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Outil 14 sur 20 — Calculateur

Le terrain qui part, la population qui arrive

Sur la même bande côtière, deux mouvements de sens contraire se produisent simultanément. Aucun document ne les publie ensemble, parce qu'ils relèvent de deux dossiers différents.

« Une plage n'est ni un actif comptabilisé, ni un équipement assuré. »

Quatorzième des vingt outils · 15 août 2026 · Indicateur croisé de construction propre

Surface perdue contre population arrivée Aucune donnée n'est enregistrée

Le littoral

En kilomètres, sur le périmètre étudié.

En pourcentage. La valeur documentée sur quatre pays est de 56 %.

En mètres par an. La valeur documentée est de 2 mètres.

En années à compter d'aujourd'hui.

La population de la bande côtière

En millions d'habitants.

En pourcentage. La croissance urbaine côtière documentée est plus rapide que la croissance nationale.

La surface littoralece qui part

La population de la bandece qui arrive

Surface théorique affectée — simulation uniforme.
Recul cumulé du trait de côte.
Population supplémentaire sur la bande.
Recul par décennie, au taux saisi.

Mise en regard d'un budget de protection

En millions de dollars par an, saisis par l’utilisateur. Les 3 800 M$ désignent des dommages côtiers dans quatre pays, pas des investissements de protection.

En millions de dollars. Vide si non chiffrés.

Repères documentés

01 — L'indicateur croisé

Combien de personnes de plus par kilomètre carré disparu

Les deux grandeurs existent séparément. Le taux d'érosion est publié pour quelques pays ; la croissance des villes côtières l'est aussi. Leur rapport n'est publié nulle part.

Le calcul

Surface perdue = longueur de littoral × part en érosion × recul cumulé. Population supplémentaire = population actuelle × croissance composée sur l'horizon.

Leur rapport donne un nombre brutal et parfaitement défini : le nombre de personnes supplémentaires qui s'installent sur la bande côtière pour chaque kilomètre carré que la mer en retire. Il ne dit pas que ces personnes occupent la surface perdue — il dit que les deux mouvements se produisent au même endroit et au même moment.

À l'échelle continentale, les sept plus grandes villes côtières passent de 48 à 69 millions d'habitants, soit une croissance de 43,8 % quand le continent croît de 27 % — un rythme 1,6 fois plus rapide. Vingt et un millions de personnes de plus en zone exposée.

02 — Ce que l'érosion retire vraiment

Une plage est un équipement de production

L'érosion est traitée partout comme une atteinte au patrimoine ou à l'habitat. Sur les littoraux africains, elle est d'abord une atteinte à un outil de production : elle prive les équipages de l'espace nécessaire pour haler les filets et tirer les pirogues.

Pourquoi le coût réel est structurellement sous-estimé

Une plage n'est ni un actif comptabilisé, ni un équipement assurable. Sa disparition ne produit aucune écriture comptable, alors qu'elle rend inopérant un capital de pêche qui, lui, est parfaitement comptabilisé. Tant que le sable n'est pas un actif, aucun arbitrage d'investissement ne peut lui être opposé.

S'y ajoute un effet de bord institutionnel : le sable qui protège une plage vient d'ailleurs sur la côte. Un ouvrage qui retient le sédiment en un point le retire à un autre, souvent au-delà d'une frontière. L'échelle physique du problème est régionale ; l'échelle de décision reste nationale.

03 — Prudence

L'urbanisation côtière n'est pas une erreur

Position de l'observatoire, maintenue

Une ville portuaire est un actif, et l'économie bleue africaine croît de 296 à 405 milliards de dollars. Le problème n'est pas la localisation, c'est le décalage entre la vitesse de peuplement et celle de l'investissement de protection.

Cet outil ne conclut donc jamais qu'il faudrait cesser de s'installer sur le littoral. Il mesure un écart de rythme, ce qui est une opération différente.

Une seconde prudence s'impose sur la lecture sociale. Nos travaux ont documenté une ligne de fracture interne aux villes côtières : les quartiers aisés accèdent aux protections. La surface perdue et la population arrivée ne se répartissent pas également, et un chiffre agrégé masque cette distribution.

Case vide assumée — la position du trait de côte

Le taux d'érosion est connu pour quatre pays. La position du trait de côte, elle, n'est publiée nulle part — c'est la mesure la plus élémentaire d'un littoral et la plus absente. Sans elle, aucun suivi n'est possible : on connaît une vitesse sans connaître le point de départ.

Voie de résolution : les levés bathymétriques et topographiques des services hydrographiques nationaux, et l'imagerie satellitaire dont la série temporelle est désormais assez longue pour établir un recul par comparaison.

04 — Limites

Ce que cet outil ne fait pas

Il suppose un recul uniforme. L'érosion est très inégale le long d'une côte, et concentrée sur les segments meubles. Appliquer un taux moyen à une longueur totale donne un ordre de grandeur, jamais une cartographie.

Il ignore l'accrétion. Certains segments gagnent du terrain, souvent précisément parce que d'autres en perdent. Le bilan net d'une côte peut différer sensiblement du cumul de ses pertes.

Il ne modélise pas l'élévation du niveau marin. Le taux de recul saisi est une observation passée ; il n'intègre pas l'accélération attendue. Sur le pourtour africain, les rythmes d'élévation varient du simple au tiers selon les façades, la mer Rouge étant la plus rapide avec 5,6 millimètres par an.

Il ne dit rien de la valeur du terrain perdu. Un kilomètre carré de front de mer urbanisé et un kilomètre carré de cordon dunaire n'ont pas le même prix — et le second rend des services que le premier a déjà supprimés.

05 — Sources

Sources et journal

Sources mobilisées
SourceMillésimeUsage
Base thématique consacrée aux villes et aux littoraux2026 Taux d'érosion et part de littoral concernée ; population des villes côtières ; économie bleue ; dommages côtiers (à ne pas assimiler à un investissement) ; ligne de fracture interne.Référence incomplète — document exact, page ou tableau et URL probante à vérifier. Valeur non validée dans cet audit (18 septembre 2026).
Base thématique consacrée aux océans et à la pêche2026 L'érosion comme atteinte à un outil de production ; effet transfrontalier du sédiment.Référence incomplète — document exact, page ou tableau et URL probante à vérifier. Valeur non validée dans cet audit (18 septembre 2026).
Rapport de l'organisation météorologique mondiale sur l'état du climat en Afrique Édition 2025, publiée en juin 2026 Rythmes d'élévation du niveau marin par façade.Référence incomplète — document exact, page ou tableau et URL probante à vérifier. Valeur non validée dans cet audit (18 septembre 2026).
Tableau de bord régional du littoral ouest-africain15 août 2026 Mise en regard des deux mouvements ; croissance recalculée à 43,8 %.Référence incomplète — document exact, page ou tableau et URL probante à vérifier. Valeur non validée dans cet audit (18 septembre 2026).
Journal des révisions
DateRévision
15 août 2026 Première publication. Quatorzième des vingt outils. Rend calculable un indicateur croisé de construction propre — le nombre de personnes supplémentaires par kilomètre carré littoral perdu — dont les deux termes sont publiés séparément et jamais ensemble. L'outil ne conclut jamais que l'urbanisation côtière serait une erreur : il mesure un écart de rythme. La position du trait de côte est signalée comme la lacune la plus élémentaire du dossier. Aucune donnée saisie n'est enregistrée ni transmise.