Indice de transition verte — Composante C2 : accès à l'électricité
La seule région où le déficit rural a augmenté.
Entre 2010 et 2024, l'Asie centrale et du Sud a retiré 383 millions de
ruraux de la colonne des non-desservis. Sur la même période, l'Afrique subsaharienne y en
a ajouté 71 millions. C'est la seule région du monde dont le déficit rural
d'accès à l'électricité a augmenté en valeur absolue — toutes les autres, y compris les autres
régions à faible revenu, ont réduit le leur. La croissance démographique y a
décisivement devancé l'électrification.
La signature de cette composante — variation du déficit rural, 2010-2024
Asie centrale et du SudPart du déficit mondial : 36 % → 3 %
− 383 MILLIONS DE RURAUX
Afrique subsahariennePart du déficit mondial : 49 % → 86 %
+ 71 MILLIONS
Déficit rural subsaharien : 376 millions en 2010 → 447 millions en 2024
Personnes sans électricité dans le monde : 655 millions, dont 563 millions en Afrique subsaharienne
Rythme de progression de l'accès : 0,70 point par an sur 2010-2020, puis 0,35 — exactement la moitié
86%Part subsaharienne du déficit mondial d'accès en 2024, contre 49 % en 2010Rapport conjoint · juin 2026
+71MPersonnes ajoutées au déficit rural subsaharien depuis 2010 — cas unique au mondeRapport conjoint · juin 2026
×3,9Accélération requise pour atteindre l'accès universel en 2030 — de 0,35 à 1,35 point par anCalcul de l'observatoire
35%Part du déficit mondial concentrée dans trois pays — Nigeria, RD Congo, ÉthiopieCalcul de l'observatoire
57W/habCapacité renouvelable installée par habitant en Afrique subsaharienne, contre 544 dans le mondeRapport conjoint · juin 2026
−31%Chute des flux publics internationaux vers l'énergie propre subsaharienne en une seule année7,2 → 5,0 Md$
Deux trajectoires opposées, une même période
Le contraste entre les deux grandes régions du déficit est le fait le plus net de
cette composante. Il ne relève pas de l'interprétation.
Le mouvement du déficit rural, 2010-2024 — d'après les valeurs publiées
Asie centrale et du Sud : −383 millions de ruraux non desservis
Afrique subsaharienne : +71 millions, de 376 à 447 millions
→ l'Afrique subsaharienne est la seule région au monde
dont le déficit rural a crû en valeur absolue
Le rapport le formule sans détour : toutes les autres régions, y compris les autres
régions à faible revenu, ont réduit leur déficit rural. La cause qu'il retient est
démographique — la croissance de la population a devancé l'électrification.
Cette lecture est importante : elle signifie qu'un pays peut raccorder chaque année des ménages
supplémentaires et voir malgré tout son nombre de non-desservis augmenter.
Ce que ce constat corrige dans notre propre travail. Notre base sur l'énergie établissait
une part subsaharienne du déficit mondial passée de 50 % à 86 %, et un rythme
tombé de 0,77 à 0,39 point par an. Les valeurs actualisées de juin 2026 donnent 49 % à
86 %, et 0,70 puis 0,35 point. Les ordres de grandeur sont confirmés, les chiffres
légèrement révisés, et la conclusion inchangée : le rythme a été divisé par deux
exactement. Nous publions la révision plutôt que de laisser coexister deux séries.
Trois pays, un tiers du déficit mondial
Pays
Personnes sans électricité
Observation
Nigeria
87,2 millions
Plus grand déficit absolu au monde, pour la quatrième année consécutive
RD Congo
84,7 millions
Deuxième déficit mondial
Éthiopie
57,3 millions
Troisième — alors que son réseau est intégralement renouvelable
Ces trois pays réunis
229,2 millions
Soit 35 % du déficit mondial — calcul de l'observatoire
Les vingt plus grands déficits
—
78 % de toutes les personnes sans électricité, contre 75 % en 2022 : la concentration s'accentue
Le rapprochement avec notre composante C1 est instructif. L'Éthiopie détient le
deuxième parc renouvelable du continent — 10 082 mégawatts, en hausse de 68 % en
un an — et compte le troisième déficit d'accès au monde. La RD Congo immobilise
3 279 mégawatts et porte le deuxième déficit mondial. Construire de la capacité et
desservir des personnes sont deux opérations distinctes, et un indice qui ne mesurerait
que la première décrirait mal la transition.
La source confirme ce que nous avions posé
Notre base sur l'énergie avançait que l'écart entre méthodes de mesure recouvrait
la différence entre être raccordé et être alimenté. Le rapport de juin 2026 le dit lui-même.
Le raccordement n'est pas le service
Le rapport traite explicitement de ce que la plupart des statistiques d'accès dissimulent :
de nombreux ménages techniquement raccordés au réseau, dans les zones urbaines
subsahariennes, disposent d'une électricité de mauvaise qualité, non fiable ou inabordable.
Ils apparaissent comme desservis dans les statistiques. En pratique, ils dépendent de
formes intermédiées d'accès — compteurs partagés, revendeurs informels, branchements
contrôlés par un propriétaire — qui limitent à la fois la disponibilité et
l'accessibilité financière.
La conclusion des auteurs est celle que nous cherchions : le taux de raccordement
urbain subsaharien d'environ 82 % masque un problème de qualité de service qu'aucun système de
suivi actuel ne mesure pleinement.
Ce que cette confirmation vaut pour l'indice. Elle transforme une hypothèse de notre part
en constat de la source elle-même. Elle établit aussi que la donnée manquante — une
mesure de la fiabilité — n'est pas seulement absente de nos fiches : elle est absente de tous les
systèmes de suivi existants. C'est un manque du dispositif international, non une
lacune africaine, et il doit être dit ainsi.
Une distorsion qui touche notre méthode
Le rapport signale un biais statistique dont un indice de transition doit
absolument tenir compte. Nous l'inscrivons ici avant toute notation.
La biomasse traditionnelle est comptée comme renouvelable. Bois de feu, charbon de bois et
déchets agricoles sont classés parmi les renouvelables dans les statistiques mondiales, parce
qu'ils proviennent de sources biologiques. Or plus de 90 % de l'usage de biomasse
traditionnelle se concentre en Afrique subsaharienne et en Asie. Résultat :
la part renouvelable élevée de nombreux pays africains est largement faite de charbon de
bois et de bois de feu, non de solaire et d'éolien.
Le périmètre exact du biais, et pourquoi il ne frappe pas C1. Cette distorsion affecte les
indicateurs de part renouvelable dans la consommation d'énergie. Elle n'affecte
pas de la même manière notre composante C1, qui mesure une capacité électrique installée en
mégawatts — le bois brûlé dans un foyer domestique n'est pas une centrale raccordée.
En revanche, tout indicateur de « part d'énergie renouvelable » que nous serions tentés
d'ajouter à C5 hériterait du biais. Nous ne l'emploierons donc pas sans distinguer
renouvelables modernes et biomasse traditionnelle.
Pourquoi c'est un point de méthode et non un détail
Un pays dont 80 % de l'énergie vient du bois de feu apparaîtrait, sur un indicateur naïf de
part renouvelable, mieux placé qu'un pays doté d'un réseau moderne partiellement
fossile. Le premier a un problème de santé publique — nos bases sur la santé et sur les
déchets l'ont documenté — et le second une transition en cours.
Un indice qui les classerait dans cet ordre serait pire qu'inutile : il serait
trompeur. C'est la même erreur que celle dénoncée par notre base sur la biodiversité
contre les cibles en surface, transposée à l'énergie.
L'échelle par habitant, qui existe déjà
Nous avions annoncé la capacité renouvelable rapportée à la population comme
l'indicateur le plus parlant de l'indice. Le rapport le publie par groupe de revenu.
Pays à revenu élevé1 224 W
Moyenne mondiale544 W
Pays en développement341 W
Afrique subsaharienne57 W
Ce que l'échelle établit — calculs de l'observatoire
Moyenne mondiale ÷ Afrique subsaharienne : 9,5 fois
Pays à revenu élevé ÷ Afrique subsaharienne : 21,5 fois
La valeur mondiale de 544 watts par habitant est un record — le rapport la
présente comme suffisante pour alimenter un réfrigérateur. Cinquante-sept watts ne le
sont pas. Cette échelle est précisément l'indicateur que le croisement de C1 et de C2
doit produire pays par pays, et elle montre ce qu'il révélera : une hiérarchie très différente de
celle des capacités absolues.
Le financement s'est retiré au moment le moins opportun
Constat
Valeur
Flux publics internationaux vers l'énergie propre en Afrique subsaharienne
7,2 Md$ en 2023 → 5,0 Md$ en 2024, soit −31 % en une seule année, interrompant trois années consécutives de croissance
Aide publique au développement des pays de l'OCDE
−6 %, première baisse en cinq ans
Part de la dette dans les flux mondiaux
Environ 80 %
Part des fonds propres
2 % — seuls 11 bailleurs sur 80 en ont apporté
Instruments d'atténuation du risque
Garanties et lignes de crédit n'ont touché que six pays bénéficiaires
Pays les moins avancés
3,7 Md$ reçus en 2024, en baisse de 11 % — ils portent les deux tiers du déficit mondial et reçoivent 15 % des flux
Trois premiers bénéficiaires mondiaux
Inde, Türkiye, Argentine
Le désalignement, chiffré — calcul de l'observatoire
Pays les moins avancés : deux tiers du déficit mondial d'accès
Part reçue des flux publics d'énergie propre : 15 %
→ rapport de 4,4 pour 1 entre le besoin et la ressource
Le rapport qualifie lui-même la situation de désalignement fondamental entre le lieu
où se concentre la pauvreté énergétique et celui où vont les flux financiers.C'est très exactement le constat de notre base sur la finance climat, établi
alors sur les dix premiers bénéficiaires et les dix pays les plus vulnérables — rapport de 4,2
pour 1. Deux périmètres différents, deux sources différentes, un même ordre de grandeur.
Le point que le rapport ajoute au nôtre. Les fonds propres — le capital qui absorbe le
risque et permet à un projet d'atteindre son bouclage financier — sont tombés à 2 %
des flux. Le financement public international reste largement averse au risque, déployé
surtout en dette senior garantie. Combler l'écart, écrivent les auteurs, exigera que les
institutions publiques prennent davantage de risque. C'est une conclusion opérationnelle, et elle
ne figurait pas dans nos travaux.
L'état de la composante, sans complaisance
C2 n'est pas extraite pour les cinquante-quatre pays. Contrairement à C1, dont le registre
publie un tableau par pays que nous avons pu extraire intégralement, les valeurs
nationales de taux d'accès figurent dans un jeu de données annexe que nos outils n'ont pas
atteint. Nous disposons à ce jour des déficits absolus de trois pays —
Nigeria, RD Congo, Éthiopie — et de l'ensemble des agrégats régionaux.
Ce que cela change, et ce que cela ne change pas. Cela ne remet pas en cause la thèse de
la première édition : la donnée existe, elle couvre les cinquante-quatre pays, et elle
est publique. Elle est déposée dans un jeu de données téléchargeable plutôt que dans le
corps du rapport. L'obstacle reste une extraction, non une absence — mais c'est
une extraction qui demande l'accès au fichier de données, et nous le disons plutôt que de
laisser croire la composante acquise.
Ce que produira le croisement de C1 et C2
Une fois les taux d'accès nationaux obtenus, le croisement avec notre colonne C1 produit
l'indicateur annoncé : la capacité renouvelable installée rapportée à la population non
desservie.
Les trois cas déjà disponibles suffisent à en montrer la portée. L'Éthiopie détient
10 082 mégawatts et 57,3 millions de personnes sans électricité ; le Nigeria 3 206 mégawatts et
87,2 millions. Ces deux pays ne conduisent pas la même transition, et aucun classement
par capacité absolue ne le dirait.
Sources et méthode
Donnée
Source
Millésime
655 millions de personnes sans électricité en 2024 dont 563 en Afrique subsaharienne ; part subsaharienne du déficit passée de 49 % à 86 % ; déficit rural de 376 à 447 millions et unicité de cette augmentation ; réduction de 383 millions en Asie centrale et du Sud ; rythme de 0,70 puis 0,35 point par an et 1,35 requis ; 11 millions de moins entre 2023 et 2024 ; Nigeria 87,2 M, RD Congo 84,7 M, Éthiopie 57,3 M ; vingt premiers déficits à 78 % ; raccordement urbain à 82 % masquant la qualité de service ; 57 W/hab en Afrique subsaharienne contre 544 mondial et 1 224 en pays à revenu élevé ; distorsion de la biomasse traditionnelle ; flux passés de 7,2 à 5,0 Md$ ; dette à 80 %, fonds propres à 2 %, 11 bailleurs sur 80 ; six pays touchés par les instruments de risque ; 3,7 Md$ aux pays les moins avancés pour 15 % des flux
Rapport conjoint de suivi de l'objectif de développement durable relatif à l'énergie, produit par cinq institutions internationales, relayé par une publication spécialisée africaine
24 juin 2026, données 2024Référence incomplète — document exact, page ou tableau et URL probante à vérifier. Valeur non validée dans cet audit (18 septembre 2026).
Capacité renouvelable installée par pays, base du croisement à venir
Composante C1 de cet indice
2026Référence incomplète — document exact, page ou tableau et URL probante à vérifier. Valeur non validée dans cet audit (18 septembre 2026).
Valeurs antérieures révisées — 50 % à 86 %, 0,77 puis 0,39 point
Base thématique Énergie et accès de cet observatoire
2026Référence incomplète — document exact, page ou tableau et URL probante à vérifier. Valeur non validée dans cet audit (18 septembre 2026).
Note de méthode. Quatre calculs sont propres à l'observatoire : la part de 35 % du déficit
mondial détenue par trois pays, l'accélération requise d'un facteur 3,9, les rapports de 9,5 et
21,5 sur la capacité par habitant, et le rapport de 4,4 entre la part du déficit et la part des
flux reçus par les pays les moins avancés. Tous dérivent de valeurs publiées par la même
source. Les données de cette page proviennent d'un relais spécialisé citant le rapport
conjoint ; elles seront revérifiées sur le rapport lui-même lors de l'extraction du jeu de
données national.
Ce que cette composante ne peut pas encore faire. Elle ne fournit pas de taux d'accès par
pays. Tant que le jeu de données national n'est pas extrait, C2 reste une composante
documentée mais non calculable — et l'indice demeure à une composante complète sur cinq.