L'inconnu
Les Comores avaient un sous-sol « peu étudié ». Ce pays va plus loin : neuf cibles minérales sur dix ne sont même pas explorées, non faute de géologie mais faute de sécurité.
| Substance | Constat | État |
|---|---|---|
| Or | Production artisanale alluvionnaire documentée. Lingots exportés vers un marché étranger. Quantités non publiées | artisanal |
| Pierres précieuses | Variété exceptionnelle identifiée : émeraude, rubis, saphir, aigue-marine, topaze, tourmaline, grenat, spinelle, opale et autres. Production artisanale | artisanal |
| Granite, marbre, sel | Petites quantités artisanales | artisanal |
| Gypse, sable, grès | « Ont peut-être été produits » — formulation USGS | indéterminé |
| Sépiolite | Parmi les plus grands gisements identifiés au monde | non exploité |
| Uranium, terres rares | Signalés dans deux régions. Non évalués | non exploité |
| Fer, cuivre, bauxite, étain | Gisements identifiés. Non exploités | non exploité |
| Calcaire | Gisements extensifs identifiés pour la production de ciment | identifié |
Le quatrième état du constat 38, après les Comores et Maurice
Les Comores avaient un sous-sol inconnu faute de géologues. Maurice avait une ressource inaccessible à 4 000 mètres de fond. Ce pays a un sous-sol documenté — les gisements sont connus, les substances identifiées, la géologie cartographiée — mais 90 % des cibles restent non explorées parce que la sécurité ne le permet pas.
C'est un quatrième terme du constat 38. La viabilité suppose la teneur, le prix, les coûts et l'accessibilité technique. Ici le terme est la sécurité : un gisement dont la teneur est possible, le prix élevé, les coûts inconnus et la sécurité non assurée n'est pas « non viable » — il est en attente d'un ordre politique qui n'existe pas encore.
Une loi de 1984, et ce que cela signifie
La loi minière date de 1984 — elle est antérieure au conflit. Quarante-deux ans. Elle est le cadre le plus ancien du corpus avec la loi seychelloise de 1962, et l'un des seuls à avoir traversé un effondrement d'État sans être révisé.
En 2024, un organisme international a conduit une évaluation complète du cadre de politique minière — la première du genre. Le constat est que le cadre juridique est obsolète et que des réformes réglementaires ont été engagées, mais sans consentement préalable libre et éclairé adopté, sans système cadastral moderne, et sans capacité institutionnelle suffisante.
La question que ce dossier pose au corpus : à partir de quand un cadre juridique cesse-t-il d'être un cadre et devient-il un vestige ? La loi de 1984 est formellement en vigueur. Elle a été adoptée par un État qui n'existe plus sous cette forme. Nos grilles portent « code minier : oui » sans mesurer la distance entre le texte et la réalité du terrain.
Ce que la fiche ne dit pas
Réserve de conflit — cinquième fiche portant cette réserve
Ce pays est en situation d'instabilité et de conflit armé depuis le début des années 1990 — plus de trente ans. Le contrôle effectif du territoire est partagé entre plusieurs entités — gouvernement fédéral, États fédérés, entités régionales auto-déclarées — dont les périmètres et les prérogatives ne sont pas stabilisés.
Cet observatoire ne traite pas le conflit en lui-même. Il ne se prononce ni sur les parties, ni sur le statut des entités, ni sur les revendications territoriales. Il relève que le conflit et la fragmentation de l'autorité sont les contraintes déterminantes — celles qui empêchent l'exploration, l'investissement et l'exploitation à l'échelle du territoire.
Les sources documentent que plusieurs entités délivrent des licences minières de façon autonome. Ce programme relève ce fait sans se prononcer sur sa légalité. C'est le seul cas du corpus où plusieurs autorités délivrent des licences sur le même territoire national.
Toute donnée de ce dossier doit être lue avec une prudence supplémentaire.
Indices et sources
Fiche rédigée sous les révisions de méthode en vigueur, jusqu'à la quinzième incluse.
IAVM — grille de renseignement
Score IAVM : non calculé. Six piliers renseignés, quatre « à collecter ». La fiabilité des données est très réduite par le conflit, la fragmentation de l'autorité et l'absence de système de collecte.
Application des révisions en vigueur
Constat 38, quatrième terme — la sécurité comme condition de viabilité. 90 % des cibles non explorées, non faute de géologie mais faute de sécurité.
Licences concurrentes — seul cas du corpus où plusieurs autorités délivrent des licences sur le même territoire national. Ce programme le relève sans se prononcer.
Réserve de conflit — cinquième fiche portant cette réserve.
Méthode complète : Les dix-sept instruments.
Sources de cette fiche
Rang 2Service géologique de référence, 2024 — pays non significatif dans la production minérale mondiale ; production de minéraux non combustibles représentant une part mineure de l'économie ; production artisanale de pierres précieuses, or, granite, marbre et sel ; gypse, sable et grès peut-être produits, information insuffisante ; loi minière de 1984 et constitution provisoire (articles 43, 44, 54).
Rang 3Organismes internationaux, 2024-2025 — évaluation du cadre de politique minière conduite en 2024 ; 90 % des cibles minérales non explorées en raison de la sécurité, des infrastructures et du manque d'investissement ; or alluvionnaire exporté sous forme de lingots vers un marché étranger ; gisements de bauxite, cuivre, or, fer, kaolin, calcaire, étain, uranium ; gisements de sépiolite parmi les plus grands identifiés au monde ; ressources stratégiques incluant uranium et terres rares signalés dans deux régions ; variété exceptionnelle de pierres précieuses identifiée dans des roches pegmatitiques.
NoteCe pays est en situation d'instabilité depuis le début des années 1990. Le contrôle effectif du territoire est partagé entre plusieurs entités. Plusieurs autorités délivrent des licences minières de façon autonome — seul cas du corpus. Toutes les données de production sont des estimations ou des mentions qualitatives. La loi de 1984 est antérieure au conflit et n'a pas été révisée. Les hydrocarbures offshore, qui font l'objet d'une exploration active en 2025-2026, ne sont pas traités dans cette fiche. Aucune personne physique n'est nommée, et aucune entreprise n'est désignée, conformément à la charte.
Calculs de notre fait
| Calcul | Résultat | Opération |
|---|---|---|
| Grandeurs calculées | aucune | aucune donnée quantitative publiée |
| Durée du cadre juridique | 42 ans | 1984 → 2026 |
| Durée de l'instabilité | >30 ans | début des années 1990 → 2026 |
Propositions pour la consolidation
| Pièce | Portée |
|---|---|
| Constat 38, 4e terme | La sécurité comme condition de viabilité. 90 % des cibles non explorées, non faute de géologie. Un gisement sans sécurité est en attente d'un ordre politique |
| Base Cadastres, cas singulier | Licences délivrées par plusieurs autorités sur le même territoire national. Seul cas du corpus |
| Gabarit pays, question | À partir de quand un cadre juridique cesse-t-il d'être un cadre et devient-il un vestige ? Loi de 1984, État qui n'existe plus sous cette forme |