Trois chiffres
Cette base ouvre par le seul constat qu'elle puisse établir avec certitude : les chiffres d'emploi minier publiés en Afrique ne sont pas comparables entre eux.
Calculs de notre fait : le rapport entre le premier et le deuxième est de 271 ; entre le deuxième et le troisième, de 5,5 à 7,4. Les barres sont tracées en échelle logarithmique, sans quoi les deux premières seraient invisibles.
Ces trois chiffres ne se contredisent pas : ils ne portent pas sur le même objet
Le premier compte les nationaux employés par les projets miniers industriels en production d'un pays où l'industrie extractive démarre. Le deuxième annonce des emplois permanents dans un secteur dont la production d'or vient explicitement des entreprises et des exploitants artisanaux. Le troisième estime les mineurs artisanaux d'un pays, hors dépendants indirects.
Le seul rapport de 271 entre les deux premiers suffit à établir qu'aucune comparaison n'est possible en l'état, et à interdire toute moyenne, tout classement et tout agrégat continental.
C'est pourquoi cette base ne publie ni classement ni total africain. Elle aurait pu additionner ces trois nombres et en tirer un ordre de grandeur ; elle ne le fait pas, parce que la somme de trois grandeurs incomparables n'est pas une grandeur.
La composante que la fiche Éthiopie a proposée devient la première ligne de cette base : effectif du secteur minier, en distinguant stock et flux, et en précisant le périmètre — industriel, artisanal, carrières. Aucun des trois chiffres ci-dessus ne porte ces trois précisions.
Aucun des deux piliers n'est pleinement renseigné sur une seule fiche. Mais une vérification automatique du corpus établit que sept fiches pays portent déjà un chiffre d'emploi — de 1 000 à plus de 310 000 — en statut « partiel », faute de part qualifiée, de périmètre déclaré et de distinction entre stock et flux. C'est une lacune de qualification, pas d'existence, et cela change entièrement le coût de la reprise.
La lacune n'est pas seulement documentaire, et c'est une découverte de cette base
Le constat 32 posait le vide de ces deux piliers comme une conséquence de notre périmètre : nous avons regardé les mines industrielles d'exportation, et pas le secteur qui emploie.
Les sources rassemblées ici ajoutent une seconde cause, plus simple. Deux ministères sectoriels publient des chiffres d'emploi dans leurs bilans annuels et leurs communications. Nos fiches ne les ont pas cherchés là. Elles ont interrogé les rapports d'opérateurs, les bases de données minières et la presse spécialisée, où cette donnée ne figure pas.
C'est une piste de travail vérifiable, et elle est peu coûteuse : reprendre les trente fiches pays en interrogeant les bilans annuels des ministères chargés des mines. Cette base la formule ; elle ne l'entreprend pas sans arbitrage, la revue rétroactive faisant partie des chantiers ouverts.
Le multiplicateur
Un pays a publié, la même année, trois estimations d'emplois directs et indirects sur trois projets. Elles ne suivent aucune règle commune.
7 500 directs, 15 000 indirects
5 000 directs, 2 700 indirects
7 000 directs, 1 000 indirects
Nombre d'emplois indirects par emploi direct — calculs de notre fait. Un écart de 14 entre les extrêmes, dans le même pays, la même année, et dans les communications d'un même ministère.
Aucune convention ne gouverne le calcul de l'emploi indirect
Un multiplicateur d'emplois indirects traduit une hypothèse sur les achats locaux, la sous-traitance et la consommation induite. Un écart de 14 entre trois projets d'un même pays ne s'explique pas par la nature des projets seule.
Deux lectures sont possibles et aucune n'est confirmée. Les trois estimations peuvent reposer sur des méthodes distinctes, produites par des porteurs de projet différents à des stades différents. Ou le périmètre de l'« indirect » varie : restauration et fourniture d'équipements dans un cas, chaîne d'approvisionnement complète dans l'autre.
Cet observatoire ne tranche pas et publie l'écart, comme il l'a fait sept fois ailleurs dans ce programme.
Ce qu'il en tire pour le pilier 05. L'emploi indirect est la face visible des achats et de la sous-traitance locale. Si le multiplicateur n'est pas normé, le pilier 05 ne peut pas l'être non plus, et un pays qui annonce deux emplois indirects par emploi direct annonce en réalité une politique d'achat local qu'il ne documente pas.
Composante : multiplicateur d'emplois indirects retenu, et méthode de calcul déclarée. Aucune source consultée ne publie la seconde.
Une seule donnée de contenu local vraiment vérifiable dans tout le corpus
Sur les trois projets ci-dessus, un seul indicateur est un fait constaté et non une projection : un projet de fer a recruté 500 personnes, dont 90 % de jeunes nationaux.
C'est la seule donnée de contenu local du programme qui porte sur des recrutements effectués, et non sur des emplois attendus. Toutes les autres sont au premier des trois états — annoncé.
La règle du programme s'applique donc ici avec une force particulière : un pays qui annonce 38 000 emplois pour l'année à venir alors que son secteur en compte environ mille aujourd'hui annonce un facteur 38. Ce n'est pas une critique du chiffre — un secteur qui démarre croît vite, et les projets cités sont réels. C'est un rappel que l'emploi annoncé et l'emploi constaté sont deux grandeurs, et que nos fiches doivent porter la seconde.
Point de contrôle datable : effectif effectivement employé par le secteur minier de ce pays à fin 2027, rapporté aux 38 000 annoncés.
L'artisanat
La première limite reconnue de notre indice porte sur ce secteur. Cette base en donne l'échelle, et elle change la lecture des deux piliers.
Quarante-cinq millions de personnes, et un facteur trois en vingt ans
Une source spécialisée établit qu'en vingt ans, le nombre de travailleurs directement impliqués dans les mines artisanales a été multiplié par trois pour atteindre près de 45 millions de personnes dans le monde, dont près d'un tiers dans l'orpaillage.
Elle relève que des centaines de millions de personnes vivent directement ou indirectement de ces revenus, et que dans certains pays d'Afrique subsaharienne, plus de 10 % de la population dépend de ce secteur.
Elle avance une explication qui intéresse directement ce programme : l'essor récent de l'exploitation artisanale résulte d'abord d'un besoin d'emplois, l'agriculture — premier secteur d'emploi de la région — faisant face à une rémunération pénalisée et à une diminution des surfaces disponibles par actif sous l'effet de la croissance démographique.
Ce que cela impose de reconnaître. Nos trente fiches pays traitent l'emploi minier comme une retombée de l'activité extractive — c'est le sens du pilier 04, qui mesure un contenu local en emplois qualifiés. Pour l'essentiel des personnes concernées, l'ordre est inverse : l'activité extractive est une réponse à un besoin d'emploi, et non l'inverse.
Cela ne rend pas le pilier 04 faux : cela le rend partiel, et d'une façon que la première limite de l'indice ne disait pas. Elle établit que l'indice mesure ce que l'État capte, non ce qui atteint le creuseur. Il faut y ajouter qu'il mesure une retombée là où il y a d'abord un refuge.
Et le périmètre de l'artisanat n'est pas fiable — deuxième réserve
La fiche Kenya établit que l'autorité compétente s'inquiète publiquement du nombre croissant d'opérateurs s'enregistrant comme petits exploitants pour éviter les obligations attachées à une licence complète.
La fiche RD Congo, de son côté, relève que malgré la reconnaissance officielle de zones d'exploitation artisanale par le code minier révisé en 2018, la majorité des mineurs artisanaux travaillent encore en dehors de ces périmètres délimités.
Le périmètre est donc flou dans les deux sens : il inclut des opérateurs qui n'en relèvent pas et exclut des travailleurs qui en relèvent.
Conséquence directe pour cette base : un chiffre d'emploi qui inclut l'artisanat porte cette double incertitude, et un chiffre qui l'exclut décrit une fraction minoritaire du secteur. Il n'existe pas de périmètre neutre, et c'est pourquoi la composante proposée exige que le périmètre soit déclaré plutôt que choisi par cette base.
Le seul ratio valeur par emploi du corpus
Un seul pays publie ensemble une valeur et un effectif : 5,65 milliards de dollars de recettes en devises pour plus de 271 000 emplois permanents, soit environ 20 850 dollars par emploi — calcul de notre fait.
Cette base publie ce ratio sans point de comparaison, et signale qu'il en attend. Elle rappelle les deux réserves attachées au dénominateur : la source ne tranche pas entre stock et flux, ni ne précise le périmètre.
Ce que ce ratio rendrait possible s'il était disponible ailleurs : comparer la densité en emploi des filières. Une filière d'or majoritairement artisanale et une filière de fer industrielle ne produisent manifestement pas la même valeur par personne, et ce programme n'a jamais pu le mesurer.
Chantier ouvert : valeur exportée rapportée à l'effectif du secteur, par pays et par filière. Renseignable dès que deux pays de plus publieront les deux grandeurs ensemble.
Méthode
Pourquoi cette base ne publie ni classement, ni total, ni indice
Les neuf bases thématiques déjà publiées produisent toutes une mesure ou une typologie. Celle-ci n'en produit aucune, et c'est un choix documenté.
Trois raisons, dans l'ordre de leur poids :
Une — les chiffres publiés s'échelonnent dans un rapport de 271 sans que leurs périmètres soient déclarés. Un classement les ordonnerait par périmètre plutôt que par emploi.
Deux — le multiplicateur d'emplois indirects varie d'un facteur 14 dans un même pays et une même année. Toute somme de directs et d'indirects hérite de cet écart.
Trois — le périmètre de l'artisanat est flou dans les deux sens, et l'artisanat représente l'essentiel des personnes concernées.
Cette base est donc un cadre et un relevé d'absences, comme l'est la fiche des minéraux de développement. C'est la deuxième pièce du programme publiée dans ces termes, et pour une raison voisine : ce qui n'est pas mesurable est écrit comme non mesurable.
Ce que cette base établit, et ce qu'elle ne peut pas établir
| Question | État |
|---|---|
| Combien de personnes le secteur minier africain emploie-t-il ? | Non établi. Trois chiffres nationaux dans un rapport de 271, périmètres non déclarés |
| Combien d'emplois indirects par emploi direct ? | Non établi. De 0,14 à 2,00 dans un même pays et une même année |
| Quelle part des achats est locale ? | Non établi. Renseigné sur aucune fiche pays |
| Quelle valeur par emploi ? | Un seul cas : ~20 850 $, avec deux réserves sur le dénominateur |
| Quelle échelle pour l'artisanat ? | Établie mondialement : ~45 millions de personnes, ×3 en vingt ans, un tiers dans l'orpaillage ; plus de 10 % de la population dans certains pays d'Afrique subsaharienne |
| Le contenu local en emploi est-il constaté ou annoncé ? | Annoncé, sauf un cas : 500 recrutements effectifs dont 90 % de jeunes nationaux |
| Les États publient-ils ces données ? | Oui, au moins deux, dans leurs bilans ministériels annuels — là où nos fiches n'avaient pas cherché |
Composantes proposées au gabarit pays
| Composante | Pourquoi |
|---|---|
| Effectif du secteur, stock ou flux, et périmètre déclaré | Industriel, artisanal, carrières. Sans ces trois précisions, deux chiffres nationaux ne sont pas comparables — le rapport de 271 le démontre |
| Multiplicateur d'emplois indirects et méthode déclarée | Il varie d'un facteur 14 dans un même pays. Sans méthode, un pilier 05 normé est impossible |
| Emploi constaté distingué de l'emploi annoncé | Une seule donnée du corpus porte sur des recrutements effectués. Les trois états s'appliquent à l'emploi comme aux capacités |
| Valeur exportée rapportée à l'effectif | Mesurerait la densité en emploi d'une filière. Calculable sur un seul pays à ce jour |
Sources de cette base
Rang 1Ministères chargés des mines, 2025 et 2026 — pour un pays d'Afrique de l'Est, plus de 271 000 emplois permanents et 44 tonnes d'or produites par les entreprises minières et les exploitants artisanaux pour environ 5,65 milliards de dollars sur l'exercice 2025/2026 ; pour un pays d'Afrique centrale, environ 1 000 nationaux employés par les projets miniers en production, une perspective de 7 500 emplois directs et 15 000 indirects à court terme, et près de 38 000 emplois directs et indirects attendus en 2026 ; projet de bauxite générant près de 2 700 emplois indirects et pouvant offrir plus de 5 000 emplois directs à terme ; projet de fer ayant recruté 500 personnes dont 90 % de jeunes nationaux ; projet de fer côtier reposant sur un gisement de 632,82 millions de tonnes à 33 % de fer et nécessitant 7 000 emplois directs et 1 000 indirects.
Rang 2Fondation spécialisée — nombre de travailleurs directement impliqués dans les mines artisanales multiplié par trois en vingt ans, pour atteindre près de 45 millions de personnes dans le monde, dont près d'un tiers dans l'orpaillage ; des centaines de millions de personnes vivant directement ou indirectement de ces revenus ; plus de 10 % de la population dépendant de ce secteur dans certains pays d'Afrique subsaharienne ; essor résultant d'abord d'un besoin d'emplois, l'agriculture faisant face à une rémunération pénalisée et à une diminution des surfaces disponibles par actif.
Rang 4Presse économique, 2026 — entre 1,5 et 2 millions de mineurs artisanaux estimés dans un pays d'Afrique centrale, auxquels s'ajoutent plusieurs millions de dépendants indirects ; reconnaissance officielle des zones d'exploitation artisanale par le code minier révisé en 2018, mais majorité des mineurs artisanaux travaillant encore hors de ces périmètres délimités.
NoteLes trois chiffres nationaux d'emploi ne déclarent pas leur périmètre et ne sont pas comparables ; aucun classement, aucun total africain, aucun indice n'est publié par cette base pour cette raison. L'écart du multiplicateur d'emplois indirects est publié sans arbitrage. Aucune méthode de calcul de l'emploi indirect, aucune part d'achats locaux, aucune rémunération, aucune ventilation par qualification n'apparaissent dans les sources consultées. Aucune personne physique n'est nommée, et aucune entreprise n'est désignée, conformément à la charte.
Calculs de notre fait
| Calcul | Résultat | Opération |
|---|---|---|
| Rapport entre deux chiffres nationaux d'emploi | ×271 | 271 000 ÷ 1 000 |
| Rapport au troisième chiffre | ×5,5 à ×7,4 | 1,5 à 2 M ÷ 271 000 |
| Multiplicateur indirect, perspective nationale | 2,00 | 15 000 ÷ 7 500 |
| Multiplicateur indirect, projet de bauxite | 0,54 | 2 700 ÷ 5 000 |
| Multiplicateur indirect, projet de fer côtier | 0,14 | 1 000 ÷ 7 000 |
| Écart entre les extrêmes du multiplicateur | ×14 | 2,00 ÷ 0,143 |
| Valeur exportée par emploi | ~20 850 $ | 5,65 Md$ ÷ 271 000 |
| Effectif de l'artisanat il y a vingt ans | ~15 M | 45 M ÷ 3 |
| Rapport emploi annoncé / emploi actuel, un pays | ×38 | 38 000 ÷ ~1 000 |
Renvois internes
| Pièce | Lien |
|---|---|
| Base Artisanat minier | Première limite de l'indice : il mesure ce que l'État capte, non ce qui atteint le creuseur. Cette base y ajoute : il mesure une retombée là où il y a d'abord un refuge |
| Fiche substance Minéraux de développement | Constat 32 : les deux piliers les plus vides sont ceux que ce secteur remplirait. Deuxième pièce publiée comme cadre et relevé d'absences |
| Fiche Kenya | L'arbitrage par le statut, et la démonstration chiffrée du constat 32 |
| Fiche Éthiopie | Seul renseignement du pilier 04 du corpus, et seul ratio valeur par emploi |