Initiatives AfricaObservatoire des Mines
Accueil · 24 substances · Vanadium
Fiche substance 09 · Pièce 62 · Métaux d'alliage · Édition du 9 septembre 2026

Vanadium

L'Afrique y est productrice primaire quand le reste du monde en fait un sous-produit de l'acier. C'est l'inverse exact de la fiche précédente — et le statut d'une substance n'est donc pas une propriété de la substance.

18 %
de la production mondiale par voie directe, Afrique du Sud et Chine
> 80 %
du vanadium mondial issu d'un même type de minerai
2 %
de la consommation pour les batteries, projetée à 10 %
+10 à 15 %
de coûts d'exploitation imposés par la réglementation
200 L/kg
d'eau au raffinage — cinquième occurrence de cet intrant
2/2
contrôles arithmétiques concordants sur les marchés publiés

Primaire ou dérivé

La fiche hélium a proposé une composante : statut de la substance, principale ou sous-produit. Le vanadium en fournit le second cas — et il oblige à corriger la composante elle-même.

Voie directe · Afrique du Sud, Chine

Le vanadium est l'objet de l'exploitation

Lorsque la teneur en oxyde de vanadium dépasse 1 à 1,5 %, le minerai de titanomagnétite peut être traité directement pour le récupérer.

Cette voie représentait 18 % de la production mondiale en 2021. Un complexe sud-africain fournit à lui seul plus de 20 000 tonnes par an, soit environ 18,2 % du total mondial — calcul de notre fait, cohérent avec la part de la voie directe.

↔
Voie du laitier · Chine, Nouvelle-Zélande, Russie

Le vanadium est un résidu de l'acier

Pour les teneurs inférieures, l'oxyde de vanadium est extrait du laitier obtenu lorsque le même minerai sert à élaborer de l'acier — dans quatorze aciéries selon les sources.

Les scories de vanadium sont estimées contribuer à plus de 30 % de l'utilisation du marché. La diversification passe aussi par les résidus d'uranium.

Le statut n'est pas une propriété de la substance, mais de la filière locale

La fiche hélium a établi que la production d'un sous-produit ne répond pas à son propre prix mais à celui de sa filière porteuse, et que l'assiette de sa redevance est indéterminée. Elle traitait implicitement ce statut comme une caractéristique de la substance.

Le vanadium montre que c'est faux : le même minerai donne un produit principal ici et un résidu là, et la différence tient à une teneur — au-dessus de 1 à 1,5 %, on extrait ; en dessous, on récupère.

Les deux fiches consécutives donnent les deux configurations, et elles sont inversées :

— Hélium : l'Afrique produit en sous-produit — séparation du gaz naturel au nord du continent — et un projet est-africain viserait le primaire.

— Vanadium : l'Afrique produit en primaire, quand une partie du monde récupère un résidu.

Composante corrigée : statut de la substance dans la filière du pays considéré — principale ou sous-produit —, filière porteuse le cas échéant, et teneur de bascule quand elle existe. Elle se renseigne par pays et non par substance, ce que la formulation d'hier ne prévoyait pas.

Ce que cela vaut pour l'Afrique du Sud, et il faut le dire. Être en voie directe signifie que la production répond au prix du vanadium et non à celui de l'acier : l'assiette de la redevance est déterminable, et la décision d'investir dépend du marché de la substance. C'est une position plus favorable que celle du cobalt congolais, largement sous-produit du cuivre, dont la fiche établit que le producteur est pénalisé par le succès d'extraction d'un autre métal.

Deux divergences de sources, publiées telles quelles

Sur la part chinoise : une source donne environ 60 000 tonnes sur une production mondiale supérieure à 110 000, soit 54,5 % — calcul de notre fait ; une autre retient « plus de 43 % de la production mondiale ». L'écart est de onze points et les exercices ne sont pas identiques.

Sur la part de l'acier : une source indique que plus de 90 % du vanadium était consommé dans les applications sidérurgiques en 2024 ; une autre que le segment acier représentait 76,34 % de la part de marché la même année.

Cette seconde divergence a une explication probable et une seule : la première mesure un volume consommé, la seconde une part de marché en valeur. Un usage de niche à forte valeur unitaire pèse davantage en valeur qu'en volume.

Aucune source ne l'établit, et cet observatoire ne tranche pas. Il publie les deux et signale que volume et valeur ne se substituent jamais l'un à l'autre — c'est la révision 13, appliquée ici à une répartition d'usages plutôt qu'à un tonnage exporté.

La demande qui ne vient pas

Ce programme documente des substances menacées par un substitut. En voici une qui attend un usage annoncé depuis des années.

Répartition de la consommation mondiale de vanadium
Applications sidérurgiques · plus de 90 % autres
projection batteries : 10 %

Les batteries à flux redox représentent environ 2 % de la consommation mondiale, et les projections indiquent que cette part pourrait atteindre 10 % — un facteur cinq, sur une base de deux points.

La révision 11 traite des substituts ; il lui manque le cas symétrique

La révision 11 distingue deux types de substitution, et la fiche hélium en a ajouté un troisième : substitut de fonction, substitut de rareté, substitution partielle par usage. Les trois décrivent une demande qui se retire.

Le vanadium présente le cas inverse : une demande annoncée qui ne se réalise pas. La technologie de stockage stationnaire est présentée par plusieurs sources comme prometteuse et déterminante pour l'intégration des renouvelables ; elle pèse deux points de la consommation.

Ce n'est pas un jugement sur la technologie, et cet observatoire n'en porte pas. C'est un constat de méthode : une demande projetée n'est pas une demande, exactement comme une capacité annoncée n'est pas une capacité installée.

C'est la règle « annoncé ≠ installé » transposée du côté de la demande, et le programme ne l'avait jamais formulée. Ses trois états — annoncé, installé, alimenté — décrivent une capacité de production. Il faut leur symétrique : demande annoncée, demande contractée, demande réalisée.

Composante proposée : part effective de l'usage émergent dans la consommation, et non sa part projetée. Elle éviterait qu'un pays dimensionne une capacité sur une demande qui reste à deux points.

La fiche terres rares avait rencontré la même question par un autre chemin, en identifiant l'absence d'acheteur payant au-dessus du marché comme le sixième obstacle. Ici l'acheteur existe, mais il est petit.

Deux contrôles arithmétiques, et ils passent tous les deux

Marché publiéValeurs annoncéesVérification
Batteries à flux redox1,42 Md$ en 2026 → 1,97 en 2035, taux annuel moyen 3,7 %1,42 × 1,037⁹ = 1,97 · concordant
Vanadium, tous usages2,00 Md$ en 2026 → 3,32 en 2035, taux annuel moyen 5,8 %2,00 × 1,058⁹ = 3,32 · concordant

Calculs de notre fait. C'est la deuxième fiche consécutive dont les grandeurs publiées se recoupent, après cinq dossiers où elles ne se recoupaient pas — durée de vie camerounaise, capacité nigériane, estimation algérienne, production tanzanite, réserves algériennes.

Un rapprochement que les sources ne font pas et que cet observatoire relève : le marché des batteries croît à 3,7 % par an quand celui du vanadium croît à 5,8 %. Si ces deux séries se réalisaient, la part des batteries dans la consommation diminuerait au lieu d'atteindre 10 %. Les deux projections proviennent de sources différentes et ne sont pas construites ensemble ; l'observatoire ne conclut pas, et signale que la projection de 10 % n'est étayée par aucune des deux séries de croissance publiées.

Le coût de la règle

Le constat 27 établit que la contrainte d'exploitation est un domaine hors typologie. Ce dossier en donne pour la première fois un coût chiffré.

ChargeGrandeur publiéeOccurrence dans le programme
Réglementation environnementaleCadres sud-africain et brésilien imposant l'adoption de technologies de lixiviation à faible impact : +10 à 15 % de coûts d'exploitationPremier coût réglementaire environnemental chiffré du corpus
EauPlus de 200 litres par kilogramme au raffinage, soit 200 mètres cubes par tonneCinquième occurrence de l'intrant eau, après le Maroc, l'Égypte, Madagascar et la Tunisie
ÉmissionsPlus de 5 tonnes de dioxyde de carbone par tonne de vanadium produite, pour l'exploitation à ciel ouvert et le traitement par grillage et lixiviationRenvoi vers l'observatoire Environnement et Climat
Effet observé ailleursPlus de vingt installations de transformation temporairement fermées en Chine en 2023 pour dépassement des seuils d'émissionRapporté sans commentaire

Une contrainte d'exploitation dont le coût est publié — et c'est le premier cas

Le constat 27, issu de la fiche Tunisie, identifie quatre freins hors typologie : l'eau, le transport, l'intrant importé et le capital. Aucun n'était chiffré. Celui-ci l'est : de 10 à 15 % de coûts d'exploitation supplémentaires, imposés par une exigence de procédé.

Ce que cela permet de comparer. La fiche chrome établit qu'un tarif électrique multiplié par dix a mis à l'arrêt cinquante-cinq fonderies sur soixante-six — un facteur dix. Ici l'ordre de grandeur est tout autre : une contrainte de dix à quinze points renchérit sans détruire.

La comparaison a une portée précise, et une seule : ces deux contraintes appartiennent à la même catégorie — le coût d'exploitation — et leurs effets diffèrent d'un ordre de grandeur. Le constat 27 gagnerait donc à être gradué, plutôt que de traiter comme un bloc l'eau, le transport, l'énergie et la réglementation.

Cet observatoire ne se prononce pas sur le bien-fondé de ces réglementations, qui relèvent d'arbitrages environnementaux et sanitaires dont il n'est pas partie. Il en relève le coût publié, comme il relève le coût diplomatique de la réforme ghanéenne ou le manque à gagner de l'électricien sud-africain.

Composante proposée : coût réglementaire d'exploitation, en pourcentage des coûts, lorsqu'il est publié. C'est le seul cas du corpus où il l'est.

Barre de valeur captée — vanadium

Mine
Grillage et lixiviation
Oxyde et alliages
Électrolyte
Batterie ou acier fini

Deux maillons et demi sur cinq, et c'est l'une des barres les plus profondes du corpus après les phosphates marocains et le charbon. Un complexe sud-africain fournit les marchés des batteries, de la chimie et des alliages, ce qui suppose une transformation locale au-delà du concentré. Aucune source consultée ne publie la part de chaque maillon, et cette barre est donnée comme schéma de filière.

Sources et calculs

Rang 2Ressource documentaire scientifique, édition 2023 — substitution du titane au fer dans la magnétite donnant un oxyde mixte ; traitement direct du minerai lorsque la teneur en oxyde de vanadium dépasse 1 à 1,5 %, pratiqué en Afrique du Sud et en Chine et représentant 18 % de la production mondiale en 2021 ; extraction du laitier obtenu lors de l'élaboration de l'acier pour les teneurs inférieures, pratiquée en Chine, en Nouvelle-Zélande et en Russie dans quatorze aciéries ; description du principe des batteries à flux redox et des quatre degrés d'oxydation du vanadium en solution ; production de 1 138 tonnes de vanadium contenu sur un site sud-africain en 2021.

Rang 4Cabinets d'analyse de marché, 2024 à 2026 — production mondiale supérieure à 110 000 tonnes en 2023, dont plus de 80 % issus de minerais de titanomagnétite contenant du vanadium ; production chinoise d'environ 60 000 tonnes selon une source et part supérieure à 43 % de la production mondiale selon une autre ; plus de 90 % du vanadium consommé dans les applications sidérurgiques en 2024 selon une source, part de marché du segment acier de 76,34 % la même année selon une autre ; complexe sud-africain fournissant plus de 20 000 tonnes par an aux marchés des batteries, de la chimie et des alliages ; scories de vanadium estimées contribuer à plus de 30 % de l'utilisation du marché ; batteries à flux redox représentant environ 2 % de la consommation mondiale, part projetée à 10 % ; marché des batteries à flux redox de 1,42 milliard de dollars en 2026 et 1,97 en 2035, à un taux annuel moyen de 3,7 % ; marché du vanadium de 2 milliards de dollars en 2026 et 3,32 en 2035, à un taux annuel moyen de 5,8 % ; offre largement concentrée en Afrique du Sud, en Chine et en Russie, et qualification du vanadium comme minéral essentiel par un État consommateur ; diversification recherchée par le recyclage, le développement national et la coproduction à partir de scories d'acier et de résidus d'uranium ; émissions supérieures à 5 tonnes de dioxyde de carbone par tonne produite ; fermeture temporaire de plus de vingt installations chinoises en 2023 pour dépassement des seuils d'émission ; cadres réglementaires sud-africain et brésilien imposant des technologies de lixiviation à faible impact et augmentant les coûts d'exploitation de 10 à 15 % ; consommation d'eau au raffinage supérieure à 200 litres par kilogramme.

NoteLa part chinoise et la part de l'acier divergent selon les sources ; les deux valeurs de chaque couple sont publiées sans arbitrage, les périmètres — volume et valeur — n'étant pas identiques. Aucune production africaine de vanadium par exercice, aucune part de chaque maillon de la filière, aucun prix du vanadium, aucune recette publique tirée de cette substance n'apparaissent dans les sources consultées. La barre de valeur est donnée comme schéma de filière et non comme mesure. Aucune personne physique n'est nommée, et aucune entreprise n'est désignée, conformément à la charte.

Calculs de notre fait

CalculRésultatOpération
Part d'un complexe sud-africain dans la production mondiale~18,2 %20 000 ÷ 110 000 t — cohérent avec les 18 % de la voie directe
Part chinoise selon la première source54,5 %60 000 ÷ 110 000 t, contre « plus de 43 % » ailleurs
Facteur de croissance projeté pour les batteries×510 % ÷ 2 %
Contrôle du marché des batteriesconcordant1,42 × 1,037⁹ = 1,97
Contrôle du marché du vanadiumconcordant2,00 × 1,058⁹ = 3,32
Rapprochement des deux taux3,7 % contre 5,8 %la part des batteries diminuerait si les deux séries se réalisaient
Eau au raffinage200 m³/t200 L/kg

Propositions pour la consolidation

PiècePortée
Composante corrigée, issue de la fiche héliumLe statut principal ou sous-produit n'est pas une propriété de la substance mais de la filière du pays considéré : le même minerai donne un produit principal au-dessus d'une teneur de bascule et un résidu en dessous. À renseigner par pays, avec la teneur de bascule quand elle existe
Symétrique des trois états« Annoncé, installé, alimenté » décrit une capacité de production. Il lui manque son pendant du côté de la demande : demande annoncée, demande contractée, demande réalisée. Une demande projetée n'est pas une demande — 2 % effectifs contre 10 % projetés
Constat 27, à graduerIl traite comme un bloc l'eau, le transport, l'énergie et la réglementation. Leurs effets diffèrent d'un ordre de grandeur : un tarif électrique multiplié par dix arrête 83 % des fonderies ; une exigence de procédé renchérit de 10 à 15 % sans détruire
Gabarit substanceCoût réglementaire d'exploitation, en pourcentage des coûts, lorsqu'il est publié. Premier et seul cas du corpus