La série, état v1
Ce tableau n'est pas complet et ne prétend pas l'être. Il assemble ce que les sources publiques permettent d'établir aujourd'hui, pays par pays, avec le statut de chaque cellule. C'est le point de départ de la série, pas son aboutissement.
Production artisanale — déclaré contre estimé
Échelle commune indicative, plafonnée à 49 tonnes. Les barres traduisent des ordres de grandeur, non des mesures. Le détail chiffré et le statut de chaque valeur figurent dans le tableau ci-dessous.
Tableau détaillé
| Pays | Déclaré | Estimé ou tracé | Écart | Année | Statut |
|---|---|---|---|---|---|
| Mali | 6 t artisanales | 30 à 57 t | 24 à 51 t | estimation | vérifié |
| Mali | 48,2 t au total | 82,9 t | 34,7 t | 2025 | vérifié |
| Côte d'Ivoire | non déclaré | 30 à 40 t | 30 à 40 t | annuel récurrent | vérifié |
| Côte d'Ivoire | — | — | 8,7 t · 157,6 Mds FCFA | 2021 | à confirmer |
| Guinée | 83,014 t exportées | 107,3 t importées par les destinations | 24,3 t | 2021 | vérifié |
| Guinée | 83,014 t exportées | 32 t produites | 51 t d'excédent | 2021 | vérifié |
| Burkina Faso | — | 30 t retenues ; 49 t écartées | 30 t | estimation | vérifié |
| Sénégal | — | 5 t | 5 t | estimation | vérifié |
| Mauritanie | — | 12 t | 12 t | estimation | vérifié |
| Sierra Leone | — | 3 t | 3 t | estimation | vérifié |
| Ghana | — | 229 t sur 5 ans | ~46 t/an · 11,4 Md$ | 5 ans | vérifié |
| Cameroun | 22,3 kg | 15,2 t | 15,2 t | 2023 | vérifié |
| Niger | — | — | — | — | à collecter |
Ce que ce tableau change
Ces chiffres existaient déjà, dispersés dans des rapports, des enquêtes et des dépêches. Aucun n'était faux. Mais tant qu'ils restaient séparés, chacun se lisait comme une anomalie locale.
Rassemblés sur une même ligne géologique, ils cessent d'être des anomalies et deviennent une structure : des pays producteurs qui sous-déclarent, des pays voisins qui exportent plus qu'ils ne produisent, et une destination unique au bout. C'est cette lecture d'ensemble que produit l'assemblage — et c'est la seule chose que cette pièce ajoute au travail de ses sources.
Ce que ce tableau n'est pas
Ce n'est pas encore la série annoncée dans la base thématique : une comparaison, année par année, des déclarations douanières d'exportation et des déclarations d'importation des partenaires, pour les 54 pays.
Deux cellules seulement — la Guinée en 2021 et le Cameroun en 2023 — reposent sur ce rapprochement bilatéral. Les autres reposent sur une comparaison entre production estimée et production déclarée, qui est une méthode différente et conduit à des grandeurs qui ne s'additionnent pas. Le mélange est signalé colonne par colonne ; il sera résolu par la collecte décrite à l'onglet 06.
Le test du transit, appliqué
La base thématique proposait un test simple : un pays dont les exportations dépassent durablement sa production déclarée est un point de transit par construction. La Guinée en fournit la première application chiffrée.
Un pays exporte 2,6 fois ce qu'il produit
Le rapport de 83,014 à 32 tonnes est de 2,6 — calcul de notre fait. L'excédent, soit environ 51 tonnes, ne peut provenir que d'ailleurs : la source en conclut que la Guinée aurait importé au moins 50 tonnes d'or de ses pays voisins.
Le point remarquable est que ces exportations sont déclarées. Le transit n'est ici pas clandestin : il est visible dans les statistiques officielles de la Guinée. Ce qui est invisible, c'est l'entrée : aucun pays voisin ne déclare avoir exporté ces cinquante tonnes vers la Guinée.
Conséquence méthodologique : le test du transit ne détecte pas des sorties illicites mais des entrées non déclarées. C'est un renversement utile — il déplace l'attention du pays exportateur vers ses frontières terrestres, là où aucune donnée douanière n'est produite.
Le second écart guinéen, superposé au premier
| Grandeur | Valeur 2021 | Source de la valeur |
|---|---|---|
| Production artisanale estimée | 32 t | Estimation nationale de 2021 |
| Exportations artisanales déclarées par la Guinée | 83,014 t | Déclarations guinéennes |
| Importations déclarées par les pays de destination | 107,3 t | Déclarations des partenaires |
| Écart de transit — exporté moins produit | 51,0 t | Calcul de notre fait |
| Écart déclaratif — importé moins exporté | 24,3 t | Calcul de notre fait |
| Écart total — importé moins produit | 75,3 t | Calcul de notre fait |
Deux écarts de nature différente, à ne jamais additionner sans le dire
Les 51 tonnes mesurent une entrée non déclarée sur le territoire guinéen. Les 24,3 tonnes mesurent une sortie non déclarée par la Guinée. Les deux se cumulent bien à 75,3 tonnes de métal circulant hors de toute déclaration à un moment de son trajet — mais ils ne désignent ni les mêmes acteurs, ni les mêmes frontières, ni les mêmes responsabilités.
C'est la distinction la plus importante de cette série. Un chiffre global de « contrebande » qui les confondrait serait juste en tonnage et faux en signification.
Convergences
Deux méthodes indépendantes appliquées au Mali donnent le même ordre de grandeur. C'est le résultat le plus solide de cette série, parce qu'aucune des deux sources ne cite l'autre.
Pourquoi cette convergence compte
Les deux méthodes ne partagent ni leurs sources, ni leur périmètre, ni leur année de référence. L'une part d'enquêtes de terrain sur l'orpaillage, l'autre d'un répertoire de production professionnel. Elles aboutissent à des valeurs qui se recouvrent : 34,7 tonnes tombe au milieu de la fourchette de 24 à 51 tonnes.
En l'absence de mesure directe, une convergence entre méthodes indépendantes est ce qui se rapproche le plus d'une validation. Elle ne prouve pas que le chiffre est exact ; elle rend improbable qu'il soit très éloigné de la réalité.
Portée pratique : l'écart malien peut désormais être publié comme ordre de grandeur documenté et non comme allégation. C'est la première cellule de cette série à atteindre ce niveau de solidité.
Une troisième lecture, cohérente avec les deux premières
Le plan prévisionnel du ministère des Mines rapporté fin juillet 2026 retient une production artisanale stable à environ six tonnes par an pour toute la période 2026-2029. Cette stabilité parfaite sur huit exercices consécutifs — deux passés, quatre projetés — confirme la réserve déjà posée dans la fiche pays : il s'agit d'une valeur administrative reconduite, non d'une mesure annuelle.
Ce constat renforce les deux méthodes précédentes plutôt qu'il ne les contredit : il explique pourquoi le chiffre déclaré ne bouge pas quand les prix, eux, ont doublé.
Une prudence de lecture
La source qui publie l'estimation de 82,9 tonnes signale elle-même que ses comparaisons doivent être interprétées avec prudence, et que l'écart avec les volumes officiels ravive la question de la sous-estimation de la production artisanale. L'observatoire reprend cette prudence à son compte : la convergence documentée ci-dessus est un faisceau, pas une preuve.
Les soixante-dix tonnes
Le bilan régional de 2021 ne boucle pas. Une fois toutes les origines connues additionnées, il reste soixante-dix tonnes dont la source publiant le calcul indique elle-même qu'elle ne peut les expliquer.
| Poste | Tonnage | Nature |
|---|---|---|
| Or artisanal acheminé clandestinement vers la Guinée et le Mali en 2021 | > 160 t | Total constaté |
| Côte d'Ivoire | 40 t | Estimation haute retenue |
| Burkina Faso | 30 t | Estimation haute retenue ; une étude avançait 49 t, jugée peu réaliste par plusieurs experts et écartée |
| Mauritanie | 12 t | Estimation haute retenue |
| Sénégal | 5 t | Estimation haute retenue |
| Sierra Leone | 3 t | Estimation haute retenue |
| Sous-total des pays limitrophes | 90 t | Somme des cinq lignes ci-dessus |
| Résidu inexpliqué | 70 t | Même en supposant que tout cet or a transité par le Mali ou la Guinée et que toute leur propre production artisanale a été exportée directement |
Ce que le résidu signifie
Soixante-dix tonnes représentent, au cours actuel, plusieurs milliards de dollars. Trois hypothèses au moins peuvent les expliquer, et aucune n'est établie :
Une. Les estimations hautes retenues pour les pays voisins sont trop basses — c'est précisément le débat autour des 49 tonnes burkinabè écartées.
Deux. La production artisanale malienne ou guinéenne est supérieure aux estimations retenues, ce qui rejoint la convergence établie à l'onglet précédent.
Trois. De l'or provient de pays plus éloignés que les seuls limitrophes, ce qui élargirait la zone de collecte au-delà de la ceinture birimienne.
L'observatoire ne tranche pas et publie le résidu comme résidu. C'est la donnée la plus utile de cette série : elle indique exactement où porter l'effort de collecte suivant.
Un point de méthode important
Ce résidu apparaît dans la source elle-même, qui le signale au lieu de l'absorber. C'est une pratique que l'observatoire adopte explicitement : un bilan qui boucle parfaitement sur un sujet non déclaré doit éveiller la méfiance, pas la confiance. Les ajustements silencieux sont le principal risque méthodologique de ce champ.
Contrôles de vraisemblance
La base thématique posait une règle : toute valeur monétaire publiée sur un tonnage doit pouvoir être ramenée à un prix unitaire plausible. Appliquée à cette série, elle détecte immédiatement une anomalie.
Contrôle 01 — Côte d'Ivoire, 2021
| Étape du contrôle | Valeur |
|---|---|
| Tonnage publié | 8,7 t |
| Valeur publiée | 157,6 Mds FCFA |
| Conversion en onces — calcul de notre fait | ~279 700 oz |
| Prix unitaire implicite | ~563 000 FCFA/oz |
| Converti au taux moyen de 2021 | ~1 015 $/oz |
| Cours moyen de l'or en 2021 | ~1 800 $/oz |
| Verdict | Écart d'un facteur ~1,8 — contrôle non passé |
Ce que l'anomalie peut signifier
Trois explications sont possibles et aucune n'est vérifiée : le tonnage et la valeur ne portent pas sur le même périmètre ; la valeur exprime un manque à gagner fiscal et non la valeur du métal ; ou l'un des deux chiffres comporte une erreur de report.
La seconde hypothèse est la plus probable et la plus intéressante : la formulation d'origine évoque un montant qui « semble avoir échappé aux caisses de l'État », ce qui décrit une recette manquée, non une valeur de marché. Si c'est le cas, les deux chiffres sont exacts mais ne doivent jamais être présentés comme équivalents.
Conséquence pour la série : cette cellule reste en statut « à confirmer », et une colonne distincte sera créée pour les manques à gagner fiscaux — grandeur qui ne s'additionne pas avec la valeur du métal et qui a été identifiée comme indicateur n° 4 dans la base thématique.
Contrôle 02 — Ghana, 2018-2022
| Étape du contrôle | Valeur |
|---|---|
| Tonnage publié | 229 t |
| Valeur publiée | 11,4 Md$ |
| Prix unitaire implicite — calcul de notre fait | ~49,8 M$/t, soit ~1 548 $/oz |
| Cours moyen de la période 2018-2022 | de l'ordre de 1 500 à 1 800 $/oz |
| Verdict | Contrôle passé |
Contrôle 03 — écart bilatéral continental, 2012-2022
2 569 tonnes pour 115,3 milliards de dollars donnent environ 1 400 dollars l'once, cohérent avec le cours moyen de la décennie. Contrôle passé — déjà établi dans la base thématique.
Trois contrôles, une anomalie
Deux valorisations sur trois sont cohérentes avec les cours de leur période. La troisième ne l'est pas, et le contrôle l'a détectée en trois opérations arithmétiques.
C'est la démonstration que la règle posée dans la base thématique n'est pas une précaution rhétorique. Sans elle, les 157,6 milliards de francs CFA seraient entrés dans la série comme valeur d'or exporté, et auraient contaminé tous les totaux régionaux ultérieurs.
Ce qui manque, et comment le combler
La série v1 repose majoritairement sur des estimations de production. La série cible repose sur des déclarations douanières bilatérales. Passer de l'une à l'autre demande une collecte que cette pièce spécifie.
État de couverture
| Pays | Écart production | Écart bilatéral | Série annuelle | Manque à gagner fiscal |
|---|---|---|---|---|
| Mali | ✓ deux méthodes | — | — | — |
| Guinée | ✓ 2021 | ✓ 2021 | — | — |
| Côte d'Ivoire | ✓ fourchette | — | — | partiel, à requalifier |
| Burkina Faso | ✓ estimation | — | — | — |
| Sénégal | ✓ estimation | — | — | — |
| Ghana | ✓ cumul 5 ans | — | — | — |
| Cameroun | — | ✓ 2023, 2024, 2025 | partiel | ✓ ITIE 2023 |
| Niger | — | — | — | — |
Une seule cellule est complète sur quatre colonnes : le Cameroun. C'est aussi le seul pays où une administration nationale a elle-même compilé les statistiques du partenaire importateur et les a publiées. Le précédent est instructif : la donnée existe dès qu'un État décide de la produire.
Protocole de collecte, adapté au terrain
- Moisson des déclarations d'importation par partenaireBase de statistiques commerciales des Nations unies, position douanière de l'or non monétaire, avec chacun des huit pays en origine, sur dix exercices
- Moisson des déclarations d'exportation nationalesDouanes, banques centrales et rapports ITIE des huit pays — c'est la moisson la plus difficile, les sources étant hétérogènes
- Séparation stricte des trois grandeursÉcart de production, écart bilatéral et manque à gagner fiscal dans trois colonnes distinctes, jamais additionnées
- Contrôle de vraisemblance systématiquePrix unitaire implicite contre cours moyen de l'année, sur chaque cellule portant une valeur monétaire
- Bouclage régional annuelSomme des écarts contre total reçu par la destination principale ; tout résidu est publié comme résidu
Le point dur, nommé
L'étape 2 est le verrou. Les déclarations d'importation sont centralisées dans une base unique et accessibles en une requête par partenaire. Les déclarations d'exportation sont réparties entre douanes nationales, banques centrales et rapports ITIE, avec des périmètres, des unités et des calendriers différents d'un pays à l'autre.
Le rapport d'effort est du même ordre que celui rencontré sur l'annuaire des institutions climatiques : une moisson centralisée d'un côté, une collecte pays par pays de l'autre. La conclusion est la même : commencer par la source centralisée, puis n'aller chercher au national que ce qui manque effectivement.
Un jalon vérifiable, à douze mois
Objectif : la série bilatérale annuelle complète, sur dix exercices, pour les huit pays de cette pièce. Soit quatre-vingts cellules, chacune avec son tonnage, sa valeur, son prix unitaire implicite et son statut.
C'est un objectif modeste au regard des 54 pays annoncés, et c'est délibéré. Une série de huit pays réellement vérifiable vaut mieux qu'un tableau de 54 lignes dont la moitié serait estimée. Le reste du continent suivra la même méthode, région par région.
Sources et calculs
Rang 2Fondation suisse spécialisée dans les matières premières — plateforme d'analyses pays par pays : fiches Mali, Côte d'Ivoire et Burkina Faso. Estimations hautes par pays limitrophe, bilan régional 2021 et résidu de 70 tonnes, données guinéennes de production et d'exportation 2021, fourchette malienne de 30 à 57 tonnes.
Rang 2Conseil professionnel mondial de l'or — répertoire de production, estimation malienne 2025 à 82,9 tonnes, classement des producteurs africains.
Rang 2Estimation nationale guinéenne de 2021 — production artisanale à 32 tonnes, citée par la source précédente.
Rang 1Ministère des Mines du Mali — production 2025 à 48,2 tonnes, plan prévisionnel 2026-2029 rapporté le 24 juillet 2026. Ministère des Mines de Côte d'Ivoire — potentiel aurifère national. Rapport ITIE Cameroun — exercice 2023.
Rang 4Réseau d'investigation ouest-africain et presse spécialisée — écart ivoirien de 2021, données de contexte régional, capacité annoncée d'une raffinerie régionale.
NoteUne étude avançant 49 tonnes pour le Burkina Faso a été écartée par la source elle-même, plusieurs experts la jugeant peu réaliste. L'observatoire conserve ce choix et le signale.
Calculs de notre fait, récapitulés
| Calcul | Résultat | Opération |
|---|---|---|
| Écart de transit guinéen | 51,0 t | 83,014 − 32 |
| Écart déclaratif guinéen | 24,3 t | 107,3 − 83,014 |
| Écart total guinéen | 75,3 t | 107,3 − 32 |
| Rapport export / production, Guinée | 2,6 | 83,014 ÷ 32 |
| Écart malien 2025, méthode B | 34,7 t | 82,9 − 48,2 |
| Écart malien, méthode A | 24 à 51 t | (30 à 57) − 6 |
| Écart annuel moyen ghanéen | ~46 t/an | 229 ÷ 5 |
| Prix implicite ghanéen | ~1 548 $/oz | 11,4 Md$ ÷ 229 t, converti en onces |
| Prix implicite ivoirien | ~1 015 $/oz | 157,6 Mds FCFA ÷ 8,7 t, converti — anomalie |
Reproductibilité
Tous les calculs ci-dessus sont des soustractions et des divisions sur des valeurs publiées, vérifiables en quelques minutes par un lecteur disposant des mêmes sources. C'est la condition posée dans le dossier d'architecture : un indicateur qu'on ne peut pas refaire soi-même n'est pas un indicateur.
Renvois internes
| Pièce | Lien |
|---|---|
| Base Or et flux illicites | Méthode, mécanisme de requalification d'origine, règles de prudence |
| Fiche Mali | Réserve sur la stabilité du chiffre artisanal, confirmée ici par le plan 2026-2029 |
| Fiche Guinée | Cellule d'écart déclaratif, désormais renseignée pour 2021 |
| Fiche Ghana | Contre-modèle et effet macroéconomique du guichet public |
| Fiche Sénégal | Estimation de 5 tonnes retenue par la source ; cellule de la fiche à mettre à jour |