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Tableau de bord régional — 7 sur 8

Maghreb & Méditerranée

Six États dont les industries exportent d'abord vers l'Europe. Un mécanisme d'ajustement carbone aux frontières s'y applique depuis janvier 2026, et aucun des six n'a publié ce qu'il lui en coûte.

« L'instrument qui décide de leur industrie est entré en vigueur en janvier. Personne, de ce côté-ci, ne l'a chiffré. »

Septième des dix tableaux de bord régionaux · 15 août 2026 · Institutions pivots : Union du Maghreb arabe, dispositif méditerranéen de coopération environnementale

Six jauges vides

Ce graphique est un graphique d'absences. Il devrait montrer, pour chacun des six États, la part de ses exportations soumise à l'ajustement carbone aux frontières. Aucun ne la publie. Une seule qualification existe, sans chiffre.

Maroc
Exposition qualifiée de forte — chiffre non recensé dans ce corpus au 18 septembre 2026
Algérie
Non chiffrée — identifiée comme prioritaire
Tunisie
Non chiffrée
Égypte
Non chiffrée
Libye
Non chiffrée
Mauritanie
Non chiffrée

Le calcul est pourtant faisable par chacun d'eux à partir de ses propres statistiques douanières : il suffit de croiser les lignes tarifaires couvertes par le mécanisme avec les volumes exportés vers l'Union européenne. Ce n'est ni une donnée étrangère, ni une donnée confidentielle, ni une donnée coûteuse. C'est la lacune la moins excusable de tout l'observatoire.

01 — L'instrument

Décidé ailleurs, appliqué ici, chiffré par personne

Le mécanisme d'ajustement carbone aux frontières impose au produit importé un coût lié à son contenu carbone. Il s'applique depuis janvier 2026 et vise en premier lieu des filières dans lesquelles cette région exporte.

Il faut le décrire sans caricature. Sa logique déclarée est de prévenir la fuite de carbone : il n'y a pas de sens à taxer une industrie chez soi si la production se déplace là où elle n'est pas taxée. À ce titre, c'est un instrument cohérent avec le principe de tarification, et plusieurs des filières visées sont effectivement carbonées.

Il faut aussi le décrire sans complaisance. Aucun des six États ne l'a voté, aucun ne fixe son périmètre, son prix ni son calendrier, et tous en subissent l'effet sur leurs recettes d'exportation. C'est le cas le plus net de ce que la composante instruments économiques de l'indice a établi : le dispositif le plus puissant qui s'applique à l'économie d'un pays africain n'a pas été décidé par lui. C'est précisément pourquoi cette composante ne pèse que 15 % de l'indice — noter un État sur un cadre qu'il ne fixe pas n'aurait pas de sens.

Ce que l'absence de chiffrage rend impossible

Sans exposition chiffrée, un État ne peut ni négocier une transition d'application, ni prioriser la décarbonation des filières réellement concernées, ni évaluer si un investissement de décarbonation est rentable au regard du coût évité. Le chiffrage n'est pas un exercice académique : c'est la condition d'une position de négociation.

02 — L'écart interne

Le troisième parc du continent et l'un des trois plus petits

9 258 MWÉgypte — troisième parc renouvelable du continent.
4 851 MWMaroc — quatrième parc du continent.
601 MWAlgérie — parc immobile sur l'année record du continent.
9 MWLibye — troisième plus petit parc des 54 États.

Deux calculs de l'observatoire

Entre le plus grand et le plus petit parc de cette région, le rapport est de 1 029. Deux États riverains de la même mer, engagés dans les mêmes négociations, séparés par trois ordres de grandeur.

Sur les quatre capacités relevées, deux États en concentrent 95,9 %. Le motif de concentration relevé sur le continent — trois pays pour 44,1 % du parc africain — se reproduit à l'échelle de chaque région examinée. C'en est la sixième occurrence dans nos travaux.

Calcul de l'observatoire — ce que suppose la cible égyptienne

Un État de la région vise 30 705 MW à fin 2029, contre 9 258 MW aujourd'hui : il lui faut ajouter 21 447 MW en quatre ans.

Pour donner l'échelle : le continent tout entier a ajouté 11 280 MW en 2025, sa meilleure année jamais enregistrée. Cette seule cible nationale représente donc près de deux fois l'ajout annuel record de l'Afrique entière, à répéter quatre ans de suite. La cible n'est pas dénoncée ici — elle est simplement rapportée à ce que le continent sait faire.

03 — L'engagement le plus singulier du continent

Une cible d'intensité, et l'hypothèse de croissance qu'elle contient

Un seul des 54 États africains exprime son engagement en intensité carbone plutôt qu'en volume : une baisse de 31 % puis de 62 % de l'intensité en 2035 par rapport à 2010. Le même document annonce des émissions nettes de 24 MtCO2e en 2035, contre 35 MtCO2e en 2010.

Calcul de l'observatoire — l'hypothèse non énoncée

Une intensité est un rapport entre des émissions et un produit intérieur. Si l'intensité baisse de 62 % pendant que les émissions absolues baissent de 31,4 % — de 35 à 24 MtCO2e — alors le produit intérieur doit, arithmétiquement, croître d'environ 80 % entre 2010 et 2035.

Cette hypothèse de croissance n'est énoncée nulle part dans l'engagement. Elle en est pourtant la moitié : une cible d'intensité autorise les émissions absolues à croître si le produit croît plus vite, et elle devient plus facile à tenir à mesure que l'économie se développe. C'est la même opération que celle relevée sur la cible carbone continentale, dont l'ambition affichée en volume dissimulait une hypothèse de triplement du prix.

Pourquoi l'observatoire ne le reproche pas

Une cible d'intensité est un choix défendable, et peut-être le plus honnête pour une économie en développement : elle dit qu'on entend croître tout en décarbonant, au lieu de promettre une baisse absolue que la croissance rendra intenable. L'objection ne porte pas sur le choix, elle porte sur le fait que l'hypothèse de croissance qui le sous-tend n'est pas publiée. Un lecteur devrait pouvoir juger la cible en connaissant les deux termes du rapport.

04 — L'eau et le delta

Un amont qu'on ne contrôle pas, un aval qui s'enfonce

Un État de la région tire plus de 95 % de son eau d'un amont situé hors de ses frontières, et voit simultanément son delta menacé par la mer. Les deux vulnérabilités se situent aux deux extrémités du même fleuve.

Écart de sources publié sans arbitrage

Sur le coût de la submersion d'une grande ville portuaire de la région, deux évaluations circulent : l'une chiffre à 50 Md$ le coût d'une élévation d'un mètre ; l'autre retient 35 Md$ et plus de 2 millions de personnes déplacées à l'horizon 2050. Les périmètres ne sont pas identiques et aucune des deux sources ne publie sa méthode assez précisément pour trancher. L'observatoire porte les deux avec leur origine.

Le déplacement anticipé est d'un type que l'on rencontre rarement : environ 6 millions de personnes quitteraient le delta pour la capitale, elle-même exposée avec ses 21 millions d'habitants. Le mouvement va d'une ville menacée vers une autre — ce n'est pas un repli vers un arrière-pays sûr, c'est une redistribution du risque.

05 — Les six États

État du relevé

Les six États de la région — état du relevé au 15 août 2026
État IARC Accès 2024 Capacité renouvelable 2025 Élément propre à la région
ÉgypteA100,0 %9 258 MW Cible de 30 705 MW à fin 2029. Première obligation verte souveraine du continent, 750 M$ en février 2020. Dépendance amont supérieure à 95 %, delta menacé, déplacement intérieur anticipé de 6 M de personnes.
MarocA100,0 %4 851 MW Seul des 54 États à publier un décompte d'événements effectivement alertés — ailleurs, impossible de savoir si un système déclaré fonctionne. Exposition à l'ajustement carbone qualifiée de forte, sans chiffre. Correspondant du registre éducatif rattaché à une fondation.
AlgérieB100,0 %601 MW Parc immobile sur l'année record du continent. Correspondant rattaché aux Affaires étrangères : le climat traité comme dossier de politique extérieure. Exposition à l'ajustement carbone identifiée comme prioritaire et non chiffrée.
TunisieA100,0 %non relevé Seul État du continent dont l'engagement est exprimé en intensité carbone. Émissions nettes visées de 24 MtCO2e en 2035 contre 35 en 2010.
MauritanieA52,2 %non relevé Conditionnalité de 91,3 %, la plus élevée du continent. Objectif de 40 % d'énergie propre sur les sites miniers en 2030 et publication des émissions par site. Correction du protoxyde d'azote ramenant une quasi-neutralité annoncée pour 2030 à 75,8 % en 2035.
LibyeC77,4 %9 MW Troisième plus petit parc des 54. Correspondant du registre éducatif rattaché à une université — cas unique du continent. Ni pays le moins avancé, ni petit État insulaire : aucun statut n'ouvre de guichet spécifique.
Relevé6 / 654 / 544 / 6 6 / 6

Ajout du 18 août 2026 — l'accès, pour tous les États de l'ensemble

La colonne d'accès provient du jeu de données extrait pour les 54 États. Sur cet ensemble, le taux d'accès médian s'établit à 100,0 % et le nombre total de personnes sans électricité à 4,14 millions.

1 État de cet ensemble progresse en taux d'accès tout en comptant davantage de personnes non desservies : Mauritanie. Le mécanisme démographique n'est plus déduit, il est constaté.

Case vide assumée — le dessalement

Le suivi prioritaire de cette région associe stress hydrique, dessalement et vagues de chaleur. Nos travaux ne contiennent aucune donnée de dessalement : ni capacité installée, ni coût au mètre cube, ni contenu énergétique. C'est la lacune la plus large de ce tableau de bord, et elle porte sur une technologie dont la région dépend de façon croissante.

Voie de résolution : les rapports nationaux du secteur de l'eau et les documents des organismes régionaux de coopération méditerranéenne. La question qui commande l'analyse est simple et n'a pas de réponse publiée : quelle part de la consommation électrique de ces pays sert à produire de l'eau ?

06 — Ce qui manque

Trois indicateurs visés à l'échelle de la région

  1. La part des exportations soumise à l'ajustement carbone, par pays. Calculable par chaque État depuis ses propres statistiques douanières. Publiée par aucun. Le seul indicateur de tout l'observatoire dont la production ne dépende ni d'un tiers, ni d'un financement, ni d'une capacité technique rare.
  2. Le contenu carbone déclaré par tonne exportée, pour les filières couvertes. C'est la donnée que l'instrument exige de l'exportateur : ne pas la produire revient à accepter la valeur par défaut, qui est toujours défavorable.
  3. Le coût et le contenu énergétique du dessalement, par pays. Une région qui remplace progressivement une ressource naturelle par une ressource industrielle doit pouvoir dire ce que cette substitution coûte en énergie.
07 — Limites

Ce que ce tableau de bord ne fera pas

Il ne présentera pas l'ajustement carbone aux frontières comme une agression, ni comme une opportunité. C'est un instrument dont la logique est défendable et dont l'effet sur ces six économies n'est pas mesuré. Les deux propositions sont vraies en même temps, et l'observatoire n'a pas à choisir laquelle sert un camp.

Il ne reprochera pas à un État d'avoir choisi une cible d'intensité. L'objection porte sur l'hypothèse de croissance non publiée, pas sur le choix de l'indicateur.

Il ne classera pas les six États et n'agrégera pas leurs capacités, un rapport de 1 029 entre le plus grand et le plus petit rendant toute moyenne trompeuse.

08 — Sources

Sources et journal

Sources mobilisées
SourceMillésimeUsage
Base thématique consacrée aux marchés carbone2026 Entrée en vigueur et périmètre de l'ajustement carbone aux frontières ; expositions qualifiées.Référence incomplète — document exact, page ou tableau et URL probante à vérifier. Valeur non validée dans cet audit (18 septembre 2026).
Composante instruments économiques de l'indice de transition verte2026 Registre des instruments extraterritoriaux ; absence de chiffrage d'exposition ; obligation verte souveraine.Référence incomplète — document exact, page ou tableau et URL probante à vérifier. Valeur non validée dans cet audit (18 septembre 2026).
Composante capacité de l'indice de transition verteMillésimes 2024 et 2025 Capacités des quatre États relevés ; ajout continental record de 2025.Référence incomplète — document exact, page ou tableau et URL probante à vérifier. Valeur non validée dans cet audit (18 septembre 2026).
Contributions déterminées au niveau national déposées par les États Millésimes variables Cible d'intensité et émissions nettes visées ; cible de capacité 2029 ; conditionnalité et correction d'inventaire.Référence incomplète — document exact, page ou tableau et URL probante à vérifier. Valeur non validée dans cet audit (18 septembre 2026).
Base thématique consacrée aux villes et aux littoraux2026 Évaluations divergentes du coût de submersion ; déplacement intérieur anticipé.Référence incomplète — document exact, page ou tableau et URL probante à vérifier. Valeur non validée dans cet audit (18 septembre 2026).
Base thématique consacrée à l'alerte précoce2026 Décompte d'événements alertés, cas unique du continent.Référence incomplète — document exact, page ou tableau et URL probante à vérifier. Valeur non validée dans cet audit (18 septembre 2026).
Annuaire des correspondants climatiques de l'observatoireJuillet–août 2026 Rattachements atypiques du Maroc, de l'Algérie et de la Libye.Référence incomplète — document exact, page ou tableau et URL probante à vérifier. Valeur non validée dans cet audit (18 septembre 2026).
Indice africain de résilience climatiquePremière édition, 2026 Niveaux de couverture documentaire des six États.Référence incomplète — document exact, page ou tableau et URL probante à vérifier. Valeur non validée dans cet audit (18 septembre 2026).
Journal des révisions
DateRévision
18 août 2026Colonne d\'accès à l\'électricité ajoutée pour tous les États de l\'ensemble, après extraction du jeu de données pour les 54. Aucun autre contenu modifié.
15 août 2026 Première publication. Septième des dix tableaux de bord régionaux. Trois calculs publiés pour la première fois : la cible nationale de capacité à 2029 suppose d'ajouter près de deux fois l'ajout annuel record du continent, quatre ans de suite ; l'engagement en intensité de la région contient une hypothèse implicite de croissance du produit intérieur d'environ 80 % entre 2010 et 2035 ; le rapport entre le plus grand et le plus petit parc de la région s'établit à 1 029. Lacune du dessalement inscrite. Aucun classement des six États.