Une convention statistique qui inverse les classements
Le bois de feu est une ressource renouvelable au sens strict : il repousse. Les statistiques énergétiques mondiales le comptent donc parmi les renouvelables, avec le charbon de bois et les déchets agricoles. La convention est cohérente ; ses effets sur un classement ne le sont pas.
Plus de 90 % de l'usage mondial de cette biomasse traditionnelle se concentre en Afrique subsaharienne et en Asie. La part de renouvelables affichée par de nombreux pays africains correspond donc largement à du charbon de bois, non à du solaire ou de l'éolien.
Règle bloquante, inscrite le 14 août 2026
Aucun indicateur de part d'énergie renouvelable n'entrera dans la composante intensité carbone de l'indice sans distinguer les renouvelables modernes de la biomasse traditionnelle. Un État dont l'énergie domestique repose massivement sur le bois paraîtrait mieux placé qu'un État à réseau moderne partiellement fossile. Un indice qui les classerait ainsi serait trompeur, et il le serait au détriment des populations dont la santé respiratoire dépend précisément de la sortie de cette biomasse.
Ce biais n'affecte pas la composante capacité, qui compte des mégawatts électriques installés : le bois brûlé dans un foyer n'est pas une centrale raccordée. Il affecterait en revanche tout indicateur de part dans la consommation — et c'est précisément le type d'indicateur qu'on serait tenté d'ajouter pour compenser la faiblesse des inventaires nationaux.
Une soustraction, et un renversement
Le calcul
Renouvelables modernes = part des renouvelables − part de la biomasse traditionnelle, les deux exprimées en points de la consommation finale.
L'outil affiche également le taux de biomasse dans les renouvelables, qui mesure la fragilité du chiffre publié : au-delà de 80 %, la part de renouvelables affichée ne dit à peu près rien de la transition énergétique du pays.
Le renversement se produit dès que deux profils se comparent. Un pays affichant 80 % de renouvelables dont 75 points de bois de feu dispose de 5 points de renouvelables modernes. Un pays affichant 25 % dont 2 points de biomasse en dispose de 23. Le second est très loin devant, et le classement publié les range dans l'ordre inverse.
Ce que la correction ne dit pas
Une part élevée de biomasse traditionnelle n'est pas un choix énergétique : c'est presque toujours une absence d'alternative accessible. La correction sert à rendre un classement honnête, pas à reprocher à un pays la structure de sa consommation domestique.
Le corollaire est que la sortie de la biomasse traditionnelle est d'abord un sujet d'accès et de santé publique avant d'être un sujet climatique — et que sur ce dossier, les montants promis et les montants décaissés diffèrent d'un facteur voisin de cinq.
Deux grandeurs publiées séparément, jamais ensemble
La part de renouvelables dans la consommation finale est publiée par les registres internationaux pour la plupart des États. La part de biomasse traditionnelle l'est aussi, dans d'autres tableaux du même dossier. Leur soustraction n'est publiée nulle part.
| Profil | Renouvelables publiés | Dont biomasse | Modernes | Rang |
|---|---|---|---|---|
| Profil A | 80 % | 75 pts | 5 pts | Premier avant correction, second après. |
| Profil B | 25 % | 2 pts | 23 pts | Second avant correction, premier après. |
Case vide assumée — les parts nationales de biomasse traditionnelle
L'observatoire ne dispose d'aucune série nationale de biomasse traditionnelle pour les 54 États. L'outil ne précharge donc aucune valeur de pays, et ses configurations d'illustration sont des valeurs rondes signalées comme telles.
Voie de résolution : les bilans énergétiques nationaux et les tableaux détaillés du rapport conjoint de suivi de l'objectif énergie, qui distinguent la biomasse dans ses annexes. C'est le même obstacle que celui de la composante accès : la donnée existe, elle est dans un tableau annexe plutôt que dans le corps du rapport.
Ce que cet outil ne fait pas
Il ne distingue pas la biomasse traditionnelle de la biomasse moderne. Une chaudière à granulés avec filtration et un foyer trois pierres brûlent tous deux du bois et n'ont ni le même rendement, ni le même effet sanitaire. La frontière est conventionnelle et varie selon les sources.
Il ne mesure aucun effet sanitaire. La sortie de la biomasse traditionnelle est d'abord un enjeu de santé respiratoire, et l'outil ne le chiffre pas — il se contente de rappeler que ce n'est pas un enjeu secondaire.
Il ne compare que deux profils. Par construction, pour éviter qu'un tableau corrigé ne devienne le classement que la règle bloquante interdit.
Il ne corrige pas la capacité installée. Cette correction ne s'applique qu'aux parts de consommation. Appliquée à un parc électrique, elle n'aurait aucun sens.
Sources et journal
| Source | Millésime | Usage |
|---|---|---|
| Composante intensité carbone de l'indice de transition verte | 2026 | Règle bloquante sur la biomasse traditionnelle et son motif.Référence incomplète — document exact, page ou tableau et URL probante à vérifier. Valeur non validée dans cet audit (18 septembre 2026). |
| Rapport conjoint de suivi de l'objectif énergie | Édition de juin 2026 | Classement de la biomasse traditionnelle en renouvelables ; concentration de son usage en Afrique subsaharienne et en Asie.Référence incomplète — document exact, page ou tableau et URL probante à vérifier. Valeur non validée dans cet audit (18 septembre 2026). |
| Base thématique consacrée à l'énergie et à l'accès | 2026 | Écart entre montants promis et décaissés sur le dossier de la cuisson propre.Référence incomplète — document exact, page ou tableau et URL probante à vérifier. Valeur non validée dans cet audit (18 septembre 2026). |
| Date | Révision |
|---|---|
| 15 août 2026 | Première publication. Onzième des vingt outils. Rend applicable une règle bloquante inscrite la veille par la composante intensité carbone. Introduit le taux de biomasse dans les renouvelables comme mesure de fragilité du chiffre publié, avec un seuil d'alerte à 80 %. Signale explicitement le renversement de rang lorsqu'il se produit. Deux profils au maximum, pour interdire tout classement corrigé. Aucune valeur nationale n'est préchargée, faute de série disponible. Aucune donnée saisie n'est enregistrée ni transmise. |
