La balance
Chaque instrument est présenté avec ce qu'il a coûté à gauche et ce qu'il a produit à droite, en s'en tenant strictement aux montants documentés dans les fiches pays. Les cases vides sont des données qui n'existent pas publiquement — elles sont aussi instructives que les autres.
Trois précautions de lecture
Une. Coût et résultat ne sont pas comparables d'une ligne à l'autre : certains sont des flux annuels, d'autres des montants ponctuels, d'autres des acquis permanents. Aucun classement n'est établi et aucun ne le sera sur cette base.
Deux. Les montants ne couvrent pas les mêmes horizons. Le règlement guinéen est un décaissement unique ; la raffinerie qu'il accompagne produira pendant des décennies. Le recouvrement malien est immédiat ; le code renforcé pèsera sur toute la durée de vie des mines.
Trois. Une case vide ne signifie pas un coût nul ou un résultat nul : elle signifie qu'aucune donnée publique n'existe. C'est le cas pour le coût ghanéen et pour les deux colonnes sud-africaines.
Les quatre familles
Les dix-sept instruments se ramènent à sept logiques distinctes. La distinction n'est pas académique : chaque famille exige des moyens différents et produit ses effets à des horizons différents.
Contraindre l'opérateur
Guinée, Zimbabwe, Afrique du Sud. Une obligation est inscrite dans le titre, la loi ou la charte, et son inexécution est sanctionnée.
Moyens : capacité juridique et volonté d'aller au contentieux. Horizon : dix-huit mois à plusieurs années. Risque : arbitrage international, arrêt de production.
Ajout de phase 2 : Namibie et Mozambique complètent la famille. Le Mozambique porte l'interdiction la plus large du continent — brut et semi-transformé —, la Namibie la plus sélective, qui épargne sa seule production majeure.
Deux variantes ajoutées le 31 juillet 2026, à partir du Nigeria.
Assainissement du cadastre. Le Nigeria a révoqué plus de 3 000 licences dormantes ou en défaut, sans contentieux documenté. La Guinée en a retiré 51 pour 680 millions de dollars de règlement et trois arbitrages. La différence ne tient pas au nombre mais à l'état du titre : retirer un titre inexploité ne détruit aucune valeur en cours, il en libère ; retirer un titre exploité est le plus coûteux des instruments recensés. Le coût de cette famille doit donc être lu titre par titre, non en bloc.
Conditionner l'octroi à un plan de valorisation. Les demandeurs de baux miniers nigérians doivent soumettre un plan de transformation locale, et le ministère indique ne plus délivrer de titre sans lui. Cet instrument agit en amont de toute la typologie : l'interdiction d'exportation contraint après l'octroi, la participation d'État porte sur le capital. Celui-ci intervient au moment que la fiche Tanzanie désigne comme décisif — avant la décision d'investissement, quand l'État a encore matière à négocier. Réserve : un plan exigé au dépôt n'est pas une usine construite, et le mécanisme de contrôle d'exécution n'est décrit par aucune source.
Troisième variante, ajoutée le 31 juillet 2026 : le gel du cadastre. Madagascar a suspendu l'octroi de tout nouveau permis, l'or excepté, de 2010 au 29 janvier 2026 — seize ans — pour assainir un cadastre jugé corrompu par des titres spéculatifs. Coût budgétaire nul, aucun arbitrage, aucune production détruite : le profil des instruments les moins coûteux de cette page. Son coût est différé et cumulatif : seize années sans entrant légal, de 1 600 à 3 000 demandes bloquées, et une exclusivité non négociée au bénéfice des détenteurs antérieurs au gel. Institué contre la rente de situation, il en a créé une.
Et le gel a un jumeau involontaire. L'Égypte n'a délivré aucun nouveau permis d'exploitation entre 2005 et 2020 — quinze ans — sans qu'aucun gel n'ait jamais été décidé. Une source diagnostique : ce qui freinait l'investissement n'était pas la géologie, c'était l'architecture réglementaire. Une inertie produit le même effet qu'un moratoire, au même coût. La différence est de remède : un gel se lève par décision, une inertie par réforme.
Les trois variantes de cette famille agissent sur le même objet — le titre — et leurs coûts ne sont ni de même nature ni de même horizon : élevé et immédiat pour le retrait d'un titre exploité, proche de nul pour la révocation d'un titre dormant, nul puis cumulatif pour le gel.
Enseignement : la contrainte fonctionne quand elle est assortie d'une échéance ferme annoncée à l'avance. Le Zimbabwe a obtenu trois usines avec dix-huit mois de préavis ; la Guinée a obtenu une raffinerie après un retrait de titre.
Administrer le marché
RD Congo, Zimbabwe, Zambie. L'État agit sur les volumes exportables ou sur le prix relatif de l'exportation brute.
Moyens : position dominante sur une substance, ou administration douanière fiable. Horizon : immédiat. Risque : pouvoir discrétionnaire non traçable, défaillance administrative.
Ajout du 31 juillet 2026 : le Ghana indexe sa redevance sur le cours de l'or. C'est le seul instrument de cette famille qui n'exige aucune décision récurrente — une fois la formule votée, elle s'applique seule — et le seul dont le coût documenté soit diplomatique plutôt qu'industriel.
Contrôle établi le 31 juillet 2026. L'Indonésie a réduit son quota de production de nickel de 34 % pour 2026 : le prix est passé de 14 376 à 20 000 dollars la tonne en cinq mois, et l'organisme international de suivi a révisé son bilan annuel d'un surplus de 283 000 tonnes à un déficit de 32 000. Deux pays, deux substances, une même année, un même mécanisme. C'est le premier constat de cette page confirmé par un cas indépendant — et il ne concerne pas l'Afrique, ce qui en fait précisément un contrôle. La condition reste entière : une position dominante.
Et une leçon de méthode directement transposable : l'Indonésie a publié sa fourchette de prix visée, 18 000 à 20 000 dollars, atteinte en quelques semaines. La RD Congo n'a publié aucune cible. Publier la fourchette ne coûte rien et produit trois effets : l'instrument devient lisible pour les acheteurs, l'État devient redevable d'un résultat qu'il a lui-même défini, et le dispositif devient évaluable par un tiers. C'est la réponse la moins coûteuse au risque propre à cette famille.
Enseignement : le seul instrument capable de déplacer un prix mondial — et le seul dont le point de défaillance soit une plateforme douanière.
Capter le canal
Ghana, Zambie. L'État se place sur le flux commercial ou financier plutôt que sur la production : guichet d'achat unique, redevance sur chiffre d'affaires.
Moyens : trésorerie de préfinancement, accès aux acheteurs internationaux, capacité administrative. Horizon : un exercice. Risque : opacité de la marge publique.
Ajout de phase 2 : le Botswana, par sa montée contractuelle graduelle dans la commercialisation.
Enseignement : le meilleur rapport entre capital engagé et effet obtenu — sur un marché porteur. La fiche Botswana apporte la limite : capter le canal ne crée pas d'acheteurs, et sur un marché en repli l'État hérite du risque commercial qu'il a repris à l'opérateur.
Détenir
Maroc, Niger. L'État est propriétaire de l'outil, par construction patiente ou par reprise.
Moyens : capital et durée. Horizon : décennies pour le premier cas, immédiat pour le second. Risque : perte de transparence, contentieux.
Enseignement : détenir ne transforme pas. Le Maroc a mis soixante ans à remonter sa chaîne ; le Niger détient sa mine et exporte le même yellowcake qu'avant.
Ajout de phase 2 : la Tanzanie détient 16 % de chaque projet sans apporter de capital ni s'exposer à un arbitrage. C'est la version la moins coûteuse de cette famille — et la plus bornée, puisque le taux est fixé par la loi.
Ajout du 31 juillet 2026 : le Burkina Faso engage quatre chantiers simultanés — acquérir, collecter, raffiner, exploiter — et y ajoute un droit de préemption sur les cessions d'actions, qui n'existe dans aucun autre régime documenté. C'est la tentative la plus complète et la plus rapide du programme.
Ajout du 31 juillet 2026 : la Guinée détient 15 % de la société qui porte le rail et le port de son plus grand projet minier. C'est le seul cas du programme où un État est actionnaire de l'infrastructure d'évacuation, et non seulement de la mine. La base Contrôle capitalistique désigne le tarif entre parties liées comme le point aveugle central : un actionnaire de l'infrastructure siège là où ce tarif se décide.
Variante ajoutée le 31 juillet 2026 : détenir l'opérateur plutôt que le projet. Le fonds souverain angolais est premier actionnaire, à 26,5 %, de la société cotée qui pilote le projet de terres rares national — et non détenteur d'une part du projet. Trois différences en découlent : l'assiette porte sur tous les actifs de la société, y compris futurs ; la part est cessible sur un marché ; et l'État siège au conseil qui décide de l'affectation du capital, c'est-à-dire là où se décide si le maillon suivant sera construit dans le pays ou ailleurs. C'est la réponse la plus directe au point aveugle de la base Contrôle capitalistique. Coût non publié.
Le seul cas ancien, ajouté le 31 juillet 2026. Nos quatre reprises en main — Niger, Burkina Faso, Guinée, Mali — ont toutes moins de trois ans et leurs colonnes « résultat » sont vides. La Mauritanie a nationalisé en 1974 : cinquante-deux ans plus tard, l'opérateur public opère toujours, il est premier contributeur fiscal du secteur, et le pays est deuxième producteur africain de fer. L'instrument tient.
Et la chaîne tient deux maillons sur cinq. Cette entreprise détient la mine, les usines et les 700 kilomètres de voie ferrée : le point aveugle du tarif entre parties liées y disparaît entièrement. Le maillon suivant n'a pas été construit pour autant. La propriété n'était donc pas le facteur limitant — correction de perspective que cette page doit à la fiche Mauritanie, après avoir beaucoup insisté sur le contrôle capitalistique de l'infrastructure.
Détenir l'opérateur : seconde version, ajoutée le 31 juillet 2026. Au Cameroun, ce n'est pas l'État qui entre au capital de l'opérateur étranger mais un groupe bancaire privé national — environ 49 millions de dollars pour 10,1 % de la société cotée qui porte le projet de bauxite —, rejoint peut-être par un organisme de sécurité sociale. Les trois avantages relevés en Angola tiennent : assiette élargie à tous les actifs, part cessible, siège au conseil qui décide de l'affectation du capital. Mais le bénéficiaire n'est ni le budget ni l'étranger : la valeur captée reste nationale sans être publique. Aucune des sept familles ne décrit cette forme, parce que toutes décrivent l'action d'un État.
Le coût annuel de cette famille est désormais chiffré. L'opérateur marocain réinvestit environ 30 % de son chiffre d'affaires trimestriel, en continu, y compris les trimestres favorables. Les « soixante ans » inscrits à la colonne des coûts se lisent ainsi : non pas un investissement initial, mais un prélèvement permanent sur le produit des ventes.
Reconstruire l'assiette
Guinée. L'État ne conteste ni la propriété, ni les volumes, ni le canal. Il conteste le prix déclaré, et le recalcule lui-même par une formule adossée à des indices publics.
Moyens : une administration fiscale et l'accès à des indices de marché. Horizon : immédiat. Risque : aucun identifié.
Enseignement : c'est le seul instrument qui traite le point aveugle nommé par la base Contrôle capitalistique — le prix pratiqué entre parties liées quand un même groupe détient la mine, le transport et la destination. Il n'exige ni capital, ni contentieux, ni infrastructure.
Réserve : aucune source ne publie son effet sur les recettes guinéennes. L'instrument est documenté, son résultat ne l'est pas.
Fermer le recours
Tanzanie. L'État ne change pas ce qu'il peut faire : il change ce qu'il en coûte de le faire. Une loi de 2017 impose que les différends relèvent des juridictions nationales, et habilite le Parlement à réviser les termes inéquitables.
Moyens : une disposition législative. Horizon : il protège les décisions futures, pas les contrats déjà signés. Risque : effet sur l'attractivité, non établi.
Enseignement : c'est un instrument de second ordre, qui conditionne l'usage de tous les autres. Neuf cent dix traités bilatéraux ont été signés par des États africains, dont 548 sont encore en vigueur et la majorité ont plus de vingt ans : l'exposition à l'arbitrage ne découle pas des reprises en main récentes, mais de textes signés à l'époque où les mêmes États attiraient ces capitaux.
Voir la base Contentieux et arbitrages.
Défendre la demande
Botswana, Angola, Namibie, RD Congo, Afrique du Sud. Les cinq États consacrent l'équivalent de 1 % de leurs recettes annuelles de brut à la promotion collective du diamant naturel.
Moyens : un engagement budgétaire concerté. Horizon : non publié. Risque : aucun objectif chiffré, aucune durée, aucun mécanisme d'évaluation dans les sources consultées.
Enseignement : c'est le seul instrument qui n'agisse sur aucun maillon de la chaîne. Les seize autres cherchent à retenir une part plus grande d'une valeur donnée ; celui-ci cherche à empêcher cette valeur de diminuer. C'est aussi le premier instrument collectif de cette page : tous les autres sont nationaux. Il apparaît après que la contrainte, la captation et la transformation locale ont échoué à protéger la recette — un instrument de dernier recours, et le seul qui atteigne le premier maillon de la chaîne de transmission documentée par la fiche Botswana : le consommateur.
Ce que la répartition révèle
Six des dix-sept instruments relèvent des familles A et B — contraindre ou administrer. Ce sont aussi les plus coûteux et les plus lents. Les deux instruments de la famille C, les moins capitalistiques, sont ceux dont le rapport entre moyens engagés et effet mesuré est le plus favorable, et ils sont les moins imités.
L'observatoire ne recommande rien. Il constate un écart entre ce que les États emploient le plus souvent et ce qui, dans les données disponibles, a produit le plus vite. Cet écart mérite d'être connu de ceux qui décident.
Ce qui ressort
Cinq constats que le programme pilote établit et qu'aucune fiche prise isolément ne permettait de formuler.
01 — La valeur du premier maillon aval dépend de la nature du minerai
Sept substances mesurées, et une échelle qui couvre trois ordres de grandeur : bauxite +822 %, cobalt +41 %, lithium +38 %, uranium +27 %, or +0,30 %, graphite indéterminé, cuivre en position inversée.
Correction du 31 juillet 2026. Cette page affirmait, sur la base de trois substances, que le premier maillon aval vaut entre un quart et deux cinquièmes. C'était vrai des minerais dont le concentré porte déjà l'essentiel de la valeur. Ce n'est pas une loi.
Trois régimes distincts se dégagent. Les minerais de vrac à faible valeur unitaire — bauxite à 32 dollars la tonne — dégagent une valeur ajoutée considérable au premier maillon, mais derrière un mur énergétique de 88 fois. Les concentrés de spécification — cobalt, lithium, uranium — se situent entre un quart et deux cinquièmes. Les métaux dont la valeur tient au titre — l'or — ne dégagent presque rien : 0,30 %, l'affinage ne faisant que certifier une valeur déjà présente.
Ce qui subsiste, et qui était le point : les rapports de prix spectaculaires sont trompeurs tant que le facteur de matière n'est pas appliqué. Cela vaut dans les trois régimes, et le programme a dû corriger deux chiffres publiés pour cette raison.
02 — Le producteur est pénalisé par son propre succès d'extraction
La payabilité de l'hydroxyde congolais est passée de 88-90 % du prix du métal en avril 2022 à environ 55 % en janvier 2024, sans aucune décision politique, pendant que l'offre progressait de 56 % en quatre ans. Extraire davantage sans détenir le maillon suivant fait baisser le prix de ce que l'on vend.
03 — Le rail ne coûte pas moins cher au kilomètre
Environ 6,0 centimes d'euro la tonne-kilomètre par le rail atlantique contre 5,8 par la route orientale. L'économie de 25 à 40 % à la tonne vient de ce que l'itinéraire est 1,73 fois plus court. Un pays enclavé qui négocie un corridor négocie d'abord une distance, pas un mode.
04 — Un corridor amplifie la stratégie industrielle, il ne s'y substitue pas
Une évacuation performante rend l'exportation du produit brut plus rentable, donc déplace le seuil de la transformation locale dans le mauvais sens. Le même corridor atlantique sert à expédier des anodes de cuivre congolaises et pourrait servir à expédier du minerai brut ; c'est ce que le pays a construit en amont qui décide.
05 — L'écart déclaratif se referme, et pour peu cher
Le Ghana a fait passer 104 tonnes d'or artisanal par un circuit officiel en un exercice, sans construire de raffinerie, par la seule création d'un guichet d'achat public. Le Cameroun, sur la même période, déclarait zéro gramme d'exportation pendant que 8,4 tonnes étaient tracées à l'arrivée. La différence n'est ni géologique ni technique : elle est institutionnelle.
06 — Le moment de la contrainte compte autant que son contenu
Sur cinq pays, l'interdiction de transformation précède partout la capacité : Zimbabwe, Ghana, Namibie et Mozambique ont décrété avant qu'aucune usine n'existe. La Tanzanie est le seul contre-exemple : la raffinerie de Kabanga est négociée avant la décision d'investissement, comme condition du projet.
Face à un opérateur installé, l'État négocie contre des actifs immobilisés et des financements tirés. Face à un projet non décidé, il négocie contre une feuille de calcul. Un pays dont les gisements ne sont pas encore développés dispose d'un levier que les producteurs installés n'ont plus — ce qui inverse l'idée qu'un pays sans production serait sans pouvoir.
07 — Une politique de transformation locale n'est pas une politique de diversification géopolitique
Les interdictions recensées visaient implicitement un raffinage chinois. Le décret mozambicain de juin 2026 frappe une chaîne américaine, bâtie et financée par Washington précisément pour contourner la Chine — la mine a reçu un prêt public américain de 150 millions de dollars en octobre 2024.
Les deux objectifs peuvent entrer en conflit frontal. Le débat africain sur la transformation locale s'est construit sur une opposition qui ne décrit plus la totalité des situations.
08 — La géographie du gisement détermine l'instrument disponible
Deux pays ont refermé un écart déclaratif par des moyens opposés. Le Ghana a rendu le circuit officiel plus attractif que le circuit parallèle ; la Tanzanie a rendu le circuit parallèle physiquement plus difficile, en murant vingt kilomètres carrés autour de son gisement de tanzanite en 2018.
La tanzanite tient sur vingt kilomètres carrés : on peut l'enclore. L'orpaillage ouest-africain s'étend sur des milliers de sites diffus : on ne peut pas. La concentration spatiale de la ressource conditionne le répertoire des politiques possibles, et elle devient une composante du gabarit des fiches substances.
09 — Aucune politique de transformation n'est accompagnée de son bilan énergétique
Le secteur minier absorbe environ 20 % de l'électricité africaine, et la moitié en Zambie et au Mozambique. Un gigawatt supplémentaire doublerait la production minière congolaise. Le gazole à +50 % a suffi à faire reporter une campagne de production mozambicaine. Raffiner la bauxite consomme 88 fois l'énergie de son extraction.
Sur les dix-sept instruments recensés, tous supposent une transformation locale accrue. Aucun n'est accompagné du bilan électrique correspondant. Le ministère des Mines décide, celui de l'Énergie découvre.
10 — Six natures d'obstacle, et une seule est juridique
Le programme a recensé, substance par substance, ce qui empêche la remontée de chaîne : le capital (lithium), le droit international (enrichissement de l'uranium), la concentration industrielle (quatre usines de conversion d'uranium au monde), le savoir-faire procédé (plus de 80 % de la sphéronisation du graphite dans un seul pays), l'accréditation privée (une seule raffinerie d'or accréditée sur tout le continent), et l'absence d'un acheteur public prêt à payer au-dessus du marché (terres rares, où un État garantit le double du prix de marché).
Une seule se lève par la loi. Les cinq autres exigent du temps, du capital ou une contrepartie que peu d'États africains peuvent offrir. C'est pourquoi l'interdiction précède partout la capacité, et pourquoi elle produit si rarement une usine.
11 — Le point aveugle est le prix entre parties liées
Ce qui échappe à l'observation, sur les corridors comme sur la propriété, est le prix pratiqué entre parties liées. Aucun tarif ferroviaire public ; aucun prix de cession publié ; aucun registre des bénéficiaires effectifs renseigné sur aucune de nos fiches pays.
Un seul dispositif y répond : le prix de référence par formule institué par la Guinée en 2022. C'est le douzième instrument, et le seul qui traite ce point.
12 — Le coût d'une reprise en main n'est jamais publié en entier
Sur six éléments de coût identifiables — règlement, production perdue, frais de procédure, provision budgétaire, effet sur le financement souverain, effet dissuasif — deux sont parfois chiffrés et quatre ne le sont jamais.
Le bénéfice, lui, est annoncé, daté et chiffré : 761 milliards de francs CFA recouvrés au Mali, 680 millions de dollars réglés en Guinée. Un instrument de la famille A se compare donc toujours à son avantage, jamais à son prix. Cette asymétrie fausse toute évaluation, et aucune source publique ne permet de la corriger.
13 — Remonter la chaîne ne supprime pas la dépendance, elle la déplace
Le seul État africain ayant remonté sa chaîne jusqu'au produit fini n'a pas été fragilisé en 2026 par une baisse de la demande, ni par une décote, ni par un concurrent. Il l'a été par l'approvisionnement en soufre et en ammoniac, lors de la fermeture d'un détroit. Une variation de 10 % du prix de l'ammoniac déplace le coût de l'engrais de 5 à 7 %.
Chaque maillon franchi vers l'aval ajoute des intrants : réactifs pour une raffinerie d'or, acide pour une usine de sulfate, électricité pour une fonderie. Un pays qui remonte sa chaîne échange une dépendance de sortie contre une dépendance d'entrée, et rien ne garantit que la seconde soit plus facile à sécuriser.
Complété le 31 juillet 2026 : la dépendance d'intrant joue dans les deux sens. Le même soufre qui fragilise la chaîne marocaine avantage le projet de nickel tanzanien, dont le minerai en contient environ 30 % et qui génère donc son propre acide de lixiviation, quand les opérations latéritiques concurrentes doivent l'acheter et souffrent de prix élevés. Elle est déterminée par la chimie du gisement, non par la politique : la leçon utile n'est pas d'imiter, mais de vérifier de quel côté de l'équation on se trouve avant d'engager une transformation locale.
Troisième forme, ajoutée le 8 septembre 2026 : ce que le minerai contient en trop. Un gisement de fer algérien parmi les plus grands du monde, découvert en 1952, est resté au sol soixante-quatorze ans. Ni le capital, ni le corridor, ni le cadre ne l'expliquent : le minerai porte une forte teneur en phosphore, dont l'élimination est décrite comme coûteuse et complexe. Ce n'est donc pas toujours ce qui manque au procédé qui décide, c'est parfois ce que le minerai contient en trop.
Cela touche directement nos barres de valeur : elles supposent toutes qu'un maillon manquant peut être ajouté. Ici le maillon manquant est obligatoire et grève l'économie du projet avant même la question de la transformation. Composante élargie : intrants critiques et contaminants pénalisants du minerai, avec l'étape de traitement que chacun impose.
C'est un angle mort de cette page. Les dix-sept instruments recensés visent tous à retenir davantage de valeur ajoutée ; aucun ne porte sur la sécurisation des intrants qu'elle exige. La seule réponse structurelle documentée — produire soi-même son ammoniac à partir d'électricité renouvelable — ramène au constat 09.
14 — La profondeur de chaîne n'avance pas en ligne droite
Sur les sept premiers mois de 2025, les exportations marocaines de roche brute ont progressé de 56,2 %, contre 19,3 % pour les engrais et 12,1 % pour l'acide phosphorique. Chez le producteur le plus intégré du continent, la ligne qui croît le plus vite est la moins transformée.
Trois explications se défendent — effet de base, contrainte de capacité, arbitrage commercial — et aucune n'est établie. Ce qui compte est la conséquence de méthode : un indicateur de profondeur de chaîne doit être suivi en série, jamais mesuré une fois. Un exercice isolé ne dit rien d'une trajectoire.
15 — Cet indice mesure une captation, jamais une destination
Une valeur captée par un État peut être épargnée pour les générations futures, absorbée par les dépenses courantes, ou ni l'un ni l'autre. L'indice donnerait le même score dans les trois cas.
Deux bases l'établissent par les deux bouts. L'artisanat minier : le Ghana a fait entrer onze milliards de dollars de devises, et ce que reçoit le creuseur n'est publié nulle part. Les fonds souverains miniers : sur huit fonds recensés, une seule règle d'abondement est publique et aucune règle de retrait.
Ce n'est pas un défaut de conception — l'observatoire répond à une question qui porte sur des pays. Mais l'énoncé doit être exact : ces dix-sept instruments mesurent où la valeur s'arrête, pas à qui elle parvient.
16 — Un fonds protège d'un cycle de prix, jamais d'un déclin structurel
Le fonds botswanais a trente-trois ans, un cadre légal formalisé, une gestion par la banque centrale et une adhésion aux principes internationaux de référence. Sa banque centrale publie néanmoins qu'une demande de diamants plus modérée a limité les apports ces dernières années.
C'est le dernier maillon de la chaîne de transmission de la substitution documentée par la fiche Botswana : pierre de laboratoire, recul du chiffre d'affaires, dépréciation, allocation invendue, note souveraine dégradée — et tarissement du fonds destiné aux générations futures.
Un fonds épargne les hauts pour amortir les bas. Un déclin structurel supprime la ressource même qu'il devait lisser, et aucune qualité de gestion n'y peut rien. Les annonces de création ne font jamais cette distinction.
17 — Ce qui est assis sur une grandeur physique résiste au déplacement du profit
L'autorité de régulation ghanéenne a mis en cause, avant sa réforme, la tendance de sociétés multinationales à déplacer vers l'étranger les profits réalisés dans le pays. C'est exactement le point aveugle que la base Contrôle capitalistique désigne : le prix entre parties liées, et la localisation du résultat qui en découle.
Une redevance y répond mieux qu'un impôt sur les bénéfices, pour une raison technique : elle porte sur un volume ou un chiffre d'affaires, non sur un résultat déplaçable. La Zambie l'établissait déjà — redevance assise sur le chiffre d'affaires, coût nul, 110 millions de dollars obtenus. Le prix de référence guinéen procède de la même logique : reconstruire l'assiette plutôt que de l'accepter.
La régularité vaut pour toute la typologie : les instruments assis sur une grandeur physique ou sur un chiffre d'affaires résistent au déplacement du profit ; ceux assis sur un résultat n'y résistent pas.
18 — Un taux nominal ne dit presque rien du prélèvement réel
Au deuxième trimestre 2026, la charge de redevance rapportée aux ventes ressort à 13,1 % sur une mine malienne et 11,7 % sur une mine ghanéenne. Or le Ghana venait d'indexer son barème sur le cours et le Mali n'a pas d'indexation.
L'indexation n'est donc pas la seule voie vers un taux effectif élevé. Le Mali y parvient par empilement — code renforcé, taxe ad valorem, redevance superficiaire, audit rétroactif — et la présente page en chiffre le coût : environ 1,2 milliard de dollars de production non réalisée contre 1,2 milliard recouvré.
Le taux mesure la captation, jamais son coût. Les deux se lisent ensemble, et c'est tout l'objet de cette balance.
19 — Une capacité installée n'est pas une capacité alimentée
Cette page a posé dès sa première pièce que annoncé n'est pas installé. Deux fiches ont montré qu'il manquait un troisième état. Le manganèse gabonais : une production de métal installée, puis arrêtée en septembre 2020. Le Nigeria : une usine de lithium inaugurée en juillet 2026, sans mine industrielle nationale identifiée pour l'alimenter, et une capacité de terres rares annoncée dépassant de 38 % la production nationale estimée.
Trois états, donc, et non deux : annoncé, installé, raccordé à un approvisionnement identifié. L'Angola en donne le seul cas pleinement documenté sur l'énergie — 2 gigawatts raccordés à un projet nommé. Seul le troisième état mesure quelque chose : une usine sans minerai ne transforme rien, comme une centrale sans usage ne fait rien fonctionner.
Le pilier 03 de l'indice publiera désormais trois valeurs distinctes.
20 — L'indice mesure une captation sans mesurer ce qu'elle coûte à administrer
Le secteur minier nigérian a généré plus de 38 milliards de nairas fin 2024 en ne recevant que 18 % de son allocation budgétaire de 29 milliards : il reverse environ 7,3 fois ce qu'il perçoit.
Nos fiches pays mesurent ce qu'un État capte d'un secteur. Aucune ne mesurait ce qu'il y consacre. Le rapport entre les deux dit pourtant quelque chose de précis : la capacité d'une administration minière à contrôler ce qu'elle autorise dépend de ses propres moyens.
C'est la troisième limite reconnue de cet indice, après celles posées par la base Artisanat minier — il mesure la valeur captée par l'État, non celle qui atteint le creuseur — et par le constat 15 — il mesure une captation, jamais une destination. Il faut y ajouter : il ne mesure pas le coût administratif de la captation, et cette lacune éclaire directement pourquoi les contrôles d'exécution manquent partout.
Composante ajoutée au pilier 09 : dotation budgétaire de l'administration minière, rapportée aux recettes qu'elle génère. Elle figure dans les lois de finances, elle est publique, et elle n'est renseignée sur aucune fiche.
21 — Un quota se mesure à son taux de remplissage, jamais à son plafond
Deux cas indépendants, deux continents, deux substances : l'Indonésie a produit 200 millions de tonnes sur 364 autorisées en 2025, soit 54,9 % ; la RD Congo a expédié moins de 50 % de son quota trimestriel de cobalt. Dans les deux, la moitié environ de l'autorisation reste inemployée.
Le plafond réglementaire n'est donc pas la contrainte effective, et les causes diffèrent. En RD Congo elle est physique — un pont effondré, des difficultés documentaires : c'est un problème d'évacuation, et il relève du pilier 07. En Indonésie elle est économique : les producteurs n'ont pas exploité leurs droits parce que les prix ne le justifiaient pas.
La conséquence de calcul est la même : un plafond abaissé de 34 % sur une base utilisée à 55 % ne réduit pas l'offre de 34 %. Tout plafond d'exportation ou de production doit être publié avec son taux de remplissage de l'exercice précédent, faute de quoi son effet réel n'est pas calculable.
22 — Un véhicule public à double mandat sert le mandat le plus pressant
Le programme a rencontré trois fois la même structure, sur trois objets différents.
Les fonds souverains : stabiliser suppose de dépenser, transmettre suppose de ne jamais dépenser. Le fonds botswanais a perdu la moitié de ses actifs en neuf ans, faute de séparation étanche entre les deux poches.
Les fonds d'investissement : placer à l'étranger diversifie mais ne développe rien sur place ; investir chez soi développe mais concentre le risque au lieu de l'écarter.
Les opérateurs publics miniers : le Maroc réinvestit environ 30 % de son chiffre d'affaires et tient cinq maillons ; la Mauritanie fournit 30 % des recettes de l'État et en tient deux, son opérateur étant décrit comme la « boîte à outils » finançant infrastructure, santé et assurance.
Les deux usages sont légitimes et le même euro ne fait pas les deux. Ce n'est pas un reproche : un pays dont les mines fournissent 30 % du budget n'a pas la marge d'un pays où elles en fournissent 6 %. C'est une contrainte à nommer, parce qu'elle décide de ce qu'un instrument de la famille D produira sur trente ans.
La grandeur qui trancherait est la part du chiffre d'affaires réinvestie. Elle n'est publiée que pour un opérateur public africain sur cinq.
23 — Transformer localement ne garantit pas de capter
Le complexe nickel-cobalt malgache va jusqu'au métal raffiné — mine, pipeline de 220 kilomètres, lixiviation acide sous pression, raffinerie. Trois maillons sur cinq, davantage que la RD Congo sur le cobalt ou le Gabon sur le manganèse. Et le secteur fournit 1,74 % des recettes de l'État pour 49,2 % des exportations.
La raison tient à une distinction que cette page avait laissée se confondre. Transformer détermine où la valeur est créée : question industrielle — usines, énergie, intrants. Capter détermine qui la reçoit : question fiscale et capitalistique. L'État malgache ne détient aucune part de l'opérateur.
Portée du constat, et elle est limitée. La série 06 établit que Madagascar est une valeur extrême et non un motif : rapportés à leurs exportations, le Sénégal, la Mauritanie et le Botswana captent entre 2,5 et 3,4 fois moins, contre 28,3 pour Madagascar. Ce constat vaut donc comme démonstration de possibilité — les deux variables peuvent diverger fortement —, non comme régularité.
Conséquence pour l'indice : les piliers 01 et 09 sont indépendants et doivent être lus ensemble. Cette page les présentait comme allant de pair.
24 — Une usine de transformation n'est pas rentable par construction
Le même complexe malgache a été déficitaire de 2014 à 2020 et n'est devenu rentable qu'en 2021, porté par une hausse du prix du nickel qu'aucune décision malgache n'avait provoquée. Six exercices sur sept.
C'est le seul compte de résultat d'usine de transformation africaine dont ce programme dispose. Cinq États y figurent qui exigent la transformation locale — Guinée, Zimbabwe, Mozambique, Gabon, Nigeria — et aucune de ces pièces ne sait ce que devient l'usine une fois construite.
Cela ne plaide pas contre la transformation locale. Cela plaide pour que les États qui l'exigent sachent ce qu'ils exigent : un investissement dont la rentabilité dépend d'un cycle qu'ils ne contrôlent pas, et dont le point mort peut se situer à sept ans. La fiche phosphates l'avait énoncé sans le chiffrer : le producteur de brut subit un prix, le producteur transformé subit un cycle industriel.
25 — Un rendement se mesure sur une série, jamais sur un exercice
La Sierra Leone publie treize exercices. Sa part des recettes publiques a dépassé 20 % à trois reprises entre 2011 et 2013, valait 17,3 % en 2014, et se trouve divisée par trois à l'horizon 2023.
Mesuré en 2012, ce pays aurait affiché l'un des meilleurs résultats de notre corpus — au niveau de la Mauritanie et du Botswana. Mesuré en 2023, il se situe à un tiers de ce niveau. Le régime fiscal n'a pas changé ; l'assiette s'est contractée sous l'effet conjugué des prix et de la production.
Nos fiches pays publient un point chacune, et la série 06 compare quatre instantanés. Composante ajoutée au gabarit : part du secteur dans les recettes publiques sur cinq exercices au moins. Les rapports de transparence extractive publient ces séries — même mécanisme que la révision 12 : la donnée existe, le gabarit ne l'exigeait pas.
26 — Une captation faible peut être un défaut d'assiette, non d'instrument
Cette page lit volontiers un rendement faible comme un manque d'instrument. Le même dossier sierra-léonais montre trois substances en recul simultané pour trois causes différentes : un cours effondré pour le fer, un cycle d'exploitation pour la bauxite — de 1,94 à 0,91 million de tonnes —, l'épuisement des réserves accessibles pour le diamant, en recul de 23,8 % en un exercice.
Aucun instrument n'aurait retenu ce qui n'était plus extrait. Avant de conclure à un défaut de captation, il faut établir que l'assiette existait : c'est une précaution de lecture que ce programme ne prenait pas.
Complément au constat 16 : la Sierra Leone donne le cas sans fonds souverain du tout. Le choc de 2015 — production de fer divisée par deux, produit intérieur brut amputé de plus de 20 % en une année — est passé intégralement dans le budget puis dans le revenu par habitant, tombé de 981 à 853 dollars entre 2013 et 2024. Il ne s'est pas rattrapé.
27 — La contrainte d'exploitation est un domaine que cette typologie ne couvre pas
La Tunisie dispose de sept unités de transformation du phosphate et de 6,5 millions de tonnes de capacité installée. Le complexe tourne à 40 %. Les sources nomment quatre freins : le manque d'eau pour le lavage, le transport, l'approvisionnement en soufre — environ 600 000 tonnes importées par an — et le capital.
Aucun des quatre ne relève d'un instrument, et aucun n'est géologique. Nos sept familles décrivent ce qu'un État décide ; elles ne décrivent pas ce dont une usine a besoin.
Le constat 13 avait ouvert cette brèche en établissant qu'aucun instrument ne porte sur la sécurisation des intrants. C'est la quatrième limite reconnue de cet indice, après celles posées par la base Artisanat — il ne mesure pas ce qui atteint le creuseur —, par le constat 15 — il mesure une captation, jamais une destination — et par le constat 20 — il ne mesure pas le coût administratif de la captation.
L'eau en est l'illustration la plus nette, et elle apparaît désormais quatre fois : dessalement marocain, conduite de trente kilomètres depuis la mer Rouge en Égypte, production d'eau intégrée au complexe malgache, lavage tunisien. Composante élargie : intrants critiques du site — eau, énergie, réactifs — et origine de chacun.
Graduation, ajoutée le 9 septembre 2026. Ce constat traite comme un bloc l'eau, le transport, le capital, l'énergie et la réglementation. Leurs effets diffèrent d'un ordre de grandeur. Un tarif électrique multiplié par dix a mis à l'arrêt cinquante-cinq fonderies de ferrochrome sur soixante-six ; une exigence réglementaire de procédé renchérit l'exploitation de 10 à 15 % sans rien détruire. La première efface un maillon, la seconde le comprime.
Et l'énergie se dédouble en trois grandeurs que ce programme confondait : l'électricité disponible, son prix, et la régularité de sa livraison — qui a suffi à faire manquer un objectif de production de zinc en 2024. La troisième n'apparaît dans aucune de nos fiches.
28 — Une capacité alimentée ne dit rien de l'origine de ce qui l'alimente
Le programme compte trois cas de capacité aval sans amont national suffisant, et ils ne sont pas au même stade. Au Nigeria, des usines de lithium sont inaugurées sans mine industrielle identifiée. En Tunisie, sept unités de transformation tournent à 40 %. En Ouganda, les raffineries sont en service et exportatrices — l'or exporté est passé de 20 à 165 millions de dollars en trois ans et demi — quand 90 % de la production minière nationale reste artisanale.
Les deux premiers cas montrent une capacité sous-employée. Le troisième montre une capacité employée, et c'est ce qui pose la question de ce qu'elle traite.
La révision 13 établit que le troisième état — alimenté — est un pourcentage. Il faut y ajouter qu'un taux d'utilisation ne dit rien de la provenance. Composante ajoutée au gabarit : origine du minerai traité par une capacité de transformation — nationale, importée déclarée, non établie.
Et une question symétrique de celle que pose la série 01. Celle-ci mesure l'écart déclaratif au départ d'un pays producteur ; l'Ouganda pose l'écart à l'entrée d'un pays raffineur. Mêmes données miroir, sens inverse. Le chantier est réalisable : importations d'or brut déclarées des pays raffineurs africains, rapportées à leur production et à leurs exportations d'or raffiné.
29 — La valeur peut être captée en Afrique sans que l'indice du producteur le voie
Trois pièces consécutives ont documenté trois formes de flux minier intra-africain, et ce programme n'en avait recensé aucune auparavant :
— La vente : bauxite camerounaise annoncée vers deux pays africains.
— Le transit : minerai guinéen évacué par un corridor libérien.
— La transformation à façon : minerai régional raffiné en Ouganda, la RD Congo étant présentée comme un marché majeur pour sa raffinerie d'étain.
La troisième forme est la plus lourde de conséquences pour notre méthode, parce qu'elle déplace le maillon manquant sans déplacer la mine. Un pays africain qui raffine le minerai d'un voisin retient une valeur ajoutée que le continent perdait — mais elle ne revient pas au pays producteur.
Le constat 15 s'applique alors avec une force particulière : l'indice mesure une captation, jamais une destination. Ici la valeur est captée en Afrique et l'indice du pays producteur ne l'enregistre pas. Nos barres de valeur mesurent où s'arrête la transformation ; elles ne mesurent jamais qui achète.
Chantier ouvert : flux miniers intra-africains, en volume et en destination. Aucune pièce du programme ne les recense.
30 — Cet indice mesure ce qui existe, jamais ce qui a été empêché
Le programme a désormais documenté quatre manières dont un maillon africain cesse d'exister, et elles n'appellent pas les mêmes réponses.
Par substitution — le diamant de laboratoire fait reculer la valeur par carat : le maillon existe encore et vaut moins. Par le prix d'un intrant — un tarif électrique multiplié par dix a mis à l'arrêt cinquante-cinq fonderies de ferrochrome sur soixante-six : le maillon est intact et ne tourne plus. Par épuisement — la production de diamant sierra-léonaise recule de 23,8 % en un exercice : aucun instrument ne retient ce qui n'est plus extrait. Par tarissement du financement — la demande existe, la ressource existe, le prix se tient, et les projets ne se financent plus.
Les trois premières se constatent sur des grandeurs que nous relevons. La quatrième ne se constate que sur ce qui n'a pas eu lieu. Un projet non financé ne figure dans aucune statistique de production, aucun taux d'utilisation, aucun pilier. Deux projets seulement à un stade avancé chez le premier producteur africain de charbon ; plus de 40 millions de tonnes de capacité bloquées chez le deuxième.
C'est la cinquième limite reconnue de cet indice, et la moins réparable : les autres appellent une donnée manquante, celle-ci appelle un recensement de ce qui n'a pas été fait.
Précision du 9 septembre 2026, et elle corrige le constat plus qu'elle ne l'étend. Ce constat supposait implicitement que le capital manquait. Les données d'exploration de 2025 montrent l'inverse : les fonds levés par les sociétés juniors et intermédiaires ont progressé de 109 %, à 21,43 milliards de dollars, quand le budget mondial d'exploration reculait de 1 % et celui des juniors de 13 %. Les fonds levés valent 1,73 fois le budget d'exploration — calcul de notre fait — et celui-ci recule quand ceux-là doublent.
La ventilation l'explique : 45,4 % des budgets vont aux abords des mines existantes, part la plus élevée jamais enregistrée, contre 20,7 % à la recherche de gisements neufs, niveau le plus bas de la série.
Un maillon ne disparaît donc pas parce que l'argent manque, mais parce que l'argent disponible se dirige ailleurs. Ce n'est pas un problème de financement, c'est un problème d'allocation — et la nature de toute réponse publique en dépend.
Cinquième forme, ajoutée le 9 septembre 2026 : la cession. L'usine européenne qui traitait le minerai de titane d'un opérateur africain a été vendue à un tiers en septembre 2023. Rien n'a fermé : l'usine tourne, le sable continue de sortir. Ce qui a disparu est le lien capitalistique entre l'amont et l'aval.
Les quatre premières formes se constatent sur une grandeur physique. Celle-ci ne se constate que dans un registre d'actionnaires, et aucun de nos dix piliers ne la voit : la part raffinée localement était nulle avant et reste nulle après.
Cet observatoire ne la présente pas comme une perte. Un opérateur intégré peut vendre à sa propre usine à un prix de transfert ; un opérateur désintégré vend sur un marché. La cession fait sortir la transaction du point aveugle central de la base Contrôle capitalistique. Le constat est ailleurs : l'intégration d'une chaîne est une variable, elle change sans préavis, et aucune de nos fiches ne la suit.
31 — Un débouché intérieur est un amortisseur de prix
Sur l'exercice 2025, le premier producteur africain de charbon publie les trois termes séparément : la production recule de 0,2 %, les prix de 14,9 %, et les ventes de 2,6 % seulement.
L'écart s'explique par la structure du débouché : les trois quarts de la production sont vendus sur un marché intérieur dont les prix sont restés relativement stables.
Le programme a documenté deux transmissions violentes d'un prix vers une économie — le Botswana sur quatre ans, la Sierra Leone en un exercice avec plus de 20 % de produit intérieur brut perdus. Dans les deux cas, la totalité de la production partait à l'export.
Ce constat n'entre dans aucune des sept familles, parce qu'il ne résulte d'aucune décision minière : il résulte de la structure de l'économie. Composante ajoutée au gabarit : part de la production consommée sur le territoire national, et usage principal.
32 — Il y a un secteur entier que cette page n'avait pas pensé à regarder
Un décompte automatique sur nos fiches pays donne : pilier 04, emplois qualifiés — aucune fiche renseignée ; pilier 05, achats et sous-traitance locale — une seule, vingt-deux étant portées en « à collecter ». Ce sont nos deux piliers les plus vides.
Les sources internationales décrivent les minéraux de développement — minéraux industriels, matériaux de construction, pierres de taille et pierres semi-précieuses — comme un secteur entretenant des liens plus étroits avec l'économie locale que les métaux, générant davantage d'emplois locaux, et dominé par des petites et moyennes entreprises nationales.
Nos deux piliers les plus vides sont ceux que ce secteur remplirait, et notre référentiel lui consacre une ligne sur vingt-quatre.
Ici la valeur est retenue sans instrument. Le faible rapport prix-masse interdit l'exportation lointaine : la rétention est un fait physique, à coût nul, sans contentieux. Ce que dix-sept instruments cherchent à obtenir sur les métaux est acquis d'avance — mais une valeur retenue n'est pas une valeur élevée, et la question devient : cette valeur est-elle productive ?
C'est la sixième limite reconnue, et elle diffère des cinq autres : celles-là portent sur ce que l'indice ne sait pas mesurer, celle-ci sur ce qu'il n'a pas pensé à regarder. Composante ajoutée : existence ou non d'un cours de référence international pour la substance.
33 — Ce qu'un concentré contient n'est pas ce qui est payé
Une mine congolaise a produit 278 tonnes de germanium entre 1956 et 1978, avec 12 673 tonnes de plomb. Redémarrée en 2024 après trente et un ans d'arrêt, elle annonce un produit final unique : du concentré de zinc. La capacité technique a existé sur ce site pendant vingt-deux ans et n'a pas été reconduite.
Le mécanisme est économique et il est général. Un concentré polymétallique est payé sur son métal principal ; les métaux accessoires sont récupérés par le fondeur et payés à une fraction de leur valeur, ou pas du tout. C'est ce que la base Cobalt appelle la payabilité, dont elle mesure l'effondrement de 88-90 % à environ 55 % entre 2022 et 2024. Elle le mesurait sur le métal principal ; il faut le mesurer sur les accessoires.
La portée dépasse un site : une redevance assise sur la valeur porte sur ce qui est déclaré, non sur ce qui est contenu. Un État qui ignore la composition complète de son concentré ignore l'assiette de son propre prélèvement.
Cet observatoire ne conclut pas à une valeur perdue : aucune source n'établit si ce métal pourrait être récupéré économiquement aujourd'hui, à quel coût, ni si les termes commerciaux le rémunèrent. Il constate qu'un métal stratégique produit ici pendant vingt-deux ans ne figure dans aucun produit annoncé, et que personne ne publie pourquoi.
Composante : métaux accessoires contenus dans le concentré, et leur payabilité. Renseignée sur aucune de nos vingt-quatre fiches substances.
34 — Une demande projetée n'est pas une demande
Les trois états de ce programme — annoncé, installé, alimenté — décrivent une capacité de production. Il leur manque leur symétrique.
Les batteries à flux redox pèsent environ 2 % de la consommation mondiale de vanadium, avec une projection à 10 % ; les applications sidérurgiques en représentent plus de 90 %. Et les deux séries de croissance publiées ne soutiennent pas la projection : le marché des batteries croît à 3,7 % par an, celui du vanadium à 5,8 %. Si les deux se réalisaient, la part des batteries diminuerait.
Ce n'est pas un jugement sur la technologie, et cet observatoire n'en porte pas. C'est la règle « annoncé ≠ installé » transposée du côté de la demande : demande annoncée, demande contractée, demande réalisée.
La conséquence est immédiate : un État qui dimensionne une capacité de transformation sur une demande projetée construit ce que la fiche Tunisie a mesuré — un outil à 40 % d'activité. Composante : part effective de l'usage émergent dans la consommation, et non sa part projetée.
35 — Le gabarit d'un observatoire se découvre en écrivant les pièces
Les vingt-quatre fiches substances du référentiel sont publiées. Elles ont fait apparaître six composantes de gabarit, et aucune ne figurait au gabarit d'origine.
| Composante apparue | Issue de | Renseignée |
|---|---|---|
| Mode de formation du prix — cours coté, contrat bilatéral, enchère fermée, vente à négociant, absence de marché | Pierres de couleur, hélium, zinc | 4 / 24 |
| Statut principal ou sous-produit, par pays, avec teneur de bascule | Hélium, vanadium | 3 / 24 |
| Métaux accessoires du concentré et leur payabilité | Zinc et plomb | 0 / 24 |
| Rapport de stérile et taux de récupération | Titane et zircon, zinc | 2 / 24 |
| Part de la production consommée sur le territoire | Charbon, minéraux de développement | 3 / 24 |
| Intégration de la chaîne et volume des résidus valorisés | Titane et zircon | 1 / 24 |
Le rapport de stérile donne la mesure de ce qu'on ignorait : 2,7 tonnes de minerai déplacées par tonne de zinc contenu à 36,96 % de teneur, contre 64,9 tonnes de sable par tonne de minéral valorisable à 1,54 %. Un rapport de vingt-quatre entre deux exploitations africaines, sur une grandeur qu'aucune fiche ne publiait.
Ce constat porte sur la méthode, non sur les substances : il vaut pour les fiches pays, les bases thématiques et les séries autant que pour ce qui vient d'être clos.
Sa conséquence est une dette. Les vingt-trois premières fiches ne renseignent pas ce que la vingt-quatrième a fait apparaître. Une revue rétroactive s'impose, et elle rejoint la revue de statut des capacités déjà ouverte. Cet observatoire les signale et n'entreprend ni l'une ni l'autre sans arbitrage.
36 — Cette typologie couvre le minerai, et non le cycle
Quatre dispositifs publics rencontrés en quatre pièces consécutives ne sont décrits par aucune des sept familles. Ils ne sont pas comptés — la règle de la révision 12 s'y oppose — mais leur régularité mérite d'être formulée.
| Dispositif | Quand il agit | Sur quoi |
|---|---|---|
| Soutenir l'intrant — tarif électrique abaissé de 54 % pour retenir des fonderies | Pendant | un coût d'exploitation |
| Garantir le financement de la fermeture, survivant à la faillite de l'opérateur | Après | une obligation future |
| Co-investir le risque d'exploration, par un fonds public dérisquant le stade précoce | Avant | une recherche sans résultat connu |
| Le cadastre lui-même, support de quatre variantes de la famille A | Transversal | un titre, non un minerai |
Nos dix-sept instruments agissent tous pendant l'exploitation et sur le minerai — sur sa circulation, son prix, sa propriété, sa taxation. Les quatre dispositifs ci-dessus agissent avant, pendant, après et en travers, et jamais sur le minerai : ils agissent sur les conditions qui rendent l'exploitation possible ou supportable.
Quatre cas n'établissent pas davantage qu'un seul, et ce constat ne modifie aucun total. Il est formulé pour pouvoir être réfuté : si la typologie couvre le minerai et non le cycle, un cinquième dispositif hors familles devrait se présenter du même côté. Sinon, ces quatre-là resteront des exceptions.
Le total reste à dix-sept.
37 — Notre information est bonne sur ce qui sort du continent, mauvaise sur ce qui y reste
Six pièces de ce programme sont publiées non comme des mesures mais comme des cadres et des relevés d'absences : minéraux de développement, contenu local et emploi, eau et rejets, réhabilitation et passif, recyclage et mine urbaine, juniors d'exploration.
Cinq d'entre elles portent sur ce qui ne s'exporte pas — les matériaux de construction consommés sur place, l'emploi, l'eau prélevée et rejetée, les résidus laissés au sol, les déchets traités ou non. La sixième porte sur ce qui précède l'exportation : la recherche du gisement.
La régularité est trop nette pour être fortuite. Ce programme a été construit pour mesurer où la valeur s'échappe ; les grandeurs qui décrivent ce qui ne s'échappe pas n'ont ni marché, ni cours, ni douane pour les enregistrer.
Ce n'est pas seulement une lacune de sources, et deux pièces l'ont établi. Un ministère sectoriel publie un effectif que nos fiches n'avaient pas cherché dans les bilans annuels. Des textes miniers sont publiés au journal officiel depuis 1979, et cinq de nos soixante-seize pièces citent un texte. Une part de ce silence est le nôtre.
38 — La viabilité d'un gisement n'est pas une propriété géologique, c'est un rapport daté
Une exploitation diamantifère a été fermée en 1982 comme non économique, en raison de sa faible teneur et de l'effondrement du marché. Elle a rouvert en 2004 — vingt-deux ans plus tard — et porte aujourd'hui le prix au carat le plus élevé du monde. La teneur n'a pas changé : la valeur des grandes pierres a changé.
Le même mécanisme se mesure sur une durée de vie. Celle de cette mine a été ramenée de 2039 à 2035 sur la seule base des prix et des coûts courants : quatre ans effacés en un exercice. Nos fiches traitent pourtant la durée de vie comme une donnée géologique — 22,5 ans au Cameroun, 15,8 ou 19,1 au Sénégal, 40 au Malawi, 17 en Érythrée.
La fiche Kenya l'avait approché sans le nommer : une mine ferme quand la teneur passe sous son seuil économique. Ce constat le généralise : « non exploité », « à l'arrêt », « non économique » ne sont pas des propriétés d'un gisement. Ce sont des positions dans un rapport entre teneur, prix et coûts, et ce rapport se retourne.
Deux composantes en découlent. Durée de vie annoncée, avec sa date et les hypothèses de prix qui la fondent — sans quoi une durée de vie publiée n'est pas une information mais une projection qui se périme. Et toute mention de capacité arrêtée ou de gisement inexploité devrait porter sa date.
Conséquence pratique : un gisement fermé n'est pas un gisement perdu.
39 — Une participation publique est une variable, et nous la traitions comme une constante
Nos fiches pays renseignent le pilier 09 par un taux : 50 % en Érythrée, 30 % au Burkina Faso et au Lesotho, 16 % en Tanzanie, 15 % en Guinée et en Ouganda, 10 % au Cameroun et au Congo. Aucune ne date ce taux ni n'indique son sens de variation.
Le corpus dispose désormais des deux sens, et ils sont opposés.
| Cas | Trajectoire | Sur |
|---|---|---|
| Projet potassier d'Afrique centrale | 15 % (1969) → 10 % (2018) soit −33,3 % | cinquante ans, même ressource |
| Mine principale d'Afrique de l'Est | 40 % (2013) → 45 % (2026) soit +12,5 % | treize ans, deux changements d'opérateur |
Ce que les sources ne permettent pas d'établir : si la hausse résulte d'une renégociation, d'une préemption ou d'un recalcul après restructuration. Cet observatoire constate la variation et ne l'interprète pas.
Composante ajoutée au gabarit : participation publique datée, avec sa valeur antérieure lorsqu'elle est connue, et l'événement qui l'a modifiée. Un taux seul n'est pas une information : c'est un instantané dans une série dont ce programme n'a jamais relevé les points.
Et la réserve du constat 18 s'applique avec une force particulière à ces taux élevés : le pays qui détient 50 % ne publie aucune recette effective, et celui qui détient 30 % a enregistré une perte de 104 millions de dollars sur l'exercice. Quinze pour cent de rien ne font rien, et cinquante pour cent non plus.
Les six limites reconnues de cet indice, rassemblées
Elles sont désormais assez nombreuses pour mériter d'être lues ensemble plutôt que dispersées.
| Limite | Ce qu'elle établit | Origine |
|---|---|---|
| 1 | Il mesure la valeur captée par l'État, non celle qui atteint le creuseur | Base Artisanat minier |
| 2 | Il mesure une captation, jamais une destination | Constat 15 |
| 3 | Il ne mesure pas le coût administratif de la captation | Constat 20 |
| 4 | La contrainte d'exploitation — eau, transport, capital — est hors typologie | Constat 27 |
| 5 | Il mesure ce qui existe, jamais ce qui a été empêché | Constat 30 |
| 6 | Un secteur entier n'a pas été regardé, et c'est celui de l'emploi | Constat 32 |
Cette page ne publie toujours aucun score, et ces six limites en donnent la raison complète. Elles ne se corrigent pas par davantage de fiches : quatre d'entre elles appellent des données que les États ne publient pas, une appelle un recensement de ce qui n'a pas eu lieu, et la sixième appelle un changement de périmètre.
Un dix-huitième instrument est proposé, et il n'est pas intégré
La fiche chrome propose une huitième famille — soutenir l'intrant. L'État n'exige rien, ne prélève rien, n'acquiert rien : il abaisse le prix d'un intrant pour empêcher un maillon existant de disparaître. Tarif électrique ramené de 1,36 à 0,62 rand par kilowattheure, soit −54,4 %, et un plan de 1 500 licenciements annulé.
Sa logique est défensive là où les sept familles sont offensives, et son coût est d'une nature inédite — supporté par une entreprise publique tierce, qui déclare le manque à gagner non récupérable.
Il n'entre pas dans le compte tant qu'un second cas ne l'aura pas confirmé. C'est la règle posée par la révision 12 : deux cas ne font pas un motif, et un cas n'en fait pas davantage. Le total reste à dix-sept.
Révisions de méthode
Le dossier d'architecture pose qu'aucun classement ne sort sans sa formule. Il en découle que toute modification de la formule doit être datée, motivée et publiée. Trois révisions sont intervenues pendant la phase 1.
De « participation publique » à « captation publique de la rente »
Ce qui n'allait pas. La formulation d'origine mesurait la détention de parts au capital. Elle pénalisait l'Afrique du Sud, dont l'obligation porte sur l'actionnariat privé et non sur une participation d'État, et créditait mécaniquement le Maroc, dont l'opérateur est intégralement public — sans rien dire de l'efficacité de l'un ou de l'autre.
Ce qui change. Le pilier mesure désormais le rendement effectivement capté par la puissance publique, quel qu'en soit le véhicule : dividendes, redevances ou obligations d'actionnariat. Le Ghana valide la redéfinition : aucune participation au capital, et la captation la plus forte du programme.
Limite signalée par la fiche Niger. Une propriété à 100 % ne garantit pas un rendement. C'est le rendement qui est noté, jamais le titre.
Fin de la neutralisation pour les pays enclavés
Ce qui n'allait pas. Le pilier logistique était neutralisé pour les cinq enclavés du programme, faute de mesure. La neutralisation évitait de pénaliser un pays pour sa géographie ; elle l'empêchait aussi d'être crédité pour un corridor effectivement obtenu.
Ce qui change. Le pilier mesure la connexion logistique effective sur quatre composantes : distance réellement parcourue jusqu'au port utilisé, mode dominant, nombre de débouchés concurrents, fiabilité incluant l'existence d'un fret retour. Aucun pays n'est plus « non noté » sur ce pilier ; un enclavé sans corridor obtient une note basse parce que sa logistique coûte cher, non parce qu'il est enclavé.
Règle des maillons accessibles
Ce qui n'allait pas. Noter un pays sur un maillon qu'aucune décision nationale ne peut lui ouvrir revient à mesurer sa géographie diplomatique, pas sa politique industrielle.
Ce qui change. Un maillon fermé par un régime international contraignant est retiré du dénominateur, non compté comme un échec. La chaîne de l'uranium est notée sur trois maillons et non cinq : le Niger en capte deux sur trois.
Le garde-fou, qui importe autant que la règle. La condition d'application est volontairement étroite : un obstacle juridique international vérifiable et opposable à tous, jamais un obstacle économique, un manque de capital ou une concentration industrielle. Sur vingt-quatre substances, deux maillons seulement remplissent la condition — l'enrichissement de l'uranium et la fabrication du combustible. Toute extension future devra être publiée, datée et justifiée.
Deux composantes ajoutées
Risque de substitution. Issu de la fiche Botswana. Toutes les analyses de l'observatoire supposaient que la ressource extraite serait demandée ; le diamant naturel est concurrencé depuis 2022 par des pierres fabriquées en laboratoire. Chaque fiche substance devra désormais établir s'il existe un substitut manufacturé, synthétique ou recyclé, à quel écart de prix, et quelle part de marché il a déjà prise. La question vaut au-delà du diamant : chimies de batterie, recyclage des catalyseurs, aimants sans terres rares.
Concentration spatiale du gisement. Issue de la fiche Tanzanie. Elle détermine quels instruments de fermeture de l'écart déclaratif sont matériellement disponibles.
Ces deux composantes n'affectent aucun score existant : elles enrichissent le gabarit sans modifier une formule. Elles sont néanmoins datées et publiées, au même titre que les trois précédentes.
Trois composantes supplémentaires
Minéralogie du gisement. Issue de la fiche cuivre. Le minerai oxydé se transforme directement en cathode sans fonderie ; le sulfuré exige concentration, fusion et raffinage. Les 84 % de cathodes congolaises tiennent d'abord à la géologie, non à une politique. Comparer deux pays sur la profondeur de chaîne sans indiquer leur minéralogie produit un classement trompeur.
Infrastructure de mesure. Issue de la fiche or. La décote de titre imposée à qui n'emploie pas la fluorescence X est de 0,5 %, contre 0,30 % pour l'affinage lui-même : sur les substances où la valeur tient au titre, la mesure et la certification sont un maillon à part entière.
Catégorie de quantité en terre. Issue de la fiche graphite. Ressources et réserves ne se comparent jamais : toute table comparant des quantités en terre doit indiquer la catégorie employée, faute de quoi elle est retirée. Règle appliquée rétroactivement aux vingt-quatre fiches substances.
Sensibilité de prix obligatoire
Ce qui n'allait pas. Sur la bauxite, le choix du prix de référence change le résultat d'un facteur sept — de +125 % à +822 % de valeur ajoutée selon que l'on retient une valeur unitaire moyenne d'importation ou un prix rendu en Chine en période de tension.
Ce qui change. Tout calcul de valeur ajoutée publié indique désormais le prix retenu, sa base de cotation et sa date, et présente la sensibilité sur au moins une seconde valeur. Les fiches lithium et cuivre le faisaient déjà ; les fiches uranium et cobalt seront complétées.
Quatre composantes issues des fiches substances
Part de l'offre d'origine secondaire. Issue des platinoïdes, où le recyclage fournit 28,6 % de l'offre mondiale et croît plus vite que la mine. Là où elle dépasse un quart, la position du producteur primaire est plafonnée quelle que soit sa politique minière.
Réversibilité de la substitution. Deux sources décrivent la substitution platine-palladium dans des sens opposés à six mois d'intervalle. Une substitution réversible n'appelle pas la même réponse qu'une substitution définitive — le diamant relève de la seconde, les platinoïdes de la première.
Composition du panier. Six métaux sortent du même minerai platinoïde dans des proportions imposées par la géologie, avec des marchés divergents. Le cas ougandais des terres rares relève de la même logique : pour les substances à éléments multiples, le panier est la donnée, la teneur ne l'est pas.
Exposition réglementaire extraterritoriale. La demande de platinoïdes dépend de normes d'émission décidées dans les pays consommateurs : un assouplissement ferait plus de dégâts à l'Afrique australe qu'une baisse de production. Ni géologique, ni industrielle, ni commerciale.
Quatre composantes, et une correction de méthode
Débouchés concurrents avant statut littoral. Issue du Gabon, côtier mais dont le bassin minier n'a qu'un itinéraire, quand la RD Congo enclavée en a trois. Un pays côtier à corridor unique est plus contraint qu'un pays enclavé à trois corridors.
Statut de l'infrastructure d'évacuation. Filiale d'un exploitant, société distincte, ou entité publique ; et participation de l'État s'il y en a une. À renseigner rétroactivement.
Capacité en service, distincte de la capacité installée. Issue du manganèse gabonais, dont la production de métal s'est arrêtée en septembre 2020. Le programme a recensé des capacités sur la foi d'annonces sans toujours vérifier qu'elles tournaient.
Nature du risque pesant sur la substance d'adossement d'un fonds : cycle de prix, concentration de la demande, ou substitution. Les trois n'appellent pas la même politique d'épargne.
Correction de méthode. La composante « fonds dédié et audit » portait la mention « à établir » sur les dix-huit fiches pays. Des fonds miniers existent pourtant au Botswana depuis 1993, au Sénégal depuis 2012, en RD Congo, au Ghana, au Zimbabwe et au Burkina Faso. Une mention « à collecter » n'est légitime que si la collecte a été tentée ; cinq fiches ont été corrigées.
« À établir » suppose une collecte tentée
Ce qui n'allait pas. Deux composantes de l'indice de gouvernance portaient la mention « à établir » sur les dix-huit fiches pays : le fonds dédié et le taux de redevance. Dans les deux cas, l'information était publique et rassemblée dans une base de référence. La mention traduisait une collecte non faite, non une absence de donnée — et elle a produit au moins une affirmation erronée, corrigée dans la fiche Minerai de fer.
Ce qui change. Avant d'inscrire « à établir » ou « à collecter » sur une composante, vérifier qu'il n'existe pas de base de données de référence sur le sujet. Huit fiches pays ont été corrigées à ce titre.
Une conséquence de portée générale. Trois chantiers du même type ont été identifiés en trois pièces : le recensement des traités bilatéraux d'investissement, la lecture des règles d'abondement des fonds souverains, et l'établissement des taux légaux de redevance. Tous trois partagent une caractéristique : la donnée est publique, elle n'a jamais été assemblée du point de vue de l'État producteur, et son assemblage vaudrait plus qu'une fiche pays supplémentaire.
Un énoncé d'exclusivité porte sur cinquante-quatre pays
Ce qui n'allait pas. Trois affirmations de ce programme se sont révélées fausses en cinq pièces : le fonds souverain guinéen présenté comme le premier cas, le for juridictionnel tanzanien comme la seule réponse ex ante, l'absence de règle de retrait sur les huit fonds recensés. Toutes trois reposaient sur le même défaut : une formule d'exclusivité publiée sans que l'ensemble ait été examiné.
Ce qui change. Un énoncé du type « le seul », « le premier », « aucun autre » est une affirmation sur les cinquante-quatre pays. Il ne se publie que si l'ensemble a été examiné, ou borné explicitement — « du programme », « des pays documentés », « des huit fonds recensés ». Ce sont les formulations les plus citées, donc celles dont l'erreur se propage le plus.
Résultat de la relecture. Cent vingt-trois prétentions vérifiables ont été recensées dans l'ensemble du corpus. La grande majorité sont bornées au programme et restent valides. Quatre étaient contredites par nos propres fiches, et sont corrigées :
— Ghana : « le seul pays africain à avoir démontré qu'un écart déclaratif pouvait se refermer » devient « le premier ». Le Burkina Faso a multiplié par 14,6 sa production artisanale déclarée en un an.
— Base Or et flux illicites : « c'est le seul cas connu » est daté et corrigé, pour la même raison, la Tanzanie rapportant en outre un effet comparable après l'enceinte de Merelani.
— Afrique du Sud : « le seul pays africain à disposer d'une industrie complète de transformation en aval » est borné aux métaux. Le Maroc tient cinq maillons sur les phosphates.
— Botswana : « règle d'abondement seule du continent » devient « seule des huit fonds recensés par le programme ». La portée était de huit, non de cinquante-quatre.
Deux types de substitution, et deux mesures
Volume et valeur se lisent séparément. Le diamant de laboratoire dépasse le naturel de 18 % en carats exportés et pèse 10,8 fois moins en valeur. Un producteur ne vend pas des carats, il vend une recette : pour toute substitution, la part de volume et la part de valeur doivent être publiées distinctement.
La substitution est segmentée. Le naturel recule de 30 à 50 % sous un demi-carat et reste peu affecté au-delà de deux carats — un facteur dix entre les extrémités. L'exposition d'un producteur se mesure donc par la valeur par unité physique, calculable pour tout gisement à partir des statistiques publiées.
Substitution de fonction contre substitution de rareté. Un substitut acheté pour ce qu'il fait conserve sa valeur — le palladium contre le platine. Un substitut acheté pour ce qu'il est rare n'en a pas : sans plafond géologique, sa capacité croît plus vite que la demande et sa valeur unitaire se dégrade au rythme où il est fabriqué. Les exportations indiennes de synthétique poli reculent de 10,55 % en valeur à volume croissant, et un grand opérateur a fermé en 2025 sa propre marque de synthétique après 90 % de chute des prix de gros.
Ce que cela corrige. Cette page présentait la substitution comme un déclin structurel auquel aucune politique ne répond. C'est exact pour le producteur de petites pierres. C'est incomplet : le substitut de rareté détruit la rente du produit naturel, puis la sienne.
Deux cas ne font pas un motif
Ce qui n'allait pas. La fiche Madagascar concluait, en rapprochant son cas de celui de l'Angola, que « ce n'est plus une anomalie, c'est un motif ». La série 06, assemblée depuis nos fiches pays — alors au nombre de vingt et une — et sans aucune source extérieure, ne l'a pas confirmé : Madagascar est dix fois plus éloigné de la moyenne des trois autres pays calculables que ceux-ci ne le sont entre eux.
Ce qui change. La révision 10 interdit les énoncés d'exclusivité non vérifiés — « le seul », « le premier ». Il faut y ajouter les énoncés de généralité : un rapprochement entre deux cas est une observation, pas un motif, et il ne se publie comme tel qu'après examen des autres cas disponibles. Ici, il suffisait d'interroger notre propre corpus.
Une composante appariée est ajoutée au gabarit des fiches pays. Part du secteur dans les exportations et part dans les recettes publiques, même source, même exercice. Sur vingt et une fiches, quatre seulement — 19 % — publiaient les deux, non par manque des États mais parce que le gabarit ne l'exigeait pas. C'est le troisième cas de ce mécanisme, après les fonds souverains et les taux de redevance.
Et une méthode qui vaut d'être répétée : interroger notre propre corpus comme nous interrogeons les données publiques. Le premier essai a produit une correction.
Le troisième état est un pourcentage, et le tonnage n'est pas la valeur
Ce qui n'allait pas, premier point. La révision issue du Nigeria distingue trois états : annoncé, installé, alimenté. Elle traitait le troisième comme binaire. La Tunisie établit qu'il ne l'est pas : une capacité alimentée à 40 % n'est pas une capacité alimentée. C'est aussi le premier taux d'utilisation publié pour un outil de transformation minière africain.
Ce qui n'allait pas, second point. Ce programme raisonne en tonnages — 182,8 millions de tonnes de bauxite guinéenne, 26 millions de tonnes extraites en Égypte. Or l'Égypte conserve 94,6 % de ses volumes sur son territoire à une valeur unitaire de 37,5 dollars la tonne : ce sont des matériaux de construction. Un secteur minier peut être massif en tonnage et marginal en valeur, et le tonnage devient trompeur dès qu'on compare des pays à structure minérale différente.
Trois composantes sont ajoutées au gabarit :
— Taux d'utilisation de toute capacité de transformation, en pourcentage.
— Valeur unitaire moyenne des exportations minières, en dollars par tonne. Elle distingue immédiatement un exportateur de métaux d'un exportateur de matériaux.
— Répartition des recettes d'exportation d'une filière entre produit brut et produits transformés. La Tunisie en donne la démonstration : le phosphate brut ne fait que 4 % des recettes phosphatées, le transformé 96 % — un rapport de vingt-quatre. Cette mesure est plus simple à obtenir qu'une valeur ajoutée par tonne et répond à la même question, puisqu'elle intègre prix, volumes et qualités sans qu'on ait à les connaître.
Et une quatrième, issue du Cameroun : part du capital de l'opérateur détenue par des intérêts nationaux, publics et privés distingués.
Le prix unitaire n'est pas la richesse
Ce qui n'allait pas. La révision 13 établit que le tonnage n'est pas la valeur, et elle a servi partout. Il lui manquait sa réciproque. Le Lesotho la fournit : une exploitation y porte le prix au carat le plus élevé du monde — 1 395 dollars, soit 6,7 fois le meilleur de notre corpus — et une teneur de 1,8 carat pour cent tonnes.
Les deux calculs sont exacts et disent le contraire l'un de l'autre. Chaque tonne de minerai y vaut 25,1 dollars de contenu ; une mine d'or ordinaire à 5 grammes la tonne en vaut 642, au prix implicite établi par la fiche Éthiopie. La mine au prix unitaire le plus élevé du monde vaut 25,6 fois moins par tonne de minerai.
Composante ajoutée au gabarit : valeur du contenu par tonne de minerai traitée — teneur multipliée par le prix unitaire. Elle se calcule dès que les deux termes sont publiés, et elle seule rend comparables des substances dont les unités ne le sont pas : un gisement d'or, un gisement de diamant, un sable minéralisé.
Portée rétroactive, signalée et non appliquée. La base Recyclage et mine urbaine publie un rapport de quarante entre la teneur en or des cartes électroniques et celle d'un minerai. Ce rapport est juste, mais comparer des teneurs en masse entre substances dont les valeurs unitaires diffèrent d'un facteur cinquante ne produit aucun sens économique. Cette pièce devrait porter une valeur par tonne à côté de son rapport de teneur.
Un substitut de rareté n'atteint pas une substance, il atteint un segment
Ce qui n'allait pas. La révision 11 distingue le substitut de fonction, qui conserve sa valeur, du substitut de rareté, qui détruit la sienne, et range la pierre de synthèse dans la seconde catégorie. Elle traitait la substance comme un bloc.
Ce que les données imposent. Sur la même crise diamantaire et la même région, un producteur voit ses recettes d'exportation reculer de 29 % quand un autre les voit progresser de 33 %, avec 12 % de carats en moins. Les sources l'expliquent : les petites pierres de moindre qualité subissent la pression des synthétiques, les pierres exceptionnelles y échappent.
Un substitut de rareté atteint le segment où la rareté était reproductible. Une pierre d'un carat de qualité moyenne l'est ; une pierre de trois cent quarante-sept carats ne l'est pas encore.
Composante ajoutée au gabarit : segment de qualité auquel s'applique le prix publié. Un prix moyen par substance masque des trajectoires opposées à l'intérieur de la même substance.
Une correction de données, également publiée
La fiche Zimbabwe avait publié un rapport de prix de 12,3 entre concentré et carbonate de lithium, avec une réserve. La fiche substance lithium l'a corrigé : à raison de 8,9 tonnes de concentré par tonne de carbonate, la valeur ajoutée réelle est de +38 %, soit 217 dollars par tonne de concentré. La fiche pays porte désormais un encadré de correction daté et un renvoi.
De même, la fiche Niger affirmait que les trois maillons manquants relevaient du régime de non-prolifération. La fiche substance uranium a précisé : un seul l'est. Correction datée portée sur la fiche pays.
Une troisième correction porte sur cette page elle-même. Elle affirmait, sur la base de trois substances, que le premier maillon aval vaut entre un quart et deux cinquièmes. La fiche bauxite établit +822 % et la fiche or +0,30 % : l'énoncé est remplacé par les trois régimes décrits au constat 01.
Une quatrième porte sur la série 01. Sa cellule ivoirienne publiait deux valeurs — 8,7 tonnes et 157,6 milliards de francs CFA — dont le rapprochement échouait au contrôle de vraisemblance. La fiche Côte d'Ivoire établit qu'il s'agissait des deux composantes d'un même écart bilatéral, et non d'un couple prix-quantité. Statut passé de « à confirmer » à « vérifié ».
Ces corrections sont signalées ici parce que la charte l'exige, et parce qu'un observatoire qui ne corrigerait jamais rien ne mériterait pas d'être lu.
Ce que nous ignorons
Le programme pilote a produit autant de questions précises que de réponses. Les six suivantes sont celles dont la réponse changerait une conclusion.
| Rang | Question ouverte | Ce qu'elle déciderait | Difficulté |
|---|---|---|---|
| 1 | Recette congolaise = prix × volume, avant et après quotas | Le succès ou l'échec de la seule politique africaine ayant déplacé un prix mondial | Faible |
| 2 | Prix du sulfate de lithium | La part réellement captée par les usines zimbabwéennes sur les 217 à 561 $/t possibles | Aucun prix public n'existe |
| 3 | Marge du guichet ghanéen et prix payé aux exploitants | Si le modèle redistribue une rente ou déplace seulement un flux | Moyenne |
| 4 | Série de payabilité 2019-2026 du point de vue du producteur | Ce que sa position dans la chaîne coûte chaque année à la RD Congo | Faible — la série existe |
| 5 | Tarifs contractuels des corridors | Si le pouvoir de négociation né de la concurrence entre bailleurs se traduit en prix | Élevée — aucun tarif public |
| 6 | Écart déclaratif bilatéral, huit pays sur dix exercices | L'ampleur réelle de la fuite aurifère ouest-africaine | Moyenne — le verrou est la déclaration d'export |
Deux d'entre elles ne demandent aucune enquête de terrain
Les questions 1 et 4 se résolvent avec des données déjà publiées : statistiques d'exportation congolaises d'un côté, série de payabilité publiée deux fois par semaine de l'autre. Ni coopération administrative, ni accès privilégié, ni déplacement. Seulement de la méthode et un abonnement.
Ce sont donc les deux prochains chantiers de l'observatoire, et leurs résultats seraient immédiatement opposables.
Phase 2
Ce qui est publié
- Accueil, 45 indicateurs sourcés
- Dossier d'architecture
- 10 fiches pays pilotes, révisions reportées
- 44 fiches de phase 2 : Namibie, Botswana, Mozambique, Tanzanie, Côte d'Ivoire, Burkina Faso, Gabon, Angola, Nigeria, Mauritanie, Madagascar, Égypte, Cameroun, Tunisie, Sierra Leone, Liberia, Algérie, Ouganda, Kenya, Éthiopie, Malawi, Congo, Togo, Lesotho, Érythrée, Burundi, Soudan, Guinée-Bissau, Eswatini, Tchad, Rwanda, Bénin, Djibouti, Cap-Vert, Comores, Maurice, São Tomé-et-Príncipe, Seychelles, Guinée équatoriale, Libye, Centrafrique, Somalie, Soudan du Sud, Gambie
- 16 bases : or et flux illicites, corridors, cobalt, énergie des mines, artisanat minier, contentieux et arbitrages, fonds souverains, fiscalité comparée, diplomatie des minéraux, contrôle capitalistique, contenu local et emploi, eau et rejets, réhabilitation et passif, recyclage et mine urbaine, cadastres et contrats, juniors d'exploration
- 24 fiches substances : or, cuivre, cobalt, nickel, fer, lithium, uranium, graphite, terres rares, bauxite, manganèse, platinoïdes, phosphates, 3T, diamant, chrome, charbon, minéraux de développement, pierres de couleur, potasse, hélium, vanadium, titane et zircon, zinc et plomb — les 24 substances du référentiel sont publiées
- 6 séries de données : écart déclaratif, recette congolaise, taux de redevance, traités d'investissement, règles des fonds souverains, captation et exportation
- Cette consolidation
Les chantiers de données
- Recette congolaise avant et après quotas
- Série de payabilité 2019-2026
- Écart déclaratif bilatéral, 8 pays sur 10 exercices
- Tonnes transformées et emplois créés en RD Congo
- Écart déclaratif de la tanzanite, avant et après 2018
- Première édition chiffrée de l'IAVM et de l'IGRS — les révisions sont reportées, la méthode est prête
La couverture
- 0 fiche pays restante : le corpus des 54 fiches pays est complet
- 0 fiche substance restante : le référentiel des 24 substances est complet
- 0 observatoire spécialisé restant : les seize sont couverts, celui des terres rares et aimants étant traité dans la fiche substance correspondante et non dans une base autonome
- Base sociétés, 20 outils, carte cadastrale, API
Un ordre qui n'est pas négociable
Les trois révisions de méthode doivent être reportées sur les dix fiches pilotes avant toute première édition chiffrée des indices. Publier un classement calculé avec des piliers dont la définition a changé en cours de route serait exactement la faute que la charte interdit.
De même, la couverture des 44 pays restants ne doit pas précéder les quatre chantiers de données. Un tableau de 54 lignes dont la moitié serait estimée vaudrait moins que dix fiches vérifiables — c'est le principe déjà retenu pour la série sur l'or, et il vaut pour l'ensemble.
Note sur cette pièce
Cette consolidation n'introduit aucune donnée nouvelle. Elle rapproche des chiffres déjà publiés dans les treize pièces précédentes, et c'est sa seule valeur ajoutée : mettre un coût en face d'un résultat, une substance en face d'une autre, une révision de méthode en face du cas qui l'a rendue nécessaire.
Chaque montant cité renvoie à la fiche qui l'établit, avec sa source et sa date.
Révision du 31 juillet 2026. Cette page a été mise à jour après les quatre fiches de phase 2. Deux instruments ont été ajoutés à la balance, trois régularités aux constats, et deux composantes au gabarit substance. Le titre est passé de neuf à dix-sept instruments.