Le décompte
Les fiches Namibie, Zimbabwe, RD Congo, Tanzanie et la fiche substance or relevaient chacune un contrôle étranger concentré, sans qu'aucune ne dispose du chiffre d'ensemble. Une organisation internationale l'a publié en 2026.
Ce n'est pas une présence diffuse, c'est un ciblage
Trois pays concentrent 48 des 79 mines, soit 60,8 % de l'ensemble — calcul de notre fait.
Et sur les 38 mines situées en RD Congo et en Zambie, 35 produisent du cuivre, du cobalt ou les deux, soit 92,1 %. Ce n'est pas un portefeuille minier diversifié : c'est une position construite sur un couple de métaux précis, dans une ceinture géologique précise.
Ce que cela confirme des fiches précédentes. La fiche RD Congo établissait que dix sociétés réalisent 61 % de la production de cathodes sur 74 opérateurs. La base Cobalt établissait que la payabilité de l'hydroxyde est fixée par la marge des raffineurs chinois. Le décompte donne la troisième pièce : la propriété des mines elles-mêmes. Amont, aval et propriété convergent sur la même filière.
Repères chiffrés
| Indicateur | Valeur | Statut |
|---|---|---|
| Mines africaines détenues ou associées, décompte 2026 | 79 | vérifié |
| Dont RD Congo | 30 | vérifié |
| Dont Afrique du Sud | 10 | vérifié |
| Dont Zambie | 8 | vérifié |
| Part cuivre-cobalt des mines de RDC et Zambie | 35 sur 38, soit 92,1 % | vérifié |
| Entreprises chinoises actives dans la Copperbelt zambienne | > 600, plus de 3,5 Md$ investis | à confirmer |
| Part du cobalt chinois importée de RD Congo, 2020 | près de 90 % | à confirmer |
| Mines africaines de lithium sécurisées par un constructeur automobile | 6, approvisionnement assuré jusqu'en 2032 | à confirmer |
| Rang de la Côte d'Ivoire comme fournisseur de minerai de nickel de la Chine, 2024 | 3e | à confirmer |
La dernière ligne complète la fiche Côte d'Ivoire, qui documentait une production de nickel de 1,48 million de tonnes en 2024 sans en connaître la destination.
Le moment de l'entrée
C'est la contribution principale de cette base, et elle découle directement d'une observation de la fiche Tanzanie.
Entrer avant que l'actif ait de la valeur
Une source spécialisée décrit le schéma d'entrée : le capital chinois se positionne fréquemment au stade de l'exploration, ou en fin d'exploration et début d'étude de faisabilité, en prenant des participations dans des sociétés juniors et en négociant des coentreprises.
Rapprochons cela de ce que la fiche Tanzanie a établi : le moment de la contrainte compte autant que son contenu ; face à un projet non décidé, l'État négocie contre une feuille de calcul, et l'exigence de transformation entre dans le modèle économique dès l'origine.
Le levier que la Tanzanie a su saisir est exactement celui que l'entrée précoce au capital referme. Quand un investisseur acquiert une participation au stade de l'exploration, il devient partie prenante avant que l'État n'ait matière à négocier — avant l'étude de faisabilité, avant les chiffres, avant que le gisement ne soit un enjeu politique.
Ce n'est pas une critique : prendre le risque de l'exploration est précisément ce que le capital minier fait, et c'est ce qu'aucun État africain ne finance à cette échelle. C'est une observation de séquence, et elle est symétrique : le pouvoir de négociation d'un État est maximal au moment exact où il a le moins de raisons de s'en servir.
Et acheter quand les autres partent
Un épisode documenté d'un cycle antérieur montre le second temps du schéma. Alors que des prix du cuivre déprimés et des ruptures d'alimentation électrique réduisaient la production et provoquaient des suppressions d'emplois — un grand négociant plaçant une mine sous garde et entretien, un autre groupe arrêtant une exploitation représentant environ 15 % de la production congolaise de cuivre — des sociétés chinoises approuvaient un plan de développement de 578 millions de dollars sur une concession voisine.
Un responsable bancaire local le formulait alors sans détour : les prix bas représentent une bonne occasion d'acquérir et d'investir.
La combinaison des deux temps est ce qui importe. Entrée au stade de l'exploration, puis acquisition en bas de cycle. Dans les deux cas, la propriété change de mains au moment où l'État hôte a le moins de capacité de négociation : prix bas, recettes en baisse, emplois menacés.
Les fiches Mali et Guinée documentent l'inverse : des États qui reprennent la main en haut de cycle, quand l'or dépasse 3 000 puis 4 600 dollars l'once. Le calendrier de la négociation est un instrument à part entière, et il n'apparaît dans aucun des onze recensés par la consolidation.
Acquisitions nommément documentées
| Actif | Pays | Substance | Année |
|---|---|---|---|
| Mine de cuivre de Khoemacau | Botswana | Cuivre | 2023 |
| Mine de lithium de Goulamina | Mali | Lithium | 2024 |
| Mine de terres rares de Ngualla | Tanzanie | Terres rares | 2025 |
| Opérateur aurifère à actifs multiples | Mali, Côte d'Ivoire, Éthiopie | Or | 2026 |
| Participation de 85 % dans une exploitation de la Copperbelt | Zambie | Cuivre | 1998 |
Les trois premières lignes correspondent à des pays dont cet observatoire publie déjà la fiche : Botswana, Mali, Tanzanie. Aucune ne mentionnait ces opérations : elles seront ajoutées à la prochaine édition. C'est un bénéfice direct de la construction de cette base.
La traversée
Cet observatoire dispose désormais de trois bases distinctes — mines, corridors, énergie. Leur rapprochement produit un constat qu'aucune ne pouvait établir seule.
L'intégration verticale traverse nos propres découpages
L'observatoire a organisé son travail en bases thématiques : les mines, les corridors, l'énergie. Ce découpage est commode et il est en retard sur la réalité qu'il observe.
Les mêmes acteurs détiennent la mine, entrent au capital du chemin de fer qui l'évacue, construisent la centrale qui l'alimente et fournissent l'ingénierie de l'ensemble. Un pays qui négocie séparément son code minier, sa concession ferroviaire et son contrat d'électricité négocie trois fois avec le même interlocuteur, sans que rien dans son organisation administrative ne le lui signale.
Conséquence pour la méthode. Le pilier 09 mesure la captation publique de la rente minière ; le pilier 07 la connexion logistique ; le pilier 06 l'énergie disponible. Aucun ne détecte qu'un même groupe puisse être simultanément l'exploitant, le transporteur et le producteur d'électricité — configuration dans laquelle les prix de cession internes deviennent le véritable enjeu, et échappent à l'observation.
Un indicateur transversal est nécessaire, et il est proposé à l'onglet 06.
Le programme bauxite-contre-infrastructures, cas d'école à documenter
Un programme ghanéen échange l'accès à la bauxite contre la construction d'infrastructures. Ce format ne ressemble à aucun des onze instruments recensés par la consolidation : ce n'est ni une contrainte, ni une administration du marché, ni une captation de canal, ni une détention.
C'est un troc de ressource contre équipement, dans lequel la valeur de la ressource cédée et celle de l'infrastructure reçue ne sont pas exprimées dans la même unité — ce qui rend la comparaison difficile et le contrôle démocratique malaisé.
Aucune source consultée n'en publie les termes chiffrés. Porté en chantier prioritaire : c'est probablement un douzième instrument, et il concerne plusieurs pays.
Trois modèles, publiés côte à côte
La charte de l'observatoire impose de présenter les positions américaine, européenne, chinoise, du Golfe et africaines côte à côte, sans qualifier aucune. Voici l'application.
Réseau construit sur deux décennies
Entrée : fin des années 1990, par la Copperbelt zambienne.
Instruments : prise de participation directe, souvent majoritaire ; entrée au stade exploration ; acquisition d'actifs cédés par d'autres ; financement d'infrastructures liées.
Portée : 79 mines recensées, dont 48 dans trois pays. Extension au raffinage, au transport et à la production électrique.
Levier signalé par les sources : la position dominante dans le raffinage, les stocks stratégiques et les subventions industrielles confèrent une influence sur la formation des prix mondiaux.
Investissement public mobilisant du privé
Entrée : récente et accélérée.
Instruments : financement d'agence publique de développement, mobilisation de capitaux privés et alliés, accords bilatéraux.
Portée documentée par cet observatoire : 553 millions de dollars sur le corridor atlantique, 150 millions sur une mine de graphite mozambicaine, une usine d'anodes en Louisiane alimentée par cette mine, un accord bilatéral guinéen, un accord congolais contesté devant la juridiction constitutionnelle.
Trait distinctif : le maillon de transformation est financé hors du continent, ce que documente la fiche Mozambique.
Financement adossé à une banque régionale
Entrée : annonces récentes.
Instruments : engagement d'un État tiers avec une banque africaine de développement, orienté vers l'infrastructure de transport.
Portée documentée : corridor de Nacala, deux montants annoncés selon les sources.
Trait distinctif : l'intermédiation par une institution africaine, absente des deux autres modèles.
Le fait vérifiable que l'observatoire retient
Trois puissances ont engagé, en moins de dix-huit mois, des financements substantiels visant la même ceinture de ressources. La base Corridors l'avait établi pour le transport ; cette base l'établit pour la propriété minière.
Pour la première fois depuis l'indépendance des États concernés, les producteurs africains ont un choix entre plusieurs sources de capital et plusieurs débouchés. Le pouvoir de négociation qui en découle est mesurable — par le tarif obtenu, par la participation concédée, par les obligations de transformation acceptées — et il sera suivi comme tel.
C'est le seul énoncé que cette base formule, et il ne qualifie aucun des trois modèles.
Ce que nous ne dirons pas
Une base sur la propriété étrangère est le point où une charte de neutralité se vérifie ou se démentit. Autant énoncer les limites avant de continuer.
Ce que cette base fait
Compter. Le nombre de mines, leur répartition par pays, la substance concernée. Ce sont des faits publiés par des institutions identifiables.
Décrire les schémas. Stade d'entrée, position dans le cycle, extension à d'autres secteurs. Ce sont des observations de séquence, vérifiables.
Rapprocher. Signaler que les mêmes acteurs apparaissent dans trois de nos bases. C'est un rapprochement de faits déjà publiés.
Ce que cette base ne fait pas
Qualifier une nationalité de capital. Aucun modèle n'est présenté comme préférable, aucun n'est présenté comme une menace. La charte l'interdit et l'observatoire s'y tient.
Nommer des personnes physiques. Y compris lorsque les sources nomment dirigeants et responsables.
Inférer une intention. Une séquence d'acquisitions est un fait ; le dessein qui l'anime est une interprétation, et elle n'appartient pas à un observatoire de données.
Traiter la propriété étrangère comme un problème en soi. Aucun pays du programme ne finance l'exploration à l'échelle requise. Le capital vient d'ailleurs par nécessité, et la question utile n'est pas d'où il vient mais à quelles conditions il entre.
Une réserve sur les sources de cette base
La littérature disponible sur ce sujet est majoritairement produite par des institutions et des centres d'analyse situés dans l'un des pays en compétition. Le vocabulaire y est fréquemment évaluatif — emprise, domination, rivalité, risque — là où l'observatoire n'emploie que des grandeurs.
Cette fiche s'en tient donc aux éléments chiffrés et aux descriptions factuelles de mécanismes, en écartant les appréciations. Le décompte des 79 mines est retenu parce qu'il émane d'une organisation intergouvernementale à composition large, et non d'une partie prenante.
Le lecteur doit savoir qu'une base équivalente construite à partir de sources d'origine différente présenterait vraisemblablement les mêmes faits sous un autre éclairage. L'observatoire préfère signaler ce biais que prétendre s'en affranchir.
Indicateurs à produire
| Rang | Indicateur | Ce qu'il établirait | Difficulté |
|---|---|---|---|
| 1 | Indice d'intégration verticale par groupe — mine, transport, énergie, transformation | Détecte les configurations où un même acteur tient plusieurs maillons, et où les prix de cession internes deviennent l'enjeu réel | Moyenne |
| 2 | Stade d'entrée au capital — exploration, faisabilité, production | Mesure le moment où la propriété change de mains, donc la capacité de négociation résiduelle de l'État | Moyenne |
| 3 | Position dans le cycle de prix lors de chaque acquisition | Établit si les transferts de propriété sont contracycliques, et de combien | Faible — les cours sont publics |
| 4 | Termes des programmes ressource-contre-infrastructure | Douzième instrument probable ; aucun terme chiffré n'est public | Élevée |
| 5 | Répartition des 79 mines par substance et par pays, au-delà des trois pays détaillés | Complète le décompte ; 31 mines restent non ventilées | Faible |
| 6 | Registre des bénéficiaires effectifs, par pays | Composante C4 de l'indice de gouvernance, non renseignée sur les quinze fiches publiées | Élevée |
L'indicateur n° 1 est celui que cet observatoire est le mieux placé pour produire
Personne d'autre ne dispose simultanément d'une base mines, d'une base corridors et d'une base énergie construites selon la même méthode. Le rapprochement des trois est mécanique une fois les trois existantes — et elles le sont depuis aujourd'hui.
Le premier cas à traiter est déjà identifié : deux groupes miniers détenteurs de quotas de cobalt congolais entrant au capital du corridor ferroviaire qui évacue ce cobalt. Un seul chiffre manque pour rendre l'analyse concluante : le tarif ferroviaire consenti, que la base Corridors avait déjà porté en chantier faute de tarif public.
La convergence des deux manques est instructive : sur les corridors comme sur la propriété, ce qui échappe à l'observation est le prix pratiqué entre parties liées. C'est le point aveugle central de tout l'observatoire, et il est désormais nommé.
Une composante à ajouter à l'indice de gouvernance
La composante C4 — registre des bénéficiaires effectifs — n'est renseignée sur aucune des quinze fiches pays publiées. Aucune.
C'est un résultat en soi, et le plus faible du programme sur l'ensemble des composantes. Il signifie qu'aucun des pays documentés ne permet aujourd'hui d'établir publiquement qui détient réellement ses actifs miniers, par delà les sociétés écrans et les véhicules intermédiaires.
Toute cette base repose donc sur des décomptes de tiers, et non sur des registres nationaux. C'est sa limite la plus sérieuse, et elle est structurelle.
Sources
Rang 2Organisation intergouvernementale de coopération économique, décompte 2026 — 79 mines africaines détenues par des intérêts chinois ou les associant, dont 30 en RD Congo, 10 en Afrique du Sud et 8 en Zambie ; 35 des 38 mines de RDC et de Zambie produisant du cuivre ou du cobalt.
Rang 2Centre d'études stratégiques africain, mars 2026 — entrée de 1998 dans la Copperbelt et participation de 85 %, extension au raffinage en 2003, acquisitions d'actifs cédés lors de la crise financière, présence de plus de 600 entreprises et 3,5 milliards de dollars investis, participations d'entreprises de construction ferroviaire, de travaux publics et d'une filiale de conglomérat de défense, prestations d'ingénierie sur un projet de fer gabonais et participation à un programme bauxite-contre-infrastructures ghanéen.
Rang 2Centre de recherche sur les politiques publiques, mai 2026 — part du cobalt chinois importée de RD Congo en 2020, rang de la Côte d'Ivoire comme fournisseur de nickel en 2024, montants des projets cuivre en RDC et au Botswana.
Rang 4Presse spécialisée et agences, 2025 et 2026 — acquisitions nommées au Botswana, au Mali et en Tanzanie ; six mines de lithium sécurisées par un constructeur automobile ; stade d'entrée au capital ; épisode d'acquisition contracyclique en RD Congo et montants associés.
NoteL'épisode contracyclique décrit à l'onglet 02 relève d'un cycle antérieur et est publié comme illustration d'un mécanisme, non comme actualité. Aucune personne physique n'est nommée, conformément à la charte.
Calculs de notre fait
| Calcul | Résultat | Opération |
|---|---|---|
| Concentration dans trois pays | 60,8 % | (30 + 10 + 8) ÷ 79 |
| Part cuivre-cobalt en RDC et Zambie | 92,1 % | 35 ÷ 38 |
| Mines non ventilées par pays | 31 | 79 − 48 |
Renvois internes
| Pièce | Lien |
|---|---|
| Base Corridors | Deux groupes miniers au capital du corridor oriental ; absence de tarif public |
| Base Énergie des mines | Projet hydraulique et solaire de 200 MW porté par un groupe minier |
| Base Cobalt et batteries | Payabilité fixée par la marge des raffineurs ; propriété des mines établie ici |
| Fiche Tanzanie | Le moment de la contrainte ; acquisition d'un actif de terres rares en 2025 |
| Fiches Botswana, Mali, Côte d'Ivoire | Acquisitions et destinations à ajouter à la prochaine édition |