Initiatives Africa
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Tableau de bord régional — 5 sur 8

Corne de l'Afrique

Huit États, et une asymétrie qu'aucun autre ensemble régional du continent ne présente à ce degré : un seul pays occupe la position haute sur presque toutes les dimensions mesurées.

« Une région à un seul centre de gravité — et c'est un fait de géographie avant d'être un fait politique. »

Cinquième des dix tableaux de bord régionaux · 15 août 2026 · Institutions pivots : IGAD, centre régional de prévision et d'applications climatiques

Le centre de gravité

Capacité renouvelable installée fin 2025, pour les cinq États de la région dont la valeur est relevée. Trois valeurs manquent encore et ne peuvent que renforcer ou nuancer à la marge le rapport qui apparaît ici.

Éthiopie
10 082 MW  ·  +68 %
Kenya
2 979 MW
−0,5 %
Somalie
49 MW
Soudan du Sud
45 MW  ·  +45 %
Érythrée
26 MW
Djibouti · Soudan · Ouganda
non relevés

L'Éthiopie détient 76,5 % de la capacité documentée de la région et pèse à elle seule 3,25 fois les quatre autres réunies. Elle est aussi la source hydrologique de plusieurs de ses voisins, et porte le troisième déficit d'accès à l'électricité au monde. Un même pays occupe donc le sommet de l'amont, de la capacité et du manque.

01 — La sécheresse

Deux tiers des personnes touchées en Afrique, dans une seule région

13 MPersonnes affectées par les événements extrêmes en Afrique en 2025 — plancher recensé.
8,5 MPersonnes touchées par la sécheresse en Afrique de l'Est la même année.
65 %Part que cela représente — calcul de l'observatoire.
> 60 %Part du continent insuffisamment couverte par les systèmes d'observation météorologique.

Calcul de l'observatoire

Rapportées aux 13 millions de personnes affectées par l'ensemble des événements extrêmes en Afrique en 2025, les 8,5 millions touchées par la sécheresse est-africaine représentent 65 % du total continental. Un seul aléa, dans une seule région, concentre près des deux tiers de l'impact humain recensé sur le continent.

La réserve d'usage s'applique : le chiffre continental est un plancher, la couverture de recensement étant elle-même très inégale. Un aléa lent et étendu comme la sécheresse est mieux comptabilisé qu'une inondation localisée, et la part réelle pourrait être plus basse. Elle resterait la plus élevée du continent.

La conséquence agricole est documentée ailleurs et vaut ici : une sécheresse peut retirer jusqu'à 70 % d'une récolte céréalière nationale en une seule saison. Les moyennes décennales masquent ces effondrements ponctuels, qui sont pourtant ce que vivent les ménages.

02 — L'alerte précoce

Le meilleur rapport du dossier climatique, dans la région qui en a le plus besoin

L'alerte précoce offre le retour le plus élevé de tout le dossier climatique africain : un huitième de la mortalité pour un pays à couverture substantielle, soit un retour de près de dix pour un.

La région abrite le cas le plus intéressant du continent en la matière. Un État y combine prévision scientifique, savoirs locaux et encadrement communautaire — les savoirs traditionnels y étant traités comme un composant fonctionnel du dispositif et non comme un supplément culturel. C'est une architecture que peu de systèmes nationaux assument explicitement.

Ce que les preuves recensées ne permettent pas encore de vérifier

Un système déclaré n'est pas un système qui fonctionne. Sur les 54 États du continent, un seul — hors de cette région — publie un décompte des événements effectivement alertés. Partout ailleurs, y compris ici, il est impossible de savoir si un dispositif déclaré a jamais délivré un préavis. C'est la lacune centrale du quatrième pilier, celui de la diffusion, le fameux dernier kilomètre.

Le calendrier régional est resserré : un forum continental consacré aux architectures durables d'alerte précoce au-delà de 2027 se tient à Addis-Abeba du 2 au 4 septembre 2026, dans la région même qui concentre la sécheresse. La séquence se poursuit avec la conférence mondiale sur le climat que l'Éthiopie accueillera en 2027, sous présidence du Groupe africain.

03 — L'eau

Le même château d'eau, deux rapports de force

Les hauts plateaux éthiopiens sont l'un des quatre châteaux d'eau du continent, avec le Fouta-Djalon, le Drakensberg et la crête Congo-Nil. Plus de huit pays en dépendent à des degrés divers.

Construction propre de l'observatoire — l'asymétrie

Deux États dépendent de la même source amont et ne disposent pas du même poids pour en négocier l'usage. L'Égypte tire plus de 95 % de son eau de l'amont éthiopien et dispose d'un poids diplomatique considérable. La Somalie dépend également de l'amont éthiopien et n'en dispose pas.

La dépendance hydrologique ne dit donc rien du rapport de force ; c'est leur combinaison qui compte. Le Lesotho fournit le troisième cas de figure, et le seul où la position amont est monétisée : il vend son eau. Aucune source ne publie cette carte croisée de la dépendance et du poids de négociation — elle est une construction de l'observatoire.

Le constat régional le plus opérant vient de la base consacrée à l'eau : ce qui sépare les deux futurs de ces bassins n'est pas le climat. À hypothèses climatiques identiques, le nombre de personnes vivant en bassin à risque en 2050 passe de 920 millions sans coopération à 536 millions avec — un écart de 384 millions qui relève entièrement de la gouvernance.

Prudence de vocabulaire, maintenue

Aucun conflit violent de grande échelle n'est attribuable à l'eau sur le continent. L'observatoire se garde du vocabulaire de la « guerre de l'eau », qui prête à ces dossiers une fatalité que les données ne soutiennent pas. Un point aveugle mérite en revanche d'être signalé : les organismes de bassin ont été conçus pour des fleuves et des lacs, pas pour les nappes souterraines.

04 — La région pays par pays

Huit États, trois niveaux de documentation

Les huit États de la région — état du relevé au 15 août 2026
État IARC Accès 2024 Capacité renouvelable 2025 Élément propre à la région
ÉthiopieA56,6 %10 082 MW Deuxième parc renouvelable du continent, réseau intégralement renouvelable, et 80 % d'émissions agricoles : la capacité électrique ne commande pas le profil carbone. Troisième déficit d'accès mondial avec 57,3 M de personnes. Château d'eau régional.
KenyaA77,0 %2 979 MW Recul de 0,5 % en 2025 — l'un des deux seuls du continent à reculer sur l'année record. Premier État africain confronté à un problème de stabilité de réseau, ce qui est un problème de pays avancé dans sa transition.
SomalieA54,4 %49 MW Dépendance hydrologique envers l'amont éthiopien, sans le contrepoids diplomatique dont dispose l'autre pays aval de la même source.
SoudanB66,0 %non relevé Également couvert par le tableau de bord du corridor sahélien, dont il occupe le segment oriental.
ÉrythréeB55,3 %26 MW Correspondant climatique rattaché aux Finances et au Développement national — lecture possible : intégration budgétaire du climat plutôt que marginalisation.
DjiboutiB69,2 %non relevé Façade sur la mer Rouge, où l'élévation du niveau marin atteint 5,6 mm par an — le rythme le plus élevé de tout le pourtour africain.
OugandaC55,3 %non relevé Dispose de l'un des deux systèmes de mesure et de vérification les plus solides du continent, avec des données ventilées par sexe, et accueille un centre régional. Figure pourtant en niveau C : ses valeurs d'engagement ne sont pas accessibles.
Soudan du SudC5,4 %45 MW Progression de 45 % en 2025 depuis une base très faible. Statut de pays le moins avancé, qui conditionne l'accès à des guichets spécifiques.
Relevé8 / 854 / 545 / 8 8 / 8

Ajout du 18 août 2026 — l'accès, pour tous les États de l'ensemble

La colonne d'accès provient du jeu de données extrait pour les 54 États. Sur cet ensemble, le taux d'accès médian s'établit à 56,0 % et le nombre total de personnes sans électricité à 131,64 millions.

1 État de cet ensemble progresse en taux d'accès tout en comptant davantage de personnes non desservies : Éthiopie. Le mécanisme démographique n'est plus déduit, il est constaté.

Case vide assumée — trois capacités et un déficit régional

Trois valeurs de capacité manquent, et un seul déficit d'accès sur huit est chiffré dans nos fiches. Aucune somme régionale n'est donc publiée. Voie de résolution : le jeu de données de la composante capacité couvre les 54 États ; les déficits nationaux relèvent du jeu de données annexe du rapport conjoint sur l'énergie, non encore récupéré.

Le cas ougandais mérite d'être souligné, parce qu'il est la meilleure illustration du sens de ces niveaux. Un État peut disposer du meilleur appareil de mesure de la région et figurer parmi les moins documentés du continent : le niveau mesure ce qui est publiquement accessible, jamais ce qui est fait.

05 — Ce qui manque

Trois indicateurs visés à l'échelle de la région

  1. Le débit transfrontalier mesuré et partagé. Aucune donnée hydrologique commune n'est publiée pour les bassins de la région, alors que c'est la grandeur sur laquelle porte toute la négociation. Sans mesure partagée, la coopération repose sur des chiffres que chaque partie produit seule.
  2. Le nombre de jours de préavis effectivement délivrés avant un épisode de sécheresse. C'est la seule mesure qui distinguerait un système qui fonctionne d'un système déclaré. Un seul État du continent publie un décompte comparable.
  3. La part de la population pastorale couverte par les dispositifs d'alerte. Les systèmes d'alerte sont conçus pour des populations fixes, joignables à une adresse. Dans cette région, une part importante des plus exposés est mobile par métier. Une mesure de cet écart n’a pas été recensée dans ce corpus au 18 septembre 2026, qui est probablement le vrai dernier kilomètre local.
06 — Limites

Ce que ce tableau de bord ne fera pas

Il ne traitera pas la position amont comme un pouvoir. Être en amont ne confère un levier que combiné à un poids de négociation, et le seul cas continental où cette position est monétisée se trouve à l'autre extrémité de l'Afrique.

Il n'emploiera pas le vocabulaire du conflit hydrique. Aucune donnée ne le soutient, et l'employer transformerait un dossier de gouvernance en fatalité.

Il ne classera pas les huit États, et ne présentera pas la domination éthiopienne comme une performance : elle relève d'un relief, d'une hydrologie et d'une taille de population avant de relever d'une politique.

Il ne présentera pas la sécheresse comme un phénomène purement climatique. L'écart de 384 millions de personnes entre les deux trajectoires de 2050 s'obtient à hypothèses climatiques identiques : il est produit par la coopération, ou par son absence.

07 — Sources

Sources et journal

Sources mobilisées
SourceMillésimeUsage
Rapport de l'organisation météorologique mondiale sur l'état du climat en Afrique Édition 2025, publiée en juin 2026 Personnes affectées ; sécheresse est-africaine ; couverture d'observation ; élévation du niveau marin en mer Rouge.Référence incomplète — document exact, page ou tableau et URL probante à vérifier. Valeur non validée dans cet audit (18 septembre 2026).
Base thématique consacrée à l'alerte précoce2026 Rapport coût-bénéfice ; quatre piliers ; cas régional ; forum d'Addis-Abeba.Référence incomplète — document exact, page ou tableau et URL probante à vérifier. Valeur non validée dans cet audit (18 septembre 2026).
Base thématique consacrée à l'eau et aux bassins transfrontaliers2026 Châteaux d'eau ; carte des dépendances amont ; écart de 384 millions ; point aveugle sur les nappes.Référence incomplète — document exact, page ou tableau et URL probante à vérifier. Valeur non validée dans cet audit (18 septembre 2026).
Composante capacité de l'indice de transition verteMillésimes 2024 et 2025 Capacités et évolutions des cinq États relevés.Référence incomplète — document exact, page ou tableau et URL probante à vérifier. Valeur non validée dans cet audit (18 septembre 2026).
Composante accès de l'indice de transition verteDonnées 2024 Déficit d'accès éthiopien.Référence incomplète — document exact, page ou tableau et URL probante à vérifier. Valeur non validée dans cet audit (18 septembre 2026).
Annuaire des correspondants climatiques de l'observatoireJuillet–août 2026 Rattachements institutionnels de l'Érythrée et de Djibouti.Référence incomplète — document exact, page ou tableau et URL probante à vérifier. Valeur non validée dans cet audit (18 septembre 2026).
Indice africain de résilience climatiquePremière édition, 2026 Niveaux de couverture documentaire des huit États.Référence incomplète — document exact, page ou tableau et URL probante à vérifier. Valeur non validée dans cet audit (18 septembre 2026).
Journal des révisions
DateRévision
18 août 2026Colonne d\'accès à l\'électricité ajoutée pour tous les États de l\'ensemble, après extraction du jeu de données pour les 54. Aucun autre contenu modifié.
15 août 2026 Première publication. Cinquième des dix tableaux de bord régionaux. Deux calculs publiés pour la première fois : la sécheresse est-africaine représente 65 % des personnes affectées par les événements extrêmes en Afrique en 2025 ; un État détient 76,5 % de la capacité renouvelable documentée de la région, soit 3,25 fois les quatre autres réunies. Le Soudan figure également dans le tableau de bord du corridor sahélien, sans double comptage d'agrégat puisque aucune somme régionale n'est publiée. Aucun classement des huit États.