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Base thématique 02 · Pièce 04a · Observatoire spécialisé · Édition du 31 juillet 2026

Or et flux illicites

L'indicateur prioritaire de cet observatoire tient en une soustraction : ce qu'un pays africain déclare exporter, moins ce que ses partenaires déclarent importer. Personne ne publie cette série pays par pays et année par année. Cette base établit ce qui existe déjà, ce qui manque, et comment la construire.

2 569 t
or africain importé par les Émirats sans déclaration d'export, 2012-2022
115,3 Md$
valeur correspondante
321-474 t/an
production artisanale africaine non déclarée, fourchette
748 t
or africain importé par les Émirats en 2024, +18 % sur un an
11
raffineries à Dubaï, pour aucune mine nationale
104 t
reprises par le circuit officiel ghanéen en un exercice

La soustraction

La signature de cette base est la double comptabilité : à gauche ce qu'un pays africain déclare sortir, à droite ce que la destination déclare recevoir. Les deux chiffres portent sur le même métal, la même année, le même trajet. Ils ne coïncident jamais.

Déclaré à l'exportation par le pays d'origine
écart
Tracé à l'importation par la destination
Cameroun · 2023
22,3 kg
pour une production nationale officiellement enregistrée à 953 kg
×682
Émirats arabes unis
15,2 t
dont plus de 90 % vers cette seule destination
Cameroun · 2025
0
aucun gramme officiellement exporté sur l'exercice
Émirats arabes unis
8,4 t
chiffre présenté comme provisoire
Ghana · 2018-2022
déclarations d'exportation de la période
229 t
Écart cumulé sur cinq ans
11,4 Md$
or non comptabilisé ; 75 % des exportations aurifères du pays sont destinées aux Émirats
Continent · 2012-2022
déclarations d'exportation cumulées des pays africains
2 569 t
Émirats arabes unis
115,3 Md$
or importé sans déclaration d'exportation correspondante

Ce que la soustraction mesure, et ce qu'elle ne mesure pas

Elle mesure un écart entre deux déclarations douanières. Elle ne mesure ni une production, ni une fraude caractérisée : un écart peut aussi provenir de délais d'enregistrement, de différences de nomenclature, ou de réexportations mal attribuées.

C'est précisément pourquoi elle vaut la peine d'être publiée telle quelle, sans qualification. Un écart de 682 entre deux chiffres officiels portant sur le même flux appelle une explication de la part de ceux qui les produisent — pas une interprétation de la part de ceux qui les rapprochent.

Un calcul de notre fait, et ce qu'il révèle

2 569 tonnes réparties sur onze exercices donnent environ 233 tonnes par an. La même source estime par ailleurs la production artisanale africaine non déclarée entre 321 et 474 tonnes annuelles.

Les deux valeurs ne se recoupent pas, et c'est logique : la première est un écart bilatéral avec une seule destination, la seconde une estimation de production. La différence — de l'ordre de 90 à 240 tonnes par an — part ailleurs, ou n'est jamais sortie du continent. Aucune source consultée ne documente ce résidu. C'est la première zone d'ombre que cette base identifie.

L'ampleur — trois estimations, trois périmètres

Les chiffres qui circulent sur la contrebande d'or africain ne mesurent pas la même chose. Les confondre produit des affirmations fausses. Cette base les sépare.

233 t · écart bilatéral moyen
321 t
435 t
474 t

Échelle indicative en tonnes par an. La bande dorée couvre la fourchette de production artisanale non déclarée ; les repères cuivrés marquent l'écart bilatéral moyen calculé et le volume estimé sorti du continent.

EstimationValeurPérimètre exactCe qu'elle ne dit pas
Production artisanale non déclarée321 à 474 t/anOr extrait en Afrique et jamais enregistré à la productionOù il va, ni s'il quitte le continent
Volume sorti en contrebandeau moins 435 tOr ayant quitté le continent sans déclaration douanièreLa destination finale après réexportation
Écart bilatéral avec les Émirats2 569 t sur 2012-2022Différence entre importations émiraties déclarées et exportations africaines déclaréesLes flux vers toute autre destination
Or africain reçu par les Émirats en 2024748 t, +18 %Total des importations émiraties d'origine africaine, licites et illicites confonduesLa part effectivement non déclarée à la source
Valeur de l'écart bilatéral115,3 Md$ sur 11 ansValorisation des 2 569 tonnesLe manque à gagner fiscal, qui n'en est qu'une fraction

Un prix moyen implicite, et sa vérification

115,3 milliards de dollars pour 2 569 tonnes donnent environ 44,9 millions de dollars la tonne, soit de l'ordre de 1 400 dollars l'once — calcul de notre fait. Cet ordre de grandeur est cohérent avec le cours moyen de l'or sur la période 2012-2022, ce qui constitue un contrôle de vraisemblance de la valorisation retenue par la source.

Ce type de vérification sera systématisé : toute valeur monétaire publiée sur un tonnage doit pouvoir être ramenée à un prix unitaire plausible. C'est le contrôle le plus simple et le plus efficace contre les chiffres invérifiables qui circulent sur ce sujet.

Un ordre de grandeur écarté

Une source de rang 4 avance que des raffineries libyennes auraient mis 450 tonnes d'or sur le marché en 2020. Rapporté à la production mondiale annuelle, cet ordre de grandeur paraît difficilement soutenable pour un seul pays sans production minière significative. La valeur n'est pas reprise. Elle est mentionnée ici uniquement pour signaler qu'elle circule et qu'elle n'a pas passé notre contrôle de vraisemblance.

La destination

Un pays sans mine est devenu le deuxième importateur mondial d'or. C'est le fait central de cette base, et il est entièrement documenté par des données douanières publiques.

Volume 2024

1 392 tonnes

importées par les Émirats arabes unis, pour une valeur estimée à 105,4 milliards de dollars. Deuxième rang mondial des importateurs, derrière la Suisse.

Une autre source arrondit à 1 400 tonnes et 105 milliards ; l'écart est marginal et les deux valeurs sont compatibles.

Origine africaine

748 tonnes

proviennent du continent africain, en hausse de 18 % en un an. Cela représente environ 54 % du total importé — calcul de notre fait, cohérent avec l'affirmation selon laquelle plus de la moitié de ces volumes est d'origine africaine.

Infrastructure

11 raffineries

opèrent à Dubaï, alors que le pays ne dispose d'aucune ressource nationale. Plus de sept mille sociétés y sont enregistrées comme actives dans le commerce des métaux précieux, dans un régime fiscal décrit comme très avantageux.

Les autres flux entrants, pour situer

Origine20232024Observation
Afrique~634 t748 t+18 % ; la valeur 2023 est déduite du taux publié — calcul de notre fait
Russie41 t66 t5,4 Md$ en 2024
Arménie78 tDécrite comme plateforme de transit pour l'or russe, en contournement de sanctions
Total importé1 392 t105,4 Md$

Pourquoi les flux non africains figurent ici

Parce qu'ils rendent la mécanique lisible. Le même dispositif — raffineries, régime fiscal, souplesse documentaire — absorbe l'or artisanal ouest-africain, l'or de zones de conflit et l'or soumis à sanctions. Le problème n'est donc pas propre à l'Afrique : c'est une infrastructure de requalification d'origine, dont l'Afrique est le principal fournisseur.

Cette lecture importe pour l'action publique africaine : un État qui négocie seul face à ce dispositif négocie contre une infrastructure, pas contre un acheteur.

Position émiratie et contestation, publiées ensemble

Position officielle : les Émirats arabes unis ont adopté en 2023 une réglementation sur la diligence raisonnable en matière d'approvisionnement responsable en or, et affichent des engagements en ce sens.

Contestation : l'organisation à l'origine des données estime cette législation largement inefficace et demande la réinscription du pays sur la liste grise de l'organisme international de lutte contre le blanchiment.

L'observatoire publie les deux positions et n'arbitre pas. Il note en revanche un fait vérifiable : les volumes d'origine africaine ont progressé de 18 % l'année suivant l'entrée en vigueur de la réglementation.

Le mécanisme — comment l'or change d'origine

Il n'y a pas de dissimulation à ce stade de la chaîne. Il y a une règle de droit qui produit mécaniquement le résultat.

La règle du dernier lieu de transformation

La réglementation en vigueur chez le premier importateur mondial fait du dernier lieu de transformation de l'or le lieu d'origine du métal. Conséquence directe : l'or importé depuis les Émirats est considéré comme émirati, alors même que le pays ne dispose d'aucune mine d'or.

Une fois cette étape franchie, l'or entre légalement dans le circuit mondial, sans que sa provenance première soit traçable. Selon la source, de l'or de contrebande potentiellement lié à des conflits ou à des violations de droits humains arrive ainsi, en toute légalité, dans le pays qui abrite quatre des neuf plus grandes raffineries du monde et par lequel transite entre un tiers et la moitié des importations mondiales d'or.

Ce que cela signifie pour un État africain : le point où la valeur devient irrécupérable n'est pas la frontière du pays producteur, c'est le seuil de la raffinerie de destination. Toute politique de traçabilité qui s'arrête à la frontière nationale arrive un maillon trop tard.

La chaîne, étape par étape

ÉtapeCe qui se passeStatut de l'or
1 · ExtractionProduction artisanale, souvent non enregistrée à la sourceNon déclaré
2 · CollecteAchat par des intermédiaires ; le pays d'origine ne perçoit ni redevance ni deviseNon déclaré
3 · SortieFranchissement de frontière sans déclaration douanière, parfois via un pays voisin de transitNon déclaré à l'export
4 · Import au hubEnregistrement douanier à l'arrivée — c'est ici que le flux redevient visibleDéclaré à l'import
5 · RaffinageTransformation dans l'une des raffineries du hubOrigine requalifiée
6 · RéexportationVente légale sur le marché mondial sous la nouvelle origineLégal, non traçable

C'est l'étape 4 qui rend l'observatoire possible. L'or non déclaré à la sortie est déclaré à l'entrée, parce que l'importateur a intérêt à l'enregistrer. La soustraction des deux déclarations est donc réalisable à partir de données publiques.

Les pays de transit

Certains pays africains exportent nettement plus d'or qu'ils n'en produisent. Ce sont des points de passage, et leur identification est une des voies les plus efficaces pour cartographier les flux.

PaysRôle rapportéOrigine des fluxStatut
TogoPoint de transit ; quasi dépourvu de production aurifère propreProducteurs ouest-africains voisins, dont le Burkina Faso et le Ghanavérifié
RwandaAbrite des raffineriesApprovisionnement en RD Congo selon divers rapportsà confirmer
OugandaAbrite des raffineriesApprovisionnement en RD Congo selon divers rapportsà confirmer
TchadVoie de passage18 t importées par les Émirats en 2024à confirmer
ÉgypteVoie de passage27 t importées par les Émirats en 2024à confirmer

Le test du transit, indicateur à produire

Un pays dont les exportations d'or dépassent durablement sa production nationale déclarée est, par construction, un point de transit. Le test est simple, ne demande que deux séries publiques, et n'est appliqué systématiquement par personne.

L'observatoire produira ce ratio pour les 54 pays. Il ne désigne aucune responsabilité — un pays peut abriter une activité de raffinage légitime — mais il indique où chercher, et il transforme une intuition en mesure.

Précaution sur cet onglet

La qualification de « pays de transit » est sensible et engage la réputation d'États souverains. Les lignes ci-dessus sont donc rapportées avec leur source et leur statut, et trois d'entre elles portent la mention « à confirmer » parce qu'elles reposent sur des rapports non primaires. Aucune n'est présentée comme un constat de l'observatoire. Le ratio décrit ci-dessus, lui, sera un constat — parce qu'il sera calculé sur données douanières publiques et publiquement reproductible.

Cas documentés

Six pays pour lesquels un chiffre d'écart existe déjà dans les sources publiques. C'est le socle de la série à construire.

PaysÉcart ou fait établiValeurPériodeStatut
Cameroun22,3 kg déclarés contre 15,2 t tracées ; 44 t enregistrées à Dubaï ; pertes fiscales estimées par l'ITIE à ~165 Mds FCFA pour la seule année 20233,4 Md$2021-2025vérifié
GhanaÉcart de 229 t sur cinq ans ; 75 % des exportations d'or destinées aux Émirats11,4 Md$5 ansvérifié
Burkina FasoLe ministère des Mines reconnaît l'existence d'un trafic généralisé vers les Émirats2 Md$ d'exportations2024à confirmer
Soudan29 t importées par les Émirats contre 17 t l'année précédente ; une enquête d'octobre 2025 relie une partie de ces volumes à un réseau de sociétés lié à une partie au conflit ; onze entreprises sanctionnées, dont beaucoup enregistrées aux Émirats2024à confirmer
Libye50 à 55 t perdues au profit de filières de contrebande~3 Md$depuis 2011à confirmer
RD CongoApprovisionnement rapporté de raffineries situées dans deux pays voisinsà confirmer

Une affirmation écartée pour incohérence avec nos propres données

Une source de rang 4 avance que 81 % de la production aurifère malienne serait extraite par des entreprises liées aux Émirats arabes unis.

Cette affirmation est incompatible avec les données du ministère des Mines du Mali reprises dans notre fiche pays, qui établissent la hiérarchie 2025 des producteurs : un opérateur canadien de taille moyenne en tête avec 17,5 tonnes, un opérateur diversifié en deuxième position avec 9,58 tonnes, et un troisième groupe canadien à 5,5 tonnes — soit l'essentiel des 42,2 tonnes industrielles produites par des groupes dont aucun n'est décrit comme émirati dans nos sources.

La valeur n'est donc pas reprise. Elle est signalée ici parce que la signaler fait partie du travail : une base thématique qui ne contredirait jamais ses propres fiches pays ne servirait à rien. C'est aussi la démonstration de l'utilité d'un référentiel unique — sans les fiches pays, cette affirmation serait passée.

Une divergence de millésime, signalée

Deux sources rapportent que la Suisse a importé 316 tonnes d'or depuis Dubaï — l'une pour 2024, l'autre pour 2025 avec une valeur de 27 milliards de francs et la mention d'un doublement du volume annuel habituel. Le volume identique associé à deux millésimes différents suggère une erreur de report dans l'une des deux sources. Les deux sont signalées, aucune n'est retenue avant vérification sur les statistiques douanières suisses.

Le contre-modèle

Un pays de la même région, sur la même ceinture géologique, avec le même orpaillage et la même destination d'exportation, a inversé la courbe en un exercice. C'est le seul cas connu, et il est chiffré.

Avant — Ghana, écart Swissaid
Après — premier exercice du guichet public
2018-2022, moyenne annuelle
~46 t
écart moyen calculé sur les 229 t de la période — calcul de notre fait
2025
Volume passé par le circuit officiel
104 t
or artisanal acheté et exporté par l'organisme public
Exportations d'or, 2024
10,3 Md$
total national
×2,03
Exportations d'or, 2025
20,9 Md$
dont plus de 10 Md$ par le seul guichet public
Réserves de change, déc. 2024
8,98 Md$
+54 %
Réserves de change, fin 2025
13,8 Md$
appréciation de 41 % de la monnaie nationale sur l'année

Le dispositif, et ce qu'il coûte

Un organisme public doté du monopole d'achat et d'exportation de l'or artisanal, un objectif d'acquisition hebdomadaire, et l'élimination des intermédiaires étrangers. Aucune raffinerie n'a été construite ; aucun maillon technique n'a été ajouté.

Le rapprochement le plus fort de cette base est celui-ci : là où le Ghana perdait de l'ordre de 46 tonnes par an, il en a fait passer 104 par le circuit officiel en un exercice. La part attribuable à la formalisation et celle attribuable à la hausse réelle de la production ne sont pas séparables en l'état — l'orpaillage a effectivement progressé de 63,82 % sous l'effet des prix. Mais la coïncidence de calendrier entre la mise en place du guichet et la bascule statistique est trop précise pour être ignorée.

La question qui reste ouverte : des devises entrées dans un pays ne sont pas des recettes budgétaires. La marge du dispositif, le prix payé aux exploitants et la part revenant aux communautés hôtes ne figurent dans aucune source consultée. Capter un canal n'est pas redistribuer une rente, et l'observatoire tiendra les deux questions séparées.

Transposabilité, avec ses limites

Le dispositif est peu capitalistique et rapide à produire des effets — deux qualités rares dans les politiques minières. Il suppose cependant trois conditions que tous les pays ne réunissent pas : une capacité administrative d'achat à grande échelle, une trésorerie pour préfinancer les acquisitions, et un accès direct aux acheteurs internationaux sans passer par les intermédiaires écartés.

L'observatoire documentera ces trois conditions pour chacun des pays de la ceinture birimienne — Sénégal, Mali, Guinée, Burkina Faso, Côte d'Ivoire — avant d'écrire quoi que ce soit sur la transposabilité du modèle.

Méthode — comment la série sera construite

Cette base n'a pas vocation à commenter les travaux existants mais à produire ce qu'ils ne produisent pas : une série pays par pays, année par année, reproductible par un tiers.

Protocole en cinq étapes

  1. Moisson des déclarations d'exportationDouanes nationales et banques centrales des 54 pays, en tonnage et en valeur, par année
  2. Moisson des déclarations d'importationBase de statistiques commerciales des Nations unies, pour chaque partenaire déclarant, avec le pays africain en origine
  3. Rapprochement par code ISO3 et par nomenclature douanièreJamais par nom de pays ; la clé de rapprochement doit être stable dans le temps
  4. Calcul de l'écart et contrôle de vraisemblanceDifférence en tonnage et en valeur, puis vérification du prix unitaire implicite contre le cours moyen de l'année
  5. Publication en trois colonnes, jamais en uneDéclaré à l'export, tracé à l'import, écart — assortis de la mention des ruptures de série et des changements de nomenclature

Trois règles de prudence, non négociables

Un écart n'est pas une fraude. Aucune formulation de l'observatoire ne qualifiera un écart de contrebande, de détournement ou de fraude. L'écart est publié comme écart.

Aucune personne physique, aucune entreprise nommée sans jugement. Les enquêtes citées nomment des sociétés et des individus ; l'observatoire n'en reprend aucun. Il documente des flux entre juridictions.

Les ruptures méthodologiques sont publiées avec la série. Un changement de nomenclature douanière ou de périmètre statistique produit un faux écart. Toute rupture identifiée sera signalée à sa date.

Indicateurs à produire, par ordre de priorité

RangIndicateurPérimètreÉtat
1Écart déclaratif annuel, en tonnage et en valeur54 pays, séries longuesà collecter
2Ratio exportations / production déclarée — test du transit54 paysà collecter
3Concentration des destinations — part du premier partenaire54 paysà collecter
4Manque à gagner fiscal estimé, distinct de la valeur de l'écartPays dotés d'un régime de redevance publiéà collecter
5Existence et périmètre d'un dispositif de collecte publique54 paysà collecter
6Prix d'achat au producteur artisanal, rapporté au cours mondialPays dotés d'un guichet publicà collecter

L'indicateur n° 6 est le plus difficile et le plus important : il mesure ce qui revient à celui qui extrait. Sans lui, capter un flux et le redistribuer restent indistinguables.

Séquence de travail retenue

La série sera construite d'abord sur les cinq pays de la ceinture birimienne — Sénégal, Mali, Guinée, Burkina Faso, Côte d'Ivoire — plus le Ghana comme référence et le Cameroun comme cas extrême documenté. Sept pays, un même ensemble géologique et commercial, dont trois disposent déjà d'une fiche pays dans cet observatoire.

Le rapprochement régional est le seul moyen de distinguer un transit d'une production : un écart isolé s'interprète mal, sept écarts contigus se lisent comme une carte.

Sources et renvois

Rang 2Fondation suisse spécialisée dans les matières premières — étude du 30 mai 2024 sur la production et le commerce de l'or africain : 2 569 t d'écart bilatéral sur 2012-2022 pour 115,3 Md$, fourchette de 321 à 474 t de production artisanale non déclarée, au moins 435 t sorties du continent. Publication par pays sur un site dédié. Rapport de juin 2025 sur le Ghana : 229 t et 11,4 Md$ sur cinq ans. Analyse de novembre 2025 des données 2024.

Rang 2Base de statistiques commerciales des Nations unies — données d'importation émiraties 2023 et 2024, analysées par la source précédente.

Rang 1Rapports ITIE nationaux — Cameroun pour l'exercice 2023, Togo pour la qualification de point de transit en janvier 2025.

Rang 1Société nationale des mines du Cameroun — compilation des statistiques émiraties, publiée le 25 mai 2026. Ministère des Finances du Ghana — exposé parlementaire du 24 juin 2026. Banque centrale du Ghana — exportations d'or 2024 et 2025, réserves de change.

Rang 4Presse spécialisée, radiodiffuseurs publics et organisations d'enquête — reprises et mises en perspective de 2024 à 2026, enquête d'octobre 2025 sur les circuits soudanais.

NoteQuatre calculs sont de notre fait et signalés dans le texte : écart bilatéral moyen annuel, prix unitaire implicite, part africaine du total émirati, écart annuel moyen du Ghana. Deux affirmations circulantes ont été écartées après contrôle : 450 t libyennes en 2020, et 81 % de la production malienne. Une divergence de millésime est signalée sur les importations suisses depuis Dubaï.

Renvois internes

FicheLien avec cette base
GhanaLe contre-modèle : guichet public, 104 t, plus de 10 Md$, effets macroéconomiques chiffrés
MaliSix tonnes artisanales déclarées, inchangées sur deux exercices — réserve méthodologique posée dans la fiche
Sénégal et GuinéeMême ceinture birimienne ; cellule d'écart déclaratif vide dans les deux fiches
RD CongoOr de l'est ; approvisionnement rapporté de raffineries voisines
Observatoire Artisanat minier et 3TFormalisation, traçabilité et diligence raisonnable
Observatoire Cadastres et transparenceRegistres de bénéficiaires effectifs et publication des contrats