Avant le concassage, avant le traitement, avant l'export, il y a le tir. C'est lui qui détermine la granulométrie du minerai abattu — et donc l'énergie que consommeront les concasseurs, la cadence des chargeuses, l'usure des équipements. Un plan de tir mal conçu se paie sur toute la chaîne aval, longtemps après l'explosion.
C'est pourquoi l'explosif n'est plus vendu seul. Les opérateurs achètent désormais un résultat : une fragmentation cible, une maîtrise des vibrations pour les riverains, une traçabilité complète des produits. En Afrique de l'Ouest, où les gisements d'or et de bauxite côtoient des zones habitées, cette exigence structure le marché.
Le Sénégal illustre cette bascule : à l'or de Sabodala et aux phosphates s'ajoutent désormais des dizaines de carrières alimentant le BTP. Autant de chantiers qui réclament des compétences locales plutôt que des importations ponctuelles.
Le continent est déjà classé partout par ses réserves. Il n'est nulle part classé par ce qu'il retient. Cet observatoire pose une seule question à chaque page : combien de dollars restent dans le pays par tonne sortie, et à quel titre ? Les barres ci-dessous suivent cinq maillons, de la mine au produit fini. La part dorée est celle qui se joue sur le sol africain.
Chaque cellule porte sa source et son millésime. Les cellules marquées « à collecter » ne sont pas des trous : ce sont les travaux ouverts de la phase 1. Rien n'est publié sans source.
Aucune institution ne publie, pays par pays et année par année, l'écart entre ce qu'un État africain déclare exporter en or et ce que ses partenaires déclarent en importer. C'est l'indicateur que cet observatoire produira en premier. Le Cameroun en est la démonstration : les deux séries existent, personne ne les avait mises côte à côte.
Sur 2021-2025, 44 tonnes d'or ont été enregistrées à Dubaï comme provenant du Cameroun, pour une valeur estimée à 3,4 milliards de dollars, soit environ 1 914 milliards de francs CFA. Ces données ont été compilées par la société nationale des mines à partir des statistiques transmises par les autorités émiraties et rendues publiques le 25 mai 2026. L'ITIE, de son côté, évalue les pertes fiscales de la seule année 2023 à environ 165 milliards de francs CFA.
À l'échelle continentale, les ordres de grandeur disponibles divergent et sont publiés comme tels : une étude de Swissaid retient 435 tonnes exportées hors circuits déclarés, soit l'équivalent d'environ 40 % de la production du continent ; une lecture fondée sur les travaux du Conseil mondial de l'or situe le volume annuel entre 321 et 474 tonnes, pour 24 à 35 milliards de dollars. L'observatoire ne tranche pas entre ces estimations : il construit la série pays par pays à partir des deux jeux de déclarations douanières, seule méthode qui rende l'écart opposable.
Chaque tonne d'or quittant le continent est déclarée deux fois : une fois par l'État qui l'exporte, une fois par celui qui l'importe. Les deux chiffres devraient concorder. Cette page les rapproche, année par année, sans commentaire — les déclarations parlent d'elles-mêmes.
Une fiche par pays, dix onglets. Les dix pays marqués d'un point doré composent le programme pilote de la phase 1. La substance indiquée est la substance dominante déclarée ; elle sera confirmée ou corrigée par la fiche pays.
L'observatoire compte 54 pays. L'Union africaine en reconnaît 55 avec la République arabe sahraouie démocratique ; le Sahara occidental n'apparaît pas ici, faute de figurer dans les registres statistiques et miniers utilisés comme sources de rang 1. La règle est la même que celle retenue par l'Observatoire de l'Environnement et du Climat.
Métaux de la transition, métaux historiques, et la catégorie que presque personne ne documente : les minéraux de développement, dont le poids économique réel est souvent supérieur à celui de l'or dans les économies qui n'exportent pas.
Il pèse encore lourd dans les recettes et l'emploi d'Afrique australe. L'écarter par convenance éditoriale fausserait toute lecture de la valeur captée dans la région. Il est donc suivi comme actif hérité : recettes, emplois et engagements de fermeture publiés d'un côté, contrainte de transition renvoyée en lien croisé vers l'Observatoire de l'Environnement et du Climat de l'autre. L'observatoire expose les deux faces ; il n'arbitre pas à la place des États.
Première table de la base sociétés. La colonne « nationalité du capital » est le vrai sujet : elle explique où part le concentré, et donc où se joue le maillon suivant de la barre de valeur.
| Groupe | Capital | Substances | Pays africains | Repère vérifié |
|---|---|---|---|---|
| CMOC | Chine | Cobalt Cuivre | RD Congo | 1er exportateur congolais de cobalt en 2025 · CTCPM |
| Glencore | Suisse | Cobalt Cuivre | RD Congo, Zambie | 36 100 t de cobalt en RDC en 2025, −5 % · rapport annuel |
| Ivanhoe Mines | Canada | Cuivre | RD Congo, Zambie, Angola | Kamoa-Kakula : 388 838 t de concentré en 2025 |
| Zijin Mining | Chine | Cuivre Or | RD Congo, Érythrée | Coactionnaire de Kamoa à 39,6 % |
| Eurasian Resources Group | Kazakhstan | Cobalt Cuivre | RD Congo, Zimbabwe | Parmi les trois premiers détenteurs de quotas cobalt |
| Gécamines | RD Congo · État | Cuivre Cobalt | RD Congo | Partenaire de la majorité des joint-ventures du Katanga |
| Rio Tinto / SimFer | Royaume-Uni · Australie | Fer | Guinée, Madagascar | Simandou blocs 3 et 4, avec l'État guinéen et CIOH |
| Winning Consortium Simandou | Singapour · Chine | Fer | Guinée | Simandou blocs 1 et 2 |
| Barrick Mining | Canada | Or Cuivre | Mali, Tanzanie, Côte d'Ivoire, RDC, Zambie | 430 M$ versés au Mali, permis prolongé d'une décennie |
| AngloGold Ashanti | Afrique du Sud · cotation US | Or | Ghana, Tanzanie, Guinée, RDC | À compléter · rapports trimestriels |
| Gold Fields | Afrique du Sud | Or | Ghana, Afrique du Sud | À compléter |
| Sibanye-Stillwater | Afrique du Sud | MGP Or | Afrique du Sud, Zimbabwe | À compléter |
| Impala Platinum | Afrique du Sud | MGP | Afrique du Sud, Zimbabwe | À compléter |
| OCP | Maroc · État | Phosphates | Maroc | Chaîne intégrée jusqu'à l'engrais — cas de référence IAVM |
| Vedanta / KCM | Inde | Cuivre | Zambie | Production quadruplée à 80 215 t en 2025 |
Les mentions « à compléter » signalent des lignes en statut à confirmer : elles ne portent pas encore de chiffre parce qu'aucune source de rang 1 ou 3 n'a été rapprochée. Elles ne seront pas chiffrées avant de l'être.
Aucun classement ne sortira sans sa formule. La première édition chiffrée interviendra après consolidation des dix fiches pilotes, pas avant.
Dix piliers équipondérés, note sur 100. Un pays n'est noté qu'à partir de huit piliers renseignés ; en deçà, il est publié « non noté », jamais estimé.
Révision du pilier 09, juillet 2026. Formulé à l'origine comme « participation publique effective », il pénalisait à tort l'Afrique du Sud — dont l'obligation porte sur l'actionnariat privé — et créditait mécaniquement le Maroc, dont l'opérateur est intégralement public. Il mesure désormais le rendement effectivement capté par la puissance publique, quel qu'en soit le véhicule. Le Ghana valide la redéfinition : aucune participation au capital, et la captation la plus forte du programme pilote.
Six composantes binaires ou graduées, vérifiables par un tiers en moins d'une heure. C'est la condition posée : un indice de gouvernance qu'on ne peut pas recalculer soi-même n'a aucune valeur.
« Mines'Africa Intelligence » répond uniquement sur les données de l'observatoire, cite sa source et sa date, et refuse de répondre lorsque la donnée est en statut « à collecter ».
Chacun est une base autonome, avec sa propre signature graphique et son propre indicateur manquant à produire.
Spécifiés en phase 1, développés en phase 2. Chacun n'utilise que des données publiées de l'observatoire.
Le programme pilote couvre les six grandes familles de rente minière du continent : cuivre-cobalt, métaux précieux, bauxite-fer, phosphates, uranium et métaux de batterie. Le Botswana, la Namibie, le Mozambique et la Tanzanie ouvrent la phase 2.
Une donnée n'entre dans l'observatoire qu'avec sa source, sa date et son millésime. La presse spécialisée établit l'événement ; elle n'établit jamais seule un chiffre structurel.
Rang 1 — sources dépositaires. Cadastres miniers nationaux, ministères des Mines, cellules statistiques (CTCPM en RD Congo), banques centrales, offices des changes, rapports pays de l'ITIE, bulletins de statistiques minières.
Rang 2 — institutions de référence. USGS, British Geological Survey, S&P Global Market Intelligence, Cobalt Institute, Conseil mondial de l'or, Agence internationale de l'énergie, Banque mondiale, Banque africaine de développement, Commission économique pour l'Afrique, Centre africain de développement minier, African Mining Legislation Atlas, Natural Resource Governance Institute, Processus de Kimberley.
Rang 3 — déclarants privés. Rapports annuels et publications trimestrielles des sociétés cotées, chambres des mines nationales, rapports techniques conformes aux codes de déclaration des ressources.
Rang 4 — presse spécialisée. Agence Ecofin, Reuters, Bloomberg, Fastmarkets, Benchmark Mineral Intelligence, Jeune Afrique, Mining Weekly, presse nationale minière. Citée pour l'événement, la date et la déclaration ; jamais seule pour une série.
Règle de conflit. Deux sources divergentes : les deux valeurs sont publiées, l'écart est signalé, l'arbitrage est différé et documenté. Aucun chiffre n'est moyenné pour faire disparaître un désaccord.