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Fiche pays UGA · Afrique de l'Est · Phase 2 · Édition du 8 septembre 2026

Ouganda

Des raffineries d'or exportent depuis son sol des volumes multipliés par huit, quand 90 % de sa production minière reste artisanale. Le programme rencontre pour la première fois une capacité aval dont l'approvisionnement est publiquement questionné.

×8,3
exportations d'or en trois ans et demi
90 %
de la production minière issue de l'artisanat
15 %
de participation gratuite de l'État, code de 2022
0,065 %
teneur du gisement de terres rares en développement
×533
saut de capacité annoncé sur le graphite
2
raffineries en service, une troisième et une quatrième annoncées

L'ordre inversé

Vingt-sept fiches pays documentent un amont qui produit et un aval qui manque. L'Ouganda présente la configuration inverse, et il n'est pas le premier — mais il est le plus net.

Ce que le programme documente d'ordinaire

La mine d'abord, l'usine ensuite — ou jamais

La Guinée extrait 182,8 millions de tonnes de bauxite et en transforme 1,3 %. Le Gabon transforme 1,4 % de son manganèse. La Sierra Leone expédiait déjà sa bauxite en Europe pour raffinage en 1964.

Le maillon aval est ce qui manque, et les dix-sept instruments servent à le construire.

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L'Ouganda

Les raffineries d'abord, la mine ensuite

Une raffinerie d'or opère depuis plusieurs années ; une raffinerie d'étain produisant à 99,9 % de pureté a été lancée en 2024 ; une raffinerie pétrolière de 60 000 barils par jour a été contractée en mars 2025.

Et 90 % de la production minière nationale provient de l'exploitation artisanale et à petite échelle, selon la chambre des mines du pays.

Exportations d'or, en millions de dollars
Décembre 2017
20
Juin 2021
165

Un facteur 8,25 en trois ans et demi — calcul de notre fait. Les sources attribuent cette progression aux raffineries installées sur le territoire.

Le troisième cas de capacité aval sans amont — et le plus abouti

Le programme en compte désormais trois, et ils ne sont pas au même stade :

— Nigeria : usines de lithium inaugurées, aucune mine industrielle nationale identifiée pour les alimenter, capacité de terres rares annoncée dépassant de 38 % la production nationale estimée.

— Tunisie : sept unités de transformation du phosphate installées, un taux d'activité de 40 %, un amont insuffisant pour les remplir.

— Ouganda : raffineries en service et exportatrices, avec une production nationale à 90 % artisanale.

La différence est décisive. Les deux premiers cas montrent une capacité sous-employée. Le troisième montre une capacité employée — et c'est précisément ce qui pose la question de savoir ce qu'elle traite.

Conséquence pour la révision 13. Elle établit que le troisième état — alimenté — est un pourcentage et non un état binaire. L'Ouganda impose une précision supplémentaire : une capacité peut être pleinement alimentée sans que l'origine de ce qui l'alimente soit établie. Le taux d'utilisation ne dit rien de la provenance.

Composante proposée : origine du minerai traité par une capacité de transformation — nationale, importée déclarée, non établie. Elle n'est renseignée sur aucune fiche du programme.

La question d'origine

Cette question est posée publiquement. Cette fiche la rapporte, en s'astreignant à ce que la charte du programme impose.

Ce que les sources disent, et comment cette fiche le traite

Une source sectorielle relève que les exportations d'or du pays ont fortement progressé grâce aux raffineries installées sur son sol, et que ces raffineries font l'objet de controverses sur leurs sources d'approvisionnement en minerai.

Cet observatoire rapporte cette controverse et ne l'instruit pas. Il ne nomme aucune entreprise, ne désigne aucun pays d'origine, n'attribue de responsabilité à personne et ne dispose d'aucun élément propre.

Ce qu'il peut établir tient en une arithmétique : une production nationale à 90 % artisanale et des exportations multipliées par huit en trois ans et demi sont deux faits publiés qui appellent une explication, et cette explication n'est pas publique.

Deux explications sont possibles et aucune n'est écartée. Une raffinerie peut légitimement traiter du minerai importé et déclaré — c'est le modèle industriel normal d'un raffineur, et plusieurs pays l'assument explicitement. Ou l'écart peut tenir à des flux non déclarés. Les statistiques douanières d'importation d'or brut lèveraient l'ambiguïté, et elles n'apparaissent dans aucune source consultée.

Le programme dispose de l'instrument qui répondrait, et il est déjà documenté

La série 01 mesure l'écart déclaratif sur l'or : la différence entre ce qu'un pays déclare exporter et ce que ses partenaires déclarent importer de lui. C'est exactement l'outil qui s'applique ici.

La base Or et flux illicites recense par ailleurs cinq instruments de fermeture de cet écart, dont quatre publics et un privé.

Ce que cette fiche apporte est une distinction de méthode. Ces deux pièces mesurent l'écart au départ d'un pays producteur. L'Ouganda pose la question symétrique : l'écart à l'entrée d'un pays raffineur.

Ce n'est pas la même grandeur. Un pays qui exporte plus qu'il ne déclare produire pose une question sur son amont ; un pays qui raffine plus qu'il ne produit pose une question sur ses importations. Les deux se mesurent avec les mêmes données miroir, mais dans l'autre sens.

Chantier ouvert, et il est réalisable : importations d'or brut déclarées par les pays africains disposant d'une capacité de raffinage, rapportées à leur production nationale et à leurs exportations d'or raffiné. Les trois séries sont publiques — douanes, banques centrales, bases de commerce miroir. Aucune pièce du programme ne les a rapprochées.

Il concernerait plusieurs pays du corpus, dont le Ghana, dont la fiche vient d'établir que quatre raffineries homologuées doivent absorber environ 104 tonnes d'or artisanal par an.

Une ambition régionale explicitement formulée

Une source rapporte que la République démocratique du Congo est présentée comme un marché potentiel majeur pour la raffinerie d'étain ougandaise.

C'est le troisième cas de flux minier intra-africain que le programme rencontre en trois pièces, et chacun est d'une nature différente :

— Cameroun : une vente annoncée de bauxite vers deux pays africains.

— Liberia : un transit ferroviaire annoncé pour du minerai guinéen.

— Ouganda : une transformation à façon, du minerai régional raffiné sur place.

La troisième forme est la plus intéressante pour ce programme, parce qu'elle déplace le maillon manquant sans déplacer la mine. Un pays africain qui raffine le minerai d'un voisin retient une valeur ajoutée que le continent perdait — mais elle ne revient pas au pays producteur.

Le constat 15 s'applique avec une force particulière : l'indice mesure une captation, jamais une destination. Ici la valeur est captée en Afrique et l'indice du pays producteur ne le verra pas. Le chantier des flux intra-africains, ouvert par la fiche Cameroun, en sort renforcé.

Le code et les projets

ÉlémentConstatStatut
Code minierAdopté par le Parlement en février 2022, promulgué en octobre 2022. Il institue une participation gratuite de l'État pouvant aller jusqu'à 15 % dans les projets miniers à grande échellevérifié
Véhicule de participationUne compagnie minière nationale est créée pour porter ces intérêts. Aucun calendrier n'était fourni lors de son annonceà confirmer
Première licence sous le codeDélivrée en janvier 2024 à un projet de terres rares, soit environ quinze mois après la promulgationvérifié
Terres raresRessources de 315 Mt à 650 ppm d'oxydes totaux, soit 0,065 % de teneur et environ 204 750 t d'oxyde contenu — calculs de notre fait. Phase initiale annoncée : 29 400 t d'oxyde sur onze ans, soit ~2 670 t/an et 14,4 % des ressources contenuesvérifié
GraphiteUsine pilote de 1 500 t/an mise en service en 2023, puis usine de 800 000 t/an annoncée pour 62 M$ — un facteur 533, soit environ 77,5 $ par tonne de capacité annuelle — calculs de notre faità confirmer
ÉtainRaffinerie lancée en 2024, affinant le minerai à 99,9 % de puretévérifié
HydrocarburesAccord signé le 29 mars 2025 pour une raffinerie de 60 000 barils par jour. Les sources relèvent que plusieurs projets similaires ont échoué par le passéà confirmer
Autres substancesCobalt, cuivre, graphite, pegmatites lithinifères, colombite, tantalite, calcaireà confirmer

Quinze pour cent gratuits, et le rang que cela donne

L'Ouganda rejoint le groupe des États qui imposent une participation gratuite dans tout projet de grande échelle. La consolidation classe cet instrument en famille D — détenir.

PaysParticipation gratuite
Burkina Faso30 % minimum, plus droit de préemption
Tanzanie16 %
Ouganda, Guinée15 %
Cameroun10 % dans la filiale locale
Liberia10 à 15 %, révision annoncée vers 25 %

Ce que la fiche Madagascar impose de rappeler ici : une participation gratuite porte sur un résultat, et le complexe malgache a été déficitaire six exercices sur sept. Quinze pour cent de rien ne font rien.

Et la fiche Cameroun ajoute la réserve inverse : un actionnaire minoritaire qui ne peut pas établir la durée de vie ou la rentabilité de l'actif ne peut pas valoriser sa part. Ici la teneur du gisement de terres rares est de 0,065 % — un ordre de grandeur qui rend la question du coût d'extraction déterminante, et ce coût n'est pas publié.

Deux écarts d'échelle à signaler

Sur le graphite : passer d'une usine pilote de 1 500 tonnes par an à une usine de 800 000 tonnes représente un facteur 533. Le programme n'a jamais rencontré un tel saut annoncé en une étape.

L'investissement annoncé de 62 millions de dollars donne environ 77,5 dollars par tonne de capacité annuelle — calcul de notre fait. À titre de repère, l'extension de fer mauritanienne coûte de l'ordre de 191 millions d'euros par million de tonnes, soit 191 dollars par tonne. Le ratio annoncé ici est environ deux fois et demie plus favorable, sur une substance et un procédé différents : la comparaison est indicative et cette fiche n'en tire aucune conclusion.

Sur les terres rares : la phase initiale extrairait 14,4 % des ressources contenues en onze ans. La fiche substance établit que le maillon décisif de cette filière est la séparation, non l'extraction ni l'oxyde mixte. Aucune capacité de séparation ougandaise n'apparaît dans les sources consultées.

Point de contrôle datable : décision finale d'investissement et première production effective du projet de terres rares, annoncée pour 2026.

Indices et sources

Fiche rédigée sous les révisions de méthode en vigueur, jusqu'à la treizième incluse.

IAVM — grille de renseignement

01Part raffinée localementOr raffiné sur place et exporté ; étain affiné à 99,9 %. Part de ce raffinage provenant de minerai national : non établiepartiel
02Valeur ajoutée retenue par tonneNon chiffrable ; aucun prix d'entrée ni de sortie publié pour les raffineriesà collecter
03Capacité industrielle avalDeux raffineries en service et exportatrices — troisième état atteint ; deux autres annoncées. Capacités nominales et taux d'utilisation non publiéspartiel
04Contenu local en emplois qualifiésNon publié ; le secteur est à 90 % artisanal et à petite échellepartiel
05Achats et sous-traitance localeNon publiéà collecter
06Énergie et intrantsNon publiés ; le projet de graphite annonce routes, électricité et camp minier dans son enveloppepartiel
07Connexion logistique effectivePays enclavé ; débouchés maritimes régionaux non détaillés par les sources consultées ; aucun corridor minier dédié documentéà collecter
08Formation, géologie et rechercheDécouvertes annoncées en lithium et uranium ; accord d'exploration signé en 2024 avec un groupe minier international ; 30 à 40 % seulement des gisements exploités selon les sourcesrenseigné
09Captation publique effective de la renteParticipation gratuite jusqu'à 15 % instituée par le code de 2022 ; compagnie nationale créée pour la porter. Recettes effectives non publiéespartiel
10Effet d'entraînement mesuréExportations d'or passées de 20 à 165 M$ entre décembre 2017 et juin 2021. Couple exportations / recettes publiques non calculablepartiel

Score IAVM : non calculé. Trois piliers sur dix en statut « à collecter ». Le pilier 01 y est pour la première fois du programme renseigné comme « partiel » non par manque de capacité, mais parce que l'origine de ce que la capacité traite n'est pas établie.

Application des révisions en vigueur

Révision 13 — le troisième état est un pourcentage. L'Ouganda impose une précision : une capacité peut être pleinement alimentée sans que l'origine de ce qui l'alimente soit établie. Le taux d'utilisation ne dit rien de la provenance.

Révision 12 — la composante appariée est marquée non calculable. Huitième fiche à l'appliquer.

Charte — la controverse sur les sources d'approvisionnement des raffineries est rapportée, attribuée et non instruite. Aucune entreprise n'est nommée, aucun pays d'origine désigné, aucune responsabilité attribuée. Les deux explications possibles sont publiées côte à côte.

Composantes proposées par cette fiche : origine du minerai traité par une capacité de transformation — nationale, importée déclarée, non établie ; et, en chantier, importations d'or brut déclarées des pays raffineurs africains.

Méthode complète : Les dix-sept instruments.

Sources de cette fiche

Rang 1Ministère chargé de l'énergie et des mines, 2023 et 2024 — code minier adopté par le Parlement en février 2022 et promulgué en octobre 2022, instituant une participation gratuite de l'État pouvant atteindre 15 % dans les projets à grande échelle ; création d'une compagnie minière nationale pour porter ces participations, sans calendrier annoncé ; octroi en janvier 2024 de la première licence délivrée sous ce code, à un projet de terres rares.

Rang 2Chambre des mines nationale, citée — 90 % des minéraux produits dans le pays proviennent de l'exploitation artisanale et à petite échelle ; exportations d'or passées de 20 millions de dollars en décembre 2017 à 165 millions en juin 2021 grâce aux raffineries installées sur le territoire ; controverses sur les sources d'approvisionnement en minerai de ces raffineries.

Rang 4Presse économique spécialisée, 2021 à 2025 — lancement en 2024 d'une raffinerie d'étain affinant le minerai à 99,9 % de pureté, la RD Congo étant présentée comme un marché potentiel majeur pour cette usine ; projet de terres rares hébergeant 315 millions de tonnes titrant 650 ppm d'oxydes totaux, phase initiale annoncée à 29 400 tonnes d'oxyde sur onze ans, entrée en production visée en 2026 ; projet de graphite avec usine pilote de 1 500 tonnes par an mise en service en 2023 puis usine de 800 000 tonnes par an pour 62 millions de dollars, infrastructures connexes comprises ; découvertes annoncées de lithium et d'uranium et accord d'exploration signé en 2024 avec un groupe minier international ; 30 à 40 % seulement des gisements exploités ; accord du 29 mars 2025 pour une raffinerie pétrolière de 60 000 barils par jour, assorti de rappels sur l'échec de projets similaires antérieurs ; licence accordée pour l'extraction de calcaire destinée à la production de ciment.

NoteAucune statistique douanière d'importation d'or brut, aucune capacité nominale de raffinerie, aucun taux d'utilisation, aucune recette publique tirée du secteur n'apparaissent dans les sources consultées. La controverse sur l'approvisionnement des raffineries est rapportée telle que publiée ; cet observatoire ne l'instruit pas, ne dispose d'aucun élément propre, et publie les deux explications possibles sans en écarter aucune. Aucune personne physique n'est nommée, et aucune entreprise n'est désignée, conformément à la charte.

Calculs de notre fait

CalculRésultatOpération
Progression des exportations d'or×8,25165 ÷ 20 M$, de décembre 2017 à juin 2021
Oxyde de terres rares contenu~204 750 t315 Mt × 650 ppm
Teneur exprimée en pourcentage0,065 %650 ppm ÷ 10 000
Rythme annuel de la phase initiale~2 670 t/an29 400 ÷ 11 ans
Part des ressources extraite en phase initiale14,4 %29 400 ÷ 204 750
Saut de capacité annoncé sur le graphite×533800 000 ÷ 1 500 t/an
Coût unitaire de capacité annoncé~77,5 $/t62 M$ ÷ 800 000 t — repère, non comparaison

Propositions pour la consolidation

PiècePortée
Révision 13, à préciserUne capacité peut être pleinement alimentée sans que l'origine de ce qui l'alimente soit établie. Le taux d'utilisation ne dit rien de la provenance. Composante : origine du minerai traité — nationale, importée déclarée, non établie
Série 01 et base Or et flux illicitesElles mesurent l'écart déclaratif au départ d'un pays producteur. L'Ouganda pose la question symétrique : l'écart à l'entrée d'un pays raffineur. Mêmes données miroir, sens inverse
Chantier ouvertImportations d'or brut déclarées par les pays africains disposant d'une capacité de raffinage, rapportées à leur production et à leurs exportations d'or raffiné. Trois séries publiques, jamais rapprochées
Constat 15, application forteTroisième forme de flux intra-africain après la vente camerounaise et le transit libérien : la transformation à façon. La valeur est captée en Afrique — et l'indice du pays producteur ne le verra pas