Le diamant et l'or
Ce pays ne possède aucune mine industrielle. Toute sa production minérale est artisanale. Et pourtant, le secteur minier porte plus d'un tiers de ses exportations.
| Substance | Production | Part des exportations | Observation |
|---|---|---|---|
| Or | ~7 t en 2025 | 25,7 % | ×7 en quatre ans. Artisanal et semi-mécanisé. Sous-déclaration probable |
| Diamant | ~93 000 ct en 2021 | 10,6 % | 75 % de qualité gemme. Valeur moyenne ~227 $/ct — quatorze fois celle du premier producteur mondial |
| Argile, quartz, sable, gravier | ? | — | « Ont peut-être été produits, information insuffisante » |
Le seul secteur 100 % artisanal du corpus à peser plus d'un tiers des exportations
D'autres pays du corpus ont une composante artisanale importante — le Rwanda, la Tanzanie, la Sierra Leone. Aucun n'a un secteur entièrement artisanal qui pèse 36 % des exportations.
Cent cinquante mille à trois cent mille personnes vivent de l'extraction artisanale du diamant et de l'or, sur une population d'environ 4,6 millions. Le secteur concerne entre 3 % et 7 % de la population.
Ce que cela dit de notre barre. Elle mesure la part raffinée, la valeur ajoutée retenue, la capacité industrielle. Ce dossier porte sur un pays où rien n'est raffiné, où il n'y a pas d'usine, et où la « capacité industrielle » est un seau, une pelle et un tamis. La barre ne distingue pas entre un pays qui n'a pas de raffinerie et un pays qui n'a pas d'industrie du tout.
La multiplication de l'or
La production d'or est passée d'environ 900 kg en 2021 à plus de 7 tonnes en 2025 — une multiplication par sept en quatre ans. Cette explosion est portée par une ruée artisanale, l'expansion de l'extraction semi-mécanisée et le développement d'une première opération de grande échelle.
La production déclarée est considérée comme inférieure à la production réelle. Le code minier de 2009 avait été rédigé à une époque où la production d'or était « en grande partie hors du radar ».
En 2025, deux nouvelles sociétés d'État ont été créées : l'une pour l'achat de substances précieuses et semi-précieuses, l'autre pour l'amélioration de la connaissance géologique et la promotion du développement minier. Ces deux créations suivent le nouveau code minier de 2024.
La suspension
Onze ans de suspension du processus international de certification des diamants
En 2013, ce pays a été suspendu du mécanisme international de certification des diamants bruts. La suspension signifiait que tout commerce de diamants bruts en provenance du pays était interdit aux pays membres du mécanisme.
La suspension a duré onze ans. À partir de 2015, certaines zones géographiques du pays ont été déclarées conformes, permettant une reprise partielle des exportations. La réintégration complète a été prononcée en novembre 2024 lors d'une réunion plénière internationale.
C'est le seul cas du corpus où un mécanisme externe bloque les exportations d'un pays. Nos dix-sept instruments portent sur ce que le pays fait de sa propre rente. La suspension est un acte de la communauté internationale — un instrument qui ne vient ni du pays, ni d'un opérateur, ni d'un marché : il vient de l'extérieur, et il supprime le marché lui-même.
Ce que cela dit de notre cadre. Un instrument externe n'entre dans aucune de nos sept familles. Il ne vise pas la captation de valeur mais l'interdiction d'accès. Ce programme le relève comme fait de rang 1 — il affecte directement et mesurément le secteur — sans le classer.
Double suspension — deux mécanismes, un seul motif
Le pays a également été suspendu de l'Initiative pour la transparence des industries extractives en 2013, pour le même motif que la suspension du processus de certification : l'instabilité politique empêchait la mise en œuvre effective. La suspension de l'ITIE a été levée en octobre 2021, puis rétablie temporairement en novembre 2024 à la suite d'une évaluation.
C'est le seul pays du corpus frappé simultanément par deux suspensions internationales sur le même secteur.
Ce qui s'est passé pendant la suspension
La production de diamants n'a pas cessé. Elle a cessé d'être exportée légalement. Les sources documentent un passage progressif du diamant vers l'or : en 2002, le secteur minier était synonyme de diamant ; en 2024, l'or porte 25,7 % des exportations contre 10,6 % pour le diamant.
Le ministère ne dispose pas d'un système cadastral moderne : les licences minières sont enregistrées sur des registres papier dans la capitale.
Ce que la fiche ne dit pas
Réserve de conflit — quatrième fiche portant cette réserve
Ce pays est en situation de conflit armé et d'instabilité politique depuis plus d'une décennie. Le conflit affecte directement le secteur minier : il a motivé la suspension internationale, il a perturbé les opérations, il a restructuré les flux.
Cet observatoire ne traite pas le conflit en lui-même. Il ne se prononce ni sur ses causes, ni sur ses parties, ni sur les acteurs étrangers impliqués, ni sur les responsabilités. Il relève que le conflit est la contrainte déterminante — celle qui a provoqué la suspension, empêché l'industrialisation et rendu la production « en grande partie hors du radar ».
Les sources mentionnent des acteurs étrangers dont l'implication dans le secteur minier est documentée. Ce programme ne les nomme pas et ne se prononce pas sur leurs activités, conformément à la charte.
Toute donnée de ce dossier doit être lue avec une prudence supplémentaire. Les chiffres de production artisanale sont des estimations, et les sources elles-mêmes les considèrent comme inférieures à la réalité.
Indices et sources
Fiche rédigée sous les révisions de méthode en vigueur, jusqu'à la quinzième incluse.
IAVM — grille de renseignement
Score IAVM : non calculé. Huit piliers renseignés — davantage que la plupart des fiches de cette vague. Mais la fiabilité de chaque donnée est réduite par le conflit et la sous-déclaration.
Application des révisions en vigueur
Instrument externe — premier cas du corpus d'un mécanisme international suspendant les exportations d'un pays. Ne rentre dans aucune de nos sept familles. Relevé comme fait de rang 1, non classé.
Barre de valeur — un pays sans industrie où la barre entière porte « zéro » ou « aucune ». La barre ne distingue pas entre l'absence de raffinerie et l'absence d'industrie.
Réserve de conflit — quatrième fiche portant cette réserve, après le Soudan, le Rwanda et la Libye.
Méthode complète : Les dix-sept instruments.
Sources de cette fiche
Rang 2Service géologique de référence, 2024 — diamant et or contribuant à environ 1,7 % du PIB ; industrie minérale représentant 36,3 % des exportations en 2024 (or 25,7 %, diamant 10,6 %) ; code minier de 2024, loi n° 24-008 ; diamant et or principalement produits par exploitation artisanale. Données antérieures (2020-2021) : production de diamants de 92 772 carats en 2021 (+50 % sur un an) ; production d'or estimée à 900 kg en 2021 ; revenus d'exportation de diamants de 6,9 M$ en 2020 ; pays en état d'instabilité civile depuis plus d'une décennie.
Rang 3Organismes de transparence et de certification — pays suspendu en 2013 du mécanisme international de certification et de l'initiative de transparence extractive ; certaines zones déclarées conformes à partir de 2015 ; réintégration complète prononcée en novembre 2024 ; suspension de l'initiative de transparence levée en octobre 2021, rétablie temporairement en novembre 2024 ; approche adaptée de mise en œuvre, limitée aux zones conformes ; deux sociétés d'État créées en 2025 conformément au nouveau code minier ; ministère ne disposant pas de système cadastral moderne, registres papier.
Rang 4Sources spécialisées et sectorielles — production totale de diamants bruts estimée à environ 187 000 carats par an, entièrement artisanale ; 75 % de qualité gemme, prix moyen de ~227 $/carat ; 150 000 à 300 000 personnes vivant du secteur ; chaîne organisée creuseurs → chefs de chantier → collecteurs → exportateurs ; production d'or passée de ~1 tonne en 2021 à plus de 7 tonnes en 2025, sous-déclaration probable ; gisement aurifère estimé à 2,8 Md$ par le gouvernement ; secteur or « en grande partie hors du radar » au moment du code de 2009.
NoteToutes les données de production sont des estimations, les sources les considérant elles-mêmes comme probablement inférieures à la réalité. Les diamants découverts dès 1935 et 1947. La valeur de 2,8 Md$ pour un gisement aurifère est une estimation gouvernementale non vérifiée indépendamment. Les acteurs étrangers mentionnés par les sources ne sont pas nommés dans cette fiche, conformément à la charte. Aucune personne physique n'est nommée et aucune entreprise n'est désignée.
Calculs de notre fait
| Calcul | Résultat | Opération |
|---|---|---|
| Part de la population vivant du secteur | 3 % à 7 % | 150 000 à 300 000 personnes / 4,6 millions |
| Multiplication de la production d'or | ×7 | ~1 t (2021) → >7 t (2025) en quatre ans |
| Ratio de valeur unitaire diamant vs premier producteur mondial | ×14 | ~227 $/ct vs ~16 $/ct |
| Durée de la suspension internationale | 11 ans | mai 2013 → novembre 2024 |
Propositions pour la consolidation
| Pièce | Portée |
|---|---|
| Gabarit pays, instrument externe | Premier cas d'un mécanisme international suspendant les exportations d'un pays. Ne rentre dans aucune des sept familles. Un instrument qui ne vise pas la captation de valeur mais l'interdiction d'accès au marché |
| Barre de valeur, cas limite | Un secteur entièrement artisanal sans aucune capacité industrielle. La barre entière porte « zéro » — pas par absence de données mais par absence d'industrie |
| Gabarit pays, composante | Part de la population vivant du secteur artisanal — 3 % à 7 %. Grandeur que nos piliers ne portent pas explicitement |