La grille avant le relevé, pour la même raison que la pondération avant le score
La page consacrée à C4 a établi que l'obstacle de cette composante n'est ni un format de fichier ni une capture technique, mais une taxonomie manquante. Elle a inscrit dans le même mouvement l'ordre à respecter : établir et publier la grille d'abord, relever les 54 États ensuite.
Le motif est identique à celui de la pondération de l'indice. Une taxonomie écrite après le relevé s'ajuste inévitablement à ce qu'on a trouvé — on élargit un critère pour faire entrer un dispositif intéressant, on en resserre un autre pour exclure un cas gênant, et personne, pas même son auteur, ne peut plus démêler ce qui relève de la méthode et ce qui relève de l'arrangement. Publiée d'abord, la grille devient une contrainte que le relevé subit.
Elle est donc publiée alors qu'un seul relevé partiel existe : six États documentés sur cinquante-quatre, plancher qui mesure notre propre documentation et non la réalité des dispositifs.
Quatre conditions cumulatives
Un dispositif entre dans le relevé de C4 s'il satisfait les quatre conditions à la fois. Trois sur quatre ne suffisent pas.
- C'est une décision publique. Loi, décret, règlement, disposition budgétaire, émission souveraine, arrêté tarifaire. Une initiative privée, une charte sectorielle ou un projet financé par un bailleur n'est pas un instrument de l'État.
- Elle émane de l'État mesuré. Les dispositifs décidés ailleurs et appliqués au pays sont relevés dans un registre parallèle et n'entrent jamais dans son profil — règle déjà posée par la composante.
- Elle modifie un prix, un coût, une recette ou un accès au capital pour un acteur économique. C'est la condition qui fait le tri : une stratégie, un plan, une cible chiffrée ou une déclaration d'intention ne modifient rien tant qu'aucun dispositif ne s'y rattache.
- Elle est traçable à un document public daté. Faute de quoi le relevé ne serait pas reproductible, et l'indice cesserait d'être opposable.
Ce que la troisième condition exclut, et pourquoi c'est le point sensible
Elle écarte l'essentiel de ce qu'un État publie en matière climatique : les contributions nationales, les stratégies bas-carbone, les objectifs sectoriels. Ces documents sont précieux — l'observatoire les exploite partout ailleurs — mais ils annoncent une intention, ils ne changent pas un prix. Les faire entrer dans C4 reviendrait à mesurer la production documentaire d'un État, ce que la composante gouvernance fait déjà et ce que C4 n'a pas à refaire.
Un instrument porte un signe, et les subventions en portent un
Chaque instrument relevé reçoit, en plus de son triplet, un sens : abaisse-t-il ou relève-t-il le coût relatif du carbone pour celui qui décide ?
- Sens positif — l'instrument renchérit le carbone ou abaisse le coût de son alternative. Taxe, quota, exonération sur un équipement propre, garantie, obligation verte.
- Sens négatif — l'instrument abaisse le coût du carbone. Subvention aux carburants fossiles, tarif administré sous le coût de production, exonération sur un équipement thermique.
Cette règle n'est pas cosmétique. Une taxonomie qui ne relèverait que les instruments verts décrirait la moitié du système et produirait des profils faux : elle classerait bien un État doté d'un dispositif incitatif modeste et d'un régime de subventions massif. Or les subventions publiques aux énergies fossiles, environ 37 Md$ par an à l'échelle du continent, représentent près de quatre fois l'investissement annuel dans l'énergie propre. Ce sont, en volume, les premiers instruments économiques d'Afrique.
Prudence expresse, reconduite
Attribuer un sens négatif à une subvention n'est pas la condamner. Ces dispositifs financent en grande partie l'accès à l'énergie de populations sans alternative disponible. Le sens décrit un effet sur le coût relatif du carbone, pas un jugement sur l'opportunité politique. L'observatoire publie le signe, pas la recommandation.
Le sens ne se déduit pas de l'intitulé
Un dispositif peut porter un nom vert et jouer en sens inverse, ou l'inverse. Le sens est établi à partir de ce que l'instrument fait au prix, jamais à partir de sa dénomination ni du ministère qui le porte.
Trois grandeurs que la taxonomie refuse de retenir
Le montant
Un dispositif de 750 M$ dans une économie et un dispositif de 50 M$ dans une autre ne se comparent pas, et retenir le montant reviendrait à classer des tailles d'économie. C'est exactement la raison pour laquelle la capacité installée ne domine pas l'indice. Le montant est relevé et publié à côté du triplet, comme information ; il n'entre pas dans la grille.
Le nombre d'instruments
Six dispositifs faibles ne valent pas une taxe carbone appliquée. Un décompte ferait de la prolifération réglementaire une performance, et pénaliserait un État qui obtient le même effet avec un seul levier bien conçu. Le profil d'un pays n'est donc pas un nombre.
La sophistication institutionnelle
C'est le refus le plus important, et il est déjà inscrit dans la composante. Un cadre carbone complet peut servir à organiser une vente massive ; une absence de cadre peut refléter une économie où l'instrument n'aurait aucune prise. Confondre sophistication et performance reproduirait l'erreur que l'indice de résilience a refusé de commettre en s'abstenant de classer.
Arbitrage C4-1 — sortie par pays
Le relevé produit un profil, jamais une note de pays. Le profil d'un État est l'ensemble de ses triplets avec leur sens, publié tel quel. Deux pays se comparent en lisant leurs profils, pas en soustrayant deux nombres.
La contribution de C4 au score composite de l'ITVA, au titre de ses 15 %, sera construite à partir du profil selon une règle qui reste à arrêter et qui sera publiée avant tout calcul, comme la pondération et comme cette grille. Cette page ne la préempte pas.
Six règles que le relevé ne pourra pas contourner
- Une absence n'est pas un retard. Un État sans instrument reçoit une case vide, jamais une pénalité. Une taxe carbone dans une économie où l'énergie est déjà inabordable n'est pas le même objet qu'ailleurs.
- Les trois axes ne s'additionnent jamais, ni entre eux, ni en un score d'instrument, ni en un score de pays.
- Un instrument dont l'échéance est dépassée sort du relevé actif et passe au journal, avec sa date. Il n'est pas effacé : un dispositif qui a existé et n'a pas été reconduit est une information.
- Un instrument annoncé n'est jamais compté comme appliqué, quelle que soit la qualité du document qui le porte. C'est la fonction de l'axe B.
- Les instruments extraterritoriaux sont relevés séparément et n'entrent dans aucun profil national.
- La grille publiée aujourd'hui ne sera pas modifiée en fonction d'un relevé. Toute révision sera datée, motivée, et publiée en regard de l'ancienne grille, qui restera consultable.
La grille appliquée aux huit dispositifs déjà documentés
Une taxonomie qui n'a pas été éprouvée ne vaut rien. Elle est appliquée ici aux dispositifs que nos fiches documentent, sans en écarter aucun et sans en ajouter.
| État | Dispositif | Triplet | Sens | État | Lecture |
|---|---|---|---|---|---|
| Afrique du Sud | Taxe carbone en vigueur | A3·B2·C3 | + | Actif | Le seul prélèvement opposable relevé sur le continent. Son produit n'est pas chiffré dans nos sources, d'où B2 et non B3. |
| Afrique du Sud | Budgets carbone sectoriels, projet de règlement de juillet 2025 | A1·B0·C2 | + | Annoncé | Un projet de règlement n'est pas un règlement. Compté séparément de la taxe, dont il ne partage ni la force ni l'application. |
| Ghana | Cadre national des mécanismes de marché et registre carbone | A3·B3·C2 | + | Actif | Le seul B3 du relevé : les volumes mis sur le marché sont publiés par le cadre lui-même. |
| Ghana | Date de fin des ventes de véhicules thermiques, 2045 | A1·B0·C2 | + | Annoncé | Seule politique du continent fixant une telle date. Elle n'agit aujourd'hui sur aucun prix, ce que le triplet dit sans la déprécier. |
| Égypte | Obligation verte souveraine, 750 M$, février 2020 | A2·B3·C1 | + | Actif | Une émission réalisée et chiffrée, mais qui ne contraint personne et porte sur un portefeuille de projets. |
| Nigeria | Cadre d'obligations vertes | A2·B2·C1 | + | Actif | Cadre en place, montants non relevés dans nos sources. |
| Kenya | Exonération de TVA sur le photovoltaïque | A2·B2·C2 | + | À vérifier | Échéance fixée au 30 juin 2026, donc dépassée. Rien n'établit qu'elle a été reconduite. Règle 3 appliquée. |
| Cameroun | Partage obligatoire des revenus carbone, 30 % aux coopératives, cible 2028 | A1·B0·C1 | + | Annoncé | Engagement inscrit à échéance future. Sa valeur tient à ce qu'il crée une obligation opposable le jour où il s'applique. |
Deux corrections, dès la première application
Un instrument périmé figurait comme actif
L'exonération kényane de TVA sur le photovoltaïque porte une échéance au 30 juin 2026. Cette date est passée depuis six semaines, et rien dans nos sources n'établit qu'elle a été reconduite. Elle figurait pourtant au registre de la composante comme un dispositif en vigueur. La règle 3 la fait basculer en « à vérifier » : ni active, ni supprimée.
La grille a donc corrigé notre propre relevé le jour de sa publication. C'est ce qu'on attend d'une grille — et c'est un argument pour la publier avant d'étendre le relevé aux quarante-huit États restants plutôt qu'après.
Case vide assumée — la colonne manquante
Le relevé ne contient aucun dispositif de sens négatif, alors que les subventions aux carburants fossiles sont, en volume, les premiers instruments économiques du continent. La raison est simple et doit être dite : les 37 Md$ documentés sont un agrégat continental, et nos fiches ne l'attribuent à aucun État en particulier.
Voie de résolution : les revues de dépenses publiques et les lois de finances, qui portent ces dispositifs sous forme de recette abandonnée ou de compensation tarifaire. Tant que cette colonne est vide, tout profil publié est structurellement optimiste, et cette réserve accompagnera chaque profil.
Ce que la taxonomie ne résout pas
Elle ne mesure pas l'effet. Aucun des trois axes ne dit si un instrument a changé un comportement. Un dispositif A3·B3·C3 parfaitement conçu peut n'avoir aucun effet observable, et la grille ne le verrait pas. Mesurer l'effet supposerait un contrefactuel, qui n'existe pour aucun des huit cas relevés.
Elle ne capte pas l'exécution. Un prélèvement en vigueur assorti d'exemptions massives reçoit le même A3 qu'un prélèvement appliqué sans exception. La série a documenté ailleurs des écarts de 4 à 8 pour 1 entre montants annoncés et montants décaissés ; rien ne garantit que les instruments y échappent.
Elle dépend de notre documentation, non de la réalité. Six États sur 54 est un plancher. Le relevé complet fera monter ce nombre, et l'écart entre le plancher d'aujourd'hui et le résultat de demain mesurera notre propre lacune, pas un progrès des États.
Elle ne dit rien de la cohérence d'ensemble. Un État peut détenir plusieurs instruments de sens opposés qui s'annulent. Les profils rendront ce cas visible ; la grille ne le juge pas.
Sources et journal
| Source | Millésime | Usage |
|---|---|---|
| Fiches pays de l'observatoire | Juillet–août 2026 | Les huit dispositifs éprouvés ; échéance kényane ; engagement camerounais.Référence incomplète — document exact, page ou tableau et URL probante à vérifier. Valeur non validée dans cet audit (18 septembre 2026). |
| Cadre national ghanéen des mécanismes de marché et hors marché | Décembre 2022 | Force juridique et publication des volumes, seul cas classé B3.Référence incomplète — document exact, page ou tableau et URL probante à vérifier. Valeur non validée dans cet audit (18 septembre 2026). |
| Base thématique consacrée à la finance climat | 2026 | Volume des subventions fossiles ; comparaison avec l'investissement propre.Référence incomplète — document exact, page ou tableau et URL probante à vérifier. Valeur non validée dans cet audit (18 septembre 2026). |
| Base thématique consacrée aux marchés carbone | 2026 | Périmètre des dispositifs de tarification ; instruments extraterritoriaux.Référence incomplète — document exact, page ou tableau et URL probante à vérifier. Valeur non validée dans cet audit (18 septembre 2026). |
| Date | Révision |
|---|---|
| 15 août 2026 | Première publication de la grille, avant extension du relevé. Quatre conditions cumulatives d'inclusion. Trois axes indépendants, jamais additionnés. Sens positif ou négatif attribué à chaque instrument, subventions fossiles incluses. Six règles bloquantes. Arbitrage C4-1 : le relevé produit un profil, jamais une note de pays. Épreuve sur huit dispositifs : classés sans amendement de la grille ; l'exonération kényane bascule en « à vérifier », son échéance étant dépassée. |
