La littérature sur la vulnérabilité différenciée des femmes au changement climatique est vaste et convergente. Sur nos cinquante-quatre fiches pays, trois seulement portent un engagement genre assorti d'un chiffre. Un pays s'engage à consacrer 20 % de toute sa finance climat à des coopératives et exploitations dirigées par des femmes. C'est le seul de notre échantillon à fixer une part sur l'ensemble de son financement — et cette base explique pourquoi cette rareté compte plus que les déclarations d'intention.
La même observation est revenue dans quatre de nos bases précédentes, sans jamais être traitée pour elle-même. Elle mérite un dossier propre.
Quatre dossiers, une même structure : une population majoritaire dans le travail réel, minoritaire dans le document qui l'organise.
La différence entre les deux lignes est tout le sujet de cette base. Mentionner le genre parmi ses priorités n'engage à rien de vérifiable ; y attacher un pourcentage crée une obligation opposable. C'est la même distinction que celle appliquée à la finance climat dans nos autres bases — entre le besoin annoncé et le flux reçu.
Ils diffèrent par leur objet — l'un porte sur le financement, l'autre sur la gouvernance, le troisième sur le budget de programme. Les trois méritent d'être connus.
| Pays | Engagement | Objet |
|---|---|---|
| Liberia | 20 % de toute la finance climat aux coopératives dirigées par des femmes, aux petites exploitantes et aux entrepreneuses d'ici 2035 ; projet pluriannuel d'accès des femmes aux emplois des énergies renouvelables, de la gestion durable des déchets et des entreprises résilientes | Allocation financière — le seul engagement de notre échantillon portant sur l'ensemble du financement |
| Cameroun | 40 % de femmes dans les comités de gestion forestière ; 30 % des revenus carbone des projets verts aux coopératives de femmes, jeunes, personnes handicapées et peuples autochtones d'ici 2028 ; 10 000 agricultrices formées ; 5 000 femmes formées aux métiers de l'énergie propre | Gouvernance et partage de revenu |
| Mauritanie | Au moins 10 % du budget de chaque programme réservé à l'intégration du genre, de la jeunesse, des droits humains et de la mobilité humaine | Budget de programme — règle transversale et non cible sectorielle |
Un référentiel international existe, structuré en six dimensions. Il est utile parce qu'il montre que le sujet dépasse la participation aux instances.
Accès au revenu, à la terre, au crédit et aux marchés. C'est la dimension que les trois engagements chiffrés africains visent en priorité.
Collecte de l'eau et du combustible, soins aux enfants et aux malades. Une sécheresse ou une inondation en allonge directement la durée.
Dimension rarement présente dans les documents climatiques africains de notre échantillon.
Recoupe directement le constat de notre base sanitaire sur l'exposition à la chaleur pendant la grossesse.
Présence dans les instances de décision. C'est ce que vise l'objectif camerounais de 40 % dans les comités forestiers.
Prise en compte du genre dans l'ensemble des politiques plutôt que dans un volet séparé.
Le référentiel a cartographié soixante-sept contributions révisées déposées jusqu'au 30 septembre 2025, avec une mise à jour prévue avant la conférence des Parties de 2026 portant le total à cent. Une seconde cartographie recense les dispositifs nationaux censés traduire les engagements en action.
C'est le seul suivi systématique existant sur ce sujet, et il constitue la référence à laquelle cet observatoire rapportera ses propres relevés.
Plus de vingt pays africains ont intégré des considérations de genre à des degrés divers. Cinq exemples documentés méritent d'être connus, parce qu'ils portent sur des mécanismes et non sur des déclarations.
| Pays | Dispositif | Pourquoi il compte |
|---|---|---|
| Guinée | Indicateurs de suivi, de résultat et d'impact spécifiques au genre, inscrits dans les mesures d'adaptation et d'atténuation de sa contribution révisée | Qualifié de particulièrement avancé ; permet d'allouer les ressources en fonction de l'écart constaté plutôt que d'une intention |
| Ouganda | Outil de mesure, notification et vérification conçu pour suivre l'inventaire national et les actions climatiques avec des données ventilées par sexe, tous secteurs | Cible explicitement l'usage des terres et l'agriculture, où la main-d'œuvre est majoritairement féminine |
| Nigeria | Bureaux genre dans toutes les autorités de bassin, assurant formation et information auprès des groupes de base | Insère le genre dans une institution technique de gestion de l'eau, non dans un ministère dédié |
| Malawi | Projets d'agriculture et d'action climatique portés par le ministère du Genre, avec 60 % de femmes parmi les bénéficiaires | Rare exemple de part de bénéficiaires effectivement mesurée |
| Kenya | Actions différenciées par genre dans six domaines prioritaires de sa contribution — dont la foresterie, l'eau et le transport | Traite le genre secteur par secteur plutôt qu'en chapitre séparé |
| Pays | Ce qui est inscrit | Chiffré |
|---|---|---|
| Liberia | 20 % de la finance climat aux structures dirigées par des femmes d'ici 2035 ; projet d'accès aux emplois verts | Oui |
| Cameroun | 40 % dans les comités forestiers ; 30 % des revenus carbone ; 10 000 agricultrices et 5 000 femmes formées | Oui |
| Mauritanie | Au moins 10 % du budget de chaque programme pour genre, jeunesse, droits et mobilité | Oui |
| Somalie | Égalité de genre, inclusion des jeunes et des groupes vulnérables, justice climatique et transition juste comme éléments transversaux | Non |
| Seychelles | Cadre stratégique de l'économie bleue soulignant l'importance de l'égalité de genre | Non |
| Guinée | Genre parmi les réserves de l'atelier national de validation, avec la jeunesse et la communication en langues nationales | Non |
| Gabon | Transition juste et savoirs traditionnels parmi les thèmes transversaux | Non |
| Les 47 autres | Aucune mention identifiée dans les éléments récupérés | — |
Les secteurs où la main-d'œuvre féminine est la plus dense sont ceux qui reçoivent le moins de financement climatique. Ce n'est pas nécessairement une discrimination délibérée : l'agriculture vivrière et la pêche artisanale sont informelles, peu bancables et mal documentées, et le capital va au formel. Mais le résultat est le même, et il ne se corrigera pas de lui-même — d'où l'intérêt d'une part réservée comme celle que le Liberia inscrit.
Le Liberia s'engage sur 20 % ; le réalisé par pays n’a pas été recensé dans ce corpus au 18 septembre 2026. C'est l'indicateur qui transformerait une déclaration en obligation, et il est calculable dès lors que les flux reçus sont eux-mêmes publiés — ce que réclame déjà notre base sur la finance climat.
C'est la mesure directe du travail de soin non rémunéré, et la seule qui traduise un aléa climatique en heures de travail supplémentaires. Elle s'obtient par enquête d'emploi du temps, méthode éprouvée, et relie notre base sur l'eau à celle-ci.
L'Ouganda l'a intégrée à son système national de vérification. Généralisée, elle permettrait de savoir qui bénéficie réellement d'un projet climatique — donnée que le Malawi est l'un des rares à publier, avec 60 % de bénéficiaires femmes.
| Donnée | Source | Millésime |
|---|---|---|
| Engagement libérien — 64 % de réduction en 2035 et 20 % de toute la finance climat aux coopératives dirigées par des femmes, petites exploitantes et entrepreneuses d'ici 2035 ; projet pluriannuel d'accès des femmes aux emplois verts ; référentiel en six dimensions ; 67 contributions révisées cartographiées au 30 septembre 2025 et mise à jour portant le total à cent | Référentiel international d'évaluation des politiques climatiques sous l'angle du genre, système des Nations unies | 2025-2026Référence incomplète — document exact, page ou tableau et URL probante à vérifier. Valeur non validée dans cet audit (18 septembre 2026). |
| Indicateurs genre spécifiques dans la contribution guinéenne, adaptation et atténuation ; outil de mesure ougandais à données ventilées par sexe ; contraintes d'accès à la terre, aux ressources, à la finance, à la technologie, au travail décent, à la protection sociale et aux infrastructures | Programme des Nations unies pour le développement ; organisation onusienne pour les femmes en Afrique de l'Est et australe | 2023-2025Référence incomplète — document exact, page ou tableau et URL probante à vérifier. Valeur non validée dans cet audit (18 septembre 2026). |
| Actions kenyanes dans six domaines prioritaires ; 60 % de femmes bénéficiaires au Malawi ; bureaux genre dans toutes les autorités de bassin nigérianes ; ministère et formations en Gambie ; plus de vingt pays africains ayant intégré des considérations de genre | Document technique sur les actions climatiques différenciées par genre en Afrique | 2023Référence incomplète — document exact, page ou tableau et URL probante à vérifier. Valeur non validée dans cet audit (18 septembre 2026). |
| Groupements féminins conduisant l'agriculture résiliente, la gestion de l'eau et la restauration des écosystèmes ; progression de la participation des femmes africaines aux négociations climatiques | Réseau africain sur le genre et le climat | 2025-2026Référence incomplète — document exact, page ou tableau et URL probante à vérifier. Valeur non validée dans cet audit (18 septembre 2026). |
| Engagements chiffrés du Cameroun et de la Mauritanie ; éléments transversaux somaliens, seychellois, guinéens et gabonais ; chaîne aval de la pêche ; charge disproportionnée en agriculture ; chaleur et grossesse ; collecte informelle des déchets | Fiches pays et bases thématiques de cet observatoire | 2026Référence incomplète — document exact, page ou tableau et URL probante à vérifier. Valeur non validée dans cet audit (18 septembre 2026). |