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Initiatives AfricaEnvironnement & Climat Observatoire / Genre et climat
Base thématique — Genre et climat

Abondamment documentées comme victimes, rarement inscrites comme bénéficiaires.

La littérature sur la vulnérabilité différenciée des femmes au changement climatique est vaste et convergente. Sur nos cinquante-quatre fiches pays, trois seulement portent un engagement genre assorti d'un chiffre. Un pays s'engage à consacrer 20 % de toute sa finance climat à des coopératives et exploitations dirigées par des femmes. C'est le seul de notre échantillon à fixer une part sur l'ensemble de son financement — et cette base explique pourquoi cette rareté compte plus que les déclarations d'intention.

La signature de cette base — les 54 fiches, et celles qui chiffrent
3 fiches sur 54 portent un engagement genre assorti d'un chiffre — Liberia, Cameroun, Mauritanie
Plus de vingt pays africains ont intégré des considérations de genre à des degrés divers
67 contributions révisées cartographiées dans le monde au 30 septembre 2025
20%Part de toute la finance climat que le Liberia s'engage à consacrer aux coopératives et exploitations dirigées par des femmes d'ici 2035Contribution 3.0
40%Part de femmes visée dans les comités de gestion forestière au CamerounContribution 3.0
30%Part des revenus carbone camerounais destinée aux coopératives de femmes, jeunes, personnes handicapées et peuples autochtones d'ici 2028Contribution 3.0
10%Part minimale du budget de chaque programme mauritanien réservée au genre, à la jeunesse, aux droits humains et à la mobilitéContribution 3.0
6Dimensions du référentiel international d'évaluation des politiques climatiques sous l'angle du genreSystème des Nations unies
3/54Fiches de cet observatoire portant un engagement genre chiffréCalcul de l'observatoire

Pourquoi cette base existe

La même observation est revenue dans quatre de nos bases précédentes, sans jamais être traitée pour elle-même. Elle mérite un dossier propre.

Ce que nos autres bases ont établi, sans le nommer

Quatre dossiers, une même structure : une population majoritaire dans le travail réel, minoritaire dans le document qui l'organise.

Le constat de couverture — calcul de l'observatoire
Fiches mentionnant le genre parmi les thématiques transversales : 7
Fiches portant un engagement genre assorti d'un chiffre : 3
→ Liberia, Cameroun, Mauritanie

La différence entre les deux lignes est tout le sujet de cette base. Mentionner le genre parmi ses priorités n'engage à rien de vérifiable ; y attacher un pourcentage crée une obligation opposable. C'est la même distinction que celle appliquée à la finance climat dans nos autres bases — entre le besoin annoncé et le flux reçu.

Les trois engagements chiffrés, en détail

Ils diffèrent par leur objet — l'un porte sur le financement, l'autre sur la gouvernance, le troisième sur le budget de programme. Les trois méritent d'être connus.

PaysEngagementObjet
Liberia 20 % de toute la finance climat aux coopératives dirigées par des femmes, aux petites exploitantes et aux entrepreneuses d'ici 2035 ; projet pluriannuel d'accès des femmes aux emplois des énergies renouvelables, de la gestion durable des déchets et des entreprises résilientes Allocation financière — le seul engagement de notre échantillon portant sur l'ensemble du financement
Cameroun 40 % de femmes dans les comités de gestion forestière ; 30 % des revenus carbone des projets verts aux coopératives de femmes, jeunes, personnes handicapées et peuples autochtones d'ici 2028 ; 10 000 agricultrices formées ; 5 000 femmes formées aux métiers de l'énergie propre Gouvernance et partage de revenu
Mauritanie Au moins 10 % du budget de chaque programme réservé à l'intégration du genre, de la jeunesse, des droits humains et de la mobilité humaine Budget de programme — règle transversale et non cible sectorielle
Ce que l'engagement libérien a de particulier. Sa contribution, qui vise par ailleurs 64 % de réduction d'émissions en 2035, est la seule de notre échantillon à fixer une part sur l'ensemble de la finance climat, et non sur un secteur ou un projet. Cette formulation est vérifiable : il suffit de rapporter les flux versés aux structures dirigées par des femmes au total reçu. C'est précisément le type d'indicateur que notre base sur la finance climat cherche à faire exister — et le Liberia en fournit le premier cas d'usage africain.
Une réserve que cette base doit poser. Nos travaux ont établi à trois reprises que l'écart entre l'annoncé et le décaissé est de l'ordre de quatre à huit pour un — sur la Grande Muraille Verte, la cuisson propre et la transition juste. Rien ne garantit qu'une part de 20 % annoncée se traduise par 20 % versés, et c'est pourquoi l'indicateur qui compte n'est pas l'engagement mais son exécution.

Comment on mesure une politique climatique sous l'angle du genre

Un référentiel international existe, structuré en six dimensions. Il est utile parce qu'il montre que le sujet dépasse la participation aux instances.

DIMENSION 01

Sécurité économique

Accès au revenu, à la terre, au crédit et aux marchés. C'est la dimension que les trois engagements chiffrés africains visent en priorité.

DIMENSION 02

Travail de soin non rémunéré

Collecte de l'eau et du combustible, soins aux enfants et aux malades. Une sécheresse ou une inondation en allonge directement la durée.

DIMENSION 03

Violences fondées sur le genre

Dimension rarement présente dans les documents climatiques africains de notre échantillon.

DIMENSION 04

Santé

Recoupe directement le constat de notre base sanitaire sur l'exposition à la chaleur pendant la grossesse.

DIMENSION 05

Participation et leadership

Présence dans les instances de décision. C'est ce que vise l'objectif camerounais de 40 % dans les comités forestiers.

DIMENSION 06

Intégration transversale

Prise en compte du genre dans l'ensemble des politiques plutôt que dans un volet séparé.

La dimension la plus absente, et la plus concrète. Le travail de soin non rémunéré est le mécanisme par lequel un aléa climatique se convertit immédiatement en charge de travail : quand le puits tarit, quelqu'un marche plus loin. Aucune contribution de notre échantillon ne chiffre cette charge, alors qu'elle est mesurable par enquête d'emploi du temps et qu'elle relie directement notre base sur l'eau à celle-ci.

L'état du suivi international

Le référentiel a cartographié soixante-sept contributions révisées déposées jusqu'au 30 septembre 2025, avec une mise à jour prévue avant la conférence des Parties de 2026 portant le total à cent. Une seconde cartographie recense les dispositifs nationaux censés traduire les engagements en action.

C'est le seul suivi systématique existant sur ce sujet, et il constitue la référence à laquelle cet observatoire rapportera ses propres relevés.

Les dispositifs déjà en place

Plus de vingt pays africains ont intégré des considérations de genre à des degrés divers. Cinq exemples documentés méritent d'être connus, parce qu'ils portent sur des mécanismes et non sur des déclarations.

PaysDispositifPourquoi il compte
GuinéeIndicateurs de suivi, de résultat et d'impact spécifiques au genre, inscrits dans les mesures d'adaptation et d'atténuation de sa contribution réviséeQualifié de particulièrement avancé ; permet d'allouer les ressources en fonction de l'écart constaté plutôt que d'une intention
OugandaOutil de mesure, notification et vérification conçu pour suivre l'inventaire national et les actions climatiques avec des données ventilées par sexe, tous secteursCible explicitement l'usage des terres et l'agriculture, où la main-d'œuvre est majoritairement féminine
NigeriaBureaux genre dans toutes les autorités de bassin, assurant formation et information auprès des groupes de baseInsère le genre dans une institution technique de gestion de l'eau, non dans un ministère dédié
MalawiProjets d'agriculture et d'action climatique portés par le ministère du Genre, avec 60 % de femmes parmi les bénéficiairesRare exemple de part de bénéficiaires effectivement mesurée
KenyaActions différenciées par genre dans six domaines prioritaires de sa contribution — dont la foresterie, l'eau et le transportTraite le genre secteur par secteur plutôt qu'en chapitre séparé
Le point commun des deux dispositifs les plus solides. La Guinée et l'Ouganda ne promettent pas un résultat : ils construisent l'instrument de mesure — indicateurs spécifiques pour l'une, données ventilées par sexe dans le système national de vérification pour l'autre. C'est la même logique que celle du Rwanda renforçant son système de mesure avant d'annoncer ses cibles : sans instrument, un engagement n'est pas vérifiable, et ce qui n'est pas vérifiable n'est pas exigible.
Ce que cette base ne dira pas. Que les femmes africaines sont uniquement des victimes du changement climatique. À travers l'Afrique rurale, des groupements féminins conduisent déjà l'agriculture résiliente, la gestion de la ressource en eau et la restauration des écosystèmes. Les traiter exclusivement comme une population exposée, et non comme des opératrices, est précisément l'erreur que les trois engagements chiffrés corrigent en les désignant comme destinataires de financement.

Ce que les cinquante-quatre fiches ont établi

PaysCe qui est inscritChiffré
Liberia20 % de la finance climat aux structures dirigées par des femmes d'ici 2035 ; projet d'accès aux emplois vertsOui
Cameroun40 % dans les comités forestiers ; 30 % des revenus carbone ; 10 000 agricultrices et 5 000 femmes forméesOui
MauritanieAu moins 10 % du budget de chaque programme pour genre, jeunesse, droits et mobilitéOui
SomalieÉgalité de genre, inclusion des jeunes et des groupes vulnérables, justice climatique et transition juste comme éléments transversauxNon
SeychellesCadre stratégique de l'économie bleue soulignant l'importance de l'égalité de genreNon
GuinéeGenre parmi les réserves de l'atelier national de validation, avec la jeunesse et la communication en langues nationalesNon
GabonTransition juste et savoirs traditionnels parmi les thèmes transversauxNon
Les 47 autresAucune mention identifiée dans les éléments récupérés—
Ce que le rapprochement avec nos autres bases établit
Femmes dans la chaîne aval de la pêche ghanéenne : majoritaires sur plus de 2 millions de personnes
Petits exploitants produisant jusqu'à 80 % de la nourriture consommée
Finance climatique internationale vers la petite agriculture : 1,1 % du besoin

Engagements genre chiffrés dans nos 54 fiches : 3

Les secteurs où la main-d'œuvre féminine est la plus dense sont ceux qui reçoivent le moins de financement climatique. Ce n'est pas nécessairement une discrimination délibérée : l'agriculture vivrière et la pêche artisanale sont informelles, peu bancables et mal documentées, et le capital va au formel. Mais le résultat est le même, et il ne se corrigera pas de lui-même — d'où l'intérêt d'une part réservée comme celle que le Liberia inscrit.

Les indicateurs que cette base se fixe de produire

Premier indicateur — la part de la finance climat versée à des structures dirigées par des femmes

Le Liberia s'engage sur 20 % ; le réalisé par pays n’a pas été recensé dans ce corpus au 18 septembre 2026. C'est l'indicateur qui transformerait une déclaration en obligation, et il est calculable dès lors que les flux reçus sont eux-mêmes publiés — ce que réclame déjà notre base sur la finance climat.

Second indicateur — le temps consacré à la collecte de l'eau et du combustible

C'est la mesure directe du travail de soin non rémunéré, et la seule qui traduise un aléa climatique en heures de travail supplémentaires. Elle s'obtient par enquête d'emploi du temps, méthode éprouvée, et relie notre base sur l'eau à celle-ci.

Troisième indicateur — la ventilation par sexe des inventaires et des bénéficiaires

L'Ouganda l'a intégrée à son système national de vérification. Généralisée, elle permettrait de savoir qui bénéficie réellement d'un projet climatique — donnée que le Malawi est l'un des rares à publier, avec 60 % de bénéficiaires femmes.

Ce que cette base ne fera pas. Elle ne publiera pas de classement des pays par « performance genre ». Trois pays sur cinquante-quatre chiffrent leur engagement : un classement distinguerait ceux qui rédigent bien de ceux qui agissent, et sanctionnerait l'absence de document plutôt que l'absence de résultat. C'est la même réserve que celle posée par la première édition de notre indice de résilience.

Sources

DonnéeSourceMillésime
Engagement libérien — 64 % de réduction en 2035 et 20 % de toute la finance climat aux coopératives dirigées par des femmes, petites exploitantes et entrepreneuses d'ici 2035 ; projet pluriannuel d'accès des femmes aux emplois verts ; référentiel en six dimensions ; 67 contributions révisées cartographiées au 30 septembre 2025 et mise à jour portant le total à centRéférentiel international d'évaluation des politiques climatiques sous l'angle du genre, système des Nations unies2025-2026Référence incomplète — document exact, page ou tableau et URL probante à vérifier. Valeur non validée dans cet audit (18 septembre 2026).
Indicateurs genre spécifiques dans la contribution guinéenne, adaptation et atténuation ; outil de mesure ougandais à données ventilées par sexe ; contraintes d'accès à la terre, aux ressources, à la finance, à la technologie, au travail décent, à la protection sociale et aux infrastructuresProgramme des Nations unies pour le développement ; organisation onusienne pour les femmes en Afrique de l'Est et australe2023-2025Référence incomplète — document exact, page ou tableau et URL probante à vérifier. Valeur non validée dans cet audit (18 septembre 2026).
Actions kenyanes dans six domaines prioritaires ; 60 % de femmes bénéficiaires au Malawi ; bureaux genre dans toutes les autorités de bassin nigérianes ; ministère et formations en Gambie ; plus de vingt pays africains ayant intégré des considérations de genreDocument technique sur les actions climatiques différenciées par genre en Afrique2023Référence incomplète — document exact, page ou tableau et URL probante à vérifier. Valeur non validée dans cet audit (18 septembre 2026).
Groupements féminins conduisant l'agriculture résiliente, la gestion de l'eau et la restauration des écosystèmes ; progression de la participation des femmes africaines aux négociations climatiquesRéseau africain sur le genre et le climat2025-2026Référence incomplète — document exact, page ou tableau et URL probante à vérifier. Valeur non validée dans cet audit (18 septembre 2026).
Engagements chiffrés du Cameroun et de la Mauritanie ; éléments transversaux somaliens, seychellois, guinéens et gabonais ; chaîne aval de la pêche ; charge disproportionnée en agriculture ; chaleur et grossesse ; collecte informelle des déchetsFiches pays et bases thématiques de cet observatoire2026Référence incomplète — document exact, page ou tableau et URL probante à vérifier. Valeur non validée dans cet audit (18 septembre 2026).
Note de méthode. Le décompte de trois fiches sur cinquante-quatre portant un engagement chiffré est un relevé de l'observatoire sur ses propres fiches. Il porte sur les éléments effectivement extraits : plusieurs contributions n'ayant pas été lues intégralement, ce nombre est un plancher et non un total. Il sera révisé à mesure que les textes intégraux seront extraits.
Ce que cette base ne peut pas encore faire. Elle n'établit pour aucun pays africain la part de finance climat effectivement versée à des structures dirigées par des femmes, ni le temps consacré à la collecte de l'eau et du combustible. La première dépend de la publication des flux reçus, que nos autres bases réclament déjà ; la seconde relève d'une enquête classique d'emploi du temps.