du Sinaï l'ancrant en Asie. Le désert couvre environ 95 % du territoire : l'essentiel de la vie se concentre sur la vallée et le delta du Nil, ruban fertile de moins de 5 % de la superficie où vivent plus de 95 % des habitants — d'où la formule d'Hérodote, plus vraie que jamais : « l'Égypte est un don du Nil ». Le fleuve fournit environ 97 % des ressources en eau douce du pays (55,5 milliards de m³/an au titre du traité de 1959), ce qui explique la sensibilité existentielle du dossier du barrage éthiopien de la Renaissance (voir l'onglet 🌿 Climat-Énergie).

Au centre de cette géographie, le canal de Suez : 193 km reliant Méditerranée et mer Rouge, doublé sur une large section en 2015, par où transite en année normale environ 10 % du commerce maritime mondial et une part majeure des flux Europe-Asie. Autour de lui, la Zone économique du canal de Suez (SCZone) déploie ports et zones industrielles (Ain Sokhna, Port-Saïd Est) qui forment l'un des plus ambitieux projets logistiques du continent. S'y ajoutent le lac Nasser (l'un des plus grands lacs artificiels du monde), les oasis du désert occidental, les gisements gaziers offshore de Méditerranée (Zohr) et les littoraux touristiques de la mer Rouge et de la côte nord — où émerge la ville nouvelle de Ras El-Hekma, plus grand investissement étranger de l'histoire du pays.

Carte interactive : pôles économiques, énergétiques et logistiques majeurs. Fond © OpenStreetMap.

Démographie : 107 millions d'habitants, la plus grande ville d'Afrique

Avec environ 107 millions d'habitants (2026), l'Égypte est le troisième pays le plus peuplé d'Afrique — derrière le Nigeria et l'Éthiopie — et le premier du monde arabe. La population est jeune (âge médian ≈ 24 ans, 60 % de moins de 30 ans) et croît d'environ 1,4 % par an, un rythme en décélération que le gouvernement encourage activement. Le Grand Caire, plus de 22 millions d'habitants, est la plus grande agglomération d'Afrique et du monde arabe, devant Alexandrie (≈5,5 millions), Guizeh, Port-Saïd, Suez et les villes nouvelles qui se multiplient — dont la Nouvelle Capitale administrative, où siègent déjà le gouvernement, le Parlement et le quartier d'affaires à la tour iconique de 394 m, la plus haute d'Afrique.

L'arabe est la langue officielle (le dialecte égyptien étant la lingua franca culturelle du monde arabe grâce au cinéma et à la musique), l'anglais et le français sont répandus dans les affaires. L'islam sunnite est religion d'État (~90 % de la population), aux côtés de la plus grande communauté chrétienne du Moyen-Orient (coptes, ~10 %). Atout stratégique : une diaspora de plusieurs millions d'Égyptiens (Golfe, Europe, Amérique du Nord) dont les transferts ont dépassé 35 milliards de dollars sur l'exercice 2024/25 — première source de devises du pays, devant Suez, le tourisme et les exportations.

Économie : la stabilisation la plus suivie de la région

L'Égypte est l'une des trois premières économies d'Afrique (avec l'Afrique du Sud et le Nigeria) et l'économie la plus diversifiée du monde arabe hors hydrocarbures : industrie, agriculture, tourisme, services, TIC, construction. Après le choc de 2022-2023 (sorties de capitaux, pénurie de devises, inflation record à 40,3 % en septembre 2023), le tournant de mars 2024 — flottement de la livre (d'environ 31 à ~47-50 EGP/USD), relèvement du programme FMI à 8 milliards de dollars, accord Ras El-Hekma (35 milliards de dollars émiratis) — a rétabli la confiance : l'inflation est retombée à 11,9 % en janvier 2026 (cible de la banque centrale : 7 % ± 2 points fin 2026), les réserves nettes ont atteint 51,5 milliards de dollars fin 2025, le déficit courant s'est réduit à 4,2 % du PIB et le FMI a achevé le 26 février 2026 les 5ᵉ et 6ᵉ revues combinées du programme (≈2,3 milliards décaissés, dont la première revue du volet climat RSF).

La croissance réaccélère : 4,4 % en 2024/25, 4,7 % projetés en 2025/26 et 5,4 % en 2026/27 (FMI), tirée par la consommation privée, l'industrie manufacturière et le rebond du tourisme (près de 16 millions de visiteurs en 2024, objectif 30 millions à l'horizon 2031-2032, dopé par l'ouverture du Grand Musée Égyptien le 1er novembre 2025). Le budget 2025/26 dégage un excédent primaire d'environ 4 % du PIB et la dette publique reflue (≈92 % du PIB en 2024/25, cap sur les 80 %). Les points de fragilité demeurent réels : recettes du canal de Suez divisées par deux par la crise de la mer Rouge (3,8 milliards de dollars en 2024/25, contre un record de ≈9,4 milliards en 2022/23) avec une reprise freinée par les tensions régionales de 2026, dette extérieure d'environ 161 milliards de dollars au service lourd, production gazière en repli imposant des importations de GNL, et pauvreté touchant environ un tiers de la population après le choc inflationniste.

⚠️ Points de vigilance pour l'investisseur. (1) Change et taux : la livre flotte réellement depuis mars 2024, mais les chocs régionaux (guerre de Gaza, perturbations en mer Rouge, escalade liée à l'Iran en 2026 qui a provoqué des sorties de portefeuille estimées à ≈6 milliards de dollars) rappellent la volatilité ; les taux directeurs restent élevés malgré le cycle de baisse entamé en avril 2025. (2) Rôle de l'État et de l'armée dans l'économie : la politique de propriété de l'État (State Ownership Policy) et le programme de cessions progressent, mais inégalement — le FMI en fait la condition clé d'une croissance tirée par le privé. (3) Eau et énergie : stress hydrique structurel et ajustements des prix des carburants (retour de l'indexation automatique mi-2026) à intégrer dans tout plan d'affaires. (4) Les importations commerciales restent soumises à des règles spécifiques (registre des importateurs, guichet ACI) : anticiper la conformité documentaire.

Infrastructures : une décennie de méga-projets

🚢 Canal de Suez & SCZone

Artère de ~10 % du commerce mondial, doublée en 2015 (nouveau canal de 35 km, transit réduit à ~11 h), gérée par l'Autorité du canal de Suez. Autour : la SCZone (460 km², 6 ports dont Ain Sokhna et Port-Saïd Est opérés avec Hutchison, CMA CGM, Maersk/APM, DP World, 4 zones industrielles) attire industrie, logistique et surtout les méga-projets d'hydrogène vert et de soutage. La crise de la mer Rouge (attaques houthies depuis fin 2023) a divisé le trafic par deux — la normalisation progressive est l'un des grands enjeux 2026-2027.

🚄 Transports — le plus grand chantier d'Afrique

Métro du Caire (3 lignes en service, extensions et ligne 4 avec la JICA), monorail de la Nouvelle Capitale (le plus long du monde), LRT, et surtout le réseau de train à grande vitesse Siemens Mobility (≈2 000 km, 8 milliards de dollars) — 1ᵉʳ tronçon Ain Sokhna–Alexandrie–Marsa Matrouh en construction : le « canal de Suez sur rails ». S'y ajoutent ~7 000 km d'autoroutes nouvelles depuis 2014, la modernisation des ports (Alexandrie, Damiette, Ain Sokhna — méga-terminaux conteneurs) et la privatisation partielle des aéroports engagée avec l'IFC.

⚡ Énergie — surplus électrique et nucléaire

Parc de ≈60 GW (surplus structurel depuis les centrales Siemens de 14,4 GW), Benban près d'Assouan (1,65 GW, l'un des plus grands parcs solaires du monde), éolien du golfe de Suez en plein boom, et la centrale nucléaire d'El-Dabaa (4 × 1 200 MW VVER, Rosatom, ≈28,75 milliards de dollars) dont les premières unités approchent de la mise en service. Interconnexion électrique de 3 000 MW avec l'Arabie saoudite en cours d'achèvement — l'Égypte se positionne en hub électrique Afrique-Asie-Europe. Détails à l'onglet 🌿 Climat-Énergie.

📡 Numérique — le carrefour des câbles

Environ 90 % du trafic internet Europe-Asie transite par l'Égypte (plus d'une quinzaine de câbles sous-marins, corridors terrestres de Telecom Egypt) — un actif géostratégique majeur, complété par les data centers, la 5G lancée en 2024-2025, la stratégie « Digital Egypt » (ICT ≈5 % du PIB, secteur le plus dynamique du pays) et un hub d'externalisation (BPO/ITO) de plus de 100 000 emplois travaillant en trois langues pour le monde entier.

Chiffres clés

≈107 Mhabitants (2026)CAPMAS / ONU
+4,7 %croissance PIB 2025/26 projetée (4,4 % en 2024/25)FMI, janv.-févr. 2026
11,9 %inflation en janvier 2026 (pic : 40,3 % en sept. 2023)CBE / FMI — cible 7 % ± 2 pts fin 2026
51,5 Mds $réserves internationales nettes (déc. 2025)Banque centrale d'Égypte
8 Mds $programme FMI (EFF) + 1,3 Md $ (RSF climat)5ᵉ-6ᵉ revues achevées le 26 févr. 2026
35 Mds $accord Ras El-Hekma (EAU, févr. 2024) — record d'IDEADQ / Modon
3,8 Mds $recettes du canal 2024/25 (≈9,4 Mds en 2022/23)Autorité du canal de Suez — crise mer Rouge
>35 Mds $transferts de la diaspora 2024/25 — 1ʳᵉ source de devisesCBE

Pourquoi investir en Égypte : les opportunités

⚡ Énergies vertes & hydrogène

Soleil et vent de classe mondiale, foncier désertique, SCZone dédiée : des dizaines de milliards de dollars d'accords-cadres d'hydrogène vert et d'ammoniac signés (Scatec/Fertiglobe pionniers dès la COP27), IPP solaires et éoliens à la chaîne, stockage batteries, interconnexions électriques export.

🏭 Industrie & localisation

Marché de 107 M de consommateurs, énergie disponible, stratégie de substitution aux importations et d'export : automobile et VE, électronique (usines Samsung, Vivo, Oppo…), électroménager, textile-habillement (accès UE, QIZ vers les USA), pharma, sidérurgie, chimie — pilotée par le nouveau ministère de l'Industrie (fév. 2026).

🌾 Agro-industrie & eau

Premier importateur mondial de blé cherchant la sécurité alimentaire : méga-projets de récupération de terres (New Delta, Toshka), serres, dessalement et réutilisation des eaux (Bahr El-Baqar, plus grande usine de traitement du monde), horticulture d'exportation (agrumes n°1 mondial à l'export), transformation alimentaire.

💻 TIC, BPO & fintech

Secteur le plus dynamique du PIB (~16 % de croissance), exportations numériques >6 Mds $, vivier de 750 000 diplômés/an, hub d'offshoring multilingue, licornes fintech (Fawry, MNT-Halan), InstaPay et inclusion financière en explosion, data centers sur l'autoroute mondiale des câbles.

🏨 Tourisme & immobilier

Grand Musée Égyptien ouvert (nov. 2025), objectif 30 M de visiteurs, capacité hôtelière à doubler ; méga-destinations en développement (Ras El-Hekma sur la côte nord, mer Rouge), immobilier premium du Caire et des villes nouvelles — TMG, groupes du Golfe et promoteurs internationaux à l'offensive.

🚢 Logistique & industrie portuaire

SCZone (soutage, réparation navale, ro-ro, agro-hubs), corridors commerciaux vers l'Afrique (COMESA, ZLECAF) et le Golfe, e-commerce et entrepôts du dernier kilomètre pour 107 M d'habitants, privatisations portuaires et aéroportuaires ouvertes aux opérateurs mondiaux.

Qui fait l'économie égyptienne ?

Dynasties industrielles Sawiris et Mansour, bâtisseurs de Talaat Moustafa et Hassan Allam, champions mondiaux comme Elsewedy ou Oriental Weavers, pionniers de la fintech : retrouvez les biographies complètes des personnalités économiques du pays dans notre annuaire dédié.

👥 Who's Who Égypte
Rubrique 02

🏛️ Administration & institutions

Organisation de l'État, exécutif, législatif, judiciaire, gouvernorats et cap stratégique « Vision Égypte 2030 » : le cadre institutionnel dans lequel opèrent les investisseurs — à jour du remaniement de février 2026.

L'organisation de l'État : une république semi-présidentielle à exécutif fort

La République arabe d'Égypte est régie par la Constitution de 2014, amendée par référendum en 2019. Le régime est semi-présidentiel à nette dominante présidentielle : le Président de la République, élu au suffrage universel direct pour six ans (deux mandats maximum depuis la révision de 2019), est chef de l'État et chef suprême des forces armées ; il définit, avec le Conseil des ministres, la politique générale de l'État, nomme le Premier ministre — qui doit obtenir la confiance de la Chambre des représentants — et peut le démettre. Particularité constitutionnelle notable pour les affaires militaires : l'article 234 impose que le ministre de la Défense soit nommé avec l'accord du Conseil suprême des forces armées.

Le Parlement est bicaméral : la Chambre des représentants (Majlis al-Nuwwab, 596 sièges dont 28 nommés par le Président, un quart des sièges réservé aux femmes) vote les lois, le budget et la confiance au gouvernement ; le Sénat (Majlis al-Chouyoukh, 300 membres, restauré en 2020) exerce un rôle consultatif sur les grandes orientations. Les élections législatives de novembre-décembre 2025 — le plus long scrutin de l'histoire du pays — ont donné une large majorité aux forces pro-gouvernementales emmenées par le parti Mostaqbal Watan ; la nouvelle législature (2026-2031) siège dans la Nouvelle Capitale administrative et a élu le 12 janvier 2026 le conseiller Hisham Badawy, ancien président de l'Organisation centrale d'audit, à sa présidence (521 voix sur 570), assisté des vice-présidents Assem El-Gazzar et Mohamed El-Wahsh.

Le pouvoir judiciaire s'organise autour de la Cour constitutionnelle suprême, de la Cour de cassation (ordre judiciaire), du Conseil d'État (ordre administratif) et, depuis 2008, de tribunaux économiques spécialisés — une juridiction dédiée aux litiges d'affaires que les investisseurs doivent connaître. Le territoire est administré en 27 gouvernorats dirigés par des gouverneurs nommés par le Président, échelon décisif pour le foncier industriel, les licences locales et les grands projets. Le cap stratégique est fixé par la « Vision Égypte 2030 » (développement durable aligné sur les ODD), complétée depuis 2022 par la politique de propriété de l'État (State Ownership Policy : désengagement programmé de secteurs entiers au profit du privé) et, depuis 2025, par le Récit national de développement économique qui structure le dialogue avec le FMI autour d'une croissance tirée par le secteur privé.

Le chef de l'État et le chef du Gouvernement

Abdel Fattah al-Sissi, Président de la République arabe d'Égypte
AS
Chef de l'État  ·  Pouvoir exécutif

Abdel Fattah al-Sissi

Président de la République arabe d'Égypte — Chef suprême des forces armées

Militaire de carrière devenu l'homme fort de la région, Abdel Fattah Saïd Hussein Khalil al-Sissi naît le 19 novembre 1954 dans le vieux Caire (Gamaleya). Diplômé de l'Académie militaire en 1977, formé au Royaume-Uni (Joint Services Command and Staff College) et aux États-Unis (US Army War College, 2006), il gravit tous les échelons de l'infanterie mécanisée, sert comme attaché militaire à Riyad, commande la zone militaire Nord (Alexandrie) puis dirige le renseignement militaire (2010). Plus jeune membre du Conseil suprême des forces armées après la révolution de 2011, il est nommé ministre de la Défense en août 2012 par le président Mohamed Morsi — qu'il destitue le 3 juillet 2013 à la suite des manifestations massives du 30 juin.

Élu Président en mai 2014 (96,9 % des voix), réélu en 2018 puis en décembre 2023 (89,6 %), il a entamé le 2 avril 2024 un troisième mandat courant jusqu'en 2030, permis par la révision constitutionnelle de 2019. Sa présidence est celle des méga-projets — doublement du canal de Suez (2015), Nouvelle Capitale administrative, 7 000 km d'autoroutes, villes nouvelles, El-Dabaa, Grand Musée Égyptien — et de trois vagues de réformes économiques avec le FMI (2016, 2022, mars 2024), au prix d'un endettement que la stabilisation en cours vise à résorber. Sur la scène internationale, il a fait entrer l'Égypte dans les BRICS (1er janvier 2024), accueilli la COP27 à Charm el-Cheikh (2022) et imposé Le Caire comme médiateur central des crises régionales — trêves de Gaza, dossiers libyen et soudanais — tout en défendant une ligne rouge existentielle sur les eaux du Nil face au barrage éthiopien de la Renaissance.

Président depuis le 8 juin 2014 3ᵉ mandat : 2024-2030 (réélu en déc. 2023 avec 89,6 %) Né le 19 novembre 1954 au Caire Ex-ministre de la Défense · Ex-chef du renseignement militaire

Sources officielles : Présidence de la République (presidency.eg) · Service d'information de l'État (SIS) · Britannica

Mostafa Madbouly, Premier ministre d'Égypte
MM
Chef du Gouvernement  ·  Premier ministre

Mostafa Madbouly

Premier ministre de la République arabe d'Égypte

Urbaniste devenu le troisième chef de gouvernement le plus durable de l'histoire égyptienne, Mostafa Kamal Madbouly naît le 28 avril 1966. Ingénieur diplômé de l'université du Caire, docteur en planification urbaine, il dirige l'Organisation générale de la planification physique, pilote sous Moubarak le schéma « Grand Caire 2050 » et occupe des fonctions régionales à l'ONU-Habitat, avant d'être nommé ministre du Logement en 2014 — poste d'où il supervise le lancement de la Nouvelle Capitale administrative et le plus grand programme de logement social du pays (Sakan Karim, puis un million de logements).

Nommé Premier ministre par intérim le 7 juin 2018, investi le 14 juin 2018, il conduit depuis huit ans l'exécutif à travers les crises (Covid, guerre d'Ukraine, choc de change) et les trois programmes FMI successifs. Reconduit en juin-juillet 2024 après la réélection présidentielle — avec un gouvernement resserré de 30 ministres —, il a opéré le 10-11 février 2026 un remaniement majeur approuvé par la nouvelle Chambre : création d'un poste de vice-Premier ministre chargé des Affaires économiques (Hussein Eissa), fusion des portefeuilles Affaires étrangères-Coopération internationale et Développement local-Environnement, séparation Industrie/Transports, rétablissement du ministère de l'Information et suppression du ministère du Secteur public des affaires (décret 75/2026) — une architecture explicitement tournée vers la production, l'investissement et la maîtrise de l'inflation. Interlocuteur direct des bailleurs et des investisseurs du Golfe, il préside notamment le comité ministériel du programme de cessions d'actifs publics.

Premier ministre depuis le 14 juin 2018 Reconduit en juillet 2024 · remaniement majeur en février 2026 Né le 28 avril 1966 Docteur en urbanisme · Ex-ministre du Logement (2014-2018)

Sources officielles : Conseil des ministres (cabinet.gov.eg) · Ahram Online — composition du gouvernement (févr. 2026) · SIS

Composition du Gouvernement

Gouvernement Madbouly issu du remaniement approuvé par la Chambre des représentants le 10 février 2026 et assermenté le 11 février 2026 (décret présidentiel n° 75/2026 ; le ministère du Secteur public des affaires est supprimé). Composition en vigueur au 12 juillet 2026 :

Nom completPortefeuille / fonctionEn fonction depuisProfil bref
Hussein EissaVice-Premier ministre chargé des Affaires économiquesFévrier 2026Économiste, ancien président de l'université d'Aïn Chams, ex-président de la commission Plan & Budget du Parlement ; coordonne le « groupe économique » du gouvernement.
Ashraf Salem ZaherMinistre de la Défense et de la Production militaireFévrier 2026Général de corps d'armée (défense aérienne), ancien directeur de l'Académie militaire ; nommé avec l'accord du Conseil suprême des forces armées (art. 234). Succède au général Abdel-Meguid Saqr.
Mahmoud TawfiqMinistre de l'IntérieurJuin 2018Général, ancien chef de la Sûreté de l'État ; doyen des portefeuilles régaliens.
Badr AbdelattyMinistre des Affaires étrangères, de la Coopération internationale et des Égyptiens de l'étrangerJuillet 2024 (coopération internationale ajoutée en févr. 2026)Diplomate de carrière, ex-ambassadeur auprès de l'UE, en Allemagne ; pilote les dossiers Nil/GERD, Gaza et le financement extérieur.
Ahmed KouchoukMinistre des FinancesJuillet 2024Économiste (Banque mondiale, Harvard), architecte des programmes FMI et du paquet de facilitation fiscale 2024-2026.
Mohamed Farid SalehMinistre de l'Investissement et du Commerce extérieurFévrier 2026Ancien président de l'Autorité de régulation financière (FRA) et de la Bourse égyptienne (EGX) ; interlocuteur central des investisseurs étrangers.
Ahmed RostomMinistre du Plan et du Développement économiqueFévrier 2026Ancien cadre dirigeant de la Banque mondiale (secteur financier) ; succède à Rania Al-Mashat.
Khaled Hashem MaherMinistre de l'IndustrieFévrier 2026Ex-président Moyen-Orient & Afrique de Honeywell, ancien dirigeant de GE ; ministère de l'Industrie recréé pour accélérer la localisation industrielle.
Kamel El-WazirMinistre des TransportsMars 2019Général du génie, ancien chef de l'Autorité du génie des forces armées ; TGV Siemens, métro, ports secs, monorail.
Karim BadawiMinistre du Pétrole et des Ressources minéralesJuillet 2024Ancien dirigeant de SLB (Schlumberger) ; relance de l'exploration gazière et minière, dossier GNL.
Mahmoud EsmatMinistre de l'Électricité et des Énergies renouvelablesJuillet 2024Ingénieur ; fiabilisation du réseau, IPP renouvelables, interconnexion saoudienne, préparation d'El-Dabaa.
Hani SewilamMinistre des Ressources en eau et de l'IrrigationAoût 2022Professeur de gestion de l'eau (RWTH Aix-la-Chapelle) ; négociateur du dossier du Nil/GERD, programme d'irrigation moderne.
Alaa FaroukMinistre de l'Agriculture et de la Mise en valeur des terresJuillet 2024Ancien PDG de la Banque agricole d'Égypte ; sécurité alimentaire, New Delta, horticulture d'export.
Sherif FaroukMinistre de l'Approvisionnement et du Commerce intérieurJuillet 2024Ancien président d'Egypt Post ; subventions alimentaires (cartes de rationnement), stocks stratégiques de blé.
Khaled Abdel GhaffarMinistre de la Santé et de la Population2021 (reconduit 2024 et 2026)Professeur de médecine dentaire, ex-ministre de l'Enseignement supérieur ; assurance santé universelle, hub pharmaceutique.
Mohamed Abdel LatifMinistre de l'Éducation et de l'Enseignement techniqueJuillet 2024Spécialiste de l'éducation ; réforme des écoles techniques et partenariats écoles d'entreprises.
Abdel Aziz KonsowaMinistre de l'Enseignement supérieur et de la Recherche scientifiqueFévrier 2026Universitaire, ancien président de l'université d'Alexandrie.
Sherif FathyMinistre du Tourisme et des AntiquitésJuillet 2024Ancien ministre de l'Aviation civile, ex-PDG d'EgyptAir ; objectif 30 millions de visiteurs, Grand Musée Égyptien.
Manal AwadMinistre du Développement local et de l'EnvironnementJuillet 2024 (Environnement ajouté en févr. 2026)Vétérinaire, ancienne gouverneure de Damiette ; décentralisation, gestion des déchets, agenda climat local.
Maya MorsyMinistre de la Solidarité socialeJuillet 2024Ancienne présidente du Conseil national des femmes ; programmes Takaful & Karama (filets sociaux, +20 M de bénéficiaires).
Randa El-MenshawyMinistre du Logement, des Services publics et des Communautés urbainesFévrier 2026Ingénieure, ancienne assistante du Premier ministre ; villes nouvelles, eau-assainissement, logement social.
Raafat HindiMinistre des Communications et des Technologies de l'informationFévrier 2026Ancien vice-ministre chargé des infrastructures numériques, passé par le régulateur NTRA ; Digital Egypt, data centers, offshoring.
Diaa RashwanMinistre d'État à l'Information (ministère rétabli)Février 2026Ancien chef du Service d'information de l'État (SIS) et coordinateur général du Dialogue national.
Mahmoud Helmy El-SherifMinistre de la JusticeFévrier 2026Haut magistrat ; digitalisation des juridictions, arbitrage et climat des affaires.
Hani AzerMinistre des Affaires parlementairesFévrier 2026Magistrat, ancien vice-président de la Cour de cassation, ex-assistant du ministre de la Justice pour la législation.
Hassan El-RaddadMinistre du TravailFévrier 2026Haut fonctionnaire du ministère (inspection, affaires juridiques, attaché du travail) ; mise en œuvre de la nouvelle loi travail 14/2025.
Gihane ZakiMinistre de la CultureFévrier 2026Égyptologue de renommée internationale, ancienne députée ; industries culturelles et rayonnement patrimonial.
Gohar NabilMinistre de la Jeunesse et des SportsFévrier 2026Gestionnaire du sport ; infrastructures sportives et économie du sport.
Sameh El-HefnyMinistre de l'Aviation civileJuillet 2024Ancien président de l'Organisation arabe de l'aviation civile ; modernisation d'EgyptAir et partenariats aéroportuaires.
Osama El-AzhariMinistre des Awqaf (Affaires religieuses)Juillet 2024Érudit d'al-Azhar, conseiller présidentiel pour les affaires religieuses.

Sources : Conseil des ministres · Ahram Online — « Madbouly's reshuffled cabinet: Full lineup » (10 févr. 2026) · SIS (11 févr. 2026) · AmCham Egypt — Cabinet. Composition vérifiée au 12 juillet 2026.

Autres institutions clés pour les affaires

🏦 Banque centrale d'Égypte (CBE)

Gouverneur : Hassan Abdalla (depuis août 2022), ancien patron de l'Arab African International Bank. Politique de ciblage d'inflation (7 % ± 2 pts fin 2026), cycle de baisse des taux entamé en avril 2025, gardienne du régime de change flottant et de l'inclusion financière (InstaPay).

cbe.org.eg

🗳️ Parlement (législature 2026-2031)

Président de la Chambre des représentants : Hisham Badawy (élu le 12 janvier 2026), ancien président de l'Organisation centrale d'audit ; vice-présidents : Assem El-Gazzar et Mohamed El-Wahsh. Sénat de 300 membres renouvelé en août 2025. Siège : Nouvelle Capitale administrative.

parliament.gov.eg

🏙️ Gouvernorats & Nouvelle Capitale

27 gouvernorats dirigés par des gouverneurs nommés — interlocuteurs clés pour le foncier et les licences locales. La Nouvelle Capitale administrative est développée par l'ACUD (participation majoritaire des forces armées et du ministère du Logement) : ministères, Parlement, quartier d'affaires CBD et tour iconique de 394 m y sont opérationnels.

Rubrique 03

🚀 Entreprendre en Égypte

Créer sa société via le guichet unique GAFI, choisir son régime (droit commun, zone franche, SCZone), comprendre la fiscalité et décrocher la « licence dorée » : le mode d'emploi complet de l'investisseur, actualisé 2026.

Le cadre : la loi 72/2017 et le retour du ministère de l'Investissement

Le droit de l'investissement repose sur la loi n° 72/2017 sur l'investissement et son règlement exécutif : égalité de traitement entre investisseurs égyptiens et étrangers, propriété étrangère à 100 % dans la quasi-totalité des secteurs, garanties contre la nationalisation et l'expropriation (hors utilité publique avec juste indemnisation préalable), libre rapatriement des bénéfices, dividendes et produits de cession en devises, et batterie d'incitations fiscales et douanières. L'architecture institutionnelle a été renforcée en février 2026 avec un ministère de l'Investissement et du Commerce extérieur confié à Mohamed Farid Saleh (ex-patron de la Bourse puis du régulateur financier) et un vice-Premier ministre dédié à l'économie — signal explicite envoyé aux investisseurs. L'Égypte cumule par ailleurs les accès préférentiels : ZLECAF, COMESA, Grande zone arabe de libre-échange (GAFTA), accord d'association avec l'UE, accord d'Agadir, ALE avec le Mercosur, protocole QIZ (accès au marché américain en franchise) et conventions fiscales avec une soixantaine de pays.

Créer son entreprise : formes, capital, guichet unique GAFI

📄 Formes juridiques (loi 159/1981 modifiée)

  • SARL (Limited Liability Company) — la forme la plus utilisée : 1 à 50 associés (la société unipersonnelle « OPC » existe depuis 2018), pas de capital minimum légal général, gérance libre (au moins un gérant ; certaines activités exigent un gérant égyptien) ;
  • Société anonyme (Joint Stock Company) — capital minimum 250 000 EGP (davantage pour les activités régulées), 3 actionnaires minimum, obligatoire pour l'appel public à l'épargne et la cotation EGX ;
  • Succursale de société étrangère (adossée à un contrat en Égypte) et bureau de représentation (études de marché, sans activité commerciale) ;
  • Sociétés de personnes ; entreprises des zones franches et de la SCZone sous régimes propres.

💵 Capital et points d'attention

  • Pas de capital minimum pour la SARL de droit commun — mais des seuils sectoriels existent (import, finance, transport…) ;
  • Commerce d'importation à des fins de revente : l'inscription au registre des importateurs demeure soumise à des conditions de participation égyptienne majoritaire (des assouplissements temporaires existent — vérifier l'état du droit avec le GAFI avant de structurer) ;
  • Enregistrer les apports en devises via le circuit bancaire pour sécuriser le rapatriement futur ;
  • L'acquisition foncière par des étrangers est possible pour les projets (avec limites : terres agricoles réservées aux Égyptiens, régime spécial au Sinaï).

Parcours de création — pas à pas (guichet unique GAFI)

ÉtapeInstitutionContenuDélai indicatif
1. Nom & statutsGAFI — guichet unique / plateforme en ligneCertificat de non-confusion du nom, rédaction et authentification des statuts (modèles GAFI), attestation bancaire de dépôt du capital le cas échéant.1-2 jours
2. Constitution & registre du commerceGAFI (Investor Services Centre)Émission du certificat de constitution et de l'extrait du registre du commerce — la création électronique de bout en bout est opérationnelle pour les formes courantes.1-3 jours
3. Carte fiscale & TVAAutorité fiscale égyptienne (ETA)Numéro fiscal, enregistrement TVA (seuil 500 000 EGP de CA), adhésion obligatoire à la facture électronique (e-invoice) et au reçu électronique.1-2 jours
4. Chambre & licences sectoriellesChambre de commerce / IDA / régulateursImmatriculation consulaire ; licence industrielle auprès de l'IDA pour les activités manufacturières (procédure par notification pour les activités à faible risque), agréments spécifiques (santé, éducation, finance — FRA/CBE…).2-15 jours selon activité
5. Sécurité socialeNOSIAffiliation employeur et salariés (loi 148/2019 : ≈18,75 % employeur / 11 % salarié sur le salaire assurable).1-2 jours
6. Compte bancaire & opérationsBanque commercialeOuverture du compte société, enregistrement des capitaux étrangers, accès InstaPay/virements ; pour l'import-export : enregistrement sur la plateforme douanière Nafeza (ACI), obligatoire pour toute importation.2-7 jours

Une SARL standard est ainsi opérationnelle en une à trois semaines. Le GAFI assure ensuite l'« aftercare » : visas et permis de séjour investisseur, comités de règlement des différends investisseur-administration (loi 72/2017), et délivrance de la « licence dorée » (golden license) — approbation unique du Conseil des ministres valant l'ensemble des permis (foncier, construction, exploitation) pour les projets stratégiques, dont le champ a été élargi depuis 2022 : un outil décisif pour les grands projets industriels et d'infrastructure.

Fiscalité des entreprises

22,5 %impôt sur les sociétés (taux standard)40,55 % pétrole-gaz ; 40 % Autorité du canal, CBE, EGPC
14 %TVA (loi 67/2016, services numériques inclus)Seuil : 500 000 EGP ; taux réduits/exonérations ciblés
10 % / 5 %retenue sur dividendes (non cotées / cotées EGX)Intérêts et royalties : 20 % sous réserve des conventions (≈60 DTT)
0-27,5 %impôt sur le revenu des personnes physiques (barème progressif)Tranche exonérée relevée en 2025
18,75 % / 11 %cotisations sociales employeur / salariéLoi 148/2019 — salaire minimum privé : 7 000 EGP/mois (2025)
E-facturefacturation et reçus électroniques obligatoires (ETA)Paquet de facilitation fiscale 2024-2026 ; régime simplifié PME < 20 M EGP

Incitations à l'investissement

🎁 Loi 72/2017 & licence dorée

  • Déduction fiscale de 30 % à 50 % des coûts d'investissement (plafonnée à 80 % du capital libéré, sur 7 ans) selon la localisation — le taux maximal visant la zone A (Haute-Égypte, zones prioritaires, SCZone) — et les secteurs stratégiques (industrie, énergie, hydrogène vert, agriculture…) ;
  • Incitation en numéraire pouvant atteindre 35-55 % de l'impôt payé sur le revenu du projet pour les industries stratégiques (décrets 2023-2024, dont véhicules électriques et hydrogène) ;
  • Licence dorée : un seul acte du Conseil des ministres vaut tous les permis ;
  • Droit de douane unifié de 2 % sur les équipements des projets agréés ; exonérations de droits d'enregistrement.

🏗️ Zones franches & SCZone

  • Zones franches GAFI (9 zones publiques + zones privées) : exonération d'IS et de TVA, redevance de 1 % à 2 % sur le chiffre d'affaires selon l'activité, liberté totale de change — idéal pour l'export ;
  • SCZone (Ain Sokhna, Port-Saïd Est, Qantara, Abu Khalifa…) : autorité intégrée délivrant toutes les licences, foncier industriel viabilisé, utilités compétitives, régime douanier propre — vaisseau amiral de l'hydrogène, de l'automobile et de la logistique ;
  • Zones d'investissement et zones technologiques (ITIDA) pour les services numériques ;
  • Programmes de rabais à l'export (Export Development Fund) et soutien à la localisation industrielle (IDA/IMC).

Secteurs prioritaires pour l'investissement

⚡ Énergies renouvelables & hydrogène

IPP solaires et éoliens en série (Benban, golfe de Suez, projets de 10 GW avec Masdar/AMEA/ACWA), stockage batteries, hydrogène vert et ammoniac dans la SCZone (Scatec-Fertiglobe pionniers), interconnexions électriques d'export — cadre PPP rodé et accords d'achat bancables.

🏭 Industrie manufacturière

Automobile et VE (stratégie nationale, assemblage), électronique et électroménager (Samsung, Vivo, Oppo, Beko…), textile-habillement (QIZ vers les USA, filière coton relancée), pharma et vaccins (Gypto Pharma), sidérurgie-ciment-chimie, agroalimentaire — ministère de l'Industrie dédié depuis février 2026.

🌾 Agro-industrie & eau

Méga-projets de mise en valeur (New Delta : 2,2 millions de feddans visés, Toshka, Sinaï), serriculture, irrigation de précision, dessalement en PPP (pipeline de plusieurs milliards de dollars avec le fonds souverain TSFE), transformation et chaîne du froid pour l'export vers le Golfe et l'Europe.

💻 TIC, BPO & data centers

Croissance sectorielle ~16 %/an, exportations numériques > 6 Mds $, incitations ITIDA à l'offshoring (jusqu'à 30 % de cash-back sur certains coûts), centres de services partagés multilingues, data centers sur la dorsale mondiale des câbles sous-marins, IA et gaming en émergence.

🏨 Tourisme & hôtellerie

Objectif 30 millions de visiteurs et doublement de la capacité hôtelière (~240 000 chambres à ajouter) : resorts mer Rouge et côte nord (Ras El-Hekma), tourisme culturel dopé par le Grand Musée Égyptien, croisières sur le Nil, incitations dédiées à la construction hôtelière.

🚢 Logistique & immobilier

Ports et zones logistiques (SCZone, ports secs comme 6th of October Dry Port en PPP), e-commerce et last-mile pour 107 M d'habitants, immobilier résidentiel et de bureaux des villes nouvelles, privatisations (aéroports, actifs hôteliers publics, entreprises du programme de cessions).

🧭 Conseil pratique Initiatives Africa. Trois réflexes avant de signer : (1) faire trancher par écrit le régime optimal (droit commun 72/2017 vs zone franche vs SCZone) — l'écart de rentabilité peut être considérable ; (2) sécuriser tôt le foncier (IDA, NUCA, SCZone ou gouvernorat selon le cas) et viser la licence dorée pour les grands projets ; (3) intégrer la conformité Nafeza/ACI et la facturation électronique dès le démarrage pour éviter tout blocage douanier ou fiscal. Notre équipe accompagne les porteurs de projets : contact@initiativesafrica.com.

Sources : GAFI — General Authority for Investment & Free Zones · SCZone · Egyptian Tax Authority · Loi 72/2017, loi 159/1981, loi 67/2016, loi 148/2019, loi 14/2025 · FMI, rapport pays n° 26/69 (févr. 2026).

Rubrique 04

🏢 Écosystème d'affaires

Banques centenaires, l'une des plus vieilles bourses du monde, licornes fintech, zones industrielles et conglomérats familiaux de rang mondial : la cartographie des acteurs qui font l'économie égyptienne.

Le système bancaire et financier

Le secteur bancaire égyptien — parmi les plus anciens et les plus profonds d'Afrique — s'articule autour de la Banque centrale d'Égypte (gouverneur : Hassan Abdalla) et d'une trentaine de banques : les géantes publiques National Bank of Egypt (NBE) et Banque Misr (fondée en 1920 par Talaat Harb, père du capitalisme national), la Commercial International Bank (CIB) — première banque privée et valeur phare de la Bourse —, QNB Alahli, AAIB, Banque du Caire, ALEXBANK (Intesa), HSBC, Crédit Agricole Égypte, Attijariwafa… La rentabilité du secteur est élevée, la digitalisation rapide : le système de paiement instantané InstaPay, lancé en 2022, a dépassé la dizaine de millions d'utilisateurs et des volumes de plusieurs milliers de milliards de livres, tirant une inclusion financière qui dépasse désormais les deux tiers des adultes — révolution silencieuse du marché égyptien.

La fintech est l'un des joyaux de l'écosystème : Fawry (paiements, première « licorne » cotée à l'EGX), MNT-Halan (crédit et super-app, valorisée au-delà du milliard de dollars), Paymob, Khazna, ValU (BNPL), Instabug… La Bourse égyptienne (EGX) — héritière des bourses d'Alexandrie (1883) et du Caire (1903), parmi les plus anciennes du monde — retrouve des couleurs avec le programme d'introductions lié aux cessions d'actifs publics (e-Finance, Telecom Egypt, banques, actifs hôteliers) et des capitalisations record portées par les valeurs immobilières et bancaires ; le régulateur non bancaire est la FRA, dont l'ancien président dirige désormais le ministère de l'Investissement.

Startups : l'un des trois grands écosystèmes africains

Avec le Nigeria, le Kenya et l'Afrique du Sud, l'Égypte se dispute chaque année le podium africain des levées de fonds. Aux côtés des fintechs, la vague couvre la proptech (Nawy, plus grande levée proptech d'Afrique en 2025), le e-commerce B2B (MaxAB, fusionné avec le kényan Wasoko), la mobilité (Swvl, cotée au Nasdaq via SPAC), la healthtech (Vezeeta), l'edtech et le gaming. L'accompagnement s'appuie sur Flat6Labs (pionnier régional), l'AUC Venture Lab, les hubs Creativa du ministère des TIC/ITIDA, le GESR et des fonds locaux et régionaux (Algebra Ventures, Disruptech, Sawari, Endure, Beltone VC), tandis que les grands groupes multiplient les véhicules de corporate venture. Atout structurel : 750 000 diplômés par an, dont un vivier technique alimenté par les initiatives « Digital Egypt Builders » du ministère des TIC.

Zones industrielles, franches et logistiques

🏭 SCZone & zones franches

La SCZone (460 km² : Ain Sokhna, Port-Saïd Est, Qantara Ouest, Abu Khalifa, ports intégrés) concentre méga-usines, hydrogène et logistique avec son autorité à guichet unique. Les zones franches GAFI (Nasr City, Alexandrie, Port-Saïd, Damiette, Ismaïlia…) restent la voie royale de l'export en franchise. S'y ajoutent les zones d'investissement privées et les clusters spécialisés : Robbiki Leather City (cuir), Damietta Furniture City (meuble), villes textiles, parcs technologiques « Silicon Waha ».

🏗️ Villes nouvelles & foncier industriel

La NUCA (autorité des communautés urbaines nouvelles) et l'IDA (Autorité de développement industriel) allouent le foncier des 40+ villes nouvelles et des zones industrielles (10th of Ramadan, 6th of October, Borg El-Arab, Sadat City…) — où sont installés la majorité des industriels étrangers. Le programme de ports secs en PPP (6th of October, en service) fluidifie la logistique douanière de l'hinterland.

Chambres consulaires, patronat et réseaux d'affaires

🤝 FEDCOC & FEI

La Fédération des chambres de commerce égyptiennes (FEDCOC, chambres dans les 27 gouvernorats — l'affiliation est obligatoire pour les commerçants) et la Fédération des industries égyptiennes (FEI, 1922, ~20 chambres sectorielles) sont les deux piliers du dialogue public-privé.

fedcoc.org.eg · fei.org.eg

🌍 AmCham & chambres bilatérales

L'AmCham Egypt (1982) est l'une des plus grandes chambres américaines hors des États-Unis et un centre de ressources économiques de référence ; très actives également : chambre franco-égyptienne (CCIFE), AHK allemande, chambres italienne, britannique, chinoise et du Golfe, et l'Egyptian Businessmen's Association (EBA).

amcham.org.eg

👩‍💼 Réseaux & think tanks

Business Women of Egypt 21 (BWE21), Endeavor Egypt (scale-ups), l'ECES (Egyptian Center for Economic Studies, think tank patronal historique) et les conseils d'affaires bilatéraux (Égypte-EAU, Égypte-Arabie saoudite, Égypte-Chine…) complètent l'architecture d'influence.

Les grands groupes qui structurent le marché

Le capitalisme familial égyptien est l'un des plus puissants du continent : la dynastie Sawiris (Orascom Construction et OCI Global pour Nassef ; Orascom Investment/médias et or pour Naguib ; Orascom Development — El Gouna, hôtellerie — pour Samih), le groupe Mansour (distribution GM et Caterpillar parmi les plus grandes au monde, Metro Markets, Man Capital), Elsewedy Electric (câbles, compteurs, EPC énergétique — présent dans une vingtaine de pays africains), Talaat Moustafa Group (Madinaty, Noor — première capitalisation immobilière de l'EGX), Hassan Allam Holding (BTP, eau, énergie), Ezz Steel (premier sidérurgiste d'Afrique-MENA), Oriental Weavers (n°1 mondial du tapis tissé machine), GB Corp (Ghabbour) (automobile), Juhayna et Edita (agroalimentaire), Elaraby (électroménager), EFG Holding (première banque d'affaires de la région), Qalaa Holdings (raffinage ERC, énergie) — aux côtés des champions publics (Suez Canal Authority, EGPC/EGAS, Telecom Egypt, EgyptAir) et des géants du Golfe désormais massivement investis. Les biographies détaillées de leurs dirigeants figurent dans le Who's Who Égypte.

Who's Who Égypte — l'annuaire économique

Portraits, biographies originales, parcours, réalisations et distinctions des bâtisseurs de l'économie égyptienne : dynasties industrielles, fondateurs de licornes, banquiers et capitaines d'industrie.

👥 Consulter le Who's Who Égypte
Rubrique 05

🤝 Structures d'appui

Guichet unique, autorités de zones, fonds souverain, agences sectorielles : qui contacter, pour quoi faire — le carnet d'adresses institutionnel de l'investisseur en Égypte.

La promotion et la facilitation de l'investissement

🏛️ GAFI — General Authority for Investment & Free Zones

Le guichet unique de l'investisseur : constitution des sociétés (y compris 100 % en ligne), administration des zones franches et zones d'investissement, visas et séjours investisseurs, « aftercare », instruction des licences dorées et secrétariat des comités ministériels de règlement des différends investisseurs (loi 72/2017) — un mécanisme amiable précieux avant tout contentieux. Rattaché au ministère de l'Investissement et du Commerce extérieur.

gafi.gov.eg

🚢 SCZone — Autorité de la zone économique du canal de Suez

Autorité intégrée à pouvoirs propres (licences, foncier, douane, utilités) sur 460 km² de zones industrielles et 6 ports. Interlocuteur direct des méga-projets : hydrogène vert et ammoniac, automobile, textile, agroalimentaire, soutage et réparation navale. Régime d'incitations spécifique cumulable avec la loi 72/2017.

sczone.eg

💼 TSFE — The Sovereign Fund of Egypt

Le fonds souverain (2018) structure les partenariats public-privé sur les actifs de l'État : pré-IPO du programme de cessions, co-investissements avec les fonds du Golfe (dont le développement de Ras El-Hekma), plateformes sectorielles — dessalement en PPP, hydrogène vert, éducation, santé, tourisme. Porte d'entrée des investisseurs institutionnels sur les grands tickets.

tsfe.com

🏭 IDA & IMC — l'appareil industriel

L'Industrial Development Authority attribue le foncier industriel et délivre les licences (procédure par simple notification pour les activités à faible risque) ; l'Industrial Modernization Centre finance la mise à niveau, la certification et la productivité des industriels. Relais sectoriels : chambres de la FEI, programme national de localisation automobile et électronique.

ida.gov.eg

Exporter, innover, financer

📦 Export Development Fund & ECGE

Programmes de rabais à l'export par filière (agroalimentaire, textile, chimie, ingénierie…), refondus et budgétés à la hausse depuis 2024, et assurance-crédit export via l'Export Credit Guarantee Company of Egypt. Conseils commerciaux égyptiens dans plus de 50 pays.

💻 ITIDA

L'agence du développement de l'industrie des TI : incitations à l'offshoring (cash-back sur salaires et formation), parcs technologiques, certification des exportateurs de services numériques, programmes de compétences (Digital Egypt Builders Initiative) — l'architecte des >6 Mds $ d'exportations numériques.

itida.gov.eg

🏦 MSMEDA

L'agence des micro, petites et moyennes entreprises : financements directs et via les banques (lignes dédiées PME de la CBE), incubation, marchés publics réservés (20 % des commandes publiques), formalisation — plus de 3 millions de projets financés depuis sa création.

msmeda.org.eg

⚡ NREA & Egyptian Electricity Holding

La New & Renewable Energy Authority alloue le foncier désertique aux IPP solaires/éoliens (baux à redevance sur production) et copilote avec EETC les contrats d'achat d'électricité — le tandem qui a fait de Benban et du golfe de Suez des références mondiales.

nrea.gov.eg

🏨 TDA & ETA-Tourisme

La Tourism Development Authority alloue le foncier touristique (mer Rouge, côte nord) et instruit les incitations hôtelières ; l'Autorité de promotion pilote la marque destination — l'axe de l'objectif 30 millions de visiteurs.

🛃 Douanes — Nafeza & ACI

Le guichet unique douanier Nafeza et le système d'information anticipée ACI (obligatoire pour toute importation, adossé à la blockchain CargoX) ont digitalisé le dédouanement ; statut d'opérateur économique agréé et couloirs verts pour les industriels conformes.

nafeza.gov.eg

🧭 Le bon réflexe. Projet industriel exportateur : GAFI → SCZone ou zone franche → IDA/IMC → Export Development Fund. Grand ticket ou privatisation : ministère de l'Investissement + TSFE. Services numériques : ITIDA. Énergie : NREA/EETC + SCZone (hydrogène). PME locale ou coentreprise : MSMEDA + chambres FEDCOC/FEI. Initiatives Africa qualifie vos interlocuteurs et organise vos missions au Caire : contact@initiativesafrica.com.

Rubrique 06

⚖️ Cadre juridique & fiscal

Berceau du droit civil arabe, hors espace OHADA mais membre du CIRDI et du système de Madrid, doté de tribunaux économiques spécialisés et d'un centre d'arbitrage de rang mondial : les règles du jeu égyptiennes.

Un droit civiliste fondateur — hors OHADA

Point de repère essentiel pour les investisseurs francophones : l'Égypte n'appartient pas à l'espace OHADA — son droit est national, d'inspiration civiliste française. Le Code civil de 1948, œuvre du grand juriste Abd el-Razzak al-Sanhouri, est la matrice de la plupart des codes civils du monde arabe (Syrie, Libye, Koweït, Qatar…) — un héritage qui rend le système familier aux juristes de tradition continentale. Les affaires relèvent notamment de la loi sur les sociétés 159/1981 (modernisée : société unipersonnelle 2018, digitalisation), du Code de commerce 17/1999, de la loi sur les marchés de capitaux 95/1992 (régulateur : FRA), de la loi sur la faillite 11/2018 (dépénalisation, restructuration préventive, médiation) et de la loi sur la protection des données personnelles 151/2020 (inspirée du RGPD). À noter, réforme majeure pour les fusions-acquisitions : depuis 2022-2024, l'Autorité de la concurrence (ECA) exerce un contrôle préalable des concentrations — notification obligatoire avant closing au-delà des seuils. La langue des tribunaux est l'arabe (traductions certifiées requises), l'anglais dominant la pratique contractuelle internationale.

Droit des investissements et protection de l'investisseur

🛡️ Garanties légales

  • Loi 72/2017 : traitement juste et équitable, pas de nationalisation, expropriation limitée à l'utilité publique avec indemnisation préalable à la valeur économique juste, libre rapatriement des capitaux et bénéfices ;
  • Réseau d'environ 100 traités bilatéraux d'investissement (dont France, Allemagne, Chine, EAU, Arabie saoudite…) et ~60 conventions de non double imposition ;
  • Membre fondateur du CIRDI (l'un des tout premiers États signataires) et partie à la Convention de New York de 1958 dès 1959 : l'arbitrage d'investissement et commercial y est pleinement exécutoire ;
  • Membre de la MIGA ; comités administratifs de règlement des différends investisseurs (GAFI) offrant une voie amiable rapide.

🧾 Points d'attention structurels

  • Foncier : la propriété étrangère est admise pour les besoins des projets agréés ; restrictions sur les terres agricoles (réservées aux Égyptiens), régime spécial au Sinaï et plafond de deux biens résidentiels hors cadre projet (loi 230/1996) ;
  • Import de négoce : registre des importateurs historiquement conditionné à une majorité égyptienne — vérifier les assouplissements en vigueur avant de structurer une activité de distribution ;
  • Agence commerciale : l'agent d'importation doit être égyptien (loi 120/1982) ;
  • Contrôle des concentrations ECA (2024) et secteurs régulés (banque, assurance, télécoms, énergie) à intégrer au calendrier des opérations.

Droit du travail : la nouvelle loi 14/2025

Réforme majeure : la loi sur le travail n° 14/2025, entrée en vigueur le 1er septembre 2025, remplace le code de 2003. Elle modernise le CDD/CDI (le CDD renouvelé au-delà de quatre ans se transforme en CDI), encadre le télétravail et le travail via plateformes, crée des tribunaux du travail spécialisés (procédure accélérée), porte le congé de maternité à quatre mois (trois fois au cours de la carrière, avec protection renforcée contre le licenciement), consacre l'égalité salariale et durcit la lutte contre le travail informel. Les fondamentaux demeurent : durée légale de 8 h/jour et 48 h/semaine, congés annuels de 15 jours ouvrés (21 après un an, 30 après dix ans ou 50 ans d'âge), heures supplémentaires majorées (35 % de jour, 70 % de nuit, 100 % les jours fériés). Le salaire minimum du secteur privé est de 7 000 EGP/mois (Conseil national des salaires, 2025) ; les cotisations sociales (loi 148/2019) s'élèvent à ≈18,75 % employeur / 11 % salarié. L'emploi d'étrangers est plafonné (règle générale de 10 % de l'effectif, assouplissements sur autorisation) avec permis de travail délivré par le ministère du Travail.

Fiscalité : l'architecture d'ensemble

ImpôtTaux / règleBase légale & nouveautés
Impôt sur les sociétés22,5 % (40,55 % pétrole-gaz ; 40 % Autorité du canal de Suez, CBE, EGPC)Loi 91/2005 ; paquet de facilitation fiscale 2024-2026 (règlement des litiges, plafonnement des pénalités, régime simplifié pour les entreprises < 20 M EGP de CA) ; paquet fiscal 2026/27 en préparation avec le FMI.
TVA14 % (biens d'équipement 5 % ; exonérations ciblées ; taux zéro export)Loi 67/2016 — étendue aux services numériques fournis depuis l'étranger ; facture et reçu électroniques obligatoires (ETA).
Retenues à la sourceDividendes 10 % (5 % si société cotée) · intérêts 20 % · royalties 20 % · WHT domestique 0,5-5 %Sous réserve des ~60 conventions fiscales.
IRPPBarème progressif 0-27,5 %Tranche exonérée relevée en 2025 ; retenue mensuelle par l'employeur.
Cotisations sociales≈18,75 % employeur / 11 % salariéLoi 148/2019 (assiette plafonnée, revalorisée annuellement).
Droits & taxes diversesDroits de douane variables (2 % unifié pour équipements des projets agréés) ; droit de timbre ; taxe immobilière 10 % de la valeur locativeProgramme d'opérateur économique agréé ; zones franches hors champ IS/TVA (redevance 1-2 %).

Propriété intellectuelle

Le cadre repose sur la loi 82/2002 sur la propriété intellectuelle, administrée par l'Office égyptien des brevets (ASRT), le registre des marques (ministère du Commerce/Investissement) et l'autorité du droit d'auteur. L'Égypte est membre de l'OMPI, des conventions de Paris et de Berne, du PCT et — différence précieuse avec nombre de pays africains — du système de Madrid : les marques internationales peuvent y être étendues directement. Une autorité nationale de la propriété intellectuelle unifiée a été instituée par la stratégie nationale de PI (2022) pour regrouper progressivement les guichets. L'application s'appuie sur les tribunaux économiques et des unités douanières dédiées ; le dépôt local précoce des marques (classes en arabe incluses) reste la meilleure protection pratique.

Règlement des différends

Les tribunaux économiques (loi 120/2008) offrent depuis quinze ans une juridiction spécialisée pour les litiges de sociétés, de banque, de PI et de concurrence — délais sensiblement plus courts que le contentieux ordinaire, circuits d'appel intégrés. L'arbitrage est régi par la loi n° 27/1994 (calquée sur la loi type CNUDCI) : le CRCICA — Centre régional du Caire pour l'arbitrage commercial international, fondé en 1979, règlement modernisé en 2024 — est l'une des institutions arbitrales les plus respectées d'Afrique et du monde arabe, très utilisée dans les contrats énergétiques et de construction. Les sentences étrangères s'exécutent au titre de la Convention de New York (ratifiée en 1959) ; l'arbitrage d'investissement CIRDI est disponible via les TBI. La médiation se développe (centres du ministère de la Justice, médiation GAFI), et les contrats administratifs requièrent l'accord du ministre compétent pour la clause d'arbitrage — un point de vigilance classique des PPP.

⚖️ À retenir. Trois différences majeures avec l'espace OHADA : (1) pas d'acte uniforme — le droit est égyptien et la langue des tribunaux l'arabe : faire relire tout contrat par un cabinet local ; (2) l'écosystème de résolution des litiges est plus favorable que dans bien des juridictions : tribunaux économiques, CRCICA, CIRDI et New York pleinement opérationnels ; (3) le contrôle préalable des concentrations (ECA) et les régimes sectoriels imposent d'intégrer les autorisations au calendrier des deals. Bonus : le système de Madrid couvre l'Égypte — sécurisez vos marques dès l'amont.

Sources : GAFI · CRCICA · ETA · Lois 72/2017, 159/1981, 14/2025, 148/2019, 11/2018, 151/2020, 27/1994 · OMPI — Égypte.

Rubrique 07

💰 Bailleurs de fonds & partenaires financiers

FMI, Golfe, Union européenne, Banque mondiale, BERD, BEI, BAD, AFD, Chine et Japon : qui finance quoi en Égypte — l'un des tours de table souverains les plus denses du monde émergent.

Le pivot : le programme FMI 2022-2026 et son volet climat

L'Égypte met en œuvre une Facilité élargie de crédit (EFF) de 8 milliards de dollars (approuvée le 16 décembre 2022 pour 3 milliards, portée à 8 milliards en mars 2024 au moment du flottement de la livre, prolongée jusqu'au 15 décembre 2026), complétée par une Facilité pour la résilience et la durabilité (RSF) de 1,3 milliard de dollars dédiée au climat. Le 26 février 2026, le conseil du FMI a achevé les 5ᵉ et 6ᵉ revues combinées de l'EFF et la 1ʳᵉ revue de la RSF : ≈2 milliards de dollars décaissés au titre de l'EFF et 273 millions au titre de la RSF, portant le total tiré à ≈5,2 milliards. Le Fonds salue la stabilisation — croissance à 4,4 % en 2024/25, inflation à 11,9 % en janvier 2026, réserves brutes à 59,2 milliards — mais conditionne la suite à l'accélération des réformes structurelles : cessions d'actifs publics (politique de propriété de l'État actualisée), égalité de traitement public-privé, mobilisation fiscale (+2 points de PIB sur 2024/25-2026/27) et stratégie de gestion de la dette (réduction des besoins de financement bruts de 10 points de PIB d'ici 2026/27).

Le Golfe : l'ancre financière

🇦🇪 Ras El-Hekma, l'accord qui a changé la donne. En février 2024, l'Égypte et le fonds émirati ADQ ont signé le plus grand investissement étranger de l'histoire du pays : 35 milliards de dollars — 24 milliards d'argent frais pour les droits de développement de la péninsule de Ras El-Hekma (côte nord-ouest : ville nouvelle, tourisme, port, zone financière, master plan confié au développeur Modon) et 11 milliards de dépôts émiratis convertis en investissements. L'opération a reconstitué d'un coup les réserves, crédibilisé le flottement de la livre et ouvert un cycle d'IDE du Golfe : l'Arabie saoudite (PIF) et le Qatar ont annoncé depuis des enveloppes d'investissement de plusieurs milliards de dollars chacune (foncier premium, tourisme, industrie), et le Koweït maintient ses dépôts à la banque centrale.

Les grands bailleurs et leurs interventions

🇪🇺 Union européenne & BEI

Le partenariat stratégique et global UE-Égypte (mars 2024) mobilise 7,4 milliards d'euros sur 2024-2027 : 5 milliards d'assistance macrofinancière (1ʳᵉ tranche d'1 milliard décaissée fin 2024, tranche suivante de 4 milliards engagée en 2025), 1,8 milliard de garanties d'investissement et des enveloppes migration/énergie. La BEI finance transport urbain, eau et PME ; la conférence d'investissement UE-Égypte a généré des dizaines de milliards d'intentions (hydrogène en tête).

Commission européenne

🌐 Banque mondiale (BIRD/IFC/MIGA)

Paquet de 6 milliards de dollars 2024-2026 (3 milliards d'appui public — dont un DPF de 700 M$ pour le secteur privé — et 3 milliards via l'IFC) : filets sociaux Takaful & Karama, santé, éducation, eau, décarbonation. L'IFC est en outre conseil du gouvernement pour la privatisation des aéroports et investit massivement dans les banques, les renouvelables et la logistique ; la MIGA garantit les projets énergie.

worldbank.org/egypt

🏦 BERD — 1ᵉʳ pays d'opérations

L'Égypte est depuis plusieurs années le premier pays d'opérations de la BERD (plus de 13 milliards d'euros cumulés, ~1,5 milliard/an) : énergies renouvelables (Benban, éolien du golfe de Suez, Obelisk), banques et PME, métro et rail, dessalement, agro-industrie — et chef de file du pilier énergie de la plateforme NWFE (voir Climat-Énergie).

ebrd.com/egypt

🏛️ BAD, BID & fonds arabes

La Banque africaine de développement appuie budget, énergie propre, eau et statistiques ; la Banque islamique de développement et les fonds arabes (Fonds arabe pour le développement économique et social, Fonds koweïtien, Fonds saoudien, Fonds d'Abu Dhabi) financent infrastructures, énergie et sécurité alimentaire — un guichet « Sud-Sud » historique et massif.

afdb.org — Egypt

🇫🇷 AFD, Proparco & Team Europe

L'AFD est un partenaire structurant : métro du Caire (lignes 1 et 3), tramway d'Alexandrie, énergie propre, eau-assainissement, formation professionnelle, appui à la stratégie hydrogène ; Proparco accompagne banques, renouvelables et agro-industrie. L'Allemagne (KfW/GIZ) co-pilote l'agenda hydrogène et énergie ; l'Italie et l'Espagne montent en puissance via le Plan Mattei et les EPC.

afd.fr — Égypte

🌏 Japon, Chine & NDB

La JICA cofinance la ligne 4 du métro du Caire et a accompagné le Grand Musée Égyptien ; la Chine a financé et construit la tour iconique et le CBD de la Nouvelle Capitale (CSCEC), des satellites et des lignes de crédit, avec des swaps de devises et des émissions en panda bonds ; membre des BRICS, l'Égypte a rejoint la Nouvelle banque de développement (NDB) en 2023, guichet complémentaire en monnaies locales.

Lecture stratégique d'Initiatives Africa

Pour un investisseur privé, trois enseignements. D'abord, l'Égypte bénéficie d'un « multi-ancrage » unique — FMI + UE + Golfe + banques multilatérales — qui sécurise la disponibilité des devises à horizon du programme et réduit le risque de convertibilité qui avait paralysé 2023. Ensuite, ce tour de table finance un pipeline d'appels d'offres exceptionnel : dessalement en PPP (TSFE), renouvelables et réseaux (NWFE/BERD), transport (TGV, métros, ports), eau et assainissement, santé-éducation — la veille des marchés (portails Banque mondiale, BERD, BEI, AFD, UNGM) est un gisement d'affaires direct pour les entreprises africaines et internationales. Enfin, les points durs restent le service de la dette extérieure (≈161 milliards de dollars de stock, échéances lourdes jusqu'en 2027) et la dépendance aux flux du Golfe : privilégier les structurations adossées aux DFI (IFC, BERD, Proparco, DEG, FMO) et les mécanismes de partage de risque de change reste la voie la plus robuste.

Sources : FMI — Egypt (communiqué du 26 févr. 2026, rapport 26/69) · Commission européenne (mars 2024) · Banque mondiale · BERD · communiqués officiels ADQ/gouvernement égyptien (févr. 2024) · AmCham Egypt, Macroeconomic Update (2026).

Rubrique 08

🌿 Climat & Énergie

Un pays désertique nourri par un seul fleuve, hôte de la COP27, qui bascule vers le solaire géant, l'éolien, le nucléaire et l'hydrogène — tout en menant la bataille existentielle de l'eau.

L'eau : la question existentielle

L'Égypte est l'un des pays les plus arides du monde : moins de 20 mm de pluie par an en moyenne, et une dépendance au Nil pour environ 97 % de ses ressources en eau douce (55,5 milliards de m³/an au titre du traité de 1959 avec le Soudan). Avec ≈500 m³ d'eau par habitant et par an, le pays vit très en dessous du seuil de pénurie absolue (1 000 m³) — d'où une sensibilité stratégique maximale au Grand barrage éthiopien de la Renaissance (GERD) : Le Caire, qui exige un accord juridiquement contraignant sur le remplissage et l'exploitation, a dénoncé l'inauguration unilatérale de l'ouvrage (9 septembre 2025) et considère ses droits hydriques comme une « question de sécurité nationale existentielle », tout en privilégiant à ce stade la voie diplomatique. Autres vulnérabilités : la montée des eaux en Méditerranée qui menace le delta (un tiers des terres agricoles, Alexandrie), les canicules et l'intrusion saline.

La riposte est un programme hydraulique parmi les plus ambitieux du monde : réutilisation massive des eaux de drainage agricole — l'usine de Bahr El-Baqar (5,6 millions de m³/jour, records mondiaux certifiés) irrigue le Sinaï, celle du New Delta alimente la mise en valeur de centaines de milliers d'hectares —, méga-programme de dessalement en PPP piloté avec le fonds souverain TSFE (objectif de plusieurs millions de m³/jour, adossé aux énergies renouvelables), modernisation de l'irrigation (goutte-à-goutte, revêtement des canaux) et cultures moins hydrovores. Pour les investisseurs de l'eau — EPC, membranes, exploitation, agritech — l'Égypte est l'un des premiers marchés mondiaux de la décennie.

Énergie : du gaz au « hub » multi-énergies

≈60 GWcapacité électrique installée — surplus structurelEEHC ; centrales Siemens 14,4 GW (2015-2018)
1,65 GWparc solaire de Benban (Assouan), top mondial41 centrales, ≈2 Mds $, BERD/IFC/Proparco
4×1 200 MWcentrale nucléaire d'El-Dabaa (VVER-1200, Rosatom)≈28,75 Mds $, financement russe à 85 % ; mises en service à partir de 2028
42 %objectif d'électricité renouvelableStratégie énergétique — horizon avancé à 2030 (2035 initialement)

Longtemps porté par le gaz — le champ géant offshore de Zohr (Eni, 2015) avait fait de l'Égypte un exportateur de GNL —, le système énergétique se réinvente : la production gazière décline depuis 2021, imposant des importations de GNL (unités flottantes de regazéification) et une relance vigoureuse de l'exploration (nouveaux blocs méditerranéens et du désert occidental attribués à Eni, BP, Exxon, Chevron, QatarEnergy). En parallèle, les renouvelables changent d'échelle : après Benban, l'éolien du golfe de Suez enchaîne les records (Ras Ghareb, parc de 650 MW de Red Sea Wind Energy inauguré en 2025, projets de plusieurs gigawatts d'AMEA Power, Masdar/Infinity et ACWA Power jusqu'à 10 GW), le solaire couplé au stockage batteries arrive en force (projet Obelisk de Scatec : 1,1 GW + 200 MWh, premières phases connectées en 2025), et l'objectif officiel est de porter les renouvelables à 42 % du mix électrique dès 2030. Le nucléaire d'El-Dabaa (4 réacteurs VVER-1200 construits par Rosatom, cuve du réacteur 1 installée en 2024-2025) apportera 4,8 GW pilotables à partir de 2028-2029.

L'ambition dépasse les frontières : interconnexion de 3 000 MW avec l'Arabie saoudite (HVDC, mises sous tension progressives 2025-2026 — la plus grande liaison électrique de la région), liaisons existantes avec la Jordanie et la Libye, projet GREGY vers la Grèce (3 GW sous-marins) : l'Égypte se positionne en hub électrique Afrique-Asie-Europe. Même logique pour l'hydrogène vert : stratégie nationale adoptée, incitations dédiées (jusqu'à 55 % de crédit d'impôt), une première usine d'ammoniac vert opérationnelle dès la COP27 (Fertiglobe-Scatec, Ain Sokhna) et des accords-cadres de plusieurs dizaines de milliards de dollars dans la SCZone — l'un des trois pipelines africains les plus crédibles avec la Mauritanie et le Maroc.

Politiques climat : de la COP27 à la plateforme NWFE

🌍 Diplomatie climatique

Hôte de la COP27 à Charm el-Cheikh (2022) — celle de l'accord historique sur les « pertes et dommages » —, l'Égypte a actualisé sa CDN (réduction des émissions dans l'électricité, le transport et le pétrole-gaz à l'horizon 2030, conditionnée aux financements) et adopté la Stratégie nationale climat 2050. Le marché carbone volontaire régulé adossé à l'EGX — l'un des premiers d'Afrique — et la taxonomie verte en préparation complètent l'arsenal.

⚙️ NWFE — le modèle égyptien

La plateforme NWFE (« Nexus Water-Food-Energy », lancée à la COP27) lie décarbonation et financement : son pilier énergie — piloté avec la BERD — échange le déclassement de capacités gazières contre 10 GW de renouvelables financés par les DFI et le privé. Un modèle « énergie contre dette » régulièrement cité en exemple, décliné sur l'eau et l'agriculture avec la BAD et le FIDA.

🚗 Mobilité durable

Stratégie véhicules électriques (assemblage local, bornes, bus électriques du BRT du Caire), monorail et métros électriques, conversion GNV massive des taxis et microbus, premier réseau ferroviaire à grande vitesse d'Afrique en construction — le transport, premier gisement de réduction d'émissions urbaines du pays.

♻️ Économie circulaire & adaptation

Programme national de gestion des déchets (loi 202/2020, valorisation énergétique en appels d'offres), initiative « 100 millions d'arbres », protection du littoral du delta (projet d'adaptation avec le Fonds vert), agriculture climato-intelligente et alerte précoce — l'adaptation représente ici un marché à part entière, du génie côtier aux semences.

🌍 Opportunités concrètes pour les investisseurs. Dessalement et traitement d'eau en PPP (pipeline TSFE) ; IPP solaires/éoliens + stockage et lignes d'évacuation ; hydrogène vert et carburants de synthèse en SCZone ; efficacité énergétique industrielle (certificats, ESCO) ; GNV et e-mobilité ; crédits carbone (marché EGX) ; agritech économe en eau et chaîne du froid ; génie côtier et adaptation du delta. Initiatives Africa suit l'ensemble des appels d'offres eau-énergie du pays : contact@initiativesafrica.com.

Sources : ministère de l'Électricité / NREA · BERD — NWFE · Autorité du canal de Suez / SCZone (hydrogène) · Rosatom / NPPA (El-Dabaa) · CCNUCC — CDN Égypte · FMI (RSF, févr. 2026) · ministère des Ressources en eau et de l'Irrigation.