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Initiatives AfricaEnvironnement & Climat Observatoire / Énergie
Base thématique — Énergie et accès à l'électricité

Ce n'était pas un problème africain. C'en est devenu un.

En 2010, l'Afrique subsaharienne représentait 50 % des personnes privées d'électricité dans le monde. Elle en représente aujourd'hui 86 %. Le déficit mondial n'a pas augmenté : il s'est déplacé, et il s'est concentré. Ce que le reste du monde a résolu en quinze ans, le continent ne l'a pas résolu — et le rythme du progrès y a été divisé par deux.

La signature de cette base — la part africaine du déficit mondial
Afrique subsaharienne en 2010Part du déficit mondial d'accès
50 %
Afrique subsaharienne aujourd'huiPart du déficit mondial d'accès
86 % — 563 MILLIONS SUR 655 MILLIONS DE PERSONNES
Rythme de progression de l'accès : 0,77 point par an sur 2010-2020
puis 0,39 point par an sur 2020-2023 — soit une division par deux
Nouveaux raccordés : 23 millions en 2019, moins de 19 millions en 2023 et en 2024
563–600MPersonnes sans accès à l'électricité selon la source et le périmètre — écart publié sans arbitrageQuatre valeurs
2–4%Part du produit intérieur brut subsaharien perdue chaque année du fait des coupures et de la non-fiabilitéBanque régionale de développement
15Md$/anInvestissement annuel requis pour atteindre l'accès universelAgence internationale de l'énergie · 2025
84%Part des personnes privées d'électricité dans le monde qui vivent en zone ruraleSuivi de l'objectif 7
8,1%/anCroissance annuelle composée de la capacité renouvelable subsaharienne sur 2014-2024, contre 5,4 % au niveau mondialSuivi de l'objectif 7 · 2026
4,7pour 1Rapport entre promesses et décaissements sur la cuisson propre — 2,2 Md$ annoncés, 470 M$ versésCalcul, d'après le suivi de l'objectif 7

Pourquoi cette base existe

Le pilier énergétique de notre indice de résilience est celui où les données existent le plus. C'est aussi celui où le récit dominant résiste le moins à l'examen.

La concentration, en trois chiffres publiés
Part de l'Afrique subsaharienne dans le déficit mondial en 2010 : 50 %
Part aujourd'hui : 86 % — 563 sur 655 millions de personnes
→ ce qui était un défi mondial est devenu, en termes structurels, un défi africain

Cette formulation n'est pas de nous : elle figure telle quelle dans les analyses du secteur. Elle mérite d'être comprise correctement. L'Afrique n'a pas régressé — le nombre absolu de personnes privées d'électricité y a légèrement diminué. Mais l'Asie du Sud et l'Asie du Sud-Est ont, elles, massivement électrifié. Le continent est resté au même endroit pendant que le reste du monde avançait, et c'est ce déplacement relatif que mesure le passage de 50 à 86 %.

Le fait le plus préoccupant n'est pas le niveau, c'est la dérivée. L'accès progressait de 0,77 point de pourcentage par an entre 2010 et 2020. Il ne progresse plus que de 0,39 point entre 2020 et 2023. Le nombre de nouveaux raccordés est passé de 23 millions en 2019 à moins de 19 millions en 2023 comme en 2024. L'électrification suit à peine la croissance démographique : à ce rythme, le déficit absolu ne se referme pas.

« Six cents millions » : un chiffre, quatre valeurs

C'est le nombre le plus cité du débat énergétique africain. Il figure dans les rapports de bailleurs, les discours politiques, les prospectus d'investissement. Il varie de trente-sept millions selon la source consultée.

ValeurPérimètre et méthodeSource et millésime
563 millionsAfrique subsaharienne, enquêtes auprès des ménages — sur 655 millions dans le monde, soit 86 %Suivi de l'objectif de développement durable 7, édition 2026, données 2024Référence incomplète — document exact, page ou tableau et URL probante à vérifier. Valeur non validée dans cet audit (18 septembre 2026).
565 millionsAfrique subsaharienne, enquêtes auprès des ménages — sur 666 millions dans le monde, soit 85 %Même publication, édition 2025, données 2023Référence incomplète — document exact, page ou tableau et URL probante à vérifier. Valeur non validée dans cet audit (18 septembre 2026).
590 millionsEstimation fondée sur les données administratives des ministères de l'énergieAgence internationale de l'énergie, rapport d'investissement 2026Référence incomplète — document exact, page ou tableau et URL probante à vérifier. Valeur non validée dans cet audit (18 septembre 2026).
≈ 600 millionsMême méthode administrative, appliquée au continent entier et non à la seule Afrique subsaharienneAgence internationale de l'énergie, usage courantRéférence incomplète — document exact, page ou tableau et URL probante à vérifier. Valeur non validée dans cet audit (18 septembre 2026).
Pourquoi cet écart n'est pas une erreur, et pourquoi il compte. Deux méthodes coexistent : les enquêtes auprès des ménages, qui mesurent ce que les gens déclarent, et les données administratives des ministères, qui mesurent les raccordements enregistrés. Un ménage raccordé mais sans électricité fiable compte dans la seconde, pas nécessairement dans la première. L'écart de trente-sept millions de personnes mesure donc la différence entre être raccordé et être alimenté — ce qui est, précisément, la question africaine.
La conséquence pratique. Deux documents peuvent affirmer des choses différentes en étant tous deux exacts, et un investisseur ne peut pas comparer un objectif national bâti sur les déclarations de ménages avec un autre bâti sur les registres administratifs. Cette base publie les quatre valeurs et ne retient aucune comme « la » bonne, conformément à la règle appliquée à toutes nos publications.

Ce que coûte l'électricité qu'on n'a pas

Le débat porte le plus souvent sur l'accès. Le coût économique le mieux documenté porte sur la fiabilité.

Le chiffre le plus opérationnel de cette base
Perte annuelle de produit intérieur brut subsaharien due aux coupures
et à la non-fiabilité de l'alimentation : 2 à 4 %

À titre de comparaison — investissement annuel requis
pour l'accès universel : 15 Md$

Un continent qui perd entre deux et quatre pour cent de sa production annuelle du fait de ses coupures a, en principe, tout intérêt économique à investir dans son réseau. Que cet investissement ne se fasse pas malgré ce rendement apparent est le vrai sujet — et il renvoie aux conditions de financement documentées par notre base consacrée à la finance climat, où l'Afrique reçoit une part de l'investissement énergétique mondial très inférieure à son poids démographique.

Le cas que nos fiches ont documenté

Notre fiche Mozambique établit ce qu'elle nomme une résilience asymétrique : l'installation gazière flottante de Coral South est conçue pour résister à une tempête centennale, tandis que le réseau national cède chaque année, laissant des centaines de milliers de clients sans électricité.

Le même pays abrite donc l'infrastructure la plus résiliente et l'une des moins fiables du continent. Ce n'est pas une contradiction technique : c'est une hiérarchie d'investissement, et elle est lisible.

Ce qui progresse réellement

Le tableau n'est pas uniformément sombre, et il serait malhonnête de le présenter ainsi. Trois évolutions sont solidement établies.

ÉvolutionDonnéePortée
Croissance de la capacité renouvelable subsaharienne8,1 % par an en moyenne composée sur 2014-2024, contre 5,4 % au niveau mondialLe continent croît plus vite que le monde — mais depuis une base si basse que les gains absolus restent modestes
Part du renouvelable dans l'énergie africainePlus de 55 %Grâce notamment à l'hydroélectricité et à la biomasse ; une base de départ favorable
Solutions décentraliséesPlus de 50 millions de produits solaires hors réseau vendus en 2022 comme en 2023Un secteur qui a résisté aux difficultés macroéconomiques
Capacité renouvelable installée du continent82 397 MW fin 2025, en hausse record de 15,9 %Mais seulement 1,6 % des 692 GW mondiaux
Comment lire les 8,1 % de croissance. C'est un taux supérieur à la moyenne mondiale, et c'est réel. Mais un taux élevé appliqué à une base faible produit des gains faibles en valeur absolue — la formulation est celle de la source elle-même. Rapporté à la population, le continent reste très loin du record mondial de capacité installée par habitant, atteint en 2024. Citer le taux sans citer la base serait trompeur, et c'est fréquent.

Une dynamique nouvelle, et son motif réel

Quinze pays africains ont enregistré des importations record de panneaux solaires, dépassant 400 millions de dollars sur le seul premier trimestre 2026, contre 650 millions pour l'ensemble de 2025. Les exportations solaires chinoises vers l'Afrique ont bondi de 120 % sur un an.

Mais l'analyse qui rapporte ces chiffres en précise le motif : il s'agit d'une réaction du marché à un choc de sécurité énergétique, non d'un déploiement planifié. Ménages et entreprises achètent une protection contre la volatilité du prix des carburants, particulièrement là où les groupes électrogènes diesel sont répandus. C'est une transition par défaut — et elle échappe entièrement aux politiques publiques qui prétendent la piloter.

Les engagements, et l'écart au décaissement

Un programme continental structure aujourd'hui le sujet. Un autre, plus modeste, fournit la mesure la plus nette de l'écart entre l'annonce et le versement.

ÉlémentValeur
Objectif du programme continental d'électrification300 millions de personnes raccordées d'ici 2030, soit plus de la moitié du déficit
Financement viséPlus de 90 milliards de dollars
Part attendue des solutions décentraliséesEnviron la moitié des nouveaux raccordements — mini-réseaux et solaire hors réseau, à conduite majoritairement privée
Investissement annuel requis pour l'accès universel15 milliards de dollars
Part privée attendue dans la trajectoire d'accèsUn peu plus de 45 % des dépenses
Le rapport que cette base retient — calcul de l'observatoire
Cuisson propre : engagements annoncés lors du premier sommet africain dédié, 2024
2 200 M$ promis
470 M$ effectivement décaissés
→ rapport promesse-décaissement de 4,7 pour 1, soit 21 % versés

La source qui publie ces deux montants qualifie cet écart de « problème définitionnel de la finance climat africaine ». Nous partageons ce constat, et nos propres travaux le corroborent : notre base consacrée à la Grande Muraille Verte a établi plus de dix-neuf milliards de dollars engagés pour treize pour cent décaissés, et sur le seul tracé sénégalais, huit cent soixante-dix millions annoncés contre cent quarante-neuf reçus. Trois dossiers différents, un même ordre de grandeur.

Ce que ce rapprochement établit. L'écart entre l'annoncé et le versé n'est pas un accident propre à un programme : il apparaît sur la cuisson propre, sur la restauration des terres et sur la transition juste — les trois dossiers que cet observatoire a chiffrés. C'est pourquoi le taux de décaissement, et non d'engagement, figure parmi les indicateurs prioritaires de notre base consacrée à la finance climat.

Ce que les cinquante-quatre fiches ont établi

Le travail documentaire a fait remonter, pays par pays, des situations énergétiques que les moyennes continentales effacent.

PaysSituation établie
Afrique du SudPremier parc renouvelable du continent — 16 598 MW — et 39 GW de charbon au Mpumalanga, soit environ 80 % de sa capacité installée. Le seul pays dont l'enjeu est de sortir du charbon, non d'y entrer
Éthiopie100 % du réseau en renouvelable, deuxième parc du continent avec 10 082 MW. Mais 80 % de ses émissions viennent de l'agriculture : un réseau propre ne suffit pas à décarboner un pays
KenyaEnviron 90 % de renouvelables, géothermie au sixième rang mondial. Premier pays africain confronté au problème de stabilité de réseau à forte part de sources variables
RD CongoAtlas de 3 348 sites pour 167 000 MW de potentiel. 0,7 % exploité et fonctionnel — 1 130 MW opérationnels sur 2 677 installés
ZambieProduction très majoritairement hydraulique : la sécurité énergétique y est une variable climatique, au même titre qu'au Mozambique
MauritanieSeul cas de l'échantillon où un secteur entier passe en évitement net — l'hydrogène vert ferait de l'énergie un poste négatif en 2035
CamerounPoste dominant inattendu : l'efficacité énergétique industrielle porte 42 % de la réduction énergétique visée — ni le solaire, ni l'hydraulique
SeychellesObjectif énergétique de 3,9 % seulement, le plus faible de l'échantillon : un archipel dispersé, dépendant du pétrole importé, aux réseaux insulaires séparés
Ce que cette diversité interdit. Huit situations, huit contraintes différentes. Un objectif continental unique d'accès ou de part renouvelable n'a pas de signification opérationnelle commune à ces pays — et c'est l'une des raisons pour lesquelles cet observatoire publie pays par pays plutôt qu'en moyennes.

Les indicateurs que cette base se fixe de produire

Premier indicateur — l'accès effectif, distingué du raccordement

L'écart de trente-sept millions de personnes entre méthodes le montre : être raccordé n'est pas être alimenté. Publier, par pays, le taux de raccordement et une mesure de la fiabilité — heures de coupure annuelles, clients affectés — donnerait la seule information que cherche réellement un industriel ou un hôpital.

Second indicateur — le taux d'exploitation du potentiel

Le cas congolais fournit le modèle : 167 000 MW de potentiel identifié, 0,7 % exploité et fonctionnel. Ce ratio, généralisé, dirait bien plus que la capacité installée absolue — il mesure l'écart entre ce qu'un pays possède et ce qu'il utilise.

Troisième indicateur — la part du marché non planifié

Les importations record de panneaux solaires signalent une électrification par initiative privée défensive, hors de tout plan public. Mesurer cette part — importations de matériel solaire, ventes hors réseau — dirait ce que les statistiques de capacité installée ignorent : une partie de la transition africaine se fait sans les États.

Ce que cette base ne fera pas. Elle ne publiera pas de classement des pays par taux d'accès. Un taux de 90 % dans un pays de deux millions d'habitants et un taux de 60 % dans un pays de deux cents millions ne décrivent pas des efforts comparables, et les deux méthodes de mesure coexistantes rendraient tout palmarès contestable. La base publie les situations, leurs contraintes et leurs écarts.

Sources

DonnéeSourceMillésime
563 millions de personnes sur 655 dans le monde, soit 86 % ; part subsaharienne passée de 50 % en 2010 ; croissance renouvelable de 8,1 %/an contre 5,4 % au niveau mondial ; record mondial de capacité par habitant ; engagements de 2,2 Md$ sur la cuisson propre pour 470 M$ décaissés ; besoin de 8 Md$/an dont 4 pour l'Afrique subsaharienneSuivi de l'objectif de développement durable 7 — rapport conjoint de cinq institutions internationales, édition 2026, données 20242026Référence incomplète — document exact, page ou tableau et URL probante à vérifier. Valeur non validée dans cet audit (18 septembre 2026).
565 millions sur 666 dans le monde, soit 85 % ; progression de 0,77 point par an sur 2010-2020 puis 0,39 sur 2020-2023 ; plus de 50 millions de produits solaires hors réseau vendus en 2022 et 2023 ; 84 % des personnes sans électricité en zone rurale ; objectif de 300 millions de personnes et plus de 90 Md$Même publication, édition 2025, données 20232025Référence incomplète — document exact, page ou tableau et URL probante à vérifier. Valeur non validée dans cet audit (18 septembre 2026).
Environ 600 millions de personnes ; électrification suivant à peine la croissance démographique ; moins de 19 millions de nouveaux raccordés en 2023 et 2024 contre 23 millions en 2019 ; besoin de 15 Md$/an ; part privée d'un peu plus de 45 % dans la trajectoire d'accèsAgence internationale de l'énergie, rapport sur le financement de l'accès à l'électricité en Afrique2025Référence incomplète — document exact, page ou tableau et URL probante à vérifier. Valeur non validée dans cet audit (18 septembre 2026).
590 millions selon la méthode administrative ; explication des deux méthodologies ; importations record de panneaux solaires par quinze pays, plus de 400 M$ au premier trimestre 2026 contre 650 M$ pour 2025 ; exportations chinoises en hausse de 120 % ; motif de choc de sécurité énergétiqueAnalyse sectorielle spécialisée sur la transition énergétique africaine, d'après les sources ci-dessus2026Référence incomplète — document exact, page ou tableau et URL probante à vérifier. Valeur non validée dans cet audit (18 septembre 2026).
Perte de 2 à 4 % du produit intérieur brut subsaharien due aux coupures ; objectif du programme continental ; près de 40 % du gaz naturel découvert mondialement sur la décennieBanque régionale de développement, citée par la presse économique panafricaine2026Référence incomplète — document exact, page ou tableau et URL probante à vérifier. Valeur non validée dans cet audit (18 septembre 2026).
Plus de 55 % de l'énergie africaine d'origine renouvelableSystème des Nations unies pour le développement—Référence incomplète — document exact, page ou tableau et URL probante à vérifier. Valeur non validée dans cet audit (18 septembre 2026).
82 397 MW de capacité renouvelable installée fin 2025, hausse de 15,9 %, 1,6 % des 692 GW mondiauxAgence internationale des énergies renouvelables2026Référence incomplète — document exact, page ou tableau et URL probante à vérifier. Valeur non validée dans cet audit (18 septembre 2026).
Situations nationales — Afrique du Sud, Éthiopie, Kenya, RD Congo, Zambie, Mauritanie, Cameroun, Seychelles, MozambiqueFiches pays de cet observatoire2026Référence incomplète — document exact, page ou tableau et URL probante à vérifier. Valeur non validée dans cet audit (18 septembre 2026).
Décaissements de la Grande Muraille Verte ; concentration de la finance climatBases thématiques Grande Muraille Verte et Finance climat de cet observatoire2026Référence incomplète — document exact, page ou tableau et URL probante à vérifier. Valeur non validée dans cet audit (18 septembre 2026).
Note de méthode. Le rapport promesse-décaissement de 4,7 pour 1 sur la cuisson propre est un calcul de l'observatoire à partir des deux montants publiés par la même source. La comparaison des quatre estimations du déficit d'accès rapproche des méthodes et des périmètres différents : c'est l'objet même de la section qui les présente, et aucune valeur n'est retenue comme référence.
Ce que cette base ne peut pas encore faire. Elle n'établit pour aucun pays africain une mesure homogène de la fiabilité de l'alimentation — heures de coupure, clients affectés, coût des délestages. C'est la donnée la plus demandée par les investisseurs industriels et la moins publiée du continent.