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Fiche substance 13 · Pièce 24 · Métaux stratégiques · Édition du 31 juillet 2026

Terres rares

Depuis 2021, l'Afrique ne produit pas une tonne de terres rares à l'échelle industrielle. C'est la seule substance du programme où rien n'est encore décidé — et où six projets ont déjà planifié leur transformation à l'étranger.

0 t
de production industrielle africaine depuis 2021
84 %
de la séparation mondiale concentrée dans un seul pays
×2
prix garanti par un État pour rendre la séparation viable
6
projets africains, aucun ne sépare sur place — mais ils ne s'arrêtent pas au même maillon
7 %
de la production mondiale attendue d'Afrique en 2034
2,15 ×
capacité de raffinage annoncée rapportée à la production réelle

Le gradient

L'accueil de cet observatoire annonçait la séparation comme « le vrai verrou ». Trois chiffres publiés par un fournisseur de données de référence le démontrent, et le mécanisme est l'inverse de celui observé sur toutes les autres substances.

Part mondiale d'un seul pays, à chaque étape de la chaîne
Réserves en terre ce que le sous-sol contient
35 %
Production minière ce qui est extrait
61 %
Séparation et oxyde de NdPr ce qui devient utilisable
84 %

La concentration augmente à mesure qu'on descend la chaîne

Trente-cinq pour cent des réserves, soixante et un de l'extraction, quatre-vingt-quatre de la séparation. Le fournisseur de données en tire lui-même la conclusion : c'est le traitement du minerai et la fabrication des produits intermédiaires qui constituent le point de concentration de la chaîne mondiale, non l'extraction.

C'est la seconde substance du programme, après le graphite, où la transformation est plus concentrée que la mine. Mais l'écart est ici plus large encore : sur le graphite, environ 70 % de l'extraction et plus de 80 % de la sphéronisation. Sur les terres rares, 61 % contre 84 %.

Conséquence directe pour l'Afrique : ouvrir des mines ne desserre rien. Un continent qui porterait sa part de l'extraction à 7 % en 2034 — c'est la projection publiée — n'aurait toujours aucun accès au maillon où la valeur et le pouvoir se concentrent.

Une nuance essentielle sur le mot « rares »

Les terres rares ne sont pas géologiquement rares — trente-cinq pour cent des réserves dans un seul pays signifie que soixante-cinq pour cent sont ailleurs, et l'Afrique en détiendrait environ 15 %.

Ce qui est rare, c'est la capacité de les séparer. Ces éléments se présentent mélangés dans le même minerai, avec des propriétés chimiques très voisines : les distinguer demande des dizaines, parfois des centaines d'étages d'extraction par solvant, une maîtrise procédé accumulée sur des décennies et une tolérance aux rejets que peu de juridictions accordent.

La rareté est industrielle, pas géologique. C'est pourquoi cette fiche ne traite pas des réserves.

Le prix garanti

Un seul chiffre explique pourquoi la séparation ne se délocalise pas, et il vient d'un contrat public américain.

Il faut doubler le prix pour rendre l'opération viable

Un accord entre le département américain de la Défense et l'unique exploitant minier de terres rares des États-Unis garantit un prix plancher de 110 dollars le kilogramme pour l'oxyde de néodyme-praséodyme, « soit le double des prix chinois » selon la source. L'accord s'accompagne d'un investissement de 400 millions de dollars.

Le prix de marché implicite est donc de l'ordre de 55 dollars le kilogramme — calcul de notre fait.

Autrement dit : la puissance publique du pays le plus riche du monde estime devoir garantir le double du prix de marché pour qu'une capacité de séparation nationale soit économiquement tenable. Ce n'est pas une subvention marginale, c'est un doublement.

Ce que cela signifie pour les six projets africains. Aucun État africain ne peut offrir une garantie de cet ordre. La séparation locale sur le continent n'est donc pas d'abord un problème de technologie ou de capital — c'est un problème de prix de sortie garanti, c'est-à-dire de capacité budgétaire souveraine et de demande captive.

C'est une sixième nature d'obstacle, à ajouter aux cinq déjà recensées par le programme : le capital, le droit international, la concentration industrielle, le savoir-faire, l'accréditation privée. La sixième est l'absence d'un acheteur public prêt à payer au-dessus du marché.

Les capacités de séparation existantes, pour situer les ordres de grandeur

InstallationLocalisationCapacité annoncéeObservation
Complexe de Mongolie intérieureChine35 000 t d'oxydes/anProduit environ 60 % de l'oxyde de NdPr mondial
Complexe du SichuanChine25 000 t/anIntégration mine-raffinage-aimants
Usine malaisienne d'un groupe australienMalaisie10 500 t/anPlus grande installation hors de Chine
Raffinage d'un exploitant américainÉtats-Unis5 000 t/an, extension vers 15 000Adossé au prix plancher garanti
Site historique françaisFrance800 t/an pour aimantsPlus grande séparation complète d'Europe
Unité de recyclage d'aimantsFrance600 t/an à partir de 2027Premier recyclage industriel d'aimants adossé au raffinage de minerai
Afrique—AucuneAucune capacité de séparation identifiée sur le continent

La plus grande installation européenne produit 800 tonnes par an — soit environ 2,3 % de la capacité du seul complexe de Mongolie intérieure. L'échelle de l'écart mérite d'être vue avant toute discussion sur la diversification.

Les destinations

C'est le constat le plus net de cette fiche, et il est vérifiable projet par projet.

Correction du 31 juillet 2026

Cette fiche présentait les six projets comme s'arrêtant au concentré. C'est trompeur pour l'un d'eux. La fiche Angola établit que le projet de Longonjo prévoit d'extraire, concentrer, calciner et raffiner chimiquement sur place, pour produire un carbonate mixte titrant 50 % d'oxyde total dont 24 % de néodyme-praséodyme — soit quatre maillons sur cinq. Le carbonate est contracté à une usine d'aimants située aux États-Unis, et non au Royaume-Uni comme indiqué initialement.

La formulation exacte du constat est donc : les six projets africains s'arrêtent tous avant la séparation, mais ils ne s'arrêtent pas tous au même maillon. La différence est considérable pour la valeur retenue, et la barre de l'onglet 01 a été révisée en conséquence.

Ce projet est en outre alimenté par un aménagement hydroélectrique de 2 gigawatts, et évacué par 273 kilomètres de rail jusqu'au port : c'est le seul des six dont l'énergie et la logistique soient l'une et l'autre documentées.

LongonjoAngola · carbonate mixte raffiné sur place
→
États-Unis · usine d'aimants
Songwe HillMalawi · 5 900 t/an d'oxydes
→
Pologne
NguallaTanzanie · concentré à haute teneur
→
à établir
KangankundeMalawi · 8 300 t/an d'oxydes
→
accord d'enlèvement, destination non publiée

La destination étrangère est inscrite dès la conception

Une source le formule sans détour à propos du projet angolais : le traitement du minerai est prévu au Royaume-Uni, illustration crue de la difficulté à capter la valeur localement.

Ce n'est pas un accident ni une défaillance de négociation. C'est la conséquence directe de l'onglet précédent : si la séparation n'est viable qu'avec un prix garanti au double du marché, elle se fera là où un État consent cette garantie. Angola vers le Royaume-Uni, Malawi vers la Pologne, Tanzanie vers un opérateur désormais sous contrôle étranger.

C'est exactement la configuration établie par la fiche Mozambique — concentré de graphite acheminé vers une usine d'anodes en Louisiane, financée par Washington. Le programme documente donc désormais le même schéma sur deux substances distinctes et cinq pays : la chaîne de valeur est conçue à l'étranger avant que la mine africaine n'existe.

La différence, et elle est décisive : au Mozambique, la chaîne était déjà construite quand le décret est tombé. Sur les terres rares, rien n'est construit.

Deux réserves à porter au dossier

Une. Séparer en Afrique ne serait pas nécessairement souhaitable à tout prix. Les procédés produisent des rejets, parfois radioactifs — les monazites contiennent du thorium. Un pays qui accueille une séparation accueille aussi son passif. Aucune des sources consultées ne chiffre ce coût pour les projets africains, et l'observatoire ne le suppose pas.

Deux. Le produit intermédiaire visé varie d'un projet à l'autre — concentré, oxydes totaux, carbonate mixte de terres rares. Ces produits n'ont ni la même valeur ni la même place dans la chaîne, et les comparer sans le préciser reproduirait l'erreur que le programme a déjà corrigée deux fois. Le tableau ci-dessus indique donc le produit à chaque ligne.

Les projets africains

Six pays, aucun producteur. La dernière mine industrielle du continent a fermé en 2021.

ProjetPaysInvestissementProduction viséeStatut
KangankundeMalawi40 M$ initiaux8 300 t/an d'oxydes, dont 1 600 t de NdPr — 19,3 % du totalPremière production visée au T1 2026, industrielle fin 2026 ; serait la première mine de terres rares lancée en Afrique depuis Gakara
LongonjoAngola217 M$20 000 t/an de carbonate mixteMise en production visée en 2027 ; réserves prouvées de 30 Mt à 2,55 % d'oxydes totaux, soit ~765 000 t contenues ; plus de 20 ans de vie ; 430 emplois directs en phase 1, jusqu'à 2 400 en régime de croisière ; ambition de 5 % de la production mondiale de terres rares à aimants
NguallaTanzanie~320 M$37 200 t/an de carbonate mixte sur 20 ans ou 16 200 t/an de concentré à haute teneur dont 3 600 t de NdPr sur 24 ansParmi les plus avancés du continent ; opérateur passé sous contrôle étranger ; aucune échéance de construction ni de mise en production annoncée
Songwe HillMalawi—5 900 t/an d'oxydes totaux, dont 1 900 t de NdPr — 32,2 %Transformation prévue en Pologne
PhalaborwaAfrique du Sud326 M$1 900 t/an d'oxydes à aimants sur 16 ansÉtude de faisabilité à finaliser en 2026
MakuutuOuganda120,8 M$ en phase 11 160 t/an d'oxydes en moyenne, phase 1Réserves de 172,9 Mt à 848 ppm, soit ~146 600 t contenues ; 35 ans de vie ; argiles à adsorption ionique comparables à celles du sud de la Chine, source majeure de terres rares lourdes
GakaraBurundi——Arrêtée en 2021 ; depuis, aucune production industrielle africaine

Une divergence de facteur deux sur le projet le plus avancé

Deux sources donnent pour le même projet tanzanien 37 200 tonnes par an sur 20 ans et 16 200 tonnes par an sur 24 ans. L'écart est d'un facteur 2,3 sur le tonnage et de quatre années sur la durée.

L'explication la plus probable est que les deux valeurs ne portent pas sur le même produit — carbonate mixte d'un côté, concentré à haute teneur de l'autre — mais aucune source ne le précise. Rapporté à l'investissement, l'écart est spectaculaire : 8 602 dollars par tonne annuelle dans un cas, 19 753 dans l'autre — calculs de notre fait.

Les deux valeurs sont publiées côte à côte sans arbitrage, conformément à la charte. Aucun calcul de valeur captée n'est possible sur ce projet tant que le produit n'est pas identifié.

Le point remarquable de Makuutu

Le gisement ougandais repose sur des argiles à adsorption ionique comparables à celles du sud de la Chine, source majeure de terres rares lourdes. Or c'est précisément sur les terres rares lourdes — dysprosium, terbium — que la concentration mondiale est la plus extrême : une seule installation hors de Chine en a engagé la production commerciale, en 2025.

À 848 parties par million, la teneur est très basse et la valeur du projet tient à la composition du panier, non à sa richesse. C'est une configuration qui ne se compare à aucun autre projet africain et qui appelle un traitement distinct dans l'indice.

Annoncé n'est pas installé

La règle posée dès la première pièce de cet observatoire — trois colonnes distinctes pour l'annoncé, l'engagé et l'installé — trouve ici sa confirmation la plus nette, et elle vient de la source elle-même.

AnnéeProduction raffinée de NdPr hors ChineCapacité annoncéeÉcart
202612 000 t—Déficit de ~32 000 t face à la demande
202717 000 t——
202827 000 tjusqu'à 58 000 t2,15 ×
202938 000 t——
203046 000 t——

Deux fois plus de capacité annoncée que de production attendue

Le fournisseur de données met explicitement en garde contre une lecture fondée sur les seules capacités nominales. Dès 2028, les capacités de raffinage annoncées hors de Chine pourraient atteindre 58 000 tonnes, pour une production attendue de 27 000 — un rapport de 2,15, calcul de notre fait.

La production hors de Chine ne couvre aujourd'hui que 27,3 % de la demande mondiale — 12 000 tonnes sur 44 000, calcul de notre fait à partir du déficit publié.

Portée pour les projets africains. Les six projets recensés à l'onglet précédent annoncent tous des capacités. Aucun n'a de production. Si l'écart de 2,15 observé au niveau mondial s'applique aux projets africains — et rien n'indique qu'ils y échapperaient —, alors la projection de 7 % de la production mondiale en 2034 doit être lue comme une capacité annoncée, non comme un tonnage.

C'est la règle de la première pièce, appliquée à sa propre feuille de route.

La fenêtre

Pour la première fois en vingt-quatre pièces, cet observatoire ne documente pas un fait accompli. Sur les terres rares, tout est encore à décider — et le programme a déjà établi quand se décide ce qui compte.

Trois constats du programme convergent ici

De la fiche Tanzanie : le moment de la contrainte compte autant que son contenu. Face à un projet non décidé, l'État négocie contre une feuille de calcul, et l'exigence de transformation entre dans le modèle économique dès l'origine plutôt que de le heurter. C'est ainsi que la Tanzanie a obtenu qu'une raffinerie de nickel soit prévue sur son sol avant toute décision d'investissement.

De la base Contrôle capitalistique : le capital se positionne au stade de l'exploration, avant que l'État n'ait matière à négocier. Le pouvoir de négociation d'un État est maximal au moment exact où il a le moins de raisons de s'en servir.

De cette fiche : six projets africains de terres rares sont au stade du développement. Aucun n'a produit une tonne. Les décisions sur le lieu de séparation se prennent maintenant, et trois d'entre elles sont déjà prises — vers le Royaume-Uni, vers la Pologne, vers un opérateur étranger.

La fenêtre est ouverte et elle se referme projet par projet. C'est le seul cas du programme où l'observatoire peut désigner un moment de décision encore à venir plutôt que d'analyser une situation figée.

Et l'honnêteté oblige à dire ce que la fenêtre ne permet pas

Négocier au bon moment ne crée pas les conditions de la séparation locale. Les six obstacles recensés par le programme demeurent : le capital, le savoir-faire procédé accumulé sur des décennies, l'acceptation des rejets, l'accès à un débouché, l'électricité — et, désormais établi, l'absence d'un acheteur public prêt à payer le double du marché.

Un État qui exigerait la séparation sur son sol comme condition d'un permis obtiendrait vraisemblablement soit le départ du promoteur, soit une usine qui ne tourne pas. La fiche Ghana l'a montré sur l'affinage de l'or : l'obligation est entrée en vigueur avec quatre raffineries dont deux seulement approvisionnées et aucune accréditée.

Ce que la fenêtre permet réellement, et qui est déjà considérable : négocier une participation publique à l'entrée comme la Tanzanie ; obtenir un engagement daté de transformation ultérieure ; exiger la publication des termes ; et — le plus accessible — obtenir que la valeur du produit intermédiaire exporté soit connue et vérifiable, ce qui n'est le cas d'aucun des six projets.

Une question de méthode que cette fiche laisse ouverte

La barre de valeur captée de cet observatoire suppose une production. Sur les terres rares, il n'y en a pas. Faut-il publier une barre entièrement vide, ou représenter la chaîne projetée telle que les études de faisabilité la dessinent ?

L'observatoire retient la première option et publie une barre vide, parce que représenter un projet comme un acquis serait exactement l'erreur que la règle « annoncé ≠ installé » interdit. Mais la question mérite d'être posée, car quinze autres substances du programme sont dans des situations intermédiaires.

Barre de valeur captée

Mine
Concentré
Séparation
Oxyde de NdPr
Aimant

Production installée : zéro maillon sur cinq, aucune production industrielle africaine depuis 2021. Seule barre entièrement vide du programme sur l'existant.

Barre de valeur projetée — projet angolais

Mine
Concentré
Calcination
Raffinage chimique
Séparation et aimant

Ajoutée le 31 juillet 2026. Quatre maillons sur cinq prévus. Cette barre représente un projet en construction, non un acquis : la règle « annoncé ≠ installé » impose de la lire comme une intention datée, à vérifier à la mise en service. Elle est publiée parce que la barre vide ci-dessus, seule, donnait du continent une image inexacte.

Sources et calculs

Rang 2Fournisseur de données de marché énergétique, rapport 2026 — parts mondiales d'un seul pays : 35 % des réserves, 61 % de la production minière, 84 % de la séparation et de l'oxyde de NdPr ; production hors Chine de 12 000 t en 2026 et trajectoire jusqu'à 46 000 t en 2030 ; déficit d'environ 32 000 t ; capacités annoncées pouvant atteindre 58 000 t dès 2028 et mise en garde contre la lecture des capacités nominales.

Rang 2Agence de notation et de recherche sectorielle, novembre 2025 — projection de 7 % de la production mondiale africaine en 2034 ; tonnages et parts de NdPr des projets malawite, tanzanien et ougandais ; transformation du projet Songwe Hill en Pologne.

Rang 3Communications d'opérateurs de projets — réserves, teneurs, investissements, emplois, durées de vie et calendriers des six projets recensés ; accord d'enlèvement du projet malawite ; projet de cotation d'un promoteur.

Rang 4Analyses sectorielles et presse spécialisée, 2025 et 2026 — arrêt de la mine burundaise en 2021 et absence de production industrielle africaine depuis ; traitement du minerai angolais prévu au Royaume-Uni ; capacités des installations de séparation mondiales ; prix plancher garanti de 110 dollars le kilogramme et investissement public associé.

NoteAucune personne physique n'est nommée, conformément à la charte. Aucun coût de gestion des rejets n'a été trouvé pour les projets africains ; l'absence est signalée plutôt que comblée.

Calculs de notre fait

CalculRésultatOpération
Prix de marché implicite du NdPr~55 $/kg110 ÷ 2
Demande mondiale déduite44 000 t12 000 + 32 000
Couverture hors Chine27,3 %12 000 ÷ 44 000
Capacité annoncée rapportée à la production, 20282,15 ×58 000 ÷ 27 000
Oxydes contenus, projet angolais~765 000 t30 Mt × 2,55 %
Oxydes contenus, projet ougandais~146 600 t172,9 Mt × 848 ppm
Part de NdPr, projet malawite19,3 %1 600 ÷ 8 300
Part de NdPr, second projet malawite32,2 %1 900 ÷ 5 900
Investissement par tonne annuelle, projet tanzanien8 602 ou 19 753 $320 M$ ÷ 37 200 et ÷ 16 200
Investissement par tonne annuelle, projet sud-africain171 579 $326 M$ ÷ 1 900
Capacité européenne rapportée au complexe de référence2,3 %800 ÷ 35 000

Les investissements par tonne annuelle ne sont pas comparables entre eux : ils portent sur des produits différents — carbonate mixte, concentré, oxydes séparés — dont la valeur unitaire varie d'un ordre de grandeur. Ils sont publiés pour situer les projets, jamais pour les classer.

Divergence documentée : 20 000 ou 38 000 tonnes par an ?

Ce programme publie deux valeurs pour le même projet angolais, et le même capital de 217 millions de dollars : 20 000 tonnes par an de carbonate mixte dans le tableau des projets, 38 000 tonnes par an de sulfate de terres rares mixtes dans la fiche pays, dont 4 400 tonnes de néodyme-praséodyme.

Ce ne sont pas deux chiffres pour le même produit. Le sulfate mixte et le carbonate mixte sont deux intermédiaires successifs : le second se précipite à partir du premier et titre davantage en oxyde. Un même procédé peut donc produire plus de tonnes de sulfate que de tonnes de carbonate, sans contradiction.

Ce que l'arithmétique interne permet de dire, à partir des teneurs publiées — 50 % d'oxyde total dont 24 % de néodyme-praséodyme :

HypothèseOxyde totalNdPr obtenuÉcart aux 4 400 t annoncées
38 000 t de sulfate19 000 t4 560 t+3,6 %
20 000 t de carbonate10 000 t2 400 t−45,5 %

Le tonnage de néodyme-praséodyme annoncé est compatible avec la première hypothèse et non avec la seconde — calculs de notre fait. Cela n'invalide pas le chiffre de 20 000 tonnes : il peut désigner une première phase, un autre point de la chaîne, ou un état antérieur du projet.

Aucune source consultée n'arbitre, et cet observatoire n'arbitre pas davantage. Les deux valeurs restent publiées, avec leur produit respectif, et le test arithmétique est publié avec elles. Point de contrôle datable : produit et tonnage effectifs à la première production, visée en 2027.

Renvois internes

PièceLien
Fiche TanzanieLe moment de la contrainte ; acquisition du promoteur de Ngualla en 2025
Base Contrôle capitalistiqueEntrée au capital au stade de l'exploration ; l'acquisition tanzanienne y figure
Fiche MozambiqueMême schéma sur le graphite : chaîne de valeur conçue à l'étranger avant que la mine n'existe
Fiche substance OrL'obligation de transformation entrée en vigueur sans capacité accréditée : précédent direct
Fiche substance GraphitePremière substance où la transformation est plus concentrée que la mine